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mardi 21 octobre 2008

BOLIVIE: LA MARCHE D'UN PEUPLE


Au moment où le monde se débat avec la plus grande crise économique de son histoire, le peuple le plus pauvre de l’Amérique du Sud vient de tourner ce qui deviendra une des plus belles pages de son histoire en donnant l’exemple à l’humanité entière de ce qu’est le courage, la détermination, la persévérance et le respect.


La plus vieille civilisation de nos Amériques, celle qui avait gravé dans les pierres des Andes la sagesse de ses ancêtres et qui était devenue, avec les conquêtes du Nord, une référence de main d’œuvre au service des empires à la recherche des trésors cachés des montagnes et des bas plateaux, REPREND LE FLAMBEAU DU DEVENIR DE L'HUMANITÉ. Ignacio Ramonet, Directeur du Monde Diplomatique, décrivait, en 2003, cette situation en ces termes :


« En Bolivie, pays d’à peine 8,5 millions d’habitants disposant d’un des sous-sols les plus généreux de la planète, une poignée de nantis accaparent les richesses et le pouvoir politique depuis deux cents ans, tandis que 60 % des habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. Les Amérindiens ­ majoritaires ­ demeurent discriminés, la mortalité infantile atteint des taux indécents, le chômage est endémique, l’analphabétisme domine et 51 % des gens ne disposent toujours pas d’électricité. Mais cela ne modifie pas l’essentiel : il s’agit d’une « démocratie. »


Chaque fois que ce peuple s’est levé pour reprendre sa place sur cette terre qu’est la sienne, les coups d’état se succédaient, laissant aux militaires de faire les purges au sein des leaders ouvriers ou des professeurs d’université trop près des préoccupations de ces Amérindiens. En 1971, alors que j’étais au Chili, un coup d’État militaire, dirigé par le général Hugo Banzer, se produisit. Le père Maurice Lefebvre, missionnaire québécois, œuvrant comme professeur de sociologie à l’Université de la Paz, avait été froidement assassiné avec des centaines d’autres alors qu’il allait secourir des blessés. La stabilité et l’ordre étaient nécessaires pour assurer le pillage dans la paix et dans la plus grande sécurité.

De nombreuses années passèrent et, en 2005, le premier indien, de l’histoire des conquêtes, est élu Président de la Bolivie. Evo Morales est ce militant syndical dont toute la carrière se résume en une lutte constante pour obtenir justice, respect, et plein pouvoir de son peuple sur les richesses de la Bolivie afin de les mettre au service du développement de tous et de toutes. Depuis ce jour, les tentatives d’assassinat se sont multipliés, les campagnes de dénigrement se sont faites toujours plus intensives et les tentatives de déstabilisation du gouvernement y incluant cette toute dernière tentative de le renverser par une guerre civile.

Toujours est-il que le 13 octobre dernier des milliers de boliviens et boliviennes ont pris le chemin, au pas de marche et sandales aux pieds, en direction du Parlement à plus de 200 kilomètres, pour exiger de l’opposition leur droit à se prononcer sur la nouvelle constitution, celle-là même qui leur reconnaîtra tous leurs droits. Après une semaine de cette longue marche, les rangs se sont gonflés et un peuple tout entier s’est reconnu. Plus de 200 000 personnes ont occupé le centre de La Paz pour y attendre le vote autorisant le Président à leur soumette cette nouvelle constitution. Ce n’est qu’à 14h00, ce mardi, 21 octobre, que le Congrès a donné son accord. C’est le Président lui-même qui était en compagnie de ses compatriotes, depuis plus de 21 heures sans dormir, qui donna lecture de la loi de convocation. UN MOMENT MAGIQUE, PLEIN D’HUMANITÉ ET D’HISTOIRE. Ce furent des larmes de souffrance converties en larmes d’espérance, ce furent des accolades qui se transformèrent en une nouvelle solidarité. Un exemple de démocratie que bien peu de celles que nous vantons tant arriveraient à égaler. Et dire que nous avons été de ceux qui avons tout fait pour miner la crédibilité de cette démocratie montante, par nos médias, nos influences politiques et économiques.

C’est vraiment avec une grande émotion que je partage cette victoire courageuse de ce peuple de qui nous avons tellement à apprendre. Les martyrs des siècles derniers et ceux encore tout récents sont certainement de la fête. Leur sang n’aura pas été versé en vain. Vive le peuple bolivien, vive Evo Morales et tous ceux et celles qui le secondent.


QUEL EXEMPLE !

Oscar Fortin
21 octobre 2008

samedi 23 janvier 2010

EVO MORALES: LE POUVOIR D'UN PEUPLE




Vendredi dernier, le 22 janvier 2010, un évènement transcendant est venu marquer l’histoire de l’Amérique latine. Evo Morales, cet amérindien, formé à l’école de la vie et leader exceptionnel en qui le peuple Bolivien s’est reconnu, d’abord en 2005, en le portant au pouvoir avec 54% des voix, et en 2009, avec encore une plus forte majorité, soit plus de 64% des voix, a été intronisé à la tête du nouvel État Plurinational Bolivien. Deux faits particulièrement importants marquent cet évènement et lui donnent un caractère transcendant : il est le premier amérindien à être élu Président de Bolivie et son intronisation marque l’inauguration d’un nouvel État Plurinational.

Evo Morales est un personnage dont la figure porte l’héritage de peuples qui plongent leurs racines jusque dans la nuit des temps. Inspiré des trois grandes consignes qui ont guidé ces peuples amérindiens des Andes à travers leur marche dans l’histoire, à savoir « ne pas tuer », « ne pas mentir », « ne pas voler », il s’est gagné l’estime et le respect de ces peuples. Son intégrité dans son engagement, sa détermination à briser les barrières du racisme et sa persévérance sans limite pour sortir son pays de la dépendance et de l’exploitation éhontée qui en avaient fait le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud font de lui un leader exceptionnel pour son peuple, mais aussi un exemple pour les autres peuples qui cherchent à briser ces chaînes du racisme et de l’exploitation.


