PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 11 décembre 2013

PARLER DE DIEU EST-CE LE PLUS IMPORTANT ?




 Voilà une question bien particulière de la part d’un croyant en Dieu et, qui plus est, de quelqu’un qui veut en témoigner. Je dois évidemment m’expliquer.
De fait, plus je médite sur ce mystère de Dieu, plus je m’en approche à travers le personnage de Jésus de Nazareth, moins je vois Dieu comme quelqu’un qui souhaite que l’on parle beaucoup de lui et qu’on lui rendre des hommages à ne plus finir.
Je le vois plutôt discret sur lui-même, mais très préoccupé du sort réservé aux hommes, aux femmes et aux enfants de cette humanité que les livres anciens nous disent avoir été créés à son image et à sa ressemblance.
Ce même Dieu-Père sur lequel je médite, loin de tourner le dos à une humanité aux mille travers, choisit de nous envoyer son fils, pas tellement pour parler de Lui, mais plutôt pour nous réapprendre à découvrir l’humanité et le véritable visage de celui qui en est le créateur.
En ce Jésus de Nazareth, c’est l’Humanité qui retrouve son véritable visage  ainsi que la voie par laquelle seront vaincues les forces du mal qui la hantent. En lui et par lui surgit de nouveau la vie.
L’action et le message de ce Jésus sont tous orientés à redonner vie à cette humanité. L’amour du prochain à la hauteur de l’amour que l’on se porte à soi-même est au cœur de ce message. Il ne saurait y avoir amour de Dieu sans l’amour du prochain. L’apôtre Jean (1Jn 4,20) nous dit que ceux et celles qui disent aimer Dieu, sans aimer leur prochain sont des menteurs. La seule voie pour atteindre Dieu est celle qui passe par l’humanité. En ce sens, il importe davantage de parler du destin de notre humanité que de parler d’un Dieu, détaché de nos vies. De toute manière, en parlant de cette humanité, c’est de Dieu que nous parlons.
De nombreuses interventions d’autorités religieuses expliquent les grands problèmes que vit le monde d’aujourd’hui par le fait que ce monde ignore ou rejette Dieu. Ils parlent d’un monde sans Dieu.
Il m’a été donné, à plusieurs reprises, de rappeler que les causes profondes de ces malheurs se retrouvaient, comme par hasard, chez nombre de ceux qui se réclament justement de Dieu. Nous connaissons tous le GOD BLESS AMERICA qui coiffe le grand empire des temps modernes, celui qui ne se fait aucun scrupule pour déclarer des guerres à qui il veut bien, pour s’emparer des richesses des autres sans leur demander la permission, pour tromper et manipuler l’opinion publique mondiale par des médias sur lesquels il a plein contrôle. Il est le roi du mensonge, de la tromperie et des guerres. Il parvient même à se faire cautionner par des autorités religieuses qui se font les grands-prêtres tout désigner pour parler de Dieu.
Il ne suffit donc pas de parler de Dieu et de faire référence à Dieu pour sauver le monde. Il faut que les actions soient celles qui correspondent à sa volonté qui est d’aimer les autres comme soi-même. Il n’y a pas de place dans ce paradigme de l’amour pour quelque supériorité que ce soit entre les personnes et les peuples, pour des intérêts qui ne soient pas également ceux des autres, pour une sécurité nationale qui ne s’harmoniserait pas avec celle des autres. En un mot, il n’y a pas de place pour quelques empires que ce soit. Le respect de la dignité de chaque personne est au cœur de la solidarité humanitaire.
On se souviendra de la grande célébration d’anniversaire du pape Benoît XVI dans les jardins de la Maison-Blanche, le 16 avril 2008 et de sa visite à Ground zéro. Il était en compagnie de ceux qui se réclament de Dieu pour dominer et diriger le monde. Son hôte, G.W. Bush, était celui-là même qui, 5 ans auparavant, avait déclenché, unilatéralement et sur la base d’un immense mensonge, la guerre en Irak, une des guerres les plus sanglantes du début de ce siècle. Ce sont les mêmes qui depuis l’élection, en 1998, d’Hugo Chavez au Venezuela s’acharnent par tous les moyens possibles à renverser son gouvernement légitimement élu. Il ne suffit pas de parler de Dieu. Dans certains cas, en parler devient indécent et honteux. Ici, plus que jamais, s’appliquent ces paroles du prophète Isaïe :
« Cessez d’apporter de vaines offrandes : j’ai en horreur l’encens, les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées; je ne puis voir le crime s’associer aux solennités. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux; quand vous multipliez les prières, je n’écoute pas : vos mains sont pleines de sang. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, protégez l’opprimé; faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. (Is.1, 13-17) »
Cette pensée, exprimée par le prophète, est pourtant simple et claire : faire le bien, rechercher la justice, protéger l’opprimé, faire droit à l’orphelin, défendre la veuve. Jésus, 600 ans plus tard, ramènera l’essentiel de son message à la recherche de la justice, à la protection des étrangers et des sans défense, à la bonne foi des personnes. (Mt.23,23)
 Malheur à vous, maîtres de la loi et pharisiens, hypocrites! Vous donnez à Dieu le dixième de plantes comme la menthe, le fenouil et le cumin, mais vous négligez les enseignements les plus importants de la loi, tels que la justice, la bonté et la fidélité : c’est pourtant là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger le reste. 2
Plus que jamais, il faut parler à temps et à contre temps de cette humanité mutilée, profondément blessée, qui porte en elle tous les droits à la dignité, au respect, à l’amour, à la solidarité, à la compassion, à la justice, à la vérité que les puissances de ce monde lui refusent. Il faut en parler en mettant en lumière les forces conspiratrices qui en sont la cause structurelle et morale. C’est à la lumière de cette humanité qu’il faut parler des conversions à faire, des changements à apporter, de l’espérance qu’un autre monde est possible, un monde qui réponde à ces droits et à ces attentes. C’est également à la lumière de cette humanité qu’il nous faut redécouvrir les grandes consignes laissées par Jésus à l’humanité entière. Elles nous apprennent toutes à retrouver notre humanité dans ce qu’elle a de plus noble et à découvrir le véritable visage de Dieu toujours présent dans ses entrailles et dans sa vie. Pour nous, croyants en ce Jésus qui a  vaincu par sa résurrection les tyrans de ce monde, avons tous les motifs d’espérer en cette grande victoire de l’Humanité. Une espérance également partagée par de nombreux incroyants en Dieu, mais profondément croyants en ce devenir de l’humanité. Pour moi, l’Esprit agit sans tenir compte des frontières qui séparent croyants et non-croyants, mais de la bonne foi qui conduit à des engagements concrets au service de la justice, de la vérité, de la solidarité, de la compassion, etc.
Si Dieu est au cœur de nos vies, s’il est le souffle qui nous inspire et nous fait vivre, c’est moins pour faire de nous des adorateurs de son être que des témoins authentiques, œuvrant à l’édification de cette Humanité créée à son image.

