Messages triés par pertinence pour la requête les deux pactes. Trier par date Afficher tous les messages
Messages triés par pertinence pour la requête les deux pactes. Trier par date Afficher tous les messages

mercredi 28 février 2018

L’ÉGLISE CATHOLIQUE ? OTAGE ? DE L’ÉTAT DU VATICAN




Note : Pour les chrétiens et les catholiques, le carême rappelle cette longue marche dans le désert du peuple juif , libéré de l’esclavage auquel il était soumis en Égypte, pour aller vers cette nouvelle terre, promise par Moise au nom de Yahvé.  Aujourd’hui, cette marche se poursuit, mais le Moise des temps modernes (le Vatican) s’est transformé en un allié de l’ennemi des peuples, qu’est l’empire, assoiffé de pouvoir et de domination.


Pour la très grande majorité, des catholiques, « Église » et « Vatican » se confondent.  Pourtant, ils sont ce qu’il y a de plus opposé.

L’Église n’est-elle pas la communauté des croyants en Jésus de Nazareth, en sa vie et en son message  que nous révèlent les Évangiles et l’Esprit saint qui distribue ses dons comme bon il l’entend? Elle est  au service de celui qui en est l’inspiration et dont l’objectif est de redonner à l’Humanité l’image et la ressemblance de son Créateur. N’a-t-il pas dit à ses disciples : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie et ce que vous ferez aux plus petits des miens c’est à moi que vous le ferez » ? Pour lui,  l’hypocrisie, le mensonge, l’injustice et tout pouvoir de domination sont des contaminants qui empoisonnent l’Humanité et toute vie en société. Par contre, la compassion, la miséricorde, la bonne foi, la solidarité, la vérité et la justice sont des ingrédients qui renforcent le respect et l’amour, donnant vie à la communauté humaine. À ses disciples et apôtres, il leur rappelle que pour le suivre il faut tout laisser. Il n’y a pas de place pour servir deux maîtres, Dieu et Mammon ou encore les peuples et l’Empire.

L’État du Vatican, par contre, est, d’abord et avant tout, un pouvoir politique. Comme tous les États, il a son gouvernement dont le Pape fait figure de président et le Secrétaire d’État, de premier ministre. La Curie romaine est composée de divers ministères, appelés dicastères et d’une fonction publique qui opère à l’intérieur de chacun de ces dicastères. L’État du Vatican a des représentants dans la majorité des  pays du monde et occupe un siège à l’Assemblée générale des Nations Unies.  Il représente, pour certains États, un pouvoir d’influence important qu’ils ont intérêt à cultiver. En tant qu’État, le Vatican couvre tout autant les activités religieuses de ses membres, prêtres, évêques et cardinaux, à travers le monde, que les activités politiques,  à travers les nonciatures apostoliques. Il est tout à la fois une source d’information de premier plan et une source d’intervention auprès des fidèles et des pasteurs. La distinction entre le service à Dieu et le service à Mammon devient de moins en moins subtile. Il faut noter que la Doctrine s’est substituée aux Évangiles et que les pasteurs et disciples ont été transformés en fonctionnaires du culte.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous constatons ce glissement d’une Église au service des Évangiles à une Église au service de Mammon.  Ce glissement n’a d’autres sources  que la domination complète de hauts dirigeants du Vatican sur l’Église et la Doctrine. Pour illustrer cette affirmation, à résonnance radicale, je vous propose l’analyse qu’en fait l’Historienne Annie  Lacroix-Riz, bien connue dans le monde pour ses travaux sur le Vatican et ses engagements avec certains pouvoirs dominants tout au long des deux grandes guerres mondiales  (1914-1939). Je vous laisse en compagnie de cette conférencière pour découvrir le visage caché du Vatican tout au long de cette période.


Également, rôle du Vatican dans les relations internationales.





LA GRANDE ALLIANCE DU VATICAN ET DE WASHINGTON (1978-2018)

Avec l’arrivée  au Vatican du cardinal polonais, Karol Józef  Wojtyła, qui régnera sur l’Église et le Vatican sous le nom de Jean-Paul II, de 1978 à 2005, la puissance impériale des É.U. trouvait l’homme qu’il lui fallait pour combattre les révolutions sociales en Amérique latine. Ils se sont vite mis d’accord pour combattre, en Amérique latine et dans les Caraïbes, entre autres, ces révolutions, considérées, par ces derniers, de communistes, de socialistes, de marxistes.  De nombreux prêtres et de plus en plus d’évêques, à l’époque, s’identifiaient à la « théologie de libération » qui accompagnait la lutte des pauvres pour plus de justice sociale et de respect du droit des personnes et des peuples. Leur sympathie pour cette théologie de libération en faisait des ennemis de l’Empire et du Vatican.

 On raconte que le bref pontificat du pape Jean-Paul Ier, ami de Mgr Helder Camara, évêque du Brésil, et sympathisant de la théologie de libération, avait l’intention  d’en reconnaître officiellement les fondements et les objectifs. De quoi inquiéter Washington et ses alliés sur le Continent latino-américain. Sa mort, à peine 33 jours après son élection, a été ressentie avec beaucoup de tristesse, par la grande majorité des peuples, alors que d’autres y trouvèrent un grand soulagement. Ces derniers furent, d’ailleurs, les premiers à se réjouir de l’élection au Pontificat de ce collaborateur acharné du syndicat Solidarnosc sous la gouverne de Lech Walesa. En ce nouveau pape, tous les ingrédients y étaient pour mener une lutte sans répit contre les révolutions sociales en Amérique latine, étant toutes  considérées comme communiste et marxiste.

Je vous réfère à quelques articles qui couvrent cette période où s’activèrent les papes,  J.P. II, Benoit XVI et, d’une certaine mesure, le pape François. La lutte de Washington, appuyée par le Vatican et les épiscopats latino-américains, contre toute révolution sociale visant la reconquête du contrôle de l’État et de ses richesses par le peuple entre dans la catégorie de la lutte contre le communisme.



Le cas du pape François se présente différemment. Par son Exhortation apostolique Evangelii Gaudium et celle de Amoris laetitia, il s’est rapproché des peuples, des gouvernements et organisme sociaux qui sont profondément engagés pour la justice sociale, l’indépendance et la souveraineté de leurs peuples et pour la reprise en main de leurs richesses naturelles. C’est particulièrement le cas de la Bolivie et du Venezuela. Sauf que dans ces deux cas, les épiscopats nationaux, avec l’appui discret du Vatican, s’opposent à ces peuples et gouvernements. Dans le cas du Venezuela, l’épiscopat vénézuélien se présente et agit ouvertement comme une véritable opposition politique.

Pour comprendre cette coopération, pourrait-on dire naturelle, entre le Vatican et les épiscopats , il faut se rappeler que la nomination des évêques se fait en fonction des intérêts qui unissent le Vatican et Washington. Il faut également savoir que deux pactes ont été signés entre Washington et le Vatican pour mener conjointement la lutte contre la révolution de ces peuples. Dans un article portant sur la prostituée de l’Apocalypse y figure le contenu de ces deux pactes.


EN CONCLUSION

Mon acte de foi:

Je crois en l’Église, la communauté de ceux et celles qui témoignent au quotidien de leur foi en Jésus en se faisant humbles, amants de la vérité et de la justice, solidaires des blessés de la vie, miséricordieux et accueillants à l’endroit de toutes les personnes de « bonne foi ».  Cette bonne foi qui est tout le contraire de l’hypocrisie, de la manipulation et du mensonge. Le récit du jugement dernier nous en donne les grandes lignes. (Mt.25,31-46)

Par contre, je ne crois pas au Vatican, ni en ses œuvres ni en ses pompes.  En lui, je ne vois pas  celui qui est à la source de ma foi, Jésus de Nazareth,  pas plus d’ailleurs que l’Esprit qui illumine les Évangiles. Le discours de Jésus aux grands prêtres et aux docteurs de la loi de son temps s’applique merveilleusement bien à ceux qui règnent sur le Vatican. (Mt.23)



Oscar Fortin


samedi 12 août 2017

RÔLE DE L’ÉPISCOPAT VÉNÉZUÉLIEN DANS LA CRISE QUE VIT LE PAYS






Si nous nous en tenions à ce que notre presse officielle nous raconte sur le Venezuela, nous en serions à n’y voir qu’un dictateur sanguinaire, qui prend plaisir à faire souffrir son peuple en le privant de nourriture et de médicaments. Un peuple, finalement, au plus bas de la misère humaine, avec des ressources en pétrole et en minerais comme pas un au monde. Qui, devant un tel tableau, ne crierait pas au scandale et à une intervention de la communauté internationale pour mettre fin à un tel génocide. Déjà les États-Unis, ces gardiens fiables du respect des droits des personnes et des peuples dans le monde se disent prêts à une intervention militaire si nécessaire. Nous savons ce dont ils sont capables de faire: l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Ukraine en sont de bons exemples. Avec des bombardements humanitaires, ils ont fait plus d’un million de morts en Irak, des centaines de milliers en Libye et tout autant ou sinon plus en Syrie.

MAIS QU’EN EST-IL VRAIMENT ?

Le Venezuela vit sous un régime de droit démocratique à laquelle sont invités à participer toutes les composantes de la société. Il est un des rares pays de s’être donné une constitution en y faisant participer des représentants de tous les milieux. En 1999, cette Constitution était validée par un vote référendaire majoritaire. Sa particularité est qu’elle définit  sa révolution dans le cadre d’un projet où la démocratie représentative, propre au néolibéralisme, est caractérisée par une démocratie participative à l’intérieur de laquelle le pouvoir du peuple a toujours un espace pour faire valoir son point de vue. Par exemple, le peuple, moyennant certaines conditions prévues à la Constitution, peut décider d’un référendum révocatoire pour déloger un président  ou n’importe quelle personne en autorité, s’il le juge nécessaire. Cette révolution se définit également dans le cadre d’un socialisme du XXI, inspiré des valeurs de Bolivar, le père de l’indépendance, et d’un humanisme qui rejoint sous bien des aspects la doctrine sociale de l’Église. Il s’agit également d’une révolution anti-impérialiste au sens ou le peuple et l’État sont souverains et n’ont de compte à rendre à aucun autre État qui se réclamerait de sa supériorité pour en faire un vassal.


Dans pareil contexte, pas surprenant que ceux qui ont toujours considéré l’Amérique latine et les Caraïbes comme leur Cour arrière l’aient mal pris, d’autant plus que le Venezuela regorge de pétrole, comme pas un pays au monde, et de riches minerais, dont l’or, en grande quantité. Cette révolution s’est amorcée par des élections libres, réalisées en 1998, lesquelles ont porté au pouvoir le charismatique Hugo Chavez. Dès le départ de ce nouveau règne, les forces de l’empire, jointes à celles des oligarchies nationales et de l’épiscopat vénézuélien, font front commun pour faire de cette révolution un échec, de quoi faire réfléchir les autres peuples à ne pas aller dans cette direction.

En avril 2002, il y eut un coup d’État militaire qui n’aura duré que quelques heures, le temps que le peuple et une partie de l’armée, restée fidèle au Président, se mobilisent spontanément pour venir à la rescousse de leur Président et pour y chasser les envahisseurs complotistes au milieu desquels se trouvait le cardinal de l’époque. Il y a eu, en 2004, un référendum révocatoire contre Chavez que ce dernier a gagné haut la main. L’offensive des adversaires a maintenu la pression avec des sabotages orchestrés pour affecter sérieusement l’industrie pétrolière et l’économie dans son ensemble. 

Le 5 mars 2013, Chavez meurt d’un cancer dont l’origine criminelle nous sera révélée un jour. On pensait qu’avec la mort de Chavez tout allait s’écrouler et que la vie normale de l’Empire allait reprendre ses fonctions de grand patron, mais tel ne fut pas le cas. C’était ignorer le peuple vénézuélien et son niveau de conscience sociale, politique, économique et militaire.

En novembre 2013, des élections à la présidence ont lieu et tout fut mis par les forces de l’opposition pour que le candidat de la révolution ne puisse gagner. Malheureusement pour eux,  Nicolas Maduro, candidat suggéré par Chavez, avant sa mort, a gagné cette élection avec 200 000 voix de plus que son adversaire, un certain Henrique Capriles, bien connu pour ses interventions criminelles à l’ambassade de Cuba, lors du coup d’État militaire de 2002. Il est également reconnu pour être un homme clef de Washington.