Evo Morales n’est pas seul dans ce combat. Il est particulièrement secondé par un homme tout aussi extraordinaire en la personne de son Vice-président Alvaro Garcia Linera. Après des études secondaires en Bolivie, il s’est rendu au Mexique pour y poursuivre des études supérieures en mathématique et sociologie. À son retour, en 1985, il participe aux activités de l'Armée guérillera Túpac Katari et sera fait prisonnier, en 1992, sans jamais être jugé. Il y passera cinq ans qu’il consacrera à l’étude de la sociologie, des communications, des sciences politiques. À sa sortie de prison, il reprend son enseignement universitaire et devient un conférencier recherché à travers l’Amérique Latine où il donne de nombreuses conférences. Lors de l’élection présidentielle de 2005, il accorde son appui à Evo Morales qui gagne au premier tour. Le nouveau Président en fera alors son Vice-président, fonction qu’il conserve pour le second mandat (2010-2015).

Intellectuel et praticien, tout à la fois, il a clarifié, lors de son discours d’intronisation, un certain nombre de concepts indispensables pour bien comprendre l’horizon des changements qu’a amorcé la Bolivie sous la direction des forces sociales et du leadership d’Evo Morales et de son équipe. Ce nouveau mandat, dit-il, marque la fin de « l’État apparent » pour laisser place à « l’État intégral » et cela dans une perspective socialiste. Notre modernité étatique, ajouta-t-il, celle que nous construisons et continuerons de construire avec l’appui populaire est très différente de la modernité capitaliste et il faut lui donner un nom. Notre horizon étatique est un horizon socialiste. Il fit ressortir, en s’inspirant du plus important penseur marxiste bolivien du siècle dernier, René Zabaleta Mercado, et du philosophe marxiste Antonio Gramsi, le caractère transcendant du passage d’un État colonial à un État Plurinational.

L’État apparent, dit-il, est un État illusoire, qui n’arrive ni à rassembler, ni à synthétiser, ni à condenser la totalité de la population, mais seulement une partie privilégiée de celle-ci. C’est vrai pour le territoire, pour la culture, pour les us et coutumes et les formes d’organisation politique de la société. Ainsi, il n’est qu’un État partial qui ne représente qu’une partie de la société, qui ne développe qu’une partie du territoire, qui n’articule que certaines habitudes politiques et laisse de coté, marginalise, discrimine les autres secteurs sociaux, les autres territoires, les autres régions et les autres pratiques politiques qui caractérisent certaines communautés.

La Bolivie, dit-il, a vécu, de 1825 à 2005 (180 ans), sous le règne d’un État apparent, parce qu’il a « exclu en tout premier lieu la majorité indigène ». Cette majorité n’a pas été incorporée, reconnue dans sa culture, dans ses héros, dans ses traditions, dans sa manière d’agir politiquement, dans sa présence et sa citoyenneté. La citoyenneté qu’instaura la République libérale fut la citoyenneté de caste, de noms et de chéquier. Ce fut sa première erreur qui en fit l’instrument du colonialisme et le ferment du racisme qui dura jusqu’en 2005, année de l’élection du premier amérindien à la Présidence de la République.

C’est dans ce contexte que la Bolivie s’est orientée et continue de s’orienter vers un État intégral que le philosophe marxiste Antonio Gramsi définit comme celui en qui il y a une correspondance entre la société civile, les citoyens, les régions, les travailleurs, les classes sociales et sa représentation politique étatique. En ce sens, l’appareil gouvernemental doit unir et synthétiser tous les secteurs sociaux, les classes, les groupes nationaux, les régions, les collectivités et l’État intégral, forum reconnu pour son leadership morale, intellectuelle et politique et qui permet de les unir tous. La Bolivie amorce la construction d’un nouvel État qui ne sera ni colonial parce qu’il garantira l’égalité, ni patrimonial, parce qu’il distribuera la richesse, ni centralisateur, parce qu’il garantira l’autonomie et ni mendiant, parce qu’il assurera la souveraineté matérielle.

Vendredi, le 22 janvier 2010, c’est ce nouvel État Plurinational qui a été inauguré sous le regard vigilant d’une assemblée législative et sénatoriale intégrale en qui le Peuple bolivien se reconnaît pleinement. Si les aristocrates et les oligarchies se retrouvent quelque peu orphelins, ils n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes d’avoir cru qu’ils étaient à eux seuls le peuple.

Il est malheureux que nos médias aient été plutôt discrets. L’édition électronique du quotidien Le Devoir n’avait rien à dire dans son édition du 23 janvier alors que Cyberpresse y allait avec un bref article qui ne relevait en rien le caractère exceptionnel de cet évènement. Le titre, coiffant l’article en question, donne le ton et surtout indique l’ignorance de son auteur: « Evo Morales entame son deuxième mandat sans rival, ni garde-fous ».

Une courte leçon sur la démocratie participative aurait sans doute permis à l’auteur de découvrir que les organisations sociales, politiques, culturelles, économiques ne permettent pas aux dirigeants des institutions politiques d’avoir les deux mains sur le volant comme certains de nos dirigeants le font. Si Evo Morales et son équipe sont si fortement soutenus par le peuple, c’est moins par la désinformation et la manipulation que par le fait que le peuple se reconnaît en eux et en ce qu’ils font.

