PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

vendredi 23 mars 2018

NE PLEUREZ PAS SUR MOI

NE PLEUREZ PAS SUR MOI

PLEUREZ SUR VOUS ET VOS ENFANTS


En cette période où les chrétiens du monde rappellent les évènements qui ont conduit ce Jésus de Nazareth à la potence de la croix, les peuples du monde doivent regarder également les évènements qui conduisent à la mort des millions d’innocentes victimes sous le regard indifférent des biens pensants de nos sociétés. Les pleurs et les lamentations que suscite le sort réservé à Jésus par les grands-prêtres et les Docteurs de la loi doivent se répercuter avant tout sur le sort réservé aux persécutés et condamnés de notre temps, victimes de la complicité de ces mêmes personnages avec les puissances régnantes de ce monde.

Je pense particulièrement à ces guerres de conquête, hautement manipulées pour que le bon peuple n’y voie que la main de Dieu. Des centaines de milliers de personnes innocentes, enfants, femmes, hommes, conjoints, conjointes tombent sous les balles des envahisseurs : des millions en Irak, des centaines de milliers en Syrie et en Libye. Combien de ces chrétiens qui pleurent, en ces jours, le sort qu’a connu Jésus se lève pour dénoncer ces crimes et demander à leurs gouvernements de mettre fin à ces guerres qui n’ont pour objectifs que des ambitions de conquêtes et de domination ? Par nos silences et notre indifférence, nous devenons inconsciemment complices de ces crimes et massacres un peu à la manière de cette foule, manipulée par les grands-prêtres et le Sanhédrin, qui criait : libérer Barabbas et condamner Jésus de Nazareth.

Des histoires horribles en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe et en Amérique latine ont de quoi nous révéler que le sort réservé à ce Jésus s’est multiplié par des millions de victimes innocentes, prises au piège des « puissances de ce monde. » Pour les fins de cet article, je m’attarderai tout particulièrement à ces condamnés à mort dont le sort rejoint celui de Jésus de Nazareth. Eux et elles aussi ont été condamnés à mort pour avoir voulu un monde nouveau, caractérisé par la solidarité, la justice, la vérité, l’amour.


Nous avons en mémoire ce fameux Coup d’État militaire, du 11 septembre 1973, qu’un certain général Augusto Pinochet, soutenu par la majorité des élites religieuses, économiques et politiques du Continent, provoqua pour mettre un terme au gouvernement d’unité populaire de Salvador Allende. Un gouvernement démocratique, soucieux des intérêts des classes défavorisées et d’une plus grande solidarité et justice sociale pour le mieux-être de l’ensemble de la population. Des valeurs profondément évangéliques qui n’allaient pas tout à fait dans le sens des intérêts des grandes corporations et des élites de la société. Ce coup d’État n’a pu être possible qu’avec un certain consentement des autorités de l’Église. Des dizaines de milliers de personnes furent assassinées, autant, emprisonnées et torturées. Et que dire des centaines de milliers d’autres qui durent s’enfuir et émigrer dans d’autres pays.


Dans le prolongement de cette même période, on ne peut passer sous silence le « Plan Condor », véritable opération concertée des pays de l’Amérique latine et de Washington, pour faire disparaître physiquement tout ce qui évoquait « solidarité », « justice sociale », « indépendance », « anti-impérialiste », « anticapitalisme », « révolution ». Des dizaines de milliers de personnes, aux idéaux sociaux et humanitaires des plus élevés, ont connu la prison, la torture, la mort  sous ses formes les plus atroces.  Que de femmes enceintes ont été jetées à la mer avec le ventre ouvert. Que de jeunes militants ont disparu dans les crevasses de la cordillère des Andes. La littérature ne manque pas sur cette période et je vous invite tous et toutes à prendre connaissance de ces atrocités dont les biens pensants de nos sociétés n’y ont vu qu’une bonne œuvre visant à leur rendre la vie plus agréable.




NE PLEUREZ PAS SUR MOI, PLEUREZ SUR VOUS ET VOS ENFANTS

Ces crimes d’hier se poursuivent toujours sous une forme ou une autre. Les peuples et les nations de l’Amérique latine continuent à être harcelés par les puissances impériales et les oligarchies nationales qui peuvent compter avec l’appui des épiscopats. Sous la bannière de l’anticommunisme, tout devient possible. Il suffit de rappeler ici les deux grands pactes, signés entre le Vatican et Washington, pour constater jusqu’où ils sont disposés à aller dans cette lutte contre toutes les forces sociales et religieuses engagées pour un monde plus juste, plus équitable, plus démocratique.

S’il faut pleurer, c’est bien sur toutes ces victimes et sur nous-mêmes qui en sommes, dans bien des cas, des complices plus ou moins conscients. La manipulation des faits et l’ampleur des médias qui s’en font les promoteurs finissent par nous faire croire que les criminels sont des personnages providentiels et que les victimes ne sont rien d’autres que des terroristes, des malfaiteurs qui ne méritent rien de moins que la mort atroce, de quoi faire réfléchir ceux et celles qui auraient des idées semblables.

Pour les chrétiens, auxquels je m’identifie dans la foi, je souhaite que leur regard se porte sur toutes ces victimes anonymes qui meurent assassinées pour vouloir un monde plus juste, plus vrai, plus solidaire. Que ce même regard se porte également sur ceux qui sont derrière ces condamnations. Le Sanhédrin du temps de Jésus a sa réplique dans un Vatican dont les grands-prêtres ont leur complicité avec les puissances de ce monde pour faire disparaître ces « nouveaux messies » des temps modernes. Le combat de ces derniers est le même qu’a mené Jésus en réclamant pour l’humanité l’amour, la bonne foi, la vérité, la justice, le respect des uns et des autres. « Ce que vous faites aux plus petits des miens, c’est à moi que vous le faites. »

La voix de ces « martyrs » n’a pas dit son dernier mot en proclamant haut et fort :

« Apocalypse 22:15 ^
Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge!

Apocalypse 20:4 ^
Et je vis des trônes; et à ceux qui s`y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n`avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n`avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. (souligné par l’auteur)


Oscar Fortin

30 mars 2018









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