Messages triés par pertinence pour la requête le Canada s'en va en guerre. Trier par date Afficher tous les messages
Messages triés par pertinence pour la requête le Canada s'en va en guerre. Trier par date Afficher tous les messages

samedi 3 mars 2012

LE CANADA S'EN VA EN GUERRE


MIRONTON MIRONTAINE



L’air de rien, le Canada se transforme de plus en plus en un pays guerrier, investissant des milliards de dollars dans l’achat d’armements et le déploiement d’activités offensives dans diverses régions du monde. Selon l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) les dépenses militaires du Canada ont augmentées, « entre 2005-06 et 2010-11, de 8 G$, soit une hausse de 54,2 %. » Il y a un quelque chose comme « Malbrough s’en va en guerre».

Ce n’est pas rien pour un pays qui est en pleine crise économique et que les déficits accumulés conduisent à couper dans les pensions vieillesse, dans les programmes sociaux et, par des subtilités fiscales, à augmenter les impôts des classes moyennes.


À ce que je sache, aucun pays ne menace présentement notre sécurité nationale. Qui plus est, nos liens de proximité et d’entendement avec les Etats-Unis, notre voisin immédiat, sont garants d’une paix harmonieuse entre les deux pays. Quant aux problèmes de frontières, pouvant surgir au Grand nord, ils devront plutôt trouver leurs solutions à travers la diplomatie, la médiation des diverses instances des Nations Unies et les Cours internationales de justice. Ce ne sont pas les 6 ou 8 bateaux armés de canons qui vont permettre de résoudre les conflits potentiels de cette nature.

Les achats du nouveau matériel  (chars d’assaut Leopard 2, les véhicules de combat rapproché ou encore les 65 avions de combat F-35)  visent plutôt des interventions militaires musclées qui n’ont pas beaucoup à voir avec le grand nord canadien. Pour voir de plus près le catalogue de ces achats, je vous invite à visiter « les nouveaux joujoux de l’armée canadienne ». Les lobbyistes ont dû s’en donner à cœur joie et l’échange de petits cadeaux en réjouir un grand nombre. Les industries militaires battent des records.

Alors pourquoi toutes ces dépenses qui s’inscrivent dans un budget qui dépassent présentement les 21 milliards $ ? L’Éducation, la santé, la protection de nos personnes âgées, ne sont-elles pas plus importantes que ces armements? Le Canada serait-il devenu un pays de conquête et d’agression contre d’autres pays?
Je ne vois qu’une réponse qui ressort des engagements militaires récents du Canada sur la scène internationale : le Canada s’est entièrement mis au service des ambitions impériales des Etats-Unis et d'Israël. Son budget militaire n’est plus à la mesure des besoins de sa sécurité nationale, mais à la mesure de ce que Washington et Israël lui demandent.


EST-CE VRAIMENT CE QUE VEULENT LES CANADIENS ET CANADIENNES ?


Ces décisions sont prises par des gouvernements qui n’ont jamais fait, de ces questions de budgets militaires et de la participation de l’armée canadienne à des guerres étrangères, l’objet de débats publics et encore moins de consultations référendaires. C’est comme si la démocratie n’avait pas sa place pour débattre et décider de ces questions.

Tout se passe derrière des portes closes, dans le plus grand secret. Des milliards de dollars, pris à même les poches des canadiens et canadiennes, sont ainsi engagés sur des projets dont les avenants et aboutissants sont connus des seuls initiés. Le peuple canadien n’a rien à y redire, son pouvoir réel lui étant substitué par des gouvernants  d’allégeances impériales.

Des questions doivent se poser. Les forces armées canadiennes  seraient-elles devenues le bras armé, non pas du peuple canadien, mais de certains groupes d’intérêt aux ambitions financières illimitées? Le sang versé de nos soldats, l’est-il pour des causes nobles ou pour des ambitions répondant davantage à la cupidité et aux ambitions de certains groupes oligarchiques?