Si la démocratie est le pouvoir du peuple aux commandes de son destin, il faut alors se réjouir de cette démocratie bien vivante en Bolivie. Un peuple avec les deux mains sur le volant et des leaders au service de la volonté de ce peuple sont une inspiration pour la véritable démocratie. Je ne comprends pas que certains de nos gouvernements démocratiques et de nos médias, si ouverts au monde et si indépendants, boudent une telle démocratie.

Oscar Fortin

23 janvier, 2010

http://humanisme.blogspot.com

dimanche 6 décembre 2009

ÉLECTION EN BOLIVIE: UNE GRANDE VICTOIRE POUR LA DÉMOCRATIE

La Bolivie est un pays de l’Amérique du Sud d’un peu plus de 9 millions de personnes aux ethnies multiples. Elle est composée à 55% d'Amérindiens (30% Quechua et 25% Aymara), à 30% de métis, et à 15% d'Européens blancs. Sans accès à la mer, depuis la guerre du Pacifique (1879-1884), elle est une enclave entourée par le Brésil, le Paraguay, l'Argentine, le Chili et le Pérou. Les principales caractéristiques de sa géographie sont l'Altiplano, un haut plateau se situant au milieu des Andes, et le lac Titicaca qui est la plus vaste étendue d'eau d'Amérique du Sud et le plus haut lac commercialement navigable du monde. Une majorité de la population y vit. À l’est, en direction de la frontière brésilienne, on y retrouve le climat tropical et de vastes étendues de terre et de forêt.

La Bolivie, bien qu’étant le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud, n’en est pas le moins riche en ressources naturelles : étain, gaz naturel, pétrole, zinc, tungstène, antimoine, argent, fer, plomb, or, bois de construction, barrage hydro-électrique. Elle a été, plus souvent que moins, sous la gouverne de gouvernements, surtout oligarchiques et dictatoriaux. Les mouvements sociaux qui s’élevaient contre l’hégémonie de ces gouvernements ont été constamment réprimés par les forces militaires, entrainées à servir prioritairement les oligarchies et leurs intérêts. En dépit de ces répressions sanglantes, ils n’ont toutefois pas été entièrement anéantis. Christian Rudel de l’Université Laval, présente, en 2006, l’entrée en scène d’Évo Morales comme nouveau Président de la Bolivie:

« C'est sur fond de mécontentement social qu'Evo Morales, ancien syndicaliste paysan, défenseur des cultivateurs de coca, puis organisateur du Mouvement vers le Socialisme (MAS), a bâti sa conquête du pouvoir. Il a élaboré un programme social et antilibéral, porté par les associations et syndicats du mouvement social : nationalisation des secteurs-clés de l'économie (hydrocarbures, transports, télécommunications), arrêt du paiement de la dette extérieure, défense de la coca, plante emblématique de la culture indienne, fin de l'intervention états-unienne et convocation d'une Assemblée constituante pour redéfinir la nature de l'État et l'adapter à la réalité pluriethnique de la nation. »

Qui est-il donc cet homme, d’à peine cinquante ans, devenu, pour ces millions d’amérindiens, le porteur des promesses de libération, prophétisées par leurs ancêtres depuis des milliers d’années?


EVO MORALEZ AYMA fut le premier Bolivien d’origine amérindienne à être élu, en 2005, Président de la Bolivie, pays où les hauts plateaux voisinent le ciel et où les vallées arrivent jusqu’au dessous du niveau de la mer. Si en 2008, le monde salua avec enthousiasme et admiration l’élection du premier noir élu au poste de Président des États-Unis, celle du premier amérindien à occuper, en 2005, la Présidence de la Bolivie passa pratiquement inaperçue. Pourtant, cette élection innovait sur plusieurs fronts. Évidemment, il y avait l’origine amérindienne de l’élu, mais aussi le parcours humain, marqué par une enfance humble sur les hauts plateaux d’Orinoca, les luttes syndicales avec les mineurs, puis les combats politiques contre la corruption et pour le respect des droits des amérindiens et amérindiennes, sans discrimination pour personne.

Je me permets la citation d’un article de Fidel Castro, qui a rencontré à quelques reprises ce personnage qui ne cesse de le fasciner et dont il nous trace son portrait et son itinéraire. Pour lui, Évo Morales eût été un candidat tout désigné pour le prix Nobel de la paix 2009.

« Evo Morales, paysan indigène très pauvre, faisait paître dans les Andes, en compagnie de son père, le troupeau de lamas de sa communauté indigène. Il n’avait même pas six ans. Tous deux les conduisaient quinze jours durant jusqu’au marché où ils les vendaient pour acheter les aliments de la communauté. Quand j’ai interrogé Evo sur cette expérience singulière, il m’a raconté qu’il «descendait dans un hôtel 1 000 étoiles», une belle formule pour désigner le ciel si dégagé de la Cordillère qu’on y installe parfois des télescopes.


Durant ces dures années de son enfance, la seule autre issue pour les paysans de la communauté aymara où il est né était d’aller couper la canne à sucre dans la province argentine de Jujuy, où une partie de la communauté se réfugiait parfois lors de la campagne sucrière.


(…) Il apprit à lire et à écrire en espagnol dans une petite école publique où il se rendait à pied, à cinq kilomètres de la chaumière où il vivait avec ses frères et ses parents.


Pendant son enfance hasardeuse, Evo était constamment à la recherche de maîtres. Il a appris de son peuple trois principes moraux: ne pas mentir, ne pas voler, ne pas être faible.


Quand il eut treize ans, son père l’autorisa à vivre à San Pedro d’Oruro pour y faire des études secondaires. L’un de ses biographes nous dit qu’il était meilleur en géographie, en histoire et en philosophie qu’en physique et en maths. Le plus important, toutefois, c’est que pour payer ses études, il se levait à deux heures du matin pour aller travailler comme boulanger, manœuvre ou dans d’autres métiers qui demandent un effort physique. Il allait en classe l’après-midi. Ses compagnons l’admiraient et l’aidaient. Dès l’école primaire, il avait appris à jouer divers instruments à vent, et il fut trompettiste d’une prestigieuse fanfare d’Oruro.


