PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

jeudi 10 janvier 2013

AU VENEZUELA



UNION DE L’ÉGLISE ET DE L’OPPOSITION



Depuis un certain temps, l’opposition vénézuélienne fait du 10 janvier, date de l’assermentation du Président, la date boutoir pour décider de l’avenir constitutionnel de  Chavez comme Président du pays. Selon cette dernière, son absence créerait un vide de pouvoir qui devrait être automatiquement comblé par le Président de l’Assemblée nationale à qui correspondrait de convoquer le peuple, dans les 30 jours, à de nouvelles élections présidentielles. Une sortie « constitutionnelle » de Chavez de ses fonctions politiques, une aubaine pour ses adversaires.

Cette interprétation que donne l’opposition de la Constitution trouve, dans la hiérarchie catholique vénézuélienne, une alliée fidèle, qui  réclame, elle aussi, le respect le plus complet de la Constitution.

« L'Église vénézuélienne a même jugé lundi "moralement inacceptable" d'enfreindre la Constitution en reportant l'investiture pour "réaliser un objectif politique", prenant ainsi position en faveur de l'opposition. »

« Elle s'est également émue du doute ainsi entretenu sur l’état de santé de Chavez. Si on s'éloigne de la Constitution, "on s'éloigne aussi de l'institution et on tombe dans la lutte pour des parcelles de pouvoir, dans la violence, dans l'anarchie et la non-gouvernabilité, a averti lundi Mgr Diego Padron, président de la Commission épiscopale vénézuélienne (CEV). »

Même notre Radio-Canada, avec son grand spécialiste, Jean Michel Leprince a abondé et défendu la position de l’Église et de l’opposition en donnant une petite leçon sur cette constitution, écrite, selon lui, par Chavez. Vous pouvez, ici, en saisir tout le professionnalisme journalistique.

Plus tôt mardi, l'opposition avait pris la communauté internationale à témoin en alertant, dans une lettre, l'Organisation des États américains (OEA) d'un risque de "violation de l'ordre constitutionnel" si Hugo Chavez, réélu en octobre, venait à ne pas se présenter jeudi

« Si la prestation de serment du président n'a pas lieu le 10 janvier et si on n'active pas les dispositions constitutionnelles relatives à la défaillance provisoire du Président de la République, on aura commis une grave violation de l'ordre constitutionnel du Venezuela, qui affectera l'essence de la démocratie", a écrit dans sa lettre la coalition de l'opposition vénézuélienne, la Table de l'unité démocratique. »

Pour donner encore plus de crédibilité à toutes ces pressions,  le chef de file de l'opposition vénézuélienne, Henrique Capriles, a demandé mardi au plus haut tribunal du pays, le Tribunal suprême de justice (TSJ), de «se prononcer» sur la crise institutionnelle à l’effet que si le président Hugo Chavez, hospitalisé à Cuba depuis près de quatre semaines, ne se présente pas à sa prestation de serment prévue jeudi.

Il faut dire que le Tribunal suprême de Justice est la plus haute instance judiciaire et sommet du Pouvoir judiciaire au Venezuela. Il remplaça, en 1999, la Cour Suprême de Justice. Il est présidé par la Magistrate Luisa Estella Morales

Dès mardi soir, le TSJ a pris en délibération cette requête et a rendu sa décision, mercredi, le 9 janvier dans l’après-midi.

Dans sa décision, amplement documentée, le Tribunal suprême de justice tranche en faveur de la position gouvernementale en décrétant que Hugo Chavez, hospitalisé depuis un mois à Cuba, pourra prêter serment après la date du 10 janvier prévue par la Constitution.
« En outre, les sept juges de la chambre constitutionnelle du TSJ ont décidé qu'en vertu "du principe de la continuité administrative", le gouvernement et le vice-président Nicolas Maduro - à qui le président a délégué une partie de ses pouvoirs - resteraient en fonctions jusqu'à ce que Hugo Chavez soit en mesure d'être investi, a annoncé devant la presse la présidente du TSJ Luisa Estella Morales. »

Le Tribunal a bien établi le fait que l’absence actuelle du Président n’est pas assimilable à une absence partielle ou absolue telle que définie par la Constitution. Son absence répond à une autorisation formelle de l’Assemblée nationale pour une opération chirurgicale à Cuba contre un cancer. Il est actuellement en récupération et, lorsque les conditions s’y prêteront, il sera assermenté devant le Tribunal suprême de justice. Il importe de préciser qu’une absence partielle doit répondre à une demande expresse du Président au plus haut tribunal du pays. Ce n’est évidemment pas le cas présentement.

Aujourd’hui, 10 de janvier, ce sont des centaines de milliers de Vénézuéliens et Vénézuéliennes qui sont présents (tes) dans les rues de Caracas. Les cris et les écrits qui se laissent entendre et voir se ramènent pour l’essentiel « Au Venezuela c’est le peuple qui décide » « Je suis Chavez », « nous sommes tous Chavez » « À travers le serment du peuple c’est Chavez qui s’assermente ». Un moment magique et émouvant à voir. Un peuple toujours plus mature et uni derrière un projet de société et un leader en qui il se reconnait.

CONCLUSION

La cupule ecclésiale et l’opposition officielle, si attachées au respect de la Constitution, sont présentement sollicitées pour appuyer et défendre cette Constitution telle qu’interprétée par le plus haut tribunal du pays. Une interprétation qui s’assimile à l’autorité même de cette Constitution.

Que dira notre grand journaliste de Radio-Canada, Jean Michel Leprince, au sujet de cette décision du Tribunal suprême de justice et de cette manifestation monstre du peuple vénézuélien ? Va-t-il de nouveau sortir de sa poche cette Constitution et dire qu’il faut en suivre l’esprit et la lettre et que le peuple est toujours là pour la défendre?

Oscar Fortin
Québec, le 10 janvier 2013






Aucun commentaire: