PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 28 mars 2018

LORSQUE LES SCANDALES FONT OUBLIER LES BONNES ŒUVRES


ÉCLYPSE DU BIEN




Depuis quelques années, de nombreux scandales de nature sexuelle et financière ébranlent fortement l’Église catholique et de nombreuses communautés religieuses. La pédophilie, le viol d’innocentes victimes tout comme l’usage de certains fonds à des fins autres que celles auxquelles ils étaient destinés sont de plus en plus mises en évidence et font, comme c’est normal, la une de nos médias. Je partage avec les victimes la dénonciation de ces crimes tout en souhaitant que les institutions responsables de ceux qui en ont été les auteurs permettent aux victimes de retrouver leur dignité et le respect auquel elles ont droit.

Cette prise de position sans équivoque de ma part s’accompagne de cette autre prise de position qui ne prête à aucune équivoque, celle de l’apport incontestable des communautés religieuses et de l’Église catholique auprès des communautés autochtones, Inuits et des francophones du Québec. Je me permets d’affirmer, en toute certitude, que la majorité des missionnaires a apporté aux diverses communautés de leur port d’attache des contenus de vie et des tremplins de dépassement leur permettant de trouver leur place dans la société. Personnellement, j’ai eu de grandes amitiés avec des Indiens en provenance de diverses réserves indiennes du Québec et de l’Ouest canadien, alors que nous poursuivions nos études à l’Université d’Ottawa. 

Ce sont par centaines et milliers ceux et celles qui ont pu briser les préjugés et les frontières ethniques pour se faire une place respectable à tous les niveaux de la société. Plusieurs ont fait et continuent de faire carrière dans les professions comme la médecine, le droit, l’économie, les sciences politiques, etc.  Il n’y a pas que les peuples autochtones qui ont pu bénéficier de ces services offerts par l’Église et ses missionnaires, mais également le peuple du Québec. J’appartiens à une famille de treize enfants et c’est grâce aux communautés religieuses de notre temps que nous avons pu accéder aux études supérieures et  faire notre chemin dans la vie. Les prêtres, les Frères et les Religieuses de l’époque ont tout donné pour que ceux et celles qui leur étaient confiés atteignent des sommets dans les divers secteurs de la vie humaine : sociabilité, respect, solidarité, sens des responsabilités, honnêteté, etc.

Que dire maintenant de ces religieuses qui ont fait vivre de nombreux hôpitaux et centres d’hébergement ? Ces milliers de religieuses hospitalières et ces centres d’hébergement et d’accompagnement des personnes en difficulté témoignent  de leur générosité et de leur compétence.

Tout cela ne fait évidemment pas la UNE  de nos médias, même pas un rappel, alors que le comportement d’une minorité de ces missionnaires se révèle des plus scandaleux. Que ces faits soient condamnés, que leurs auteurs aient à répondre de leurs méfaits, que les victimes puissent recevoir toute l’aide nécessaire à leur récupération est ce qui m’apparaît le plus normal.

Nous vivons une période où rien de caché ne puisse être révélé. C’est, me semble-t-il,  une très bonne chose. Il  n’y a pas que l’Église et les communautés religieuses qui voient émerger aux yeux du monde les scandales qui mettent à l’épreuve l’esprit profond qui est à l’origine de leur existence. C’est également le cas des institutions politiques minées par la corruption de certains de leurs membres,  par les abus de pouvoir qui leur donnent tous les droits sur les plus faibles. Les chroniques politiques sont là pour nous en révéler les multiples formes qu’elles peuvent prendre, minant, de l’intérieur, la crédibilité des institutions politiques tant au niveau des pouvoirs exécutifs, législatifs que judiciaires. Si nous savions tout ce qui se passe derrière les rideaux, nous aurions de quoi nous en scandaliser.

L’Église a des missionnaires et pasteurs un peu partout à travers le monde tout comme les gouvernements ont leurs programmes de coopération et leur armée. Il ne fait aucun doute que les intentions et les objectifs de ces missions visent un mieux-être des milieux visés.  Toutefois, les faits ne vont pas toujours en ce sens et de plus en plus de ces faits sont  portés à la connaissance du grand public.  Si nos soldats en mission à l’étranger ont pour objectifs  la sécurité et la paix, le comportement de certains  déshonore ces grands idéaux de nos forces armées. Leur situation de pouvoir contraignant en conduit à des abus de pouvoir pour violer, torturer et tuer gratuitement d’innocentes victimes. Le Canada comme tant d’autres États auraient bien des pardons à demander et des excuses à formuler.

J’écris ceci non pas pour diminuer la gravité des gestes posés par une minorité de l’Église et des Institutions religieuses, mais pour mettre en évidence l’éclatement d’une vérité qui s’impose à tous et à toutes.  Les médias sociaux et le déliement des langues, de plus en plus fréquent, font que ces crimes, gardés secrets ou ignorés par les autorités, viennent nous interpeller au plus intime de nos croyances et de nos sentiments.

À cette table des mises en accusation, le gouvernement fédéral,  en tant que responsable des communautés Inuits et autochtones, a un mea culpa à faire. Les communautés religieuses ont participé au développement des politiques du gouvernement fédéral de création des réserves et de la mise en place de programmes de formation. Il ne peut pas se laver les mains à la manière d’un Pilate  des erreurs commises et des crimes commis. Il en va de même pour les communautés religieuses et les évêques qui en répondaient.

« NE PAS JETER LE BÉBÉ AVEC L’EAU DU BAIN »

Si les scandales constituent une onde de choc pour les institutions religieuses, politiques, économiques et sociales, leurs effets peuvent les conduire à un renouvellement en profondeur de ce qu’elles sont et de ce qu’elles font.  L’histoire n’est-elle pas un continu qui donne au passé un visage nouveau et qui génère dans nos sociétés une conscience nouvelle.

Sachons respecter les victimes de ces minorités religieuses tout en reconnaissant cette majorité qui aura rendu possible l’éclosion de communautés humaines toujours plus intégrées dans la société sociale, politique, économique et religieuse.  

Pardon pour les crimes commis par cette minorité et honneur à ceux et celles qui auront mené à terme leur mission dans le respect et l’amour de leur prochain.


Oscar Fortin
Québec, le 28 mars 2018


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