Celui que les médias officiels de l’Empire appellent le dictateur, n’est autre que ce Nicolas Maduro Moros, né un 23 novembre 1962 à Caracas, ancien chauffeur de bus puis leader syndical, il fut secrétaire d’État pour les relations extérieures sous la gouvernance de Chavez.  Il fut élu président, conformément aux dispositions de la constitution, par le peuple pour présider les destinées du Venezuela jusqu’en 2019. Inutile de dire que lui, pas plus que Chavez, n’a connu de répit. Il est vite devenu l’homme à abattre. Ce fut la mise en place d’une guerre économique, comme seul l’empire sait les préparer, en vue d’affecter directement les secteurs les plus démunis et une partie importante de la classe moyenne. L’objectif est de créer le plus de mécontentement dans la population par ces mesures de rationnement, en nourriture et en médicaments, voulues et planifiées par les forces de l’opposition dans le but d’en rendre responsable le gouvernement et de créer ainsi le rejet de cette révolution qui se révèle être un grand échec. Les médias s’acharnent à relever ces  files d’attente insupportables et à en accuser le gouvernement de crimes contre le droit des personnes à une alimentation saine. Il faut dire qu’au Venezuela, les médias privés de communication sont nombreux et bien encadrés par les oligarchies locales. À ce climat de désespérassions,  les forces de l’opposition ont ajouté des actes de violence que l’on présentait au national et à l’international comme étant des soulèvements du peuple qui n’en pouvait plus de cette révolution.

En 2015, il y a eu des élections législatives qui, pour une fois, assurèrent la majorité à des députés  de l’opposition. Contre mauvaise fortune, le gouvernement fit bon cœur et accepta sans questionnement les résultats de l’élection. Toutefois, les choses se gâtèrent lorsque le nouveau président de l’Assemblée nationale, Ramon Allup, déclara dès ses premiers mots que le sort de l’actuel président était décidé et qu’il ne serait plus là dans six mois. Une manière offensante de s’arroger un pouvoir qui n’appartient d’aucune manière à l’Assemblée nationale. Entre temps, le Conseil national électoral (CNE) a identifié trois députés, de la banquette de l’opposition, ayant été élus frauduleusement. Le tribunal suprême de justice (TSJ) ordonna la mise en place des dispositions nécessaires pour procéder à de nouvelles élections pour remplacer ces trois députés, élus frauduleusement. Plutôt que de donner suite à cette décision du plus haut tribunal du pays, le président de la l’Assemblée nationale, assermenta ces trois députés n’y ayant pas droit. Ce fut par la suite  la procédure pour un référendum révocatoire qui n’aboutit tout simplement pas pour des motifs d’irrégularités. De cette manière, la majorité de l’AN se plaçait hors la loi et rendait inopérantes les décisions qu’elle pouvait prendre. Il faut dire que cette situation entraîna de nombreux autres problèmes. Le message de l’opposition a toujours été que le gouvernement était responsable de tout, que Maduro contrôlait le TSP, le CNE  et qu’il ne reconnaissait pas le pouvoir de l’A.N.

En avril dernier, plus de trois millions de Vénézuéliens et Vénézuéliennes se sont regroupés dans les rues de Caracas pour apporter tout leur soutien au président Maduro et lui rappeler que le peuple était avec lui.Il faut dire qu’à ce moment le président Maduro faisait l’objet de critiques sévères à l’interne comme à l’externe et que des actions violentes, financées à même l’opposition, dirigée depuis Washington, avaient commencé à faire passablement de dommage.  Pour remédier à cette situation de violence, le Président, invoquant les dispositions de Constitution, décide, le 1er mai,  de convoquer une Assemblée nationale  constituante dans le but de mettre un terme à cette violence. Le 30 juillet, seront jour d’élection de cette ANC qui comprendra 545 personnes, lesquelles disposeront d’un pouvoir plénipotentiaire sur tous les autres pouvoirs.

L’Épiscopat vénézuélien a été un des premiers à dire qu’il ne reconnaîtrait pas cette ANC, suivi de près par l’opposition. Pendant que les forces gouvernementales mobilisaient  les divers secteurs de la société pour donner forme à cette ANC, la violence, fomentée par l’opposition, allait en s’accentuant.

