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vendredi 8 novembre 2013

QUE SONT-ILS DONC CES GRANDS LIBÉRATEURS DE L’HUMANITÉ?







Chaque année, le Président des États-Unis se présente devant les membres des deux chambres ainsi que de nombreux invités pour dire au monde tous les efforts déployés par le peuple étasunien et ses représentants pour que le monde soit toujours plus libre et plus heureux.

L’éloge qu’il fait des multiples interventions de son pays dans le monde pour combattre, entre autres, le terrorisme et les tyrans qui maltraitent leurs peuples, soulève l’enthousiasme de cette noble assemblée qui entrecoupe par de longs applaudissements les paroles du Président. L’émotion atteint son comble lorsqu’il évoque ces milliers de soldats, morts au combat pour la liberté des peuples, pour la sécurité et les intérêts des États-Unis. Là, ce sont les larmes qui apportent à tous ces applaudissements l’humanité de tout un peuple dont le destin n’est rien de moins que de diriger le monde. C’est ce qu’exprimait Condoleezza Rice, la secrétaire d’État d’alors, à des baptistes réunis en congrès en juin 2006. Ce qu’elle y disait vaut pour tous les présidents.




« Le président Bush et moi-même partageons votre conviction que l’Amérique peut et doit être une force du Bien dans le monde. Le Président et moi croyons que les États-Unis doivent rester engagés comme leader d’événements hors de nos frontières. Nous croyons cela parce que nous sommes guidés par le même principe persistant qui donna naissance à notre propre nation : la dignité humaine n’est pas un don du gouvernement à ses citoyens, ni un don des hommes les uns aux autres ; c’est une grâce divine à toute l’humanité. »


On ne peut s’y tromper. Les États-Unis d’Amérique ont pour mission divine de guider le monde et d’assurer à l’humanité le bonheur de la paix, tout en poursuivant les grands objectifs de leur sécurité et de leurs intérêts nationaux, ces derniers, comme cela va de soi, devant primer sur le reste.

C’est l’histoire qu’une grande majorité de citoyens et citoyennes de nos sociétés de consommation continue de croire. C’est également celle que nos médias officiels propagent comme une vérité divine.

QU’EN EST-IL DANS LES FAITS?

À les écouter, on pourrait penser qu’ils sont des libérateurs d’humanité, mais à les regarder de plus près on se rend compte qu’ils sont plutôt des fossoyeurs d’humanité. Voyons cela en ce qui concerne leurs relations avec l’Amérique latine. Voyons jusqu’où va leur amour pour les grandes valeurs humaines de justice, de liberté, de respect, de démocratie.


BLOCUS ÉCONOMIQUE APPLIQUÉ AU PEUPLE CUBAIN DEPUIS PLUS DE 50 ANS





Il faut savoir ce que signifie dans les faits ce blocus économique et surtout ce qui en est l’inspiration.