Encore adolescent, il avait organisé l’équipe de football de sa communauté, dont il était le capitaine.


L’accès à l’université n’était pas à la portée d’un indigène aymara pauvre.


Une fois ses études secondaires terminées, il fit son service militaire et retourna dans sa communauté, sur les hauteurs de la cordillère. La pauvreté et les catastrophes naturelles obligèrent sa famille à émigrer vers la région subtropicale d’El Chapare, où elle obtint un petit lopin de terre. Evo avait vingt-trois ans quand son père mourut en 1983. Il travailla durement la terre, mais c’était aussi un militant né qui organisa tous les travailleurs, créa des syndicats et combla par là des vides dans des secteurs où l’État ne faisait rien.


Je me bornerai à dire qu’Evo a été capable de vaincre les terribles campagnes de calomnies orchestrées par l’impérialisme, ses coups d’État et ses ingérences dans les affaires intérieures du pays, de défendre la souveraineté de la Bolivie et le droit de son peuple millénaire au respect de ses coutumes. »


Un des moments forts de son dernier mandat fut celui de la modification de la Constitution à laquelle s’opposa avec force et violence l’Oligarchie. À l’époque, j’avais écrit un article sur « La marche d’un peuple » allant rejoindre son Président qui faisait une grève de la faim, arme utilisée pour briser l’acharnement d’un Sénat majoritairement servile à l’oligarchie et qui refusait d’entériner cette nouvelle Constitution. C’est ce même peuple qui, en ce 6 décembre 2009, vient de reporter au pouvoir celui qui répond si bien à ses attentes. Les résultats des sondages recueillis à la porte des urnes, le donne gagnant avec plus de 62 % d’appui populaire, très loin devant ses adversaires.

VIVE LA DÉMOCRATIE ET LONGUE VIE À EVO MORALES, SON PRÉSIDENT

Oscar Fortin

6 décembre 2009

http://humanisme.blogspot.com

mercredi 13 avril 2011

DEUX GRANDS MOMENTS DE L’HISTOIRE RÉCENTE EN AMÉRIQUE LATINE


DEUX PEUPLES ET DEUX PRÉSIDENTS METTENT AU PAS DE LA DÉMOCRATIE LES OLIGARCHIES



TOUS LES DEUX SONT D’ORIGNES MODESTES ET LE DEMEURENT DANS LEUR FAÇON DE VIVRE. ILS ONT OUVERT ET ÉTENDU LA DÉMOCRATIE À TOUS CEUX ET CELLES QUI EN ÉTAIENT EXCLUS. ILS FONT DU PEUPLE LA SOURCE ET LE FONDEMENT DE LEURS ACTIONS. LES OLIGARCHIES, LA PUISSANCE IMPÉRIALE ET SES SATELLITES LES DÉTESTENT. ILS SONT LES DEUX BÊTES NOIRES À NE PAS SUIVRE. LEURS TÊTES SONT MISES À PRIX. MAIS LEUR PEUPLE VEILLE SUR EUX.

Il y a de ces évènements qui viennent chercher ce que l’humain a de meilleur. Déjà nous les reconnaissons dans les actes héroïques de personnes qui risquent tout pour en sauver d’autres dont la vie est en danger. Plus rarement nous les reconnaissons dans l’héroïcité et le courage de peuples qui avancent, sans arme, sur le chemin de la liberté et de la vérité, munis seulement d’une détermination à toute épreuve, Dans l’histoire récente de l’Amérique latine deux de ces évènements sont venus me chercher dans ce que je pouvais ressentir de plus noble et de plus grand. Je ne doute pas que ce fut le cas de milliers d’autres qui, comme moi, ont pu vivre ces moments de grande émotion.

LA BOLIVIE SOUS LA GOUVERNE D’ÉVO MORALES

Le premier se réfère à cette longue et douloureuse marche du Peuple bolivien qui s’est progressivement gonflée de milliers de personnes sortant de leurs villages, de leurs mines, de leurs coins de terre, accrochés sur les flancs élevés de la cordillère des Andes, pour rejoindre leur Président en grève de la faim et exiger, avec lui, l’adoption par le Sénat de la nouvelle constitution du pays. À cette époque le gouvernement d’Évo Marales n’avait pas la majorité au Sénat et ce dernier, dominé par les intérêts oligarchiques, refusait d’endosser cette nouvelle constitution, élaborée pourtant par les diverses instances de ce peuple. Pour en savoir plus sur cette marche je vous réfère à un article que j’avais alors publié.



LE VENEZUELA SOUS LA GOUVERNE D’HUGO CHAVEZ

Le second évèenement, dont c’est le 9ième anniversaire, remonte à avril 2002. Cette fois, c’est le Peuple vénézuélien qui apprend par les chaînes privées de télévision que les militaires ont arrêté leur Président, l’accusant d’avoir fomenté la violence et d’avoir fait tuer des dizaines d’innocentes victimes lors des récentes manifestations. Ils apprennent qu’Hugo Chavez aurait donné sa démission et qu’un gouvernement provisoire est en formation et que l’actuel dirigeant du Patronal en sera le Président de transition.

