PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

lundi 5 septembre 2011

POUR UN CHANGEMENT DE RÉGIME






L’expression  « changement de régime » revient de plus en plus souvent dans les débats politiques et dans les aventures guerrières. On ne parle plus de changements cosmétiques, mais de changements globaux dans la manière de gérer la solidarité, l’économie, la finance, la démocratie, la politique, les droits humains des personnes et des peuples.

LE RÉGIME DOMINANT EN OCCIDENT

Le régime dominant, dans les pays de l’Occident et dans de nombreux autres pays dépendants de ces derniers, repose sur quatre piliers qui en constituent les bases sans lesquelles il ne saurait se maintenir : le capitalisme néolibéral, la démocratie représentative, la puissance militaire, le contrôle des médias.

Le capitalisme néolibéral place le capital et les intérêts privés qui s’y rattachent en tête de liste des objectifs au service desquels toutes les institutions sociales et politiques doivent se subordonner.  Ils auront priorité sur les impératifs du bien commun d’une société tout comme sur les droits  des personnes et des peuples. En temps de crise on sacrifiera ces derniers pour sauver cette première colonne du régime en place. Les banques, les institutions financières, l’économie de marché sous le contrôle d’oligarchies seront les premiers servis.

La démocratie représentative est conçue de manière à assurer aux élites du capital de garder plein contrôle sur les divers pouvoirs de l’État, tout en laissant l’impression que ces pouvoirs sont entre les mains des électeurs et électrices. Ils y parviennent en contrôlant les partis politiques et les gouvernements qui en émergent. Ainsi, ils contrôlent les principaux leviers du pouvoir : la justice, la fiscalité, les politiques sociales.

La puissance militaire est le bras de fer qui, d’une part fait taire toute dissidence interne au régime et qui d’autre part s’acharne par tous les moyens à faire échouer les régimes qui misent sur d’autres fondements  que ceux du néolibéralisme et de la démocratie représentative.  Dans ce dernier cas, Cuba est un exemple fort éloquent. Des centaines de millions de dollars ont été dépensés depuis 50 ans par les États-Unis  pour faire échouer ce nouveau régime qui n’en continue pas moins à subsister. Actuellement, nous pouvons observer ces forces de l’empire qui s’infiltrent dans divers pays émergents pour déstabiliser et renverser des gouvernements qui leur font faux pas. Ce fut, entre autres, le cas au Honduras, en 2009, au Venezuela, en 2002, en Bolivie, en 2008, en Équateur, en 2010, au Nicaragua dans les années 1980 avec les contras. Présentement quelque chose de semblable se produit en Afrique du Nord (Libye) et au Moyen Orient (Syrie). Dans ces derniers cas des considérations de géopolitique et de prise de contrôle de richesses  s’ajoutent aux objectifs d’élimination de régimes qui leur échappent.

Le contrôle des médias fait partie des fondements du régime qui ne saurait survivre sans l’intervention de cette arme extraordinaire qui permet de conditionner la conscience des peuples.  Les exemples se multiplient à une vitesse exponentielle de ce que sont capables de faire ces « médias » au service du régime. Déjà nous avons eu l’exemple de l’existence des « armes de destruction massive » pour envahir l’Irak et maintenant nous avons tous ces montages, mis à jour, pour justifier l’intervention en Libye et faire accepter le renversement du régime de Kadhafi. Cet outil permet de manipuler le mensonge et la vérité de manière à ce que dans les deux cas ils servent le régime. Il saura transformer des saints en diables et des diables en saints. Il rendra possible la simulation en studio, comme ce fut le cas récemment, pour la prise de la place verte de Tripoli, ou encore pour montrer une foule en liesse filmer en  Inde et la  faire passer pour une foule libyenne célébrant la victoire des rebelles à Tripoli.

LES RÉGIMES ÉMERGENTS

De multiples facteurs conduisent de plus en plus les peuples à se dissocier d’un régime dont le véritable visage se révèle être tout à l’opposé de celui présenté par ses  médias. La mondialisation sort les peuples de leur isolement et l’information alternative apporte une lecture différente de ce qui se passe dans le monde. C’est alors qu’ils découvrent la grande tricherie dont ils sont victimes et les dessous de ces guerres menées sous la bannière de la défense des droits humains, de la démocratie et des valeurs de civilisation. Ils réalisent de plus en plus que les intérêts de domination, de conquête et de contrôle s’imposent au détriment du respect des droits des personnes et des peuples.

Dans les pays émergents de nouvelles avenues s’ouvrent pour substituer un tel régime de domination par autre chose plaçant, en tête de liste des priorités, la personne humaine et le bien commun des peuples. L’émergence de cette nouvelle approche repose sur quatre piliers : les droits de la personne et le bien commun des peuples, une économie fondée sur le principe où l’État intervient autant que nécessaire et le privé  autant que possible, la démocratie participative et finalement la solidarité nationale et internationale.

