PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

lundi 17 octobre 2011

"UNE ANNÉE DE LA FOI"


DÉCRÉTÉE PAR BENOÎT XVI
  

Benoît XVI vient de décréter une « année de la foi », à partir du 11 octobre 2012, qui marquera le cinquantième anniversaire de l’inauguration du Concile Vatican II (1962/65) et qui se conclura, le 24 novembre 2013, lors de la solennité du Christ, roi de l'univers. « Ce sera, dit-il, pour donner une impulsion renouvelée à la mission de toute l'Eglise de conduire l'homme hors du désert, où souvent il se trouve, vers le lieu de la vie, vers l'amitié avec le Christ, qui nous donne cette vie en plénitude. "Ce sera un moment de grâce et d'engagement, pour une conversion toujours plus entière à Dieu, pour renforcer notre foi en lui et l'annoncer, avec joie, aux hommes de notre temps. »

Que l’on réfléchisse sur la foi, que l’on en découvre ses véritables fondements, que l’on en exprime les engagements auxquels elle conduit dans ce devenir de l’humanité, appelée à vivre la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, tout cela ne peut qu’être bénéfique pour l’Église et le Monde. Pour ce faire, il faut se présenter à cet exercice avec un esprit ouvert, libre de schémas idéologiques et théologiques davantage inspirés  par des doctrines de siècles passés que par les Évangiles elles-mêmes.

La présentation de cette « année de foi » qu’en fait Benoît XVI me laisse songeur sur 4 points qui ressortent dans son intervention. 
  1. 1. Il y a en tout premier lieu cette conception d’une Église qui a pour mission de conduire l’homme… Tout en parlant de toute l’Église le lecteur que je suis se demande si sa pensée ne porte pas prioritairement sur l’autorité des pasteurs et de lui-même qui disposent de lumières spéciales et de l’autorité nécessaire pour guider les chrétiens et l’humanité entière vers Dieu. Il sera important que soit discuté le rôle des croyants et croyantes dans cette Église et dans cette conduite de l’homme hors du désert. Pour le moment, on ne peut que regretter le sort réservé à de nombreux prophètes engagés dans cette sortie du désert. Que l’on pense aux théologiens de la libération et à tous ces prophètes qui proclament l’avènement d’un monde nouveau, fondé sur autre chose que la cupidité, la recherche du pouvoir et les goûts de grandeur.

  2. 2. Le second point est celui du « désert ». De quel désert s’agit-il ? Dans l’histoire de l’Église et de l’Ancien Testament de nombreux mystiques ont choisi le désert pour se rapprocher de Dieu. Certains peuvent aussi comprendre le « désert » comme l’absence de communication, l’isolement, l’exclusion sociale, la pauvreté etc. Il y a là également un désert où se retrouvent les 2/3 de l’humanité. Sortir cette partie de l’humanité du désert dans lequel elle est retenue par des systèmes dominés par la cupidité, la puissance de domination de certaines élites oligarchiques, financières, institutionnelles et même religieuses est un défi qui concerne toutes les personnes de bonne volonté et auquel de nombreux croyants participent sous l’inspiration de Jésus de Nazareth. Je soupçonne toutefois que ce soit là le désert dont parle Benoît XVI. Je crois plutôt qu’il se réfère à un schéma théologique où la foi se réfère à un Dieu de l’au-delà et que ceux et celles qui n’ont pas cette foi dans ce Dieu de l’au-delà, dont l’Église est la représentante officielle, sont dans le désert. Dans cette optique, « l’année de la foi » consistera à faire découvrir ce Dieu dans la figure du Christ, roi de l’univers, source d’amitié et de vie.
  1. 3.    Le troisième point est celui qui porte sur la conversion. De quelle conversion parle-t-on et conversion de qui ? Il est évident que sans une plus grande précision des relations de l’Église institutionnelle, hiérarchique avec l’ensemble des croyants et avec le monde dans tout ce qu’il est, il sera bien difficile de dire qui doit vraiment se convertir et à qui et à quoi se convertir. Pendant que de nombreux croyants demandent aux autorités ecclésiales de se convertir aux Évangiles et à Jésus de Nazareth, ces dernières demandent aux croyants et au monde de se convertir à Dieu, roi de l’Univers.
  1. 4.    Le quatrième point porte inévitablement sur l’idée que l’on se fait de Dieu et celle que l’on se fait de Jésus de Nazareth. Dans ce dernier cas, il y a d’une part le Jésus de l’histoire dont nous parlent les Évangiles, le Dieu avec nous, l'un de nous sur terre, et d’autre part le Christ ressuscité, roi et seigneur de l’univers, plutôt placé dans les hauteurs du Ciel. Il ne fait aucun doute qu’il y aura débat pour savoir qui de ces personnages peut le mieux inspirer le monde d’aujourd’hui. 


Il y a donc de nombreuses questions qui doivent être posées tant sur le Dieu, pris en référence, que sur le destin d’une humanité, prise en otage. Une chose est certaine : Jésus de Nazareth, cet homme au visage humain et aux comportements solidaires, est à la base de l’Église et cette dernière se doit de se l’approprier pleinement pour devenir lumière du monde. Dans le contexte actuel, le chemin à parcourir ne saurait être franchi sans une profonde conversion de ces mêmes autorités et de nombreux autres au Jésus de l’histoire et au témoignage qu’il a laissé.

À n’en pas douter, « l’année de la foi » sera l’année de  remises en question  fondamentales sur ces diverses questions et, espérons-le, de grandes conversions. Si tel est le cas, la décision de Benoît XVI aura été de grande inspiration.

Oscar Fortin
Québec, octobre 2011


1 commentaire:

Marius MORIN a dit...

Si la foi n’a pas d’œuvres, elle est morte… La foi sans les œuvres est stérile, dit saint Jacques au chapitre 2 de son épitre.
Sortir le 2/3 de l’humanité du désert de la misère, de la pauvreté, de la violence, du consumérisme, du Nouvel Ordre Impérial imposé par les puissants de ce monde, n’est pas un mince affaire. Mais il ne faut pas oublier de faire sortir du bercail de l’Église un grand nombre de chrétiens et chrétiennes qui se contentent du statut quo et qui ne veulent pas de changement dans l’Église. Ils se réfugient dans le confort d’une foi pieuse. Ils se tournent vers un Dieu désincarné, loin des problèmes de ce monde.
Comme Église et comme chrétiens, notre mission consiste à questionner et à provoquer une véritable conversion aux valeurs évangéliques et envers la personne même de Jésus de Nazareth. Il prêche une Heureuse Nouvelle, celle du Royaume de Dieu. Cette réalité est éminemment positive : c'est le temps de la grâce divine, du pardon offert généreusement aux pécheurs, aux brebis perdues, aux enfants prodigues dans le but de tous les rassembler à sa suite et qu’ils deviennent à leur tour des porteurs d’espérance, des amoureux de justice et des constructeurs de paix dans le monde.