PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 3 avril 2013

DE CUBA, LA PENSÉE DU PAPE FRANÇOIS NOUS EST TRANSMISE



L’ÉGLISE TELLE QU’IL LA VOIT ET TELLE QU’IL LA SOUHAITE



Aussi curieux que cela puisse paraitre, c’est ce qui vient de se passer avec la récente intervention du cardinal Jaime Ortega, à son retour de Rome à la Havane. Lors de son homélie du dimanche des Rameaux, il révéla, avec le consentement de son auteur, les paroles du cardinal Jorge Mario Bergolio adressées aux membres de la congrégation des cardinaux réunis dans le cadre de leur préparation au Conclave.

Il raconte qu’ayant été impressionné par l’intervention du cardinal Bergoglio, il alla le voir après sa conférence pour lui demander s’il pouvait avoir une copie du texte de cette dernière. C’était impossible qu’il le fasse étant donné qu’il avait improvisé du début à la fin. Toutefois, le lendemain matin, le cardinal Ortega fut heureusement surpris de recevoir des mains du cardinal Bergoglio un texte manuscrit résumant en quatre points son intervention. C’est de ce texte dont il va parler.

«Permettez-moi de vous révéler la presque totalité du contenu de cette pensée du pape François sur la mission de l’Église

1.    Le premier de ces points porte sur l’évangélisation et exprime la nécessité pour l’Église de sortir d’elle-même et d’aller aux périphéries, non seulement géographiques, mais aussi existentielles, manifestées, entre autres, dans le mystère du péché, de la douleur, de l’injustice et de l’ignorance.
2.    Le point deux signale une critique à une Église “autoréférentielle”, qui se regarde elle-même dans une sorte de “narcissisme théologique”, la séparant du monde tout en prétendant détenir Jésus Christ à l’intérieur d’elle-même, sans toutefois l’en laisser sortir.
3.    Il résulte de cela deux images de l’Église : la première est “l’église évangélisatrice qui sort de soi” et la seconde est “l’Église mondaine qui vit en soi, de soi et pour soi. C’est cette prise de conscience de ces deux églises qui doit éclairer les possibles changements et les réformes à faire dans l’Église.
4.    Celui qui aura à prendre le siège de Pierre devra être un homme qui, à partir de la contemplation de Jésus-Christ, aide l’Église à sortir d’elle-même pour aller vers les périphéries existentielles. 

Nous aurons tous compris que l’Église mondaine est celle qui s’identifie à cette institution ecclésiale, édifiée à l’image des empires. Elle s’est construite à travers les siècles en consolidant son pouvoir et sa manière d’être sur des doctrines faites sur mesure pour la justifier et sur des cultes qui en font des dieux et des demi-dieux aux pouvoirs spirituels et matériels infinis. Une Église, en somme, où les apôtres et disciples de Jésus sont devenus des acteurs aux fonctions hiérarchiques autoritaires, dogmatiques et aux us et coutumes à l’opposé des consignes données par Jésus à ses disciples.

Nous aurons également compris que l’Église évangélisatrice est celle qui est déjà à la périphérie de ce qui se vit dans le monde, surtout des pauvres, des laissés pour compte, des rejetés des sociétés bien nanties. Nous aurons reconnu l’Église des pauvres, des malades, des victimes de l’injustice, du mensonge, de l’hypocrisie, de la corruption et de la cupidité. Nous y aurons également reconnu les signes avant-coureurs, présents dans Vatican II, dans l’encyclique de Jean XXIII, Paix sur Terre, dont le cinquantième anniversaire de sa publication sera signalé le 11 avril prochain, dans les documents de la conférence épiscopale latino-américaine (CELAM) à Medellín, en 1968. Ce sont là des signes qui ont alimenté la réflexion sur la théologie de libération et le développement des communautés de base en Amérique latine, véritables obsessions pour Washington et pour les papes qui en furent ses alliés.

Ce rapprochement de l’Église de la périphérie des pauvres, des problèmes qui en font  d’éternels pauvres, n’était  pas de nature à rassurer les dirigeants de la Maison-Blanche. Déjà en 1968, Rockefeller, dans son rapport à Nixon sur l’Amérique latine, relevait l’émergence de ce nouveau courant de pensée et d’action de l’Église populaire. Reagan a eu en Jean-Paul II et  Benoit xvi des alliés convaincants pour combattre cette tendance, tout particulièrement en Amérique latine.

Qu’en serait-il maintenant avec ce François, s’il décidait d’aller au-delà d’une simple proximité avec les pauvres et de devenir un allié des pauvres, avec les pauvres pour un autre monde porteur d’un avenir de justice et de paix?

Dans les semaines et les mois qui viennent, nous verrons bien les pas que fera notre François. Si la Curie romaine, l’Opus Dei, les chevaliers de Malte se mettent à crier au scandale et à la perte du sens du sacré, ce sera un bon indice qu’il aura pris la bonne voie. Plus encore, si Washington manifeste de la nervosité et de l’inquiétude, alors là, il faudra dire que François a pris Jésus de Nazareth pour seul guide et que sa vie est désormais placée entre ses mains. Ni Washington, ni l’OTAN, ni la mascarade des Nations Unies n’auront raison de lui. Ils pourront le tuer, mais ils ne pourront pas en changer la direction.

Oscar Fortin
Québec, le 3 avril, 2013






2 commentaires:

Eléonore Visart a dit...

Je suis une ex-catholique écoeurée du conditionnement, véritable lavage de cerveau, que m'a fait subir cette institution criminelle qui a dénaturé le message du Christ. Pourtant durant quelques jours j'ai pensé que peut-être François 1er allait transformer cette Eglise en commençant comme cet aumônier Zabelka par demander pardon pour les siècles de violence dont l'Eglise catholique s'est rendue coupable jusqu'à bénir les bombardiers qui allaient semer la mort sur le Japon en 1945. Mais au lieu de cet acte courageux et humble, le pape a affirmé dans un discours aux journalistes que l'Eglise était guidée par Jésus-Christ et le Saint-Esprit! Que l'Eglise était sainte et son peuple saint également!!Au fait, lui qui prétend suivre l'exemple de François d'Assise va-t-il retirer du catéchisme se paragraphe, combien révoltant, à savoir que l'on peut manger des animaux, s'en vêtir et pratiquer cet horrible crime qu'est l'expérimentation animale? En tout cas jusqu'à présent à Rome ce n'est pas le Saint-Siège mais le Saint-piège! Un livre que je vous conseille de lire...ainsi que mon livre paru sur internet aux éditions Edilivre: "Parcours d'une révolutionnaire"

Eléonore Visart a dit...

J'aimerais vous conseiller aussi de lire certains écrits de cet ex-prêtre courageux, condamné plusieurs fois par son ex-Eglise pour avoir refusé son service militaire! Puis pour avoir osé mettre certains dogmes en doute, pour avoir pris faits et causes pour des fidèles divorcés...je veux citer ce théologien que j'admire beaucoup: Eugène Drewermann. Un autre personnage que j'ai découvert et qui est devenu une référence pour moi, c'est Krishnamurti: "La Vérité est un pays sans chemin!"