PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

vendredi 22 juillet 2016

LE CANADA EN UKRAINE ET EN SYRIE







NOTE : En février dernier, j’avais publié, sur ce site, également ici, la lettre que j’avais envoyée au Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et à son Ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion. Je viens de recevoir, de la part de ce dernier, une première réponse que je porte à votre attention et évaluation. Je rappelle que Stéphane Dion a une formation en Science politique. Je laisse à votre discrétion de savoir si la rigueur du professeur universitaire qu’il a été se retrouve dans celle du ministre des Affaires étrangères qu’il est devenu.

Vos commentaires seront les bienvenus.



Monsieur Oscar Fortin


Monsieur,

Je vous remercie de votre courriel du 17 février 2016 auquel vous avez joint une lettre exprimant vos inquiétudes au sujet de la situation en Ukraine, en Syrie et la lutte contre le soi-disant État islamique en Iraq et au Levant (EIIL). Je vous prie d’excuser ce retard à vous répondre.

Le Canada est très inquiet de la crise qui perdure en Ukraine et souscrit toujours à une solution diplomatique au conflit. Le Canada appuie le peuple ukrainien et s’attend à ce que la Russie participe pleinement au processus de paix de Minsk, notamment en cessant d’approvisionner et de soutenir les insurgés dans l’est de l’Ukraine ainsi qu’en respectant totalement la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine. J’ai réitéré ce message au cours de ma visite fructueuse à Kiev le 1er février 2016 à l’occasion de laquelle j’ai rencontré mon homologue, le ministre des Affaires étrangères Pavlo Klimkine, ainsi que le premier ministre de l’époque Arseni Iatseniouk. J’ai aussi souligné l’importance d’appliquer de façon exhaustive les accords de Minsk, en particulier par la Russie, afin d’instaurer une paix durable en Ukraine.

En ce qui concerne la Crimée, le Canada s’est joint à d’autres dirigeants du G7 le 27 mars 2014 afin d’émettre la Déclaration de La Haye, qui stipule que : « Le droit international interdit l’acquisition par la coercition ou la force d’une partie ou de l’ensemble du territoire d’un autre État. Cet acte va à l’encontre des principes sur lesquels le système international est fondé. Nous condamnons le référendum illégal tenu en Crimée, contraire à la constitution de l’Ukraine. Nous condamnons également fermement la tentative de la Russie d’annexer la Crimée d’une façon qui contrevient au droit international et à des obligations internationales spécifiques. Nous ne reconnaissons ni l’un, ni l’autre ».

Le Canada continuera de surveiller attentivement la situation et réagira en conséquence, de concert avec ses partenaires et ses alliés. Vous trouverez plus de renseignements au sujet de la réponse du Canada à la situation en Ukraine à http://www.international.gc.ca/international/ukraine.aspx?lang=fra.

En ce qui concerne la Syrie, depuis le début de 2011, plusieurs manifestations visant à encourager des réformes démocratiques ont eu lieu dans diverses villes partout en Syrie. La violente répression du régime Assad à l’encontre des manifestants pacifiques en mars 2011 a fait de nombreux morts et blessés parmi les civils. Des milliers de civils ont été détenus de façon arbitraire et certains rapports crédibles ont fait état de tortures et d’exécutions sommaires. Les actions du régime Assad, y compris son utilisation présumée d’armes chimiques, ont incité des milliers de Syriens à fuir vers les pays voisins, provoquant ainsi une grave crise humanitaire dans la région.

Le Canada a appelé la communauté internationale à se mobiliser et à défendre le droit du peuple syrien à décider de son avenir. Le 19 décembre 2015, j’ai accueilli favorablement l’adoption de la résolution 2254 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui entérine les négociations visant à assurer une transition politique pacifique, inclusive et dirigée par les Syriens, conformément au Communiqué de Genève de 2012. De plus, le Canada salue et appuie les efforts incessants des Nations Unies et du Groupe international de soutien à la Syrie en vue d’un règlement du conflit syrien. J’ai réitéré cette position dans une déclaration que j’ai faite le 31 janvier 2016. Dans le but de créer un contexte plus favorable aux pourparlers de paix, j’ai également réclamé la fin des bombardements aveugles et du recours à la privation de nourriture comme arme de guerre.

Le Canada est convaincu qu’un règlement politique négocié est la seule façon de mettre fin à la crise syrienne. Le maintien au pouvoir d’Assad ne peut faire partie de quelque solution réaliste que ce soit.