Le peuple des pauvres, celui des bidonvilles, celui des montagnes et des campagnes n’y comprend rien. Chavez est leur bouée de sauvetage, leur espérance pour sortir de la misère dans laquelle les régimes antérieurs les ont enfoncés. Chavez est celui qui leur a donné une nouvelle constitution et les outils leur permettant de participer plus activement à la gouvernance de leur pays, de leur région, de leur bidonville. Chavez est celui qui a amené infirmières et médecins dans les coins les plus pauvres et les plus isolés du pays pour soigner leurs enfants, leurs vieillards, leurs malades et apporter un soutien aux femmes enceintes et aux nouveaux nés. Dans leur tête et dans leur cœur, Chavez n’est pas un assassin, mais plutôt un envoyé du ciel pour sortir ce pays de la corruption, redonner foi et confiance en une humanité plus juste, plus respectueuse des droits de chacun et chacune, plus solidaire des plus faibles et laissés pour compte de la société.

Non ce n’est pas possible se disent-ils les uns aux autres. Il faut aller au secours de notre Président. C’est ainsi que le peuple se met en marche et que les fractions de l’armée, demeurée fidèle à Chavez, se concertent pour arrêter cette mise en scène. Déjà, un jeune militaire qui gardait Chavez dans une pièce isolée, trouve le moyen de lui glisser à l’oreille qu’il est avec lui et que s’il peut faire quoi que ce soit, il le fera. Chavez parvient à écrire sur un bout de papier, à l’insu des autres gardes, « je n’ai pas renoncé à la Présidence ». Après avoir froissé le bout de papier il le jeta à la poubelle. Le militaire en question le récupéra et trouva le moyen pour que le peuple le sache. Voilà, Chavez n’était pas du genre à démissionner. Il était vraiment le Président dans lequel il croyait et sur lequel il pouvait compter.

Ce fut alors l’intervention des soldats, fidèles à Chavez, qui reprennent le contrôle du Palais présidentiel et mettent aux arrêts plusieurs de ces personnages qui s’étaient soudainement cru les élus de dieu pour sauver ce peuple d’un Président sanguinaire et aux ambitions dictatoriales. D’ailleurs le cardinal et quelques évêques étaient là pour bénir ce vaste complot tissé de mensonges, de demies vérités et de promesses de liberté et de démocratie à combler de joie les oligarchies et à arracher les larmes à ceux qui en seraient de nouveau les victimes.

Pendant que la foule criait aux portes de Miraflores ‘On veut Chavez, On veut Chavez, On veut Chavez vivant », les chefs de l’armée, fidèle à ce dernier, donnent l’ordre à un commando spécial, d’aller le chercher et de le ramener sain et sauf à son poste de Président du Venezuela. Il avait été conduit en réclusion sur une île au large de Caracas.

La suite nous la connaissons. Menacé de mort, il s’était recommandé, comme croyant, à la petite croix qu’il portait au cou, convaincu qu’on allait le tuer. Ce ne fut pas le cas. Le peuple le réclamait à Miraflores et il n’était pas question qu’il se retire tant que son Président ne serait pas de retour au Palais présidentiel, là où il l’avait démocratiquement placé lors des élections de 1998.

Deux peuples, deux Présidents et un même combat : la liberté et la solidarité étendues à tous et à toutes, la justice et la vérité fondées sur le respect des droits les plus fondamentaux des personnes et des peuples.

Oscar Fortin

Québec, le 13 avril 2011

En hommage au peuple vénézuélien pour ce 9ième anniversaire

http://www.monde-diplomatique.fr/2002/05/LEMOINE/16486


http://www.telesurtv.net/secciones/canal/senalenvivo.php

vendredi 29 juin 2012

COUP D’ÉTAT OLIGARCHIQUE AU PARAGUAY





Le 20 avril 2008, Fernando Lugo fut élu président de la République du Paraguay pour un mandat de 5 ans. Les urnes parlèrent en faveur du candidat Lugo avec une marge supérieure de 10 points sur son adversaire. Cette élection démocratique et ses résultats ont été reconnus et célébrés par la communauté internationale. La démocratie avait parlé et le peuple en était le fondement.

À 9 mois des élections présidentielles, prévues pour avril 2013, un groupe de personnes, liées aux oligarchies et à des intérêts états-uniens, mirent en place un processus visant la reprise du pouvoir au plus haut niveau de la gouvernance de l’État. Ils y expulsèrent le président Fernando Lugo, dédié prioritairement aux intérêts du peuple paraguayen, pour le remplacer par un candidat, fidèle aux intérêts oligarchiques du pays. À ce niveau de la planification du coup d’État, il n’était plus question de savoir si c’était ce que voulait le peuple, fondement de toute démocratie. Seules comptèrent les oligarchies et la reprise des pouvoirs étatiques pour les remettre au service de ces derniers.

Une disposition de la Constitution paraguayenne, permettant la mise en jugement politique de tout haut fonctionnaire, dont le Président, sera l’outil tout désigné pour réaliser ce coup d’État en lui donnant toute l’apparence de la légalité et de la normalité. Or, cette mise en accusation politique du Président comporte un autre élément, tout aussi constitutionnel, sinon plus que celui du jugement politique comme tel, à savoir le droit à une défense pleine et entière. Ce dernier point qui figure dans à peu près toutes les constitutions démocratiques est renforcé par la Charte des droits de l'homme des Nations Unies, dont le Paraguay est signataire. Fernando Lugo n’a eu que deux heures pour assurer sa défense et écouter le jugement, sans appel, de sa destitution.  Il saute aux yeux qu'il n'a pas eu les droits à une défense pleine et entière.  Ainsi, non seulement la procédure de destitution est illégitime, mais elle est également inconstitutionnelle.

Nous réalisons que plus nous avançons dans le temps,  plus se raffinent les moyens de contourner la volonté des peuples pour s’emparer des pouvoirs démocratiques des États. Nous n’en sommes plus à ces interventions militaires, souvent téléguidées des États-Unis, qui bombardaient des édifices gouvernementaux, assassinaient des présidents en poste et réprimaient des peuples qui résistaient et défendaient leur démocratie.