De plus en plus de monde réalisent que derrière bien des messages rassurants de coopération humanitaire, d’interventions militaire pacifiques, se cachent  des ambitions de conquête et de domination. Le cas de la Libye illustre à merveille cette grande tricherie qui a permis de détruire un pays prospère, à renverser un régime toujours fortement appuyé par la majorité de sa population, à tuer plus de 100 000 personnes dont le Président et plusieurs membres de sa famille et à prendre le contrôle des puits de pétrole, des comptes en banque et des institutions politiques. Ce cas de la Libye est la pointe de l’iceberg d’une tendance qui vise le contrôle et la domination du monde. Le Canada fait partie de ceux qui financent ces incursions et envoie ses soldats pour y verser le sang de ceux qui s’y résistent et y sacrifier la vie de plusieurs des siens. Mais est-ce bien cela que veulent les canadiens et canadiennes?

La démocratie que nos dirigeants ont constamment à la bouche et au nom de laquelle ils envoient nos soldats combattre et mourir n’exige-t-elle pas que le peuple soit le premier à être informé et à décider de ces choses? L’actuel premier ministre du Canada, M. Harper, dirige le pays en roi et maitre avec moins de 25% de l’électorat canadien et moins de 40% de ceux et celles qui sont allés aux urnes. C’est dire que plus de 75% des canadiens et canadiennes ne se sont pas exprimés en sa faveur et que plus de 60%  ont voté contre lui. Pourtant,  aujourd’hui, il décide, au nom du peuple canadien, de ces budgets militaires dont le détail se discute à Washington. Est-vraiment ce type de démocratie que nous voulons imposer au monde?

Il y a 50 ans, le Canada avait une réputation d’un pays, artisan de paix dans le monde, et sa participation aux missions  des Casques bleus des Nations Unies était recherchée et respectée. Lester B. Pearson, ancien premier ministre du Canada, avait été honoré du Prix Nobel de la Paix alors que ce prix avait encore la crédibilité d’un grand honneur mérité. Aujourd’hui, le Canada est complètement identifié aux politiques décidées par Washington et n’a plus de personnalité internationale propre. Il ressemble plutôt à un petit caniche retenu par la laisse de son maitre.

Il est plus que temps de réagir et de reprendre en main notre propre destinée. Nos dirigeants se moquent de nous parce qu’ils savent qu’ils peuvent faire tout ce qu’ils veulent. Le système est ainsi fait qu'il protège bien ses alliés.
Je laisse à d’autres, plus compétents que je ne le suis, de préciser ceux à qui servent vraiment toutes ces guerres. À l’avance je puis dire que le peuple canadien n’est pas en tête de liste et qu'il sera toujours là pour payer les factures.

Oscar Fortin
Québec, le 3 mars 2011

Deux vidéos fort instructifs les mensonges qui précèdent les guerres

jeudi 1 juin 2017

LE CANADA AUX ORDRES DE WASHINGTON


LE DROIT INTERNATIONAL PASSE AU SECOND PLAN 


Le comportement et les prises de position du gouvernement canadien  au sein de l’Organisation de l’État américain (OEA) ont de quoi interpeller tous les Canadiens et Canadiennes qui croient au respect du droit international inscrit dans la Charte des Nations Unies. Un de ces droits porte sur la souveraineté et l’indépendance des peuples à disposer d’eux-mêmes. Sous le couvert du respect des droits de la personne et de la démocratie, leur action,  sous la direction des Etats-Unis , vise avant tout la prise de contrôle du Venezuela et le changement de régime, passant outre au droit international et à la Charte de l’OEA.

Article 1
Les buts des Nations Unies sont les suivants :
1.     Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d'écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d'agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l'ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptible de mener à une rupture de la paix;
2.     Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe de l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde;
3.     Réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d'ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de religion;
4.     Être un centre où s'harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.

Le Canada est officiellement signataire de cet article 1 de la Charte des Nations Unies. Or, dans le cas du Venezuela, pays démocratique et souverain, le Canada, soumis aux  politiques interventionnistes de Washington, se transforme en un véritable bataillon visant une intervention militaire, souhaitée depuis la révolution bolivarienne qui prend ses origines avec l’arrivée d’Hugo Chavez, de 1998 à 2013, puis de Maduro jusqu’à nos jours. Il s’agit d’une révolution fondée sur une constitution que le peuple vénézuélien a ratifiée par référendum en 1999,  avec plus de 71% des votes.  Un peuple souverain disposant de sa propre constitution.

