PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 10 décembre 2008

LE PROPHÈTE DANS LA VIE DE L'ÉGLISE


La crise que vit actuellement l’Église catholique, tant dans son organisation que dans la transmission de sa doctrine, vient principalement du fait que les « apôtres » ne reconnaissent pas la voix des « prophètes » dont les messages échappent à leur contrôle. Ils n’assument pas le fait que l’Église repose sur deux fondations indépendantes l’une de l’autre, mais essentielles à son édification : les apôtres dont ils sont, mais aussi les prophètes dont ils ne sont pas nécessairement. ((http://humanisme.blogspot.com/2008/07/aptres-et-prophtes-sont-les-fondations.html.)

Il est évident que si les « apôtres » occupent toute la place et choisissent eux-mêmes les prophètes qui se feront l’écho de leur propre doctrine, l’Église, en l’absence d’une de ses deux fondations, aura tendance à s’écrouler. Ainsi, plutôt que de discerner l’authenticité des prophètes qui sont envoyés par Dieu à son Église sur la base de leur proximité aux Évangiles et à Jésus de Nazareth, ils choisissent de le faire sur la base de leur affinité avec leur doctrine et idéologie. En d’autres mots, ils choisissent leurs propres prophètes et non ceux que l’Esprit envoie à son Église. Ces derniers sont plutôt considérés comme des porteurs d’idéologie, leur parole comme du pur bavardage et leurs écrits comme suspects. Si Vatican II leur avait ouvert ses portes, elles leur ont vite été refermées.

Il faut dire que ça travaille mieux et c’est plus efficace lorsque tous les collaborateurs partagent les mêmes pensées et ont les mêmes solidarités sociales, politiques, économiques et théologiques. Le choix des nominations aux postes importants de l’institution ecclésiale permet d’assurer cette unité dans l’harmonie. Jean-Paul II s’y est appliqué avec détermination et, aujourd’hui, Benoît XVI poursuit dans la même voie. C’est ainsi que le Synode 2008 a pu se dérouler dans l’harmonie et sans que soit nécessaire de faire appel aux prophètes d’aujourd’hui pour mettre en évidence la Parole de Dieu (http://humanisme.blogspot.com/2008/11/synode-des-vques-2008-o-taient-donc-nos.html).

L’apôtre Paul, dans sa Première lettre aux Corinthiens, ch. 14,1, parlant des dons de l’Esprit, a ces paroles qui mettent en évidence l’importance de la prophétie:

« Recherchez l’amour; aspirez aux dons de l’Esprit, surtout à la prophétie. »

Mais, qui est le prophète? En quoi consiste le don de prophétie? Comment en reconnaître l’Esprit qui en est l’inspiration?

Dans la Bible de Jérusalem, il y a une note de bas de page explicative à cette citation (l) qui mérite d’être reprise en entier. Elle donne un éclairage particulier sur le rôle et la fonction du prophète que nous confondons trop souvent à celui ou à celle qui prédit l’avenir.

« Dans le Nouveau Testament comme dans l’Ancien, la prophétie ne consiste que très occasionnellement à prédire l’avenir (Ac. 11,28; 21,11). Le prophète est essentiellement un homme (ou une femme) : (1 Cor 11,15) qui parle au nom de Dieu sous l’inspiration de l’Esprit, qui révèle le mystère de son dessein (13,2), sa volonté dans les circonstances présentes. Il édifie, exhorte, encourage (v.3), il découvre les secrets des cœurs. »

1. Un homme ou une femme qui parle au nom de Dieu sous l’inspiration de l’Esprit.
Il est intéressant de noter qu’au côté des apôtres, Dieu a prévu des hommes et des femmes qui prendraient la parole sous l’inspiration de l’Esprit pour dire des choses que les apôtres n’arrivent pas à dire ou, pour diverses raisons, se refusent de dire. Ces hommes et ces femmes reçoivent ce don de l’Esprit pour l’édification de tous.


2. Par leurs paroles et leurs actions ils révèlent le mystère du dessein de Dieu, sa volonté dans les circonstances présentes.