On se rappellera, en 1973, les bombardements qui mirent un terme au régime politique et démocratique de Salvador Allende à qui les oligarchies substituèrent le sanguinaire Augusto Pinochet, ce putschiste dictateur à l’origine de milliers de morts, de torturés, de blessés et d’expatriés. On se souviendra de la junte militaire en Argentine qui mit un terme, en 1976, au processus démocratique du pays pour y faire régner la loi des plus forts et les intérêts des plus puissants. Que dire du dictateur Stroessner qui régna sur le Paraguay, pendant des décennies, en y faisant régner sa loi et en y imposant son pouvoir personnel. Là encore des milliers de morts, de persécutés, de torturés. Je vous réfère, ici,  sur ce qui sous-tend tous ces coups d’État et la main invisible qui les fomente. Toute cette deuxième moitié du XXe a été marquée par cette lutte acharnée et sans retenue des forces militaires contre la montée des peuples et leur prétention d’être les fondements de la démocratie et de leur devenir. L’Opération Condor en fut un triste instrument, voulu et soutenu par ceux qui continuent de se dire les apôtres de la démocratie et des libertés.


Depuis le début du présent siècle, cette lutte oligarchique pour garder le pouvoir ou pour le reconquérir, s’est poursuivie avec autant, sinon plus d’acharnement qu’avant. C’est que les peuples sont de plus en plus instruits et que la conscience sociale qui en émerge plonge toujours plus profondément ses racines dans les valeurs de solidarité, de justice et de vérité. Les peuples sont maintenant l’ennemi des oligarchies. Ils sont la force morale qui se porte à la défense de la démocratie et des dirigeants qu’ils ont portés au pouvoir.

Le cas du coup d’État au Venezuela, en 2002,  en est une illustration plus qu’éloquente. C’est le peuple, avec une partie de l’armée, restée fidèle au gouvernement, qui est descendu dans la rue et qui a forcé les putschistes à faire marche arrière. En Bolivie, en 2008, ce fut encore le peuple et la solidarité des pays latino-américains qui ont eu raison des putschistes. Au Honduras, en 2009, Manuel Zelaya aura eu moins de chance. Le peuple y était, mais les militaires, entièrement au service des putschistes ont eu raison du peuple qui a résisté héroïquement.

Les oligarchies et la main invisible de l’empire ne s’arrêtèrent pas là.  En 2010, les oligarchies équatoriennes utilisèrent les forces policières pour créer un conflit et réaliser un coup d’État visant le renversement du président Rafael Correa. Là encore, la mobilisation du peuple et la solidarité des peuples regroupés dans Unasur et l’Alba ont été déterminantes pour faire échouer ce coup d’État militaire.  Maintenant, c’est le Paraguay qui est touché par ces forces oligarchiques qui ont trouvé une procédure pouvant dissimuler leurs véritables objectifs: la reprise du contrôle des pouvoirs de l’État et l’affaiblissement des instances régionales que sont Mercosur et Unasur. Le peuple se mobilise et la communauté latino-américaine en fait tout autant.

Les pays, membre du Mercosur et ceux d’Unasur viennent d’exclure les nouveaux dirigeants du Paraguay de leur instance régionale. Cette exclusion sera valide jusqu’au moment où le peuple paraguayen se dotera, à travers des élections libres, de nouveaux dirigeants. Par contre, aucune mesure de nature à affecter le peuple ne sera prise par les pays intégrant ces organismes régionaux. Une approche tout à l’opposé des pays du Nord qui fondent leur politique de changement de régime sur des blocus économiques et des moyens de pression, dont les peuples sont les premiers à en être victimes.  

La toute dernière tentative de coup d’État, passée inaperçue dans nos médias, vient d’échouer. Effectivement, durant la semaine qui se termine, la Bolivie d’Évo Morales a été soumise à une grève des policiers, infiltrée d’agents provocateurs qui ont fait de la casse, qui ont menacé d’assassiner le Président et des ministres. Là encore, le peuple est descendu dans la rue à la rescousse de ses élus, leur apportant  tout le soutien nécessaire pour défendre la démocratie, la révolution et la constitution.

Il y a la démocratie oligarchique qui choisit, à sa manière, ses dirigeants et il y a la démocratie des peuples qui choisit par scrutin universel ses représentants. À nous de choisir la démocratie qui peut répondre le mieux aux intérêts des peuples.

Ce qui vient de se passer au Paraguay me rappelle ce jugement que portait Jésus de Nazareth sur ces pharisiens qui s’enfermaient dans la légalité de certaines pratiques pour mieux dissimuler leur corruption et leurs méfaits .

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites, qui acquittez la dîme de la menthe, du fenouil et du cumin, après avoir négligé les points les plus graves de la Loi, la justice, la miséricorde et la bonne foi ; c'est ceci qu'il fallait pratiquer, sans négliger cela. » Mt. 23,23

Ceux qui prétendaient créer une brèche dans les organismes régionaux, comme Mercosur et Unasur, risquent d’être profondément déçus.  Le consensus a été au rendez-vous des mesures adoptées. Il ne fait que renforcer la cohésion et lintégration de ces pays entre eux. Fernando Lugo sest dit heureux que le peuple soit épargné par des mesures économiques susceptibles den affecter les conditions de vie. Il sest également dit satisfait de lexclusion de lactuel gouvernement fantoche des organismes régionaux.



Oscar Fortin
Québec, le 29 juin 2012


vendredi 6 septembre 2013

LE DÉBUT D’UN NOUVEAU MONDE




DEUX PERSONNAGES QUI FONT LA DIFFÉRENCE




La fin de l’année 2012 et le début de l’année 2013 ont été marqués par la fin du calendrier maya et la démission du soi-disant dernier pape, Benoît XVI.

