PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 27 octobre 2010

NESTOR KIRCHNER

UNE MORT QUE PLEURENT L’ARGENTINE ET L’AMÉRIQUE LATINE

Tôt ce matin mourait subitement Nestor Kirchner, ex-président de l’Argentine et actuel secrétaire général de l’Union des pays de l’Amérique du Sud (UNASUR). Moins connu que de nombreux autres chefs d’État, il n’en est pas moins un des personnages dont le rôle assumé en Argentine et celui joué dans les diverses instances régionales du Continent aura été déterminant pour vaincre la crise économique en Argentine et rendre possible l’émergence d’une Amérique latine plus intégrée et plus indépendante.

Tous se souviendront du marasme économique dans lequel s’est retrouvé l’Argentine après s’être soumise aux recettes de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI) et avoir été victime de la corruption de nombreux de ses dirigeants dont l’ex Président Menem qui en est sans nul doute la meilleure représentation.

En 2003, lorsque Nestor Kirchner assume la Présidence, la dette du pays est de 144 400 millions $ et la pauvreté rejoint 60% des 37 millions d’Argentins et d’Argentines. Les anciens généraux qui avaient fait la pluie et le beau temps au milieu des années 1970, avec le retour de la démocratie, avaient été jugés et condamnés à la prison pour les crimes commis. Toutefois sous le gouvernement de Menem ils bénéficieront d’une amnistie, leur ouvrant ainsi la porte de la liberté tout en faisant une croix sur leurs crimes et ceux qui en avaient été les victimes.

C’est dans ce contexte qu’il a pris en main les destinés d’un peuple au prise avec autant de problèmes économiques, politiques et sociaux. Peu nombreux étaient ceux qui croyaient en sa capacité de relever l’économie du pays, de lutter contre la corruption et de redonner confiance au peuple. Sur ce dernier point il a supprimé la loi accordant l’amnistie aux militaires trouvés coupables de crimes, ouvrant ainsi de nouveau la voie à des condamnations. Sur le plan économique il a, entre autres, renégocié à la baisse la dette avec le FMI ainsi que les délais de paiement et il a relancé la production. Il a agi de telle sorte que l’Argentine a repris le chemin de la croissance et, en dépit des nombreux problèmes sociaux, il a pu reconquérir une certaine paix sociale.

Sur la plan des relations avec les autres pays de l’Amérique latine, il a toujours été un partenaire fiable, ouvert et particulièrement sensible aux conditions permettant de répondre le plus efficacement possible aux impératifs de justice et de compassion pour les plus défavorisés. Lors de la rencontre des pays des Amériques, en 2005, visant à étendre le traité de libre échange nord-américain à l’ensemble des pays de l’Amérique latine, il a été l’un de ceux qui s’y est opposé, se solidarisant ainsi avec le Venezuela, le Brésil et les autres pays émergeants du Continent. L’air de rien, il s’est taillé une réputation d’un chef d’État qui savait décoder les situations géopolitiques et qui avait l’art d’en débattre sans créer la suspicion.

Lui a succédé à la Présidence de l’Argentine, nulle autre que son épouse, Cristina Fernandez de Kirchner qui se révèle être une dirigeante qui sait où elle va et qui a également le doigté qu’il faut pour neutraliser en partie ses adversaires qui cherchent constamment à la piéger. Il ne fait aucun doute qu’il en a été jusqu’à la fin un sage conseiller, sans pour autant faire ombrage à celle qui sait très bien se débrouiller dans ce monde de la politique.

Au moment de sa mort, Nestor Kirchner, était le Secrétaire général d’UNASUR et avait déjà entamé diverses tractations avec les pays membres pour accélérer l’intégration régionale et faciliter la résolution de certains conflits dont celui des relations diplomatiques entre le Venezuela et la Colombie. Dans ce dernier cas les résultats furent concluants puisque les deux pays sont à renouer leurs relations sur tous les plans, politique, économique, social et culturel.

Sa mort subite arrive trop vite et trop tôt. Tous perdent un homme sur qui ils pouvaient compter et dont la présence était hautement respectée et recherchée.


Oscar Fortin

Québec, le 27 octobre 2010

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/argentine/chronologie.shtml

http://latinosstories.blogs.nouvelobs.com/archive/2010/10/27/sans-nestor-que-va-faire-cristina-kirchner.html

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5h8kkqxPWCcMOQbSO7XSLsFFKfb5A?docId=CNG.6f3a9d83e932a2a449b31b0069b28f13.4b1




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