Chaque époque comporte des changements qui bouleversent des habitudes et des valeurs qui avaient été l’inspiration de générations précédentes. Les institutions sociales, politiques et religieuses sont entraînées dans ces changements. La situation actuelle de l’Église illustre à merveille cette réalité qui affecte croyances et façons de faire. Si le Concile Vatican II a donné un coup de barre majeur dans le sens de l’ouverture de l’Église au monde, les résistances ne se sont pas fait attendre pour en ralentir l’élan. Il y a les nostalgiques qui cherchent à récupérer, autant faire se peut, les traditions, les cultes, les doctrines et les principaux leviers du pouvoir ecclésial. Il y a ceux qui ont pris les avenues porteuses d’une nouvelle espérance portée par les Évangiles et Jésus de Nazareth.


Les prophètes qui accompagnent ces changements émergent tout autant de théologiens que de témoins fortement engagés au service des petits et des humbles de la terre. Ils peuvent se reconnaître dans des leaders qui risquent tout pour servir la justice et la vérité. Ils se reconnaissent par l’authenticité de leur engagement et leur liberté face aux divers pouvoirs qui dominent la société dans laquelle ils évoluent. Ils sont de véritables incorruptibles qui n’ont de compte à rendre qu’à celui de qui ils tiennent la parole. S’ils sont sans compromis dans leur message, leur charité est sans réserve et leur solidarité les identifie aux pauvres et laissés pour compte de la société.


3. Il édifie, exhorte, encourage (v.3), il découvre les secrets des cœurs. »

Le prophète, l’authentique prophète est cet homme ou cette femme qui édifie par sa vie, ses engagements, sa proximité à la personne humaine. Il se fond avec son milieu et en partage la réalité. Il sait exhorter et encourager d’autant plus et mieux qu’il a ce don de découvrir les secrets des cœurs. Comment ne pas penser à cette rencontre de Jésus avec la Samaritaine,

Jn. 4,7 Arrive une femme de Samarie pour puiser de l'eau. Jésus lui dit : ''Donne-moi à boire.'' 8 Ses disciples, en effet, étaient allés à la ville pour acheter de quoi manger. 9 Mais cette femme, cette Samaritaine, lui dit : ''Comment ? Toi, un Juif, tu me demandes à boire à moi, une femme samaritaine !'' Les Juifs, en effet, ne veulent rien avoir de commun avec les Samaritains. 10 Jésus lui répondit : ''Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : 'Donne-moi à boire', c'est toi qui aurais demandé et il t'aurait donné de l'eau vive.'' 11 La femme lui dit : ''Seigneur, tu n'as même pas un seau et le puits est profond ; d'où la tiens-tu donc cette eau vive ? 12 Serais-tu plus grand, toi, que notre père Jacob qui nous a donné le puits et qui, lui-même, y a bu ainsi que ses fils et ses bêtes ?'' 13 Jésus lui répondit : ''Quiconque boit de cette eau-ci aura encore soif ; 14 mais celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; au contraire, l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle.'' 15 La femme lui dit : ''Seigneur, donne-moi cette eau pour que je n'aie plus soif et que je n'aie plus à venir puiser ici.'' 16 Jésus lui dit : ''Va, appelle ton mari et reviens ici.'' 17 La femme lui répondit : ''Je n'ai pas de mari.'' 18 Jésus lui dit : ''Tu dis bien : 'Je n'ai pas de mari' ; tu en as eu cinq et l'homme que tu as n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai.'' 19 ''Seigneur, lui dit la femme, je vois que tu es un prophète. 20 Nos pères ont adoré sur cette montagne et vous, vous affirmez qu'à Jérusalem se trouve le lieu où il faut adorer.'' 21 Jésus lui dit : ''Crois-moi, femme, l'heure vient où ce n'est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. 22 Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut provient des Juifs. 23 Mais l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. 24 Dieu est esprit et c'est pourquoi ceux qui l'adorent doivent adorer en esprit et en vérité.''

Dans cette scène Jésus ne s’attarde pas à faire la morale, pas plus qu’à se faire distant de cette samaritaine à qui il demande à boire. Cette « excommuniée » de la religion juive devient celle qui permet à Jésus de mettre en évidence les changements profonds qu’il apporte à la façon de comprendre la religion et le culte : l'heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. »
(http://humanisme.over-blog.com/article-22544923.html)

EN ESPRIT ET EN VÉRITÉ

Oscar fortin
Québec, le 10 décembre 2008

4 commentaires:

Anonyme a dit...

Que faites vous des païens sans sacrements ?...

Ce qui, selon moi, fait l’humanité d’un être, est sa capacité de pouvoir pleurer sur le sort d’un autre.
Cet ‘autre’ peut être son voisin, proche qu’il voit et dont il mesure la peine parce qu’il l’a sous les yeux ; mais cet autre peut également être un inconnu, à l’autre bout du monde.
Cet ‘autre’ peut être une voix entendue, ou simplement un être dont on vient de lui raconter la vie.

C’est cette disposition qui peut toucher le cœur d’un Papou animiste auquel on vient de raconter l’histoire de la femme adultère, sauvée par Jésus.
Ce Papou sera touché aux larmes d’y retrouver un acte d’une justice bien différente de celle qui régit la vie de sa tribu, où les femmes infidèles subissent des punitions les plus cruelles.

Cette inclination, qui peut habiter chaque conscience de femme, d’homme, d’enfant sur cette planète ; cette compassion est ce qui fait de nous des humains ; car ces larmes silencieuses sont le cri de l’Eternel.

Si ‘être’ chrétien signifie voir en Jésus un homme, un nouvel Adam portant témoignage de ce que ‘Dieu est avec nous’, soucieux de toutes les victimes de toutes les oppressions ; alors ce Papou animiste est un chrétien qui s’ignore… un chrétien inconscient !

Je soutiens que ce Papou non baptisé d’eau est plus proche de Jésus que bon nombre de ‘chrétiens’ qui renient le Christ en l’enfermant dans des pratiques cultuelles, dans des ‘objets’ !

Et si ce Papou compatissant, soucieux de sa sœur, de sa fille ou de son épouse est un chrétien, qu’est donc un ‘chrétien’ boulimique de pitié, et qui se gave d’implorations, à plat ventre devant un crucifix ?

Oscar Fortin a dit...

Cher ami, je vous ai lu jusqu'à la fin et je dois vous dire que je partage pleinement votre point de vue. Si vous aviez lu ma dernière référence qui porte sur la sacramentalité de la vie, vous auriez pu vous y reconnaître comme de nombreux autres qui ne partagent peut-être pas la foi chétienne mais qui en vivent dans la pratique de la vie. Je vous remercie pour votre commentaire qui vient renforcer la voix des prophètes que les détenteurs du pouvoir préfèrent taire.

Anonyme a dit...

Bonsoir Oscar,

J’apprécie vos textes, ils sont taillés dans la conviction, et ont le solide fondement du vécu.

Je n’avais pas la prétention de vous apporter quelque chose, en posant le mien sur votre Blog.
(Je n’agis que par intuition, sans calcul.)

Quelques minutes après, je l’ai déposé sur le forum de Parténia, où j’écris sous le pseudonyme « Anthyme »

Pourquoi n’iriez-vous pas y faire un petit tour ?...


http://www.partenia.org/

Oscar Fortin a dit...

2x5Vos propos sont très gentils et je vous en remercie. Je viens de visiter le blog partenia sous le patronage de Jacques Gaillot. Je ne connaissais pas ce blog pas plus que je ne savais de sa visite à Québec, ma ville de résidence, l'automne dernier. J'ai jeté un coup d'oeil au forum où je vous y ai reconnu sous votre pseudonyme. Les forum exigent que nous ayons beaucoup de temps. J'hésite toujours à m'y impliquer. J'ai toutefois mis dans mes favoris ce blog que je visitera dorénavant.

salutations et au plaisir de vous lire de nouveau