De longues études ont été réalisées pour comprendre la signification et le sens à donner à cette fin du calendrier Maya. Il en fut de même pour comprendre les fameuses prédictions de Nostradamus et de Malachie sur cette fin de la papauté. Est-ce l’annonce de la fin du monde ou de la fin d’un monde? S’agit-il de l’avènement de temps nouveaux, d’une humanité nouvelle?

Ces deux hommes se sont rencontrés le 6 septembre au matin dans la bibliothèque du pape François. Ils se sont donné l'accolade de la fraternité le président Morales lui disant, d'entrée de jeux, qu'il était pour lui comme un frère, ce à quoi le pape François lui répondit "ainsi il doit en être".

Évo Morales, de la descendance maya, est le premier amérindien à être élu président de Bolivie et dans l’ensemble de l’Amérique latine. Il est également le premier Président à créer une nouvelle dynamique de gérer le bien commun d’un peuple aux multiples cultures amérindiennes et religieuses. Lorsqu’il fut élu pour la première fois en 2005, la Bolivie était le pays le plus pauvre de l’Amérique du Sud et, mis à part Haïti, de tout le Continent.

Aujourd’hui, après trois victoires présidentielles éclatantes, dont celle de 2010, le visage de la Bolivie a pris la voie de la croissance et du développement. Il a remis au cœur des préoccupations de l’État les intérêts du peuple. La cote à remonter est loin d’être franchie, mais la voie prise suit son élan en dépit des actes de sabotage et de subversion venant des adversaires internes et externes du pays.

Il a doté le pays d’une nouvelle constitution multinationale que le peuple a endossée à l’encontre de ses ennemis qui ont tout fait pour l’en empêcher. Je vous invite à lire ici ce que j’écrivais alors sur cette marche historique d’un peuple en appui à son président.

Il a également innové en faisant élire par le peuple les juges, de manière à leur assurer toute indépendance par rapport aux représentants politiques.

Avec Évo Morales et les autres pays émergents de l’Amérique latine, dont l’Équateur et le Venezuela, un Nouveau Monde surgit à l’aurore d’un jour nouveau.

Le pape François, arrivé du bout du du monde, l’Argentine, surprend les catholiques et les croyants par son arrivée complètement dépourvue de grandeur et de faste. Celui qui se présente à la fenêtre donnant sur la place St-Pierre, gonflée de croyants et de touristes, le fait en demandant à cette foule de le bénir et de prier pour lui, avant de les bénir lui-même. Ici, sur cette photo c’est un jeune brésilien, défiant tous les cordons de sécurité, qui se jette dans les bras du pape François. Selon la légende, il aurait dit au pape qu’il l’aimait et qu’il voulait être comme lui.

D’un monde enveloppé de protocoles, de personnages aux allures royales et impériales, voilà que ce nouveau pape se révèle tout autre, sans ces dispositifs, caractéristiques des royaumes terrestres. Il est dans ce nouveau milieu, qu’est le Vatican, un signe de contradiction. Sa présence n’est pas sans indisposer tous ces personnages qui se plaisent à se confondre avec les rôles qui font de chacun d’eux une autorité importante.

Plutôt conservateur dans sa pensée théologique, il a opté pour le langage de l’Évangile. Ses luttes deviennent celles des laissés pour compte de la société. Sa parole lui est dictée par ce qu’il voit et vit. En ce sens, il devient difficilement contrôlable par ceux qui ont à lui dicter ce qu’il a à dire ou à faire. Il est un homme libre au milieu d’une institution faite davantage pour contrôler que pour libérer.

Son voyage au Brésil a donné le ton de ce qu’il est et sera. Beaucoup en ont fait l’analyse. Je me permets de vous référer à ce que j’en ai dit moi-même dans un article qui a suivi cette rencontre des Journées mondiales des jeunes (JMJ).

Sa dernière grande initiative est celle de la convocation de toutes les personnes de bonne volonté à une journée de prières et de jeûne, le 7 septembre 2013, pour dire non à la guerre en Syrie et partout dans le monde, pour dire non à la violence, pour dénoncer ceux qui ne recherchent que la guerre à des fins de conquête et de domination.

Dans ce cas très précis, il ne s’en tient pas seulement à des paroles de condamnation, mais il met en mouvement toutes les ressources institutionnelles de l’Église pour mobiliser le monde et forcer les décideurs à réviser leurs plans. La paix ne saurait venir des armes, mais du dialogue fondé sur la justice.

CONCLUSION

Avec ces deux personnages, le mur du vieux monde se fissure pour laisser la place à un monde nouveau fondé sur autre chose que l’individualisme, le pouvoir de domination et la suffisance.

Si les États-Unis attaquent la Syrie sans l’accord des Nations Unies, défiant le droit international et la communauté internationale, il cessera d’être une référence crédible et perdra de son pouvoir impérial.

Si Obama décide de suspendre l’attaque du peuple syrien, il reconnaîtra le fait que la communauté internationale et ses diverses composantes sont désormais les arbitres de toute aventure impériale.

Dans un cas comme dans l’autre, l’empire, en plein déclin, touchera les fonds de sa suffisance.

L’Humanité ne saurait être la même au lendemain de cette guerre qui peut s’étendre à tous les peuples de la terre.

Un moment comme jamais est à la porte de notre destin.