Cette révolution transforme le rôle politique du peuple en lui permettant une plus grande participation à tous les niveaux de l’intervention de l’État. Les priorités portent prioritairement sur les besoins essentiels du peuple, tels le logement, la santé, l’éducation. Les revenus des immenses réserves de pétrole ont  été réorientés vers ces besoins essentiels du peuple vénézuélien,  de quoi déplaire à ceux qui en étaient les principaux bénéficiaires, soit les oligarchies nationales et Washington qui en avait le contrôle par ses multinationales. Cette révolution s’est amorcée sans violence et par des voies démocratiques.

C’est donc en disposant pleinement de son droit comme peuple et État souverain  que les Vénézuéliens et Vénézuéliennes ont procédé à ce changement de régime, centré avant tout sur les intérêts du peuple. Les oligarchies nationales ainsi que Washington ne l’ont pas pris comme étant une décision souveraine, mais comme une désobéissance à leur volonté et intérêt. Dès 2002, il y a eu une première tentative de coup d’État, planifié et financé par Washington avec l’appui des oligarchies nationales et une partie de l’armée. Il en fallut de peu pour que ce coup d’État réussisse.  Cependant, leur désir de reprendre le pouvoir de l’État et d’en contrôler les richesses s’est vite transformé en cauchemar, lorsqu’une fraction de l’armée, restée fidèle au gouvernement, et l’arrivée en masse d’un peuple qui n’entendait pas laisser ces envahisseurs décider à leur place, prirent le contrôle de la situation et firent libérer Chavez, leur Président,  pour qu’il reprenne ses fonctions à la tête du Venezuela. Déjà à ce moment le Canada s’était empressé de se réjouir de ce coup d’État avec la mise à l’écart de Chavez. Il fut un des premiers pays à reconnaître ceux qui se présentèrent comme le nouveau gouvernement.

Depuis ce coup d’État manqué, il n’y a pas eu une année sans qu’il y ait des actions de sabotages, de désinformation internationale visant le dénigrement de ce gouvernement révolutionnaire qui avait décidé de placer les intérêts du peuple avant ceux des oligarchies et de Washington.  Ce qui se passe au moment d’écrire ce texte, c’est la continuité de cette volonté des mêmes acteurs de briser par la force ce gouvernement pour en prendre le plein contrôle. Les approches pour y parvenir s’inspirent de celles utilisées et identifiées comme « les printemps arabes » .et « les révolutions de couleur »  qui émergeaient, dans leur origine de la volonté des peuples. Il s’agit, pour l’essentiel, de créer les conditions pour créer le chaos dans le pays par tous les moyens, dont la désinformation nationale et internationale et les actions violentes, allant de la délinquance au terrorisme de manière à ce que le tout apparaisse comme le soulèvement du peuple contre ses dirigeants. Les réseaux d’information, complices de ces actions, se chargent de la désinformation en attribuant tous les malheurs qui arrivent au gouvernement. Ils se chargeront également de discréditer sans preuve  la crédibilité de ces gouvernants qui ne peuvent être que corrompus, dictatoriaux,  répresseurs et sans scrupule.

De tout cela, le gouvernement canadien est conscient et il sait très bien de quoi il en retourne. Il agit en pleine connaissance de cause et, ce faisant, il se fait complice d’une intervention militaire au Venezuela visant le renversement du gouvernement et le changement de régime. Peu lui importe que le droit international, par ces actions, soit bafoué.

Il suffit que Washington lui dicte le rôle qu’il attend de lui pour qu’il s’y applique, comme il le fait actuellement au sein de l’OEA, au détriment des règles qui régissent cet organisme régional. Une de ces règles est la non-intervention dans les affaires internes d’un pays membre sans que ce dernier en donne son accord. Or, on discute du Venezuela et de la manière d’y justifier une intervention sans l’autorisation du Venezuela. Ce comportement va à l’encontre de la Charte des Nations Unies et de l’OEA. Ce n’est pas parce que cette dernière est prise en otage par Washington que ses règles et statuts en sont modifiés.

« Article 1
Les Etats américains consacrent dans cette Charte l'Organisation internationale qu'ils ont établie en vue de parvenir à un ordre de paix et de justice, de maintenir leur solidarité, de renforcer leur collaboration et de défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance. Dans le cadre des Nations Unies, l'Organisation des Etats Américains constitue un organisme régional.
L'Organisation des Etats Américains n'a d'autres facultés que celles que lui confère expressément la présente Charte dont aucune disposition ne l'autorise à intervenir dans des questions relevant de la juridiction interne des Etats membres.

Il est urgent que les partis politiques, présents au Parlement canadien, interpellent le comportement et les engagements du gouvernement canadien dans cette saga visant l’invasion et le renversement du gouvernement vénézuélien.  Seules les Nations Unies ont le pouvoir d’évaluer la pertinence ou non d’une intervention  et d’en préciser les acteurs et les modalités. Il faut que le Conseil de sécurité se prononce et qu’il en marque les règles si une intervention s’impose. Il n’appartient ni à Washington ni à l’OEA d’en décider. La Charte du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est sous protections des Nations Unies.

Il importe que l’information véhiculée retrouve l’objectivité des faits. Il y a présentement au Venezuela des mercenaires payés et formés pour créer le chaos, de la même manière qu’il y en eut en Ukraine, en Libye et en Syrie. Ce sont, pour un certain nombre, des mercenaires terroristes au sens réel du terme. Tuer, blesser, démolir font partie de leur formation.  En ne dénonçant pas ces formes de terrorisme, le Canada en devient complice. Il y a plus de 50 des morts identifiés qui sont victimes de ces terroristes. Plus de mil blessés se retrouvent en traitement dans des hôpitaux. Des millions de dommages aux édifices publics, des autobus détruits. Le Canada, le Québec ont déjà connu de ces groupes et ils n’ont pas hésité à utiliser les grands moyens. Qu’on se rappelle des mesures de guerre appliquées au Québec dans les années 1970 et les moyens déployés pour réprimer les étudiants en colère en 2014.  Le gouvernement vénézuélien fait preuve d’une grande retenue pour éviter justement qu’il y ait plus de morts.

Soit que le Canada s’affirme comme un État souverain et indépendant et qu’il en appelle au peuple dans l’élaboration de ses politiques nationales et internationales ou soit qu’il en appelle à Washington. Dans ce dernier cas, aussi bien mettre à nue toute cette mascarade d’un pays démocratique, indépendant et souverain, si de fait, le maître du jeu demeure Washington.

Je pense que le peuple canadien est pour le respect des droits des peuples et des personnes et qu’il s’en remet aux Nations Unies pour qu’il en soit ainsi à l’endroit de tous  les pays du monde. Les représentants du peuple canadien  ne peuvent agir que dans cette ligne. Qu’on mette fin à l’hypocrisie et à la tricherie.  Tous  les jours, je prends les nouvelles du Venezuela en allant sur le site www.telesurtv.net qui nous donne une image bien différente de celle qui nous arrive de France presse ou de tout autre média lié aux intérêts de l’Empire.

Nous avons de quoi regretter le Canada du temps de Lester B. Pearson qui sut inspirer le respect du Canada sur la scène internationale. Aujourd’hui, le Canada est aux ordres de Washington comme le sont les vassaux  à leur maitre.


Oscar Fortin
Le 1er juin 2017 





mardi 26 juillet 2016

LE CANADA A PERDU TOUTE CRÉDIBILITÉ INTERNATIONALE






LA RIGUEUR DE STÉPHANE DION, L’UNIVERSITAIRE, NE FAIT PLUS PARTIE DU MINISTRE QU’IL EST DEVENU. (RÉPONSE À SA LETTRE)

Monsieur le Ministre,

En tout premier lieu, je tiens à vous remercier pour avoir donné suite à ma correspondance de février dernier. Je sais que les dossiers et les lettres auxquelles vous devez répondre ne manquent pas.

J’ai lu attentivement votre lettre qui m’a interpellé sur de nombreux points que je me permets de partager avec vous.

Une première impression générale se dégage en relation à la rigueur du professeur universitaire que vous étiez avec celle du ministre que vous êtes devenu. 

Pour l’Ukraine, vous passez outre au fait que des forces, préparées et soutenues par les États-Unis, ont renversé un gouvernement, légitimement élu. Vous passez également sous silence le rejet de cette usurpation de pouvoir par une partie importante de la population ukrainienne, particulièrement celle du Donbass et de Crimée.
Ce rejet s’est concrétisé, pour la population de Crimée, par un référendum portant sur son affranchissement de la gouvernance illégale des putschistes de Kiev pour être rattachée à la Fédération russe. C’est avec une grande majorité que le « oui » l’a emporté et que la Russie, à leur demande, l’a aussitôt reconnu comme membre à part entière de la Fédération russe. Par contre, les populations du Donbass n’eurent pas les mêmes opportunités et durent se préparer à un dur combat. De fait, ils furent victimes de tueries sauvages et de massacres qui pourraient être jugés comme crimes de guerre.