Plus de 50 000 personnes présentèrent leur intérêt à participer, comme représentantes à cette ANC. Sur ce nombre près de 6 000 candidats purent remplir, à temps, les formulaires requis. Le 30 juillet, l’élection s’est réalisée en dépit de tous les efforts déployés par l’opposition et ses alliés nationaux et internationaux pour que cette élection ne puisse se réaliser. Plus de 8 089 023 Vénézuéliens et Vénézuéliennes parvinrent aux urnes pour y déposer leur bulletin de vote. Des milliers ont dû traverser montagnes, rivières, vaincre la pluie et faire la file pendant des heures. Un moment magique d’un peuple qui marche debout, la tête haute, le cœur gonflé pour sa révolution et sa démocratie, clairement exprimée dans cette ANC plénipotentiaire.  Je vous laisse sur la déclaration de l’épiscopat vénézuélien à l’annonce de cette convocation.


 ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUANTE DU VENEZUELA
30 JUILLET 2017

Il importe de signaler, ici, que ceux qui se proclament démocratiques ont tout fait, en ce jour, pour que le peuple ne puisse aller voter. Des milliers de témoignages ont été recueillis de personnes dont on  a menacé de brûler leur maison, de tuer leurs enfants.  En somme, des choses incroyables. Ce sont ces mêmes personnes qui diffusent mondialement le portrait du Venezuela que je vous ai tracé dans le premier paragraphe de cet article. Mentir, manipuler, menacer, font partie de la morale de ces gens.

C’est triste à dire, mais l’épiscopat vénézuélien fait partie de ces mensonges, de cette manipulation, de ces menaces et s’il y a guerre il fera partie de cette guerre.  L’opposition a beau jeu avec cet épiscopat de la bouche duquel ne sortira rien de négatif à son endroit. Il ne relèvera jamais la violence, les mensonges, les tricheries de cette dernière. Dans ses déclarations, il s’applique à rendre responsable le gouvernement de Maduro de tous les maux dont souffre le pays. IIl s’agit d’un épiscopat qui peut compter sur le Secrétaire général de l’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, ex-Nonce apostolique du Venezuela.

Cette alliance des intérêts du Vatican avec les intérêts de Washington peut se comprendre dans le cadre de deux Pactes qui les unissent l’un à l’autre.  Pour le Vatican, en la personne de Pietro Parolin, et pour l’épiscopat vénézuélien, il s’agit d’une lutte à finir contre le communisme et le marxisme qu’ils continuent de voir dans toutes les révolutions sociales.  Pour Washington, il s’agit d’une reprise du pouvoir perdu sur l’État vénézuélien et ses richesses. L’épiscopat et le Vatican, en voulant se débarrasser du soi-disant communisme marxiste, deviennent un allié de première main de Washington pour soutenir le capitalisme sauvage dont parle le pape François dans son Exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Une autre des grandes contradictions d’une Église demeurée accrochée au siècle dernier pour les uns et déjà engagée dans le  XXIe siècle pour les autres.

Je vous laisse avec un texte portant sur ces deux pactes secrets du Vatican avec Washington.


Mon point de vue est que l’Église, l’authentique Église n’est plus avec ces hiérarchies ecclésiales, transformées en complices de pouvoirs que dénoncent les Évangiles et la Doctrine sociale de l’Église. En Amérique latine, aucun coup d’État ne serait possible si l’Église s’y opposait avec fermeté. Ce n’est évidemment pas le cas, Washington le sait et les peuples comptent de moins en moins sur cette Église contaminée par le pouvoir. Il retrouve en lui une Église vivante et confiante pour mener à bien sa destinée.

Pour ceux et celles qui se débrouillent en espagnol,  je recommande deux liens sur internet qui vous ouvrent les portes au Venezuela à deux centres de nouvelles télévisuelles qui vous diront ce que nos médias ne nous disent pas.



