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lundi 26 janvier 2015

L’ARMÉE CANADIENNE SE PRÉPARE-T-ELLE POUR LA GUERRE EN UKRAINE?





Ce n’est plus un secret pour personne que le Canada est bien actif dans cette guerre que l’Occident a provoquée et alimentée en Ukraine. Depuis le coup d’État de février 2014 qui a rendu possible la mise en place, en mars, d’un gouvernement entièrement soumis aux intérêts de l’OTAN et de Washington, les initiatives ne manquent pas pour que la partie prorusse de l’Ukraine soit entièrement soumise aux nouvelles autorités.

Or, cette dernière ne l’entend pas ainsi. Ce fut d’abord les habitants de la Crimée qui firent un référendum pour décider de leur indépendance. Le OUI l’emporta avec une très grande majorité et donna lieu à la déclaration d’indépendance de la Crimée que la Russie reconnut aussitôt. Les autres parties du sud-est de l’Ukraine, Donetsk et Lougansk, réalisèrent également un référendum. Dans les deux cas, le OUI l’emporta pour en faire la République populaire de Donetsk et la République populaire de Lougansk.

En septembre 2014, une entente entre les parties, rendue possible grâce à l’intervention de la Russie, a été signée.

« Les représentants de Kiev et les séparatistes de l'est de l'Ukraine ont signé samedi à Minsk un mémorandum instaurant un cessez-le-feu et la création d'une zone démilitarisée de 30 km au terme de négociations de paix, la trêve restant fragile dans la région. »

En dépit de cette entente, le gouvernement de Kiev profita de la trêve pour se réarmer et poursuivre, par des groupes mercenaires, les attaques sur le Donbass, secteur sud-est de l’Ukraine. On compte à ce jour plus de 5000 morts dont la grande majorité sont des civils et plus de 10 000 blessés. À cela s’ajoutent des milliers de personnes qui ont trouvé refuge en Russie.

Tout récemment,  les dirigeants de Républiques populaires, appelés également les séparatistes, voyant que les objectifs de Kiev et de l’OTAN demeuraient les mêmes et qu’ils poursuivaient leurs attaques, ont décidé de passer à l’offensive en misant sur la récupération de Marioupol, dernière grande ville du sud-est encore aux mains de Kiev.

Depuis que le gouvernement de Kiev a tenté, la semaine dernière, de reprendre le contrôle de l’aéroport de Donetsk, les hostilités ont repris de plus belle et la guerre de l’information et de la désinformation renvoie la responsabilité de ces attaques à l’une ou l’autre des parties.

Dans ce contexte, il n’est pas superflu de prendre bonne note des dernières déclarations du président Poutine.

« Nous disons souvent: l'armée ukrainienne. Mais qui comprend-t-elle en réalité? On y trouve un certain nombre d'unités militaires officielles, mais la plupart de ses combattants forment les prétendus +bataillons de volontaires nationalistes+ », a affirmé Vladimir Poutine.
Selon lui, « il ne s'agit plus, de facto, d'une armée, mais d'une Légion étrangère, en l'occurrence d'une Légion étrangère de l'OTAN, qui ne cherche pas à défendre les intérêts nationaux de l'Ukraine ».

« Ses objectifs sont tout à fait différents », a poursuivi le président russe. Il s'agit d'objectifs géopolitiques qui consistent à « endiguer la Russie, ce qui n'a rien à voir avec les intérêts nationaux du peuple ukrainien », a conclu le chef de l'État.»

Concernant les tentatives occidentales de diminuer le rôle historique déterminant de la Russie dans la chute du nazisme, il avait ceci à dire :

« Nous devons comprendre que les tentatives de réécrire l'histoire, de revoir le rôle de notre pays dans la Grande Victoire, permettent de justifier les crimes nazis et de faire renaître l'idéologie mortelle du nazisme. Nous devons défendre la vérité sur la Seconde Guerre mondiale, l'exploit, la dignité et l'honneur des survivants et des morts ».

Si nous comprenons bien le message de Poutine, ce dernier comprend que Washington et l’OTAN, laquelle lui est entièrement soumise, n’ont en rien modifié leur objectif, à savoir celui de prendre le contrôle du territoire ukrainien et d’y installer, à la frontière de la Fédération de Russie, leur arsenal militaire. Pour M. Poutine, en aucun moment la Russie ne saurait tolérer, au nom même de sa sécurité nationale, que l’Ukraine devienne un territoire occupé par Washington et l’OTAN.

Tous ces appels au cessez-le-feu et aux négociations politiques seront à l’avance condamnés à l’échec tant et aussi longtemps que l’Occident (Washington et l’OTAN) n’acceptera pas de laisser tomber cet objectif d’une Ukraine militarisée et soumise au commandement de Washington et de l’OTAN. Cet objectif va au-delà de la ligne rouge, tracée par la Russie.