La personne humaine et le bien commun  sont des références qui canalisent toutes les autres. Elles placent en priorité les éléments essentiels assurant à toutes les personnes les attentions requises pour qu’elles aient accès à l’éducation, aux soins de santé, à une alimentation suffisante et à un toit convenable. Les richesses naturelles, les revenus de chaque citoyen et citoyenne ainsi que celles des diverses entreprises doivent, en tout premier lieu, servir ces priorités. Les intérêts du peuple s’imposent aux intérêts particuliers des individus et des corporations. L’État est le maître d’œuvre de la réalisation de cet objectif.

Une économie sous contrôle de l’État chaque fois que nécessaire et sous contrôle du privé autant que possible. Ce n’est plus le peuple au service de l’économie, mais l’économie au service du peuple. Ainsi l’État interviendra dans l’exploitation des richesses naturelles de manière à ce que ces dernières servent, entre autres,  les objectifs du bien commun. Il interviendra au niveau de la fiscalité pour que tous les intervenants économiques participent au financement des divers projets nécessaires au bienêtre et au bon fonctionnement de la société. Des mécanismes sont mis en place pour contrer, autant faire se peut, la corruption et les influences indues des gouvernements étrangers et des multinationales.

La démocratie participative est celle qui décloisonne l’exclusivité des partis politiques pour permettre la participation plus directe des citoyens et citoyennes ainsi que des organisations sociales et économiques. Elle contrôle le financement des partis politiques et s’assure que le système électoral soit à l’abri des malversations au niveau du vote, du comptage et de l’annonce officielle des  résultats.  Le pays ayant fait le plus grand progrès à ce chapitre est sans nul doute celui de la Bolivie qui a utilisé les  toutes dernières technologies pour l’identification des électeurs et électrices, pour comptabiliser les votes et en promulguer les résultats officiels. Dire que ce pays, considéré jusqu’à tout récemment, comme le plus pauvre de l’Amérique latine est aujourd’hui celui qui a mis en place le système électoral qui défie, à bien des égards, celui des États-Unis et du Canada.

La solidarité nationale et internationale est cette quatrième colonne sur laquelle s’édifient ces nouveaux régimes. L’approche des relations des personnes et des peuples n’est plus perçue en termes de conquête et de domination, mais en termes de complémentarité et d’entraide. Elles se réalisent dans le plein respect de l’indépendance et de la souveraineté des  peuples. À ce titre, l’exemple de Cuba constitue une référence assez exceptionnelle de cette solidarité. Ses médecins et professeurs sont dans tous les coins de l’Amérique latine, peu importe les régimes en place. Ils oeuvrent  le plus souvent dans les régions les plus hostiles où peu de professionnels osent s’aventurer. IL en va de même pour les pays regroupés dans l’ALBA et UNASUR.

CONCLUSION

Ce passage d’un régime à un autre ne peut se réaliser sans une prise de conscience très forte des peuples et un leadeurship qui sait en canaliser les énergies. La prise du pouvoir par les voies démocratiques seront vite suivies par la formation d’une constituante visant à permettre aux peuples de se donner une constitution qui leur ressemble. La grande majorité des pays sous l’Empire dispose d’une constitution rédigée et imposée par les oligarchies dominantes. Qu’il y ait dès lors une nouvelle constitution va de soi. Ce sera dans le cadre de cette dernière que seront établies, entre autres, des règles strictes relatives aux processus électoraux, aux droits à une information sérieuses, aux partis politiques et à leur financement etc.…

Il va de soi que les oligarchies occidentales n’ont aucun intérêt à ce qu’émergent de nouveaux régimes qui fassent la démonstration qu’un autre monde est possible. La semaine dernière, le ministre de l’éducation dans le gouvernement chilien disait que le Chili n’a pas les moyens d’assumer l’éducation gratuite pour tous et toutes. Pourtant, le Chili est donné en exemple des pays en développement du sud. Or, Cuba, le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua trouvent les moyens d’assurer cette éducation à leurs peuples. Il s’agit évidemment d’une question de régimes.

Il n’y a pas de doute que le changement de « régime » est devenu inévitable, d’autant plus que les masques tombent et que les soi-disant sauveurs  des grandes valeurs de la démocratie et des droits humains se révèlent être ses plus grands adversaires. Une fois que la vérité aura rejoint la conscience des peuples, l’empire deviendra alors l’ennemi de tous les peuples.

Oscar Fortin
Québec, le 5 septembre 2011-09-05

Quelques références en plus de celles qui apparaissent sur le présent site.








8 commentaires:

Anonyme a dit...

L'humain dans les pays émergents:vous pensez à la Chine?et à sa dictature?Démocratie participative en Chine,vous avez vu ça en rêve?Et les médecins cubains en Amérique latine,vous n'avez vu aucun médecin français dans les pays pauvres?Retirez vos oeillères,à votre âge,c'est grave!Vous êtes dans un pays,le Canada,où vous êtes libre de dire même des conneries!!Et ces conneries,vous ne pourriez pas les dire dans les pays que vous seumblez admirer...réfléchissez,ne serait-ce qu'une seconde!!

Oscar Fortin a dit...