Dès le tout début de la victoire des révolutionnaires cubains sous la direction de Fide Castro, les principales préoccupations des États-Unis furent que cette révolution devienne vite une grande déception pour le peuple cubain. Pour Eisenhower, le président d’alors, et également pour tous ses successeurs, il ne faut surtout pas que cette révolution porte ses fruits et que le peuple cubain y trouve son compte.
Dans un mémorandum secret remis au président Eisenhower, le 6 avril 1960, l’adjoint du sous-secrétaire d’État d’alors, Lester Mallory écrit ceci :
« La majorité des Cubains appuient Castro (…) Il n’existe pas une opposition politique effective. (…) L’unique moyen possible pour lui faire perdre l’appui interne est de provoquer la désillusion et le mécontentement en provoquant l’insatisfaction économique (...) et la pénurie. (…) Il faut mettre rapidement en pratique tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique (…) refusant à Cuba argent et biens de toute nature de manière à réduire les salaires et l’emploi, provoquant ainsi la faim, le découragement et la chute du gouvernement. »
Ce plan est ce qui donne naissance au « blocus économique contre Cuba  » qui dure depuis plus de 52 ans. Chaque année, l’Assemblée générale des Nations Unies vote à très forte majorité une motion condamnant ce blocus et demandant aux États-Unis d’y mettre fin. Pour l’année en cours, ce vote s’est réalisé le 29 octobre dernier. Encore une fois, plus de 188 pays se sont prononcés contre ce Blocus et demandez que les États-Unis y mettent fin. Les deux pays qui ont voté contre la proposition sont, comme à l’habitude, les États unis et Israël.
Nous savons depuis longtemps que l’oncle SAM n’a pas pour habitude d’obtempérer à la volonté de la communauté internationale et qu’il va continuer d’agir comme s’il n’en était rien. Loin d’en diminuer la rigueur, il en durcit les mesures. J’invite les lecteurs et lectrices à lire ce texte.
Ce sont des dizaines de milliards de dollars que ce blocus coûte à Cuba. Ce sont des milliers de Cubains, hommes, femmes et enfants qui sont privés de médicaments, d’équipements de santé sans parler de toutes les pertes au niveau du développement économique de l’Île. Un véritable combat de David contre Goliath.
Au lieu de se réjouir des solidarités de ce peuple à travers ses médecins et ses professeurs auprès des plus défavorisés du Continent, l’oncle SAM chercher par tous les moyens à lui rendre la vie plus difficile encore. Plutôt que de choisir les voies du dialogue respectueux pour résoudre les différends, il choisit de se comporter comme un empire qui n’accepte de dialogue qu’à condition de lui être soumis, de lui manger dans la main. Pour qui se respecte, il ne saurait en être question.
Que dire de la condamnation à de longues peines de prison de ces cinq Cubains pour avoir infiltré des terroristes de Miami et révélé leurs sombres projets de sabotage contre le peuple cubain? C’est Fidel Castro lui-même, par l’intermédiaire de son grand ami et prix Nobel de littérature, Gabriel Garcia Marquez, qui en a informé Bill Clinton, alors président des États-Unis.
Plutôt que de mettre en prison les terroristes, Bill Clinton a choisi, à travers un système de justice manipulé, de faire condamner les cinq Cubains.

DICTATURES ET MILITARISATION DE L’AMÉRIQUE LATINE ET DES ANTILLES.



L’histoire des dictatures en Amérique latine est une longue histoire de complicité de l’oncle SAM avec ceux qui, dans le Continent, lui ouvrent toutes grandes les avenues pour qu’il y circule en toute quiétude avec ses multinationales et ses armées. Ces dictatures sont bénies des dieux parce qu’elles savent réprimer les récalcitrants que sont en général les peuples et qu’elles permettent, entre autres, l’exploitation des richesses, le commerce florissant des armes et surtout cette paix si précieuses pour les puissants.

Pour n’en nommer que quelques-uns de ces grands hommes pour lesquels la Maison-Blanche a manifesté beaucoup de respect : Batista qui a fait de Cuba le Casino de la mafia étasunienne; Somoza qui fit du Nicaragua son domaine aux riches cultures; Pinochet qui remit le Chili sous contrôle étasunien; Banzer, un des nombreux dictateurs de la Bolivie,     Stroessner, l’homme à la poigne de fer qui mit le Paraguay à ses ordres; Videla, l’homme de main pour faire le grand ménage de la gauche argentine. Ce sera sous le règne des quatre derniers que le fameux plan Condor révèlera toute l’humanité qui les inspire. De quoi combler de joie Washington et ses acolytes.

Le seul dictateur à ne pas faire partie du club sélect de Washington est Fidel Castro.   Ce dernier a ceci de particulier qu’il se porte avant tout à la défense des intérêts de son peuple. Sa dictature réprime ceux et celles qui l’attaquent et commettent des actes terroristes pour remettre le pays entre les mains de l’oncle Sam. On comprendra que pour lui , il ne saurait en être question.


LA REMILITARISATION DE L’AMÉRIQUE LATINE

L’émergence de nouvelles démocraties qui reposent sur la participation consciente des peuples n’est pas de nature à tranquilliser l’oncle Sam. Ces démocraties nouvelles lui révèlent que l’intérêt des peuples concernés ne coïncide pas toujours avec ses propres intérêts. Il ne saurait laisser ces démocraties faire la pluie et le beau temps dans son arrière-cour. D’où l’importance de renforcer sa présence militaire, confortant, là où il y a déjà une alliance stratégique, ses appuis aux oligarchies nationales et sabotant, là où la résistance des peuples est coriace, les infrastructures existantes. Loin de présenter ses luttes comme antidémocratiques, il les présente plutôt comme une lutte héroïque contre les narcotrafiquants, les terroristes et pour la liberté des peuples.

Déjà, nous connaissons les sept bases militaires É.-U. en Colombie, celle au Honduras et au Paraguay, mais, à se fier aux dernières délibérations de la Première Conférence sur les Études stratégiques organisées par le Centre d’Investigations de Politique internationale dépendant de l’Institut Supérieur de Relations internationales (ISRI) du Ministère des Relations extérieures de Cuba, il y en aurait plus de 75. Pour la plupart, elles sont « officiellement » justifiées pour lutter contre les narcotrafiquants. Dans certains pays, comme au Honduras et au Guatemala, les soldats étasuniens peuvent, en toute impunité, circuler avec leurs armes dans le pays et tuer, en toute impunité, des civils.

Cette militarisation ne semble pas encore suffisante. Il faut en ajouter et surtout y apporter des dispositifs qui assureront tous les pouvoirs, à ceux qui en sont les maîtres, pour diriger et contrôler ce Continent, leur arrière-cour.

Pour couvrir ce dernier volet de la remilitarisation de l’Amérique latine, je vous réfère à quelques articles récents.






QUE DOIT-ON EN CONCLURE?

Lorsque nous levons le voile sur les grands idéaux, vantés par les présidents successifs des États-Unis dans leurs discours annuels sur l’état de l’Union, nous découvrons des objectifs moins nobles que ceux annoncés et proclamés avec la passion du sauveur d’humanité.

On ne peut s’y tromper : les grands objectifs de l’oncle Sam sont tous liés à ses intérêts nationaux et à sa sécurité nationale dont il est le seul à en connaître les avenants et aboutissants. Sa puissance militaire, jointe au pouvoir de l’argent, lui permet de s’imposer là où il y voit ses intérêts et sa sécurité.

Les intérêts et la sécurité des autres peuples, des autres nations, de l’humanité doivent s’ajuster et se subordonner à ses intérêts et à sa sécurité. Même le droit international et les institutions qui en sont garantes doivent s’ajuster à sa volonté. Un Empire ne saurait faire mieux. L’image du bon samaritain qui va au secours d’une humanité blessée, pratiquement agonisante, en prend tout un coup.


Oscar Fortin
Québec, le 7 novembre 2013


dimanche 6 mars 2016

L’ONCLE SAM À LA RECONQUÊTE DE L’AMÉRIQUE LATINE



(OBAMA AU G-20 2014) « L’un de ces principes étant selon lui « qu’on ne peut envahir d’autres pays ou financer des mandataires et les soutenir d’une manière qui désintègre un pays ayant des élections démocratiques.»



Pendant que l’attention mondiale est centrée sur les guerres au M.O., en Afrique et en Ukraine, l’Oncle Sam accentue les ressources financières et les moyens de pression et de manipulation pour renverser, cette fois-ci,  les gouvernements émergents du continent dont les plus ciblés sont le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Brésil et l’Argentine. II peut compter sur les oligarchies nationales, les épiscopats de chