PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

dimanche 22 avril 2012

EN SYRIE






BRAS DE FER ENTRE  PACIFISTES ET CONQUÉRANTS



Depuis ce qui s’est passé en Libye bien des yeux se sont ouverts et bien des mensonges ont été mis à nu. Ce qui nous fut présenté comme une grande cause humanitaire au service d’un peuple à la conquête de sa liberté et du respect de ses droits s’est révélée être un immense montage médiatique couvrant l’action de véritables prédateurs. Aujourd’hui, la Libye et son peuple vivent le drame de la désolation et de l’oubli. Les prédateurs des pays conquérants se disputent le butin sans se préoccuper de ce peuple ramené à moins que rien.

On se souviendra qu’Obama avait trouvé cette nouvelle formule de conquête fort intéressante et qu’il souhaitait en faire un « modus operandi » pour les autres conquêtes à venir. En effet, quoi de mieux qu’une telle approche, financée par l’ensemble des pays de l’OTAN, qui place ses principaux acteurs sous le chapeau des Nations Unies, revêtus du manteau de l’intervention humanitaire. Il ne lui restait plus qu’à prendre le contrôle des richesses et à en assurer une juste distribution aux vaillants collaborateurs.

En Syrie, ce sont les mêmes acteurs, les mêmes prédateurs, les mêmes « sauveurs », les mêmes manipulateurs, les mêmes menteurs. La collaboration des médias occidentaux leur est acquise, celle des principaux dirigeants des Nations Unies, dont le secrétaire général, Ban Ki-moon, ainsi que de certains dirigeants d’organismes agissant sous le couvert de la protection des droits de la personne.

Ce qui se présentait comme une opération sans incident particulier pour les prédateurs est vite devenu un cauchemar pour ces derniers. Lorsque la Russie et la Chine ont réalisé que leurs vis-à-vis au Conseil de sécurité voulaient répéter ce qui s’était passé en Libye, ils ont affiché un non catégorique. Plus question de faire confiance à des discours et à des promesses à caractère humanitaire. La tricherie avait assez duré.

Faute de pouvoir compter, à court terme, sur le conseil de sécurité et l’OTAN pour envahir la Syrie, diverses initiatives ont été prises pour créer des cellules de commandos, intégrées par des mercenaires, des déserteurs de l’armée syrienne et d’anciens combattants en Libye. Ces commandos ont pour mission de semer la violence auprès des populations civiles, de tuer des militaires et de faire des dommages matériels aux principaux centres de la défense nationale. Les crimes qu’ils commettent sont repris par les agences de presse qui leur sont alliées et sont retransmis dans le monde entier comme étant des crimes commis par les forces armées gouvernementales. On se souviendra que les premiers observateurs envoyés par la Ligue arabe avaient conclu leur mission en confirmant cette version des faits.

Pendant que les prédateurs cherchent par tous les moyens à déstabiliser le gouvernement de Al-Assad, ce dernier présente au peuple syrien un projet de réforme constitutionnel. Plus de 50 % de tous les électeurs et électrices se sont rendus aux urnes et voté  en faveur de cette réforme. De quoi faire réfléchir ceux qui se définissent comme les amis du peuple syrien. Il n’en fut rien et leur hostilité n’a fait que d’augmenter en soutenant militairement et monétairement les groupes terroristes infiltrés en Syrie. Même en ce moment, alors que la trêve demandée par Kofi Annan est en application, les actions terroristes se poursuivent et sont rapportées comme étant des actions gouvernementales. Une déclaration du ministre russe des Affaires extérieures en dit long à ce sujet.

Que conclure?

Rien n’indique que les prédateurs aient abandonné leur objectif de prendre le contrôle du pays en se débarrassant du président Al-Assad et en y plaçant leurs marionnettes. La dernière résolution, votée tout récemment et autorisant l’envoi de 300 observateurs, comporte une petite close qui n’a l’air de rien, mais qui peut ralentir passablement le processus de l’envoi de ces observateurs. Cette petite close dit que les observateurs seront envoyés une fois que Kofi Annan aura confirmé que la situation de non-violence le permette. Ceci veut dire qu’en maintenant la pression sur les groupes armés de l’opposition pour qu’ils poursuivent leurs attaques, il est possible que ces observateurs n’arrivent jamais en Syrie. Pour ces guerriers, il faudrait alors penser à l’envoi d’une milice armée qu’on demanderait évidemment à l’OTAN ou à la Ligue arabe de diriger.

Le centre consultatif syrien des études et des droits de l'homme a souligné la contradiction fragrante entre la résolution adoptée par le Conseil de sécurité relative au déploiement des observateurs en Syrie et les allocutions des délégués américain, français et allemand qui appellent à l'escalade de la violence en imputant au gouvernement syrien la responsabilité du désengagement au plan de Kofi Annan.

Au moment d’écrire ces lignes, la Turquie, à la tête d’une campagne pour attaquer militairement la Syrie, sans l’accord des Nations Unies, participe à une réunion de l'OTAN à Bruxelles aussitôt suivie de celle des Amis de Syrie à Paris. L’idée est de susciter un incident à la frontière entre la Turquie et la Syrie, donnant ainsi prétexte à une intervention de l’OTAN, dont la charte l’oblige à se porter à la défense d’un pays membre. Pour en savoir plus sur ces initiatives je vous invite à lire ce très bon article dont le titre est « L’OTAN discute d’une intervention militaire en Syrie ».

Entre temps, des élections parlementaires sont prévues pour début mai et cette nouvelle étape dans le processus démocratique viendra renforcer, à n’en pas douter, la confiance du peuple dans les réformes amorcées. Tout indique qu’il sera difficile aux conquérants de mettre à exécution leur projet de renversement par la violence de l’actuel gouvernement en Syrie. Bien qu’avec ces derniers, tout est possible, le droit et la loi leur étant subordonnés.

Comment, nos propres dirigeants peuvent-ils vivre avec autant de mensonges, d’hypocrisie et de crimes? Ils ne peuvent plus en dissimuler l’ignominie? Plus grave encore, comment pouvons-nous en être complices?

Oscar Fortin
Québec, le 22 avril 2012






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