Je préfère vous laisser avec vos pensées sur la chine et vos médecins français dans les colonies africaines. Quant à la liberté d'expression je vous dirai tout simplement qu'elle est vite limité à la liberté de publication dans nos médias officiels. Les politiques éditoriales de notre grande presse ne permet pas de publier autres choses que les versions officielles des maîtres du jeu. Heureusement qu'internet et l'information alternative permet l'expression et la communication d'une information autre. Je suis certain que vous avez savourez la mise à jour de ces mises en scène de la guerre en Libye. Écoutez ce qu'en dit l'avocat de la Libye.
http://www.dailymotion.com/video/xktc41_l-avocat-de-l-etat-libyen-nous-fait-des-graves-revelations-sur-la-guerre-en-libye-et-nous-parle-de-l_news#from=embediframe

Marius MORIN a dit...

Il est clair que nous parlons à travers une culture établie. En général la mienne comme la vôtre est la meilleure. Comme américain ou européen, je suis amené à voir le monde avec les ouillères occidentales. Je remercie les médias alternatifs de nous rappeler que le monde n’est pas qu’occidental. Que nous le voulions ou non, les économies émergeantes sont en train de socialiser la politique et l’économie néolibérale. Dans votre article, M. Fortin, vous ouvrez une porte sur un changement possible de régime. Cela ne veut pas dire qu’un changement de paradigme se fait en claquant des doigts, qu’il sera sans défauts et qu’il ne contiendra pas des faiblesses ou des écueils à éviter? Depuis deux cents ans, le régime capitaliste a réussi à créer deux mondes, celui des colonisateurs et celui des colonisés, celui du Nord et celui du Sud ou si l’on préfère celui de l’Est et de l’Ouest. Heureusement un changement géopolitique est en train de s’opérer présentement avec le BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine).

Anonyme a dit...

Pauvre de vous,cette liberté d'opposition et d'expression que vous vous accordez au Québec,vous ne l'auriez même pas à Cuba que vous semblez prendre en exemple.Et si vous vilipendez vos media,c'est que vous êtes libre de le faire!Essayez donc de critiquer Granma à La Havane,vous verrez ce qu'il vous arrivera.Et votre idée sous-jacente de voir des libertés et des démocraties en pays émergents,excepté le Brésil,vous êtes aveugle ou quoi.La démocratie est en UE ou au Canada 100 fois plus efficiente!Et pour les médecins français dans les "colonies"africaines,vous dites n'importe quoi car si on intervenait pas vous seriez le premier à hurler.Et si ça vous amuse de soutenir Khadafi(mais de loin,faute de courage),allez donc l'aider à maintenir son régime dictatorial,il y a encore de la place...et bien payée!!Votre lâcheté égale celle de bellaciao:critiquer les démocraties mêmes imparfaites et se taire devant les dictatures parfaites,c'est le lot de tous les lâches de ce monde!Je vous méprise à un point que vous ne pouvez imaginer.

Oscar Fortin a dit...

Mon cher monsieur, je vois que vous maniez plus facilement les qualificatifs injurieux que les contenus. Je vous laisse avec quelques références que vous pourrez analyser avec toute l’objectivité dont vous êtes certainement capables. Dans ce monde de l’information ou de la désinformation ce ne sont pas les qualificatifs dénigrants qui convainc mais les faits et les argumentaires fondés. Je serai heureux de lire vos analyses sur les quelques articles qui suivent.

Sur Cuba que vous semblez bien connaître, je vous invite à lire les articles qui suivent :

http://www.legrandsoir.info/Conversations-avec-la-bloggeuse-cubaine-Yoani-Sanchez.htm

http://www.legrandsoir.info/la-reforme-du-modele-economique-cubain-causes-et-perspectives.html

Sur la Libye

http://www.voltairenet.org/

http://www.michelcollon.info/Libye-L-OTAN-est-la-source-de.html

http://www.legrandsoir.info/30-000-bombes-60-000-morts-une-sacree-mission-humanitaire-counterpunch.html

http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=26418

http://www.legrandsoir.info/la-guerre-de-l-otan-contre-la-libye-est-une-guerre-contre-le-developpement-de-l-afrique-countercurrents.html

http://www.legrandsoir.info/libye-le-piege.html

sur le Venezuela

http://www.legrandsoir.info/retour-au-venezuela.html

Je serai heureux que vous me donniez vos sources d’information sur la base desquelles vos analyses se fondent.

Bonne journée à vous

jaluit a dit...

Cher Monsieur Fortin, je rédige rapidement ce petit message pour vous apporter tout mon soutien et vous enjoindre de garder le courage de répondre avec toute votre intelligence aux attaques haineuses des "anonyme".

Je serais curieux en effet de connaître aussi les sources de ce personnage, et de voir se déployer ses qualités d'analyste.
Bien à vous,

Antar Ibn Chaddad a dit...

Que le salut soit sur toi Oscar, j'apprécie ce que tu écris et je te dis continue.
Pour essayer de rendre à l'humanité ce qui est sien et pour sauvegarder notre univers si possible je lutte aussi à ma manière...

Oscar Fortin a dit...

Merci à Jaluit et Antar Iben Chadad pour votre encouragement. Sans vous connaître, je vous sens très proche dans cette voie de la conscientisation des esprits et des personnes au fait qu'un autre monde est possible.

Bonne journée à vous tous