C’est dans le contexte de cette offensive de Washington et de l’OTAN que le gouvernement canadien apporte sa contribution en millions de dollars et en déploiement des cf-18 et, éventuellement, par l’envoi de soldats entraînés au combat en situation hivernale. Déjà, en novembre dernier, des exercices militaires se sont réalisés dans la région de Portneuf, à Québec. Au moment d’écrire ces lignes, de nouveaux entraînements militaires se réalisent, du 19 au 27 janvier, dans la même région. Cette fois, des soldats polonais et  français y participent.

Sachant ce qui se passe en Ukraine dont le climat est semblable au nôtre, nous pouvons raisonnablement penser que l’OTAN prépare une participation armée de nos soldats pour aller combattre les Ukrainiens et Ukrainiennes qui ne sont pas d’accord avec les nouveaux dirigeants qui leur furent imposés de l’extérieur. Pour qui douterait de cette intervention extérieure (Washington et OTAN) dans ce changement de gouvernement, je recommande cet article.

Qui, au Parlement canadien, a suffisamment d’indépendance et de liberté, pour interpeller les autorités gouvernementales sur le rôle que joue le Canada dans cette opération de prise de contrôle d’un territoire étranger ? Combien de millions de dollars y investit le gouvernement et combien de soldats de tous les niveaux y sont impliqués ? Le CF-18 canadiens ont été aussitôt mis à la disposition de l’OTAN.

M. Harper dirige le pays comme un subalterne de Washington. Ce dernier a priorité sur ce que les Canadiens voudraient s’ils étaient informés de tout ce qui s’y passe. Trop de secrets et de silences entourent ces opérations qui nous sont toujours présentées comme des missions humanitaires. Regardons ce que nous avons laissé en Libye, en Afghanistan et même en Irak où nous apprenons que l’armée canadienne y joue un rôle.

Je ne suis pas certain que le Peuple canadien souhaite s’identifier aux intérêts de l’Empire dans le monde et y sacrifier vies et argent. On nous enferme dans une bulle où la pensée unique est reprise par nos médias officiels de manière à ce que nous pensions tous et toutes que tous ce qui s’y fait est pour le plus grand bien de l’humanité.

Il est important de rappeler que ni Washington, ni l’OSCE n’ont pu, à ce jour, donner des preuves indépendantes à l’effet que l’État de Russie et son armée étaient en Ukraine. Ce n’est pas la Russie, comme le répète Harper et les médias officiel, qui a envahi l’Ukraine, mais bel et bien Washington et l’OTAN.  Même Le Devoir, le journal de référence des intellectuels, ne se soucie guère de vérifier ces affirmations.
 Le gouvernement de Russie apporte de l’aide humanitaire aux populations du sud-est de l’Ukraine, victimes des attaques venant des soldats et de l’artillerie de Kiev. De cette aide humanitaire nos médias n’en parlent pratiquement pas. Qu’il y ait des Russes qui décident par eux-mêmes de se joindre aux russes ukrainiens, c’est bien possible. Il en va sûrement de même pour les conseillers militaires russes qui vont conseiller les indépendantistes russes de l’Ukraine. Le Canada n’envoie-t-il pas ses conseillers militaires tout comme le fait Washington alors qu’aucun Canadien et Étasunien ne sont mis en danger en Ukraine.  

Vite, il faut qu’on se réveille avant que la troisième Grande Guerre vienne nous sortir de notre amnésie.

Pour qui veut en savoir plus :



Oscar Fortin

Le 26 janvier 2015



lundi 9 février 2015

POUTINE MET LES PENDULES À L'HEURE


Poutine met les pendules à l’heure



Les quatre derniers jours, du jeudi 5 février à dimance, 8 février, auront mis à jour la stratégie de l’Europe et de Washington dans l’approche pour résoudre le conflit ukrainien. Tout est présenté sous l’angle d’un conflit entre la Russie et l’Ukraine, la France et l’Allemagne se présentant comme des médiateurs entre Poutine et Porochenko.

Vladimir Poutine ne l’entend pas ainsi et il considère que le temps est venu pour tous ceux qui s’intéressent à la paix en Ukraine qu’ils prennent acte que le conflit n’en est pas un entre la Russie et l’Ukraine, mais entre le gouvernement de Kiev et les populations qui ont voté leur indépendance dans le Donbass. Il s’agit d’un conflit interne qui doit trouver sa solution entre les parties ukrainiennes concernées. La Russie n’est pas à l’origine de ce conflit, elle n’en fait pas partie et elle n’a pas participé aux actions déstabilisatrices qui ont conduit au coup d’État. La Russie n’est pas celle qui envahit l’Ukraine, mais plutôt celle qui rappelle aux Ukrainiens de résoudre leurs problèmes de façon civilisée et respectueuse.