Oscar Fortin
Le 12 juillet 2017



dimanche 13 mai 2018

LES ENGAGEMENTS POLITIQUES DU VATICAN

UNE CONTAMINATION D'ÉVANGILE




Si l’Église universelle est porteuse de l’Évangile, le Vatican,  en tant qu’État, est porteur d’une politique internationale qui l’identifie surtout aux politiques de l’Empire des États-Unis d’Amérique. Il est, de toute évidence, un allié important de ce dernier. Son influence auprès des populations chrétiennes, mais aussi son pouvoir de nommer ceux qui en seront les principaux dirigeants et pasteurs y est pour beaucoup. 

L’Amérique latine est sans nul doute le berceau où cette alliance se révèle la plus forte et la plus constante. Cette « cour arrière » des États-Unis est considérée comme son territoire  de droit et malheur à ceux qui voudraient s’en affranchir.  Les luttes d’indépendance, du 19iè siècle, marquèrent les territoires sans pour autant assurer aux peuples leur souveraineté sur leurs richesses et le choix de leurs gouvernants.

L’histoire des 60 dernières années de l’Amérique latine est marquée par ces luttes de conquêtes pour leur pleine et entière souveraineté.  Une Amérique latine  qui s’éveille à de nouveaux temps et qui dit non aux prétentions des États-Unis d’être « sa cour arrière » d’où ils s’approprient les  terres, les mines et le travail à vil prix des travailleurs et travailleuses. Cette lutte a pris ses racines dans cette prise de conscience sociale des grandes injustices dont elle était victime.  

Des leaders ont émergé et des mouvements révolutionnaires se sont organisés pour sortir leurs peuples du marasme qui les retenait prisonniers  du pouvoir dominant d’un Empire aux ambitions illimitées et peu soucieux des droits des personnes et des peuples.

Si nous connaissons ces luttes, menées  avec courage, nous connaissons moins la répression à laquelle ces peuples ont été soumis. Il y a eu ces dictateurs qui ont servi fidèlement cet Empire en réprimant avec force et cruauté tous les récalcitrants. Il y a eu ces gouvernements militaires, mis en place par ce même Empire pour réprimer et mettre un terme à ces prétentions des peuples à leur indépendance et souveraineté.   

Aujourd’hui, ces interventions se veulent plus subtiles et, les moyens utilisés, mieux dissimulés. La manipulation, les mensonges, la corruption, la désinformation et la mise en scène de « faux positifs » sont autant de manières de poursuivre le renversement de gouvernements qui s’affirment indépendants et souverains. C’est évidemment le cas des pays émergents de l’Amérique latine. 

Nous sommes témoins comment, au Brésil, ils en sont venus à destituer Dilma Rousseff qui venait d’être élue par la majorité du peuple. Nous voyons tous les efforts déployés pour éviter que l’ancien président, Lula da Silva, candidat du peuple pour les prochaines élections, ne puisse y participer. Il est  actuellement en prison et toujours candidat du peuple brésilien. 

En Argentine, ils sont parvenus à y glisser un de leurs candidats, en la personne de Mauricio Macri,  candidat lors des dernières élections. Ce dernier se charge de remettre le pays au service de l’Empire.  En Équateur, l’allié de Rafael Correa pour le remplacer à la présidence, une fois élu, a révélé ses liens avec l’Empire. Pour Correa et le peuple, ce fut comme une trahison.

Au Venezuela, on se questionne toujours sur les origines du cancer qui emporta Hugo Chavez à la mort. Sa disparition ouvrait une porte pour une reprise du pouvoir lors des élections qui allaient suivre.  Ce ne fut heureusement pas le cas. Nicolas Maduro a gagné de justesse cette élection, mais l’a gagnée. Présentement, pour l’Empire, c’est la lutte à finir avec ce gouvernement qui célébrera les élections présidentielles et législatives le 20 mai prochain.

Je vous réfère à cet article d’une journaliste argentine qui nous révèle le contenu d’un document relié à la stratégie des É.U. pour reprendre le pouvoir au Venezuela. Il s’agit du plan stratégique de la quatrième flotte des États-Unis qui baigne dans les eaux du Sud. On y retrouve cette même stratégie développée pour mettre un terme à la révolution cubaine, au début des années 1960, cette fois -ci avec encore plus de raffinement et de collaborateurs.   