Dans votre lettre, vous évoquez le droit international que vous appliquez à la population de Crimée sans toutefois en faire une référence au nouveau Gouvernement de Kiev et à ses mentors. N’ont-ils pas usurpé par des moyens non démocratiques le pouvoir d’un État sous la gouvernance d’un gouvernement démocratique ?

« “Le droit international interdit l’acquisition par la coercition ou la force d’une partie ou de l’ensemble du territoire d’un autre État. Cet acte va à l’encontre des principes sur lesquels le système international est fondé.”

Vous conviendrez avec moi que la population de Crimée est bel et bien sur son propre territoire et se trouve face à un envahisseur étranger qui s’est emparé du pouvoir central de Kiev. Dans pareilles circonstances, qui n’auraient pas agi de même ? Par ce référendum, le peuple ukrainien de Crimée a décidé de son indépendance et de son rattachement à la Fédération de Russie.

Dans votre correspondance, vous poursuivez :

Le Canada appuie le peuple ukrainien et s’attend à ce que la Russie participe pleinement au processus de paix de Minsk, notamment en cessant d’approvisionner et de soutenir les insurgés dans l’est de l’Ukraine ainsi qu’en respectant totalement la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine.

Vous parlez des populations du Donbass comme si elles ne faisaient pas partie du peuple ukrainien. Ce sont pour vous des rebelles alors que les manifestants de la Place Maïdan représentaient sans doute pour vous la voix du peuple. Quant à Minsk, je vous dirai que les propos que vous avez tenus aux autorités ukrainiennes m’ont particulièrement surpris. Plutôt que d’insister sur l’importance, pour ces dernières, de donner suite dans les plus brefs délais à leurs engagements pris à Minsk, vous insistez pour que ce soit particulièrement la Russie qui donne suite à ses engagements. Les ententes à concrétiser ne se font pas entre le gouvernement central de Kiev et celui de la Russie, mais avec les populations de Lougansk et de Donetsk. C’est avec elles que le gouvernement de Kiev doit s’entendre sur la base des propositions de Minsk.

“J’ai aussi souligné l’importance d’appliquer de façon exhaustive les accords de Minsk, en particulier par la Russie, afin d’instaurer une paix durable en Ukraine.”

Vous savez comme moi que cet accord prévoyait, pour fin 2015, des changements constitutionnels favorisant une décentralisation des régions de Donetsk et de Lougansk. Or rien de tout cela n’a été fait de la part du gouvernement central. Il s’agit d’un point excessivement important pour la paix dans la région. N’était-il pas de votre devoir d’insister pour que le gouvernement central donne suite le plus rapidement possible à ces engagements constitutionnels ? Je sais que M. Poutin insiste beaucoup pour que cette décentralisation soit inscrite dans la constitution.

Je conclus cette première partie en mettant en question votre postulat de base qui fait de la Russie l’agresseur de l’Ukraine et qui laisse dans l’ombre les véritables interlocuteurs du gouvernement central que sont les populations du Donbass..

“Face à l’agression militaire et à l’occupation illégale par la Russie, le Canada a pris un certain nombre de mesures pour soutenir le peuple ukrainien, à l’heure où celui-ci s’efforce de rétablir la stabilité politique et économique, y compris l’imposition de sanctions contre les responsables de la crise actuelle.”

Le professeur de Science politique a vraiment perdu de sa rigueur en devenant ministre des Affaires étrangères du Canada.


Pour la Syrie, paradoxalement, la position du Canada est à l’opposé de celle adoptée pour l’Ukraine. Les rebelles sont devenus des alliés et le gouvernement central de Bachar al Assad, l’ennemi à abattre. Le respect du droit international ne fait plus partie du débat. Les États-Unis et ses alliés, dont le Canada, peuvent se permettre d’entrer et de sortir de la Syrie comme s’il s’agissait d’un territoire sur lequel ils auraient tous les droits. Je me permets de reproduire ici votre citation antérieure, appliquée à la Crimée.

“Le droit international interdit l’acquisition par la coercition ou la force d’une partie ou de l’ensemble du territoire d’un autre État. Cet acte va à l’encontre des principes sur lesquels le système international est fondé.”

