PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

jeudi 10 février 2005

INFORMATION OU MANIPULATION

La Commission d’enquête sur les Commandites ne fait que confirmer le pouvoir extraordinaire que représente le contrôle des contenus transmis par les medias de communication. Ce pouvoir s’exerce évidemment par la propriété de ces medias, mais aussi par l’argent permettant d’acheter des pages et des heures entières de ces derniers. Le Gouvernement fédéral, sous la gouverne de Jean Chrétien y est allé surtout avec l’argent des contribuables dont ceux du Québec.

Mais pourquoi autant d’investissements ? Est-ce pour permettre de meilleurs débats, assurer la meilleure information possible, permettre au citoyen électeur d’être en mesure de poser un geste responsable en pleine connaissance de cause? Ou plutôt, ne serait-ce pas pour grossir à l’extrême le portrait de sa propre cause tout en défigurant également à l’extrême ses opposants pour les rendre le plus détestables et idiots possible ? La performance de M. Chrétien, lors de sa prestation devant cette commission, illustre à merveille, me semble-t-il, la seconde option. Son mépris pour le Québec et les Québécois, son peu de scrupule pour la vérité des messages et l’utilisation des fonds publics, m’ont scandalisé et ont sûrement donné une très mauvaise image de la démocratie et de la liberté dont le Canada se donne en exemple. Au diable les beaux principes et la démocratie, tout devenait permis pour sauver le « beau Canada».

J’ai vécu un certain nombre d’années dans des pays où les dirigeants, soutenus par des oligarchies, soutenaient et favorisaient la démocratie. Mais lorsqu’ils perdaient le contrôle de la «manipulation» et que le peuple s’élevait dans des directions qui n’étaient pas les leurs, alors ils optaient pour le «coup d’état militaire» et reprenaient le contrôle de la situation. Tous les moyens étaient permis. Nous n’avons évidemment pas eu à recourir à l’armée, le « coup des commandites et de la désinformation» ayant fait le travail.

Je ne puis m’empêcher de revoir la photo de tous les chefs d’État des Amériques réunis au Sommet de Québec, pour y vanter les mérites de la Démocratie. J’y vois le beau sourire de M. Chrétien en compagnie de M. G.W. Bush se faisant les apôtres de ce pouvoir du peuple par le peuple. Pourtant la Démocratie et tout autant la liberté sans l’information et la formation risquent de demeurer encore longtemps un rêve collectif dilué dans nos petites libertés quotidiennes et les choix d’une consommation qui se vend par elle-même. Si j’ai la liberté d’écrire ces réflexions, je n’ai malheureusement pas le pouvoir de les diffuser avec autant de rayonnement que si j’avais un poste de télévision ou les argents pour m’acheter des pages dans les journaux et revues. Nous pouvons évidemment crier tout ce que nous voulons dans notre chambre, dans notre cour, mais dès que nous franchissons le mur des grands espaces il faut commencer à composer non pas sur la forme, mais sur les contenus. En dépit de tout cela, il y a encore quelques espaces qu’il faut évidemment prendre avec respect. Les coupures qui se font et les orientations qui se prennent à Radio Canada devraient nous interroger sérieusement. Information ou manipulation, il y a un choix à faire.

Oscar Fortin

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