« Le 6 avril 1960, Lester D. Mallory, sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires interaméricaines affirma que « la majorité des Cubains soutenait Castro » et qu’il « n’existait pas une opposition politique effective », en ajoutant que « le seul moyen prévisible de réduire le soutien interne passait par le désenchantement et le découragement basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques (…) Tout moyen pour affaiblir la vie économique de Cuba doit être utilisé rapidement (…) : refuser de faire crédit et d’approvisionner Cuba pour diminuer les salaires réels et monétaires dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. »

Le 13 mai 2018, nous retrouvons cette approche qui utilise, le mensonge, la manipulation, la corruption, le crime et plus encore. En voici quelques extraits.

« Intensifier l’insatisfaction populaire, en favorisant plus d’instabilité et de pénurie, afin de rendre irréversible le désaveu du dictateur actuel ».

«  Harceler le président Maduro, le ridiculiser et le présenter comme un exemple de maladresse et d’incompétence, un fantoche aux ordres de Cuba ».

« Augmenter l’instabilité interne jusqu’à des niveaux critiques, en intensifiant la décapitalisation du pays, la fuite des capitaux étrangers et la dégringolade de la monnaie nationale, par l’application de nouvelles mesures inflationnistes ».

« Faire obstruction à toutes les importations et en même temps démotiver les éventuels investisseurs étrangers », le tout afin de « contribuer à rendre plus critique la situation pour la population ».

« L’appel à des alliés internes et à d’autres personnes bien insérées dans le panorama national afin qu’ils génèrent des manifestations, des troubles et de l’insécurité, des pillages, des vols et des attentats ainsi que des saisies de bateaux et autres moyens de transport, pour perturber la sécurité nationale dans les pays limitrophes »

« Faire des victimes » et d’en accuser les gouvernants « en augmentant les dimensions de la crise humanitaire, aux yeux du monde entier »

QUEL RÔLE Y JOUENT LE VATICAN ET LES ÉPISCOPATS LATINO AMÉRICAINS ?

Il y a un dicton qui dit que sans la participation de l’Église catholique, aucun coup d’État, de quelque nature qu’il soit, ne serait possible en Amérique latine.

Après avoir lu le document, plus haut mentionné, on comprend mieux la nature des interventions de l’Épiscopat vénézuélien dans sa campagne de dénigrement du gouvernement de Nicolas Maduro. Il est sans nul doute un des épiscopats les plus actifs en Amérique latine, suivi de près de l’épiscopat du Nicaragua et de Cuba. Là où l’Empire règne, les épiscopats sont d’une conformité qui en dit long sur leur proximité avec les gouvernements fidèles à l’Empire. Nous pouvons penser, entre autres, à Colombie, Argentine, Brésil, Mexique, Panama et bien d’autres.

Il va de soi que ces luttes de l’Église se réalisent sous la bannière de la lutte contre le communisme, le totalitarisme, l’athéisme, le marxisme, etc.  Ces termes couvrent tous les mouvements sociaux qui luttent pour plus de justice sociale et d’indépendance des peuples. Il convient de rappeler ici les deux pactes signés par le Vatican avec Washington.  Deux pactes qui mettent en évidence leur alliance. L’Église, par sa lutte contre le soi-disant communisme et marxisme,  aide Washington à reprendre sa place et à servir au mieux le dieu Mammon. En cela se trouve la complicité de l’Église contre la lutte des peuples.

Il faut rappeler ici ces crimes, commis dans le cadre du Plan Condor, dont les deux principaux acteurs ne furent nul autres que ces deux bons catholiques,  Pinochet, au Chili, et Videla, en Argentine. Ce sont eux qui ont donné vie à ce plan, planifié depuis Washington, et qui a fait des dizaines de milliers de victimes.  Qu’ont-ils fait nos épiscopats pour dénoncer ces massacres et pointer du doigt leurs auteurs ?

Je n’écris pas contre la foi de ceux et celles qui croient aux valeurs des Évangiles, mais contre un pouvoir d’Église qui en contamine tout le contenu. Le mensonge et l’hypocrisie doivent cesser dans ce jeu de pouvoir. Il est inconcevable que l’on utilise le nom de Dieu et qu’on exploite la misère des pauvres pour justifier un combat que l’on sait alimenté et dirigé par les forces de l’Empire.


Oscar Fortin
Le 13 mai, jour de la fête des apparitions de la Vierge à Fatima.