Vous faites également état de toutes ces victimes de la violence gouvernementale. Je remarque que votre grande sensibilité pour la répression sanglante dont furent victimes les opposants au gouvernement de Bachar al Assad contraste avec votre silence sur la répression et les massacres dont furent victimes les populations de Lougansk et de Donetsk. Il faut croire que vos sources d’information n’ont pas été mises à contribution pour couvrir ces massacres dans ces régions de l’Ukraine. Il en fut de même avec nos médias officiels qui se gardèrent bien de lever le voile sur ces attaques meurtrières de la part du gouvernement de Kiev et de leurs alliés, dont le Canada.

Je reviens à votre lettre, traitant de la Syrie. Vous déclarez qu’il appartient au peuple syrien de décider de son propre destin.

Le Canada a appelé la communauté internationale à se mobiliser et à défendre le droit du peuple syrien à décider de son avenir.”

Il s’agit là d’une déclaration avec laquelle la Russie et ses alliés sont bien d’accord. Ces derniers répètent à qui veut l’entendre que seul le peuple syrien dispose du pouvoir de décider de ses gouvernants et de son Président.

Par contre dans votre lettre vous revenez avec le fait que le Président Bachar al Assad ne fait pas partie de la solution et qu’il doit partir. Vous parlez comme si c’était la coalition occidentale et non le peuple qui avait ce pouvoir de disposer de l’actuel Président.

“Le Canada est convaincu qu’un règlement politique négocié est la seule façon de mettre fin à la crise syrienne. Le maintien au pouvoir d’Assad ne peut faire partie de quelque solution réaliste que ce soit.”

Faut-il comprendre que les négociations de paix seraient conditionnelles au départ de l’actuel Président ?

Je vous rappelle qu’en février, 2012, le peuple syrien s’est donné, avec une forte majorité, une nouvelle constitution, qu’en juin, 2014, il y eut une élection présidentielle, remportée par le président Bachar Al Assad et qu’en avril 2016, il y eut des élections législatives. Il est évident que ce référendum et ces élections n’ont pas été sous le contrôle de Washington. Sont-elles pour autant moins crédibles que celles dirigées de l’extérieur par l’occident ?

Je vous invite à prendre connaissance de l’intervention du Président de Russie, Vladimir Poutine, au 27e Sommet de la Ligue arabe. Il a dit entre autres ceci en relation à la lutte contre le terrorisme et au respect de la souveraineté des peuples :

Il faut faire face à ce mal et l’accompagner d’efforts conjoints, censés assurer le règlement politique des crises en Syrie, en Irak, en Libye, au Yémen et dans d’autres zones chaudes”, a poursuivi M. Poutine, soulignant la nécessité de respecter la souveraineté et l’intégrité territoriale de tous les pays de la région. »

Pourquoi le Canada tarde-t-il à faire siens, dans la pratique, ces principes du droit international, de les respecter sans détour et sans faux fuyants. Toutes ces révolutions de couleur, ces luttes contre le terrorisme et contre la drogue ne sont, dans bien des cas, que des couvertures pour s’infiltrer dans des pays et en prendre le contrôle. Même le recours à l’aide humanitaire en est venu, pour certains, à servir de couverture pour mieux s’infiltrer au sein des populations pour mieux les manipuler. Vous êtes bien placé pour le voir et le savoir. En couvrir la réalité est en devenir complice.

Je regrette le Canada de l’honorable Lester B. Pearson qui a fait luire, le temps d’une décennie, l’étoile internationale du Canada comme une référence internationalement reconnue pour la paix dans le monde.

Si vous le vouliez, vous pourriez en faire tout autant aujourd’hui. Il vous suffit de retrouver votre propre indépendance et d’en faire tout autant avec celle du Canada, devenu honteusement une dépendance des politiques interventionnistes de Washington. Il faut laisser de côté le langage formaté qui ne fait que couvrir par des mensonges et la manipulation des actions de conquêtes et de domination. Retrouvez le langage direct de la vérité, brisez ces frontières artificielles qui vous isolent d’une partie importante du monde. Vous n’êtes pas obligé de faire des ennemis de vos partenaires vos propres ennemis. Le Canada mérite plus que cela.

Oscar Fortin
Le 26 juillet 2016