Une analyse rapide de ce qui a donné naissance à ce conflit met en évidence deux évènements majeurs. Le premier est la mise en place d’un gouvernement qui fut imposé au peuple ukrainien par un subtil coup d’État planifié et orchestré par Washington. Le second est cette politique agressive de Kiev contre les populations dissidentes, en en faisant des terroristes à abattre. À cette violence se sont ajoutées des sanctions administratives, privant ces populations de leurs droits les plus fondamentaux.

Il en a résulté des référendums et des déclarations d’indépendance de la part des Ukrainiens dissidents, de culture russe, qui occupent tout le sud-est de l’Ukraine, victimes d’autant de persécutions. L’indépendance de ces régions (Donetsk et Lougansk) a donné lieu à des attaques encore plus violentes de la part du gouvernement de Kiev et de mercenaires à sa solde. Déjà, selon les chiffres officiels, les victimes compteraient plus de 5000 morts et de 10 000  blessés. Certains milieux, en Allemagne, parlent de 50 000 morts. Ces affrontements provoquèrent une véritable crise humanitaire. Nos médias meanstream en parlèrent peu. Ce fut surtout la Russie qui a déployé le plus d’efforts pour venir en aide à ces populations en plein désarroi. De nombreuses caravanes de centaines de camions, remplis de tout ce qui pouvait répondre aux besoins les plus essentiels et urgents, ont fait la navette entre la Russie et ces régions de l’Ukraine. Chaque fois, en franchissant, en toute légalité, la frontière ukrainienne.

C’est dans ce contexte que Vladimir Poutine décide de mettre les pendules à l’heure et de reprendre en main le contrôle de l’agenda, si vraiment les divers intervenants veulent une paix durable en Ukraine. Il est important de revenir aux sources de ce conflit et d’y faire figurer les véritables acteurs qui y sont directement concernés. Il y a le gouvernement de Kiev et les deux Républiques autoproclamées indépendantes de Lougansk et de Donetsk. La première chose à faire est que le gouvernement de Kiev cesse immédiatement ses attaques contre ces deux régions. Seul, le cessez-feu de la part de Kiev,  permettra de renouer contact avec ces populations et leurs dirigeants pour résoudre les différents et en arriver ainsi à une solution nationale et régionale du conflit.

 « Il est évident que la crise continuera tant que les Ukrainiens ne se seront pas mis d’accord entre eux ». À cette fin, il exhorte les autorités de Kiev à trouver « un langage commun et à parvenir à un accord avec toutes les forces politiques. »

Voici les principaux points que relève le président Poutine pour que les négociations conduisent à la paix.

« Mettre un terme à la débauche de radicalisme et de nationalisme qui touche le pays.

"La condition première pour stabiliser la situation est un cessez-le-feu immédiat, la cessation de l'opération dite «antiterroriste», mais de facto punitive dans le sud-est de l'Ukraine",

« Supprimer les pressions économiques sur le Donbass, lesquelles sont susceptibles de créer une grande catastrophe.

La société doit s’unir autour de valeurs positives et des véritables intérêts de l’Ukraine. "Pour cela, il faut que les autorités de Kiev entendent leur peuple. Qu'ils trouvent un terrain d'entente et s'accordent avec toutes les forces politiques et régions du pays",

Ces déclarations récentes de Poutine marquent le cadre dans lequel sa présence à Minsk, le 11 février prochain, serait justifiée.  

Ceux qui négocient le texte à débattre à Minsk, le 11 février prochain, doivent en arriver à recentrer les échanges sur les relations du gouvernement central de Kiev avec les gouvernements des deux Républiques auto-proclamées du Donbass. Si ce tournant ne se réalise pas, il est fort possible que le président Poutine ne se présente pas à cette rencontre.

Il n’est pas intéressé à jouer un rôle dans un scénario, à l’avance vicié et trompeur.

Le conflit qui sévit en Ukraine est un conflit interne que le gouvernement central doit chercher à résoudre non pas par les armes et des mesures répressives, mais par la négociation et le respect de sa population et des régions qui en marquent la configuration des cultures. Si la France, l’Allemagne et Washington veulent travailler en ce sens, ils pourront compter pleinement sur la présence de la Russie. Sinon, ce sera peine perdue.


Les représentants des deux Républiques autoproclamées de Lougansk et de Donetsk seront présents à la rencontre de Minsk. Ils participent présentement aux rencontres préparatoire.





L’heure de la vérité a sonné.


Oscar Fortin
Le 9 février 2015