Je n'ai pas l'image d'un Dieu qui crée des êtres pour se faire adorer, mais plutôt pour partager l'amour, l'unité, la paix, la justice, la vérité, la compassion ainsi que la plénitude de sa vie. Un Dieu qui se fait proche et qui essuie les larmes de nos yeux au moment des grandes tristesses et des grandes souffrances. Il n'attend pas que nous soyons près de lui pour être près de nous.


Oscar Fortin
Québec, le 12 décembre 2013

3 commentaires:

Le Gaïagénaire a dit...

Bonsoir,

Vos deux maîtrises vous permettront de lire assez facilement cette dissertation qui constitue le mémoire de maîtrise en sciences po. produit par ma nièce, avocate, à l'Université d'Ottawa.

"Les facultés de créer et de juger libres: vers des Institutions Symboliques plus Humaines et Vraies"

https://www.facebook.com/#!/note.php?note_id=279762055402389

https://www.facebook.com/gaiagernaire?sk=notes#!/note.php?note_id=279773792067882

https://www.facebook.com/gaiagernaire?sk=notes#!/note.php?note_id=279780695400525

J'apprécierais recevoir vos commentaires à ce propos.

Si les liens ne fonctionnent pas SVP m'en aviser.

Vous pourrez mieux comprendre mes commentaires d'aujourd'hui à votre article sur le 7.

Salutations.

J-F Belliard
1jfbelliard@gmail.com

Oscar Fortin a dit...

C'est très gentil de m'envoyer ces références dont je ne doute pas qu'elles soient très intéressantes, mais je n'ai vraiment pas le temps de me taper la lecture attentive de ces trois textes. Si vous me les résumiez, je pourrais émettre sans doute une opinion ou tout au moins un commentaire. J'ai à peine le temps de réponde aux brefs commentaires qui m'interpellent sur les 7duquebec, mais aussi sur agoravox, etc.

Je m'excuse.

Le Gaïagénaire a dit...

Voilà, Il s’agit d’un seul texte en trois parties.

La première partie:" « C’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle ». Ce proverbe africain dépeint joliment l’esprit dans lequel les sciences, naturelles ou humaines, abordent les réalités qu’elles cherchent à étudier. Des brins qui peuvent se façonner en corde d’escalade, pourront toutefois se tortiller pour devenir celle du pendu et couper court à l’existence au lieu de nous mener toujours plus haut, si on les tisse avec automatisme, sans tenir compte des changements amenés par le temps qui passe. Les penseurs tels que Maurice Merleau-Ponty, Myriam Revault d’Allonnes, Hannah Arendt, Cornelius Castoriadis et le Marquis de Condorcet l’ont compris et, bien que reconnaissant que le passé participe immanquablement du présent et de l’avenir, cherchent à désamorcer certains réflexes humains, politiques, sociaux ou autres, pérennes mais fatals. Leurs écrits destinent notamment l’homme à plus d’égalité, de liberté, d’humanité, de vérité, et/ou de bonheur."

La deuxième partie : "Pour ce faire, je tâcherai de pousser un peu plus loin, avec l’aide des écrits d’Alice Miller, les observations de Merleau-Ponty, Revault d’Allonnes, Arendt, Castoriadis et Condorcet sur l’individu, les institutions et la société. Je mettrai notamment en lumière leurs réflexions sur les variables posées, soit l’institution symbolique, la faculté de créer, la faculté de juger, la liberté, l’humanité et la vérité, d’abord en les définissant, puis en les comparant chez chacun[4]. En second lieu, j’irai tirer dans leurs réflexions sur ces concepts et d’autres ce qui tend vers des institutions symboliques plus vraies et humaines. À partir de ces découvertes, je m’appliquerai ensuite à illustrer en quoi les recherches d’Alice Miller permettent d’éclaircir ce qui était demeuré mystérieux ou incomplet à mon sens. Enfin, comme eux-mêmes l’ont fait avant moi des méditations d’autres penseurs, je préférerai ne pas éviter d’interpréter les idées retrouvées dans les textes approfondis, lorsque pertinent. En effet, je considère ne pouvoir partir que de mon expérience personnelle si je souhaite écrire avec authenticité[5]. Autrement, le cœur n’y serait pas, et l’on dit que « le mensonge donne des fleurs, mais pas de fruits »[6]."

La troisième partie : Les notes et références.

Et attention Oscar, vous allez rencontrer Dieu.

PS : L’adresse Oscar Fortin « no-reply-comment@blogger.com « ne vous aide pas.

Salutations distinguées.