Oscar Fortin
Québec, le 7 septembre 2013

jeudi 18 décembre 2014

UNE RÉVOLUTION QUI SE RÉVÈLE PAR SA SOLIDARITÉ ET SON HUMANITÉ (Partie 2)



Le premier janvier 2015 marquera les 55 ans de cette grande victoire sur le dictateur Batista, mais aussi et surtout sur un régime social, politique et économique qui asservit la personne humaine et en fait une marchandise. Ce sera sur ce dernier point que l’esprit de la révolution cubaine se révèlera progressivement tout au long de ses 55 ans  de marche vers une manière nouvelle d’être toujours plus humain. Vu du dehors, c’est comme assister à la naissance d’une humanité nouvelle qui se fait dans les douleurs de l’enfantement.  Un enfantement que les puissances de ce monde ont tout fait qu’il n’arrive pas à terme.
Après toutes ces luttes dont il se serait passé, le peuple cubain est toujours là avec Fidel et Raoul Castro comme guides et témoins d’un monde nouveau à naître et à faire grandir.
On ne peut pas parler du présent de la Révolution cubaine sans avoir à l’esprit cette histoire de harcèlements qui se poursuit toujours, sous de multiples formes, de la part des Etats-Unis.  En dépit de tous les obstacles placés sur sa route, ce Peuple est parvenu à faire des pas de géants dans de nombreux secteurs dont ceux de la santé, de l’éducation et, plus que tout, de la solidarité. C’est à travers cette solidarité que se révèlera le plus l’esprit de cette révolution. 
Les acquis fondamentaux de cette révolution
La solidarité internationale de ce peuple en a fait un des pays les plus solidaires de la planète. L’ex-président de l’Assemblée générale des Nations Unies, Miguel D’Escoto, déclarait que Fidel était l’homme le plus solidaire qui lui ait été donné de connaître. Dans  une entrevue, accordée à Culture et Foi, il a ces paroles en réponse à la question de savoir comment il jugeait ce réveil des nations latino américaines.
« Je crois que nous sommes en train de voir les fruits de l’exemple et de la lutte de Fidel, diabolisé par l’Occident pour avoir prêché la solidarité. Fidel ne l’a pas seulement prêchée, il a prêché par l’exemple. Pour moi, et cela je le dis aux Nations Unies, il est le héros mondial de la solidarité. Comme je voudrais pouvoir dire que mon Église est celle qui a porté la flamme de la solidarité ! Mais je ne peux le dire, parce que ce n’est pas vrai. Les plus hauts représentants de notre Église viennent aux Nations Unies et rien! Il n’y a pas de souffle, pas de passion, pas de feu, tout est éteint et l’Esprit se sert des laïcs, même certains qui se disent agnostiques et non croyants. »
Cette solidarité s’illustre de nouveau avec ces centaines de médecins partis en Afrique pour y contrer l’épidémie de l’Ébola. Ce fut également le cas pour Haïti suite au terrible tremblement de terre qui fit des milliers de morts et des centaines de milliers de blessés. Je vous invite à lire sur ce sujet cet excellent article. Il va sans dire que les articles sur le sujet ne manquent évidemment pas. Je me permets toutefois de relever celui du New York Times, daté du 20 novembre 2014 sous le titre Cuba : de l’étoile solitaire à l’étoile solidaire.
Cette solidarité, exprimée de diverses manières, allant du soutien militaire à la lutte contre l‘apartheid en Afrique, de la formation de médecins par milliers en passant par l’éducation, l’alphabétisation et les opérations miracles à travers l’ensemble de l’Amérique latine, trouve sa source et son inspiration dans l’esprit de cette révolution, lancée, en 1953, par ces jeunes barbus aux idéaux humanistes élevés. Pendant que d’autres s’acharnent à produire des bombes, Cuba s’ingénue à ouvrir les esprits aux connaissances, à former par milliers des médecins pour servir là où leur présence est nécessaire. La solidarité est sans calcul et l’esprit en est un de service.
Fidel qui a survécu à plus de 635 tentatives d’assassinat est toujours là pour écrire avec lucidité sur les grandes questions de notre époque et pour accueillir dans sa résidence toute simple, les principaux leaders du monde qui souhaitent le rencontrer


Sur ces photos nous reconnaissons la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, le Président chinois, feu Hugo , président du Venezuela, le président de la Bolivie, Évo Morales, le pape Benoit XVI et le président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutin.   
Il faut mettre au compte de Cuba et des pays émergents les grandes institutions d’intégration des pays de l’Amérique latine, faisant du rêve de Bolivar une réalité toujours plus accessible. L’ALBA et la CELAC comptent au nombre de ces initiatives.
L’homme qui fut diabolisé plus que tout autre et que ses ennemis ont tout fait pour le faire disparaître de la surface de la Terre est toujours là, célébrant cette fois-ci une autre des grandes victoires du peuple cubain : le retour à la raison de son plus grand ennemi, les États-Unis. Il faut évidemment se réjouir de la libération des trois antiterroristes Cubains et de la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays, mais plus que tout, il faut se réjouir de cette reconnaissance par le président Obama de la faillite d’une politique qui n’a su avoir raison du peuple cubain pas plus que de ses leaders.

« Bien que cette politique ait été dictée par de bonnes intentions, elle n'a donné que très peu d'effet, car à présent, tout comme en 1961, les Castro et le Parti communiste gouvernent Cuba. »

Je me garderai de commenter ces « bonnes intentions » pour justifier un blocus criminel qui a privé le peuple cubain de plus de 100 milliards de dollars. Ce n’est pas rien pour un pays en développement et témoin d’autant de solidarité. 

Ceux et celles qui cherchent quelque chose qui puisse les rapprocher de l’humanisme à visage humain peuvent regarder en cette direction.

Maintenant que les premiers pas ont été donnés, il est plus qu’urgent que Washington donne suite à la volonté internationale des peuples qui votent à très forte majorité, année après année,  pour que soit mis fin à  ce blocus économique inhumain et criminel.

Je me joins à la joie de tous les peuples pour célébrer cette victoire morale et historique d’un peuple qui ne cesse de se révéler au monde avec un visage humain qui confirme qu'un autre monde est possible.

Oscar Fortin
Le 1er janvier 2015