PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

lundi 2 avril 2007

BENOÎT XVI: LE "CAÏPHE" DES TEMPS MODERNES


CAÏPHE, Grand Prêtre du SANHEDRIN, sans nul doute pieux et saint homme, s’acharna à la sauvegarde de la loi religieuse et des pratiques qui s’y rattachent. Il joua un rôle déterminant dans l’arrestation et la condamnation de Jésus de Nazareth, considéré hérétique et imposteur. En dehors des Évangiles, nous savons peu de ce personnage. Il y a toutefois certaines informations historiques qui apportent un éclairage particulier.

« Caïphe, Juif sadducéen, a été grand prêtre du Sanhédrin pendant dix-huit ans (18-36). Promulgué à ce poste grâce à son beau-père, l'influent Grand Prêtre Anân (ou Anne), il n'en a pourtant ni le charisme ni l'autorité, se maintenant à la tête de l'assemblée en grande partie grâce à l'appui de sa famille. »

« D'après les
Évangiles, Caïphe, obséquieux envers le pouvoir romain (« Il est préférable qu'un homme meure plutôt que la nation toute entière »), ne cessa de persécuter le christianisme naissant en faisant notamment comparaître les apôtres devant le Sanhédrin pour avoir continué à prêcher malgré l'interdiction de la haute assemblée. »
(http://fr.wikipedia.org/wiki/Ca%C3%AFphe)

Les SADDUCÉENS auxquels il s’identifie « sont l’émanation de l’aristocratie sacerdotale qui préside aux liturgies du Temple, ils apparaissent essentiellement et dans tous les domaines comme des conservateurs. Ils s’en tiennent à la lettre de la Loi écrite, rejettent toute innovation en matière de croyance, manifestent à l’égard des mouvements messianiques l’hostilité des gens en place envers tout ce qui est de nature à troubler l’ordre établi. L’autorité romaine veille au maintien de cet ordre. En conséquence ils lui prêtent volontiers leur appui, sans que cette alliance tout opportuniste implique, semble-t-il, de sympathie positive. »

Cette vision très conservatrice du judaïsme a fait l’objet de virulentes critiques de la part de Jésus. Il a rappelé que l’homme n’était pas au service du sabbat mais le sabbat au service de l’homme, que l’amour de Dieu et du prochain renfermait toute la LOI et les PROPHÈTES. Il a également rappelé que le vrai culte, celui qui plaît à son Père, est celui qui donne forme à la vérité, à la justice, à la bonté et à la miséricorde. N’a-t-il pas donné à la pécheresse tout le respect qu’on lui refusait et à la samaritaine toute l’attention à laquelle elle avait droit ? Pour les autorités religieuses il n’était pas de tout repos. L’enracinement de sa foi dans la LOI, non celle créée par l’homme, mais celle révélée et proclamée par les PROPHÈTES, lui assura l’autorité et l’indépendance pour dénoncer les hypocrisies et remettre au cœur de la FOI RÉVÉLÉE, le principe de l’amour fait de JUSTICE ET DE VÉRITÉ..

BENOÎT XVI est également Grand Prêtre, sans aucun doute, pieux et saint homme, tout aussi dévoué que Caïphe à la sauvegarde de l’orthodoxie religieuse et des pratiques liturgiques, véritables contenus de foi. Il est un adversaire féroce de tout ce qui s’inspire de la théologie de la libération et des approches pastorales qui mettent l’Église au service non pas de ceux qui sont en santé, mais de ceux qui sont malades. Il ne manque pas d’occasions pour condamner ou rappeler à l’ordre ceux et celles qui s’en inspirent dans la pratique de leur foi et l’exercice de leur pastorale. Il est également un allié, presqu’inconditionnel, des maîtres du monde. L’Administration Bush peut compter sur lui dans sa guerre au Moyen Orient (Irak-Afghanistan) et dans ses interventions en Amérique Latine.

De nombreux prêtres, fortement interpellés par la Justice et profondément imprégnés de la foi en Jésus de Nazareth, ont été écartés de leurs fonctions et dans certains cas condamnés et laissés entre les mains de leurs tortionnaires. L’Amérique latine en compte un bon nombre dont les plus connus sont les frères Boff, le père Ernesto Cardenal, Gustavo Gutierrez et bien d’autres. Encore tout récemment le P. Jon Sobrino s.j., rappelé à l’ordre par les autorités vaticanes et invité à se rétracter, a écrit à son Père général, une lettre dans laquelle il explique son refus de rétractation. Une lettre à lire absolument. Il y fait ressortir, entre autres, l’acharnement irrationnel et la mauvaise foi qui inspirent ses détracteurs.
http://golias.sailing-up.com/spip.php?article1355

Il en va de même avec les condamnations pour les pasteurs qui mettent la sacramentalité au service de ceux et celles qui en ont besoin. Ils accueillent les exclus comme les homosexuels, les divorcés, en somme, tous ceux qui sont condamnés par la société bien pensante. À tous ceux-là, le pasteur offre le pain de vie et l’accompagnement amoureux d’un frère qui ne juge pas. Les liturgies leur sont adaptées et les services mis à leur disposition.

Si CAÏPHE a été redevable de son poste de Grand Prêtre à son beau-père, Anne, plusieurs croient, et j’en suis, que BENOÎT XVI en est redevable, pour sa part, à l’OPUS DEI, bien connu pour son influence au Vatican et encore davantage pour son conservatisme. Dans pareille circonstance, les bénéficiaires d’une telle influence se doivent d’être reconnaissants et d’en donner la preuve par des décisions qui renforceront leur présence et influence dans tous les milieux. À ce jour, si tel est bien le cas, l’OPUS DEI n’a pas grand reproche à faire à son protégé, BENOÎT XVI. Peut-être va-t-il même au-delà de ses attentes.

Pour les chrétiens, la semaine sainte est le rappel de l’arrestation et de la mise à mort de Jésus. Elle est une invitation à un examen de conscience en même temps qu'un appel à se joindre à toutes les forces qui font tomber les masques derrières lesquels se cachent le mensonge, l'ambition, la manipulation, la tromperie. Elle est également l'occasion d'une solidarité particulière avec tous les persécutés pour la justice et les valeurs profondes auxquelles aspire toute personne de bonne volonté
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JOYEUSES PÂQUES

Oscar Fortin
2 avril, 2007

http://humanisme.over-blog.com/
http://humanisme.blogspot.com/

6 commentaires:

Andros Meister a dit...

Oscar,

Tu es le premier à qui je laisse un message à partir de ma nouvelle adresse sur Blogspot. Mon nouveau site en est encore au tout début de la première phase de sa construction. Je ne sais pas encore ce que ça donnera. Je ne sais pas non plus si j'ai vraiment l'intention ou plutôt le goût de bloguer à nouveau. Je verrai.

Je commente ton texte avant vendredi, 15 heures.

Bonne continuation de Semaine Sainte !

André.

P.S.:

Je ne suis même pas certain que je pourrai laisser correctement ce message, car il semble que le système se mêle entre mon ancienne adresse et cette dernière. Il est possible aussi que j'aie commis quelques erreurs en établissant les paramètres de ce nouveau compte. Maudite technique...

A. T.

Andros Meister a dit...

Monsieur Fortin,

Vous nous offrez là un bien beau texte, à l’occasion de la Semaine-Sainte.
D’autre part, cette lecture me fait m’interroger encore davantage sur l’Église catholique et, plus particulièrement, sur ceux (il n’y a pas encore de féminin, si ne m’abuse) qui la dirigent. En effet, un bref retour historique sur l’histoire de cette corporation à but très lucratif et celle de ses pontifes mercantiles me porte réellement à croire que cette institution représente à peu près tout, sauf ce qui est bon. Ses dirigeants ont presque tous été des manipulateurs ou pire encore ; ses fidèles ont presque tous été manipulés ou pire encore… Je comprends donc mal tous ces « fidèles » qui endurent jour après jours, siècle après siècles autant d’ignominie de la part de leur « Sainte Mère l’Église ». Hélas, je sais qu’il en est de même des autres grandes religions monothéistes de notre monde, ce qui est loin de me réconforter.

Combien de guerres, monsieur Fortin, combien de morts, de martyrs faudra-t-il encore à tous ces fidèles de bonne foi et de bonne volonté pour qu’ils comprennent enfin que, s’il existe, Dieu ne peut avoir bâti son Église ailleurs qu’à l’intérieur même de leur propre corps ?

André Tremblay.

oscar fortin a dit...

La finale de votre commentaire donne la réponse à plusieurs de vos interrogations. La foi est un don personnel que chacun porte en lui et son corps est un vétitable temple... "Détruisez ce temple et je le rebâtirai en trois jours" parlant évidemment de son corps. Il est vrai que le VATICAN se prend parfois pour l'Église, mais sont nombreux ceux et celles qui se prennent pour l'Église sans se prendre pour le VATICAN... C'est ainsi que la vie de foi survit au delà de ces mascarades et de ces alliances aux intérêts pernicieux.

Joyeuses Pâques

"croire en Jésus le Nazaréen n'est pas synonyme de croire au VATICAN ET À TOUT CE QU'IL REPRÉSENTE." Il y a quelque part entre les deux un espace pour que se fasse entendre la voix des prophètes.

OSCAR FORTIN

Andros Meister a dit...

Monsieur Fortin,

Si je vous saisis bien, vous être en train de me dire que, sans le savoir, je commencerais à comprendre une peu ? Que ce soit le cas ou non, je pense qu’il pourrait être fructueux, pour moi, en tout cas, de développer davantage ce sujet dans un proche avenir. Sur ce, je vous souhaite un excellent congé pascal.

André.

P. S. :

Pensez-vous être en mesure de publier ce texte dans la presse ? Croyants ou non, les lecteurs de nos journaux ne pourraient que bénéficier d’un tel texte.

oscar fortin a dit...

Vous savez bien qu'avec ce titre nos journaux trouveront que l'espace manque pour en assurer la publication.

bien à vous

oscar fortin

Andros Meister a dit...

Monsieur Fortin,

Je pense que vous avez omis de répondre à la première partie de mon dernier commentaire soit: « Si je vous saisis bien, vous être en train de me dire que, sans le savoir, je commencerais à comprendre une peu ? Que ce soit le cas ou non, je pense qu’il pourrait être fructueux, pour moi, en tout cas, de développer davantage ce sujet dans un proche avenir ».

André.