Le gouvernement du Canada est vivement préoccupé par la détérioration de la situation humanitaire provoquée par la crise en Syrie et par les répercussions de la crise sur ceux et celles qui sont restés au pays ou qui se sont réfugiés dans les pays voisins. À ce jour, le Canada a fourni plus de 978 millions de dollars en réponse à la crise syrienne. Depuis janvier 2012, le Canada a engagé plus de 653,5 millions de dollars en aide humanitaire, 242 millions de dollars en aide au développement à la Jordanie et à la région et 82,91 millions de dollars en aide liée à la sécurité à la région. Vous trouverez plus de renseignements sur l’aide canadienne à http://www.international.gc.ca/development-developpement/humanitarian_response-situations_crises/syria-syrie.aspx?lang=fra.

Le conflit syrien est une situation d’urgence complexe qui perdure. Les partenaires humanitaires n’ont pas accès à l’ensemble du territoire syrien en raison de l’insécurité liée aux combats et du refus des parties au conflit de permettre aux organismes humanitaires d’intervenir dans les territoires qu’elles contrôlent. Les conditions relatives à la prestation de l’aide humanitaire ont toutefois changé en février 2014 lorsque le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l’unanimité la résolution 2139, laquelle demande notamment un meilleur accès humanitaire en Syrie. Puis, le 14 juillet 2014, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2165 qui autorise les organismes onusiens à traverser la frontière pour apporter une aide à la population après en avoir préalablement informé le régime Assad, sans toutefois solliciter son consentement. Le 22 décembre 2014, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 2258, qui prolonge ce mandat pour la deuxième fois, jusqu’en janvier 2017.

Les actions du régime Assad ont créé un environnement propice à la croissance de l’EIIL. Depuis 2013, l’EIIL mène des campagnes d’une violence inouïe contre des civils et tous ceux et celles qui s’opposent à lui dans les zones qu’il contrôle. Le Canada est un membre actif de la Coalition mondiale de lutte contre l’EIIL. À la suite de consultations menées auprès de ses partenaires et de ses alliés de la Coalition, y compris le gouvernement iraquien, le gouvernement du Canada réoriente son rôle au sein de la Coalition. Le 8 février 2016, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé la nouvelle stratégie du Canada pour faire face aux crises en Iraq et en Syrie et atténuer les répercussions sur la Jordanie, le Liban et l’ensemble de la région. Dans le cadre de la nouvelle stratégie, le Canada investira environ 1,6 milliard de dollars sur trois ans dans la région. Ceci comprend 840 millions de dollars en aide humanitaire, et 270 millions de dollars en

aide au développement à long terme (dont 130 millions de dollars sont déjà affectés à des engagements à l’égard de projets en cours). Le reste comprend 145 millions de dollars d’aide pour la stabilisation et la sécurité et 305 millions de dollars en aide militaire.

Le Canada est en train de réorienter sa mission militaire de façon à mettre fin aux frappes aériennes, tout en continuant à apporter un appui sous la forme de ravitaillement des aéronefs et d’avions de surveillance. Le Canada fournira plus d’équipement militaire et il participera plus activement à la formation des forces locales en Iraq afin qu’elles assument pleinement la responsabilité de la sécurité de leur pays.

Parallèlement à cette contribution militaire, le Canada continuera à participer aux efforts de stabilisation et aux mesures de lutte contre le terrorisme, notamment en aidant à couper l’accès de l’EIIL à ses sources de financement, en luttant contre la propagande de l’EIIL et en endiguant le flux de combattants terroristes étrangers. La contribution du Canada prendra appui sur les succès de la Coalition et apportera un complément aux efforts de nos partenaires. Dorénavant, le Canada apportera une contribution globale, intégrée et durable et mettra à nouveau l’accent sur le renforcement des capacités locales par la formation, la fourniture d’une aide humanitaire efficace et le travail avec les collectivités locales pour répondre aux besoins de développement à long terme de la région. Cette approche pangouvernementale contribuera à renforcer la sécurité et la stabilité, à fournir une aide humanitaire et à aider les partenaires à offrir des services sociaux, à reconstruire les infrastructures et à assurer une bonne gouvernance.

Vous trouverez plus de renseignements sur les efforts du Canada pour contrer l’EIIL à http://www.international.gc.ca/world-monde/security-securite/middle_east-moyen_orient/index.aspx?lang=fra.

Le gouvernement du Canada continue de suivre de près l’évolution de la situation en Syrie et de soulever ses inquiétudes, le cas échéant. Vous trouverez plus de renseignements au sujet de la position et des actions récentes du Canada à http://www.canadainternational.gc.ca/syria-syrie/index.aspx?lang=fra.

Je vous remercie d’avoir écrit et vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Le ministre des Affaires étrangères,



L’honorable Stéphane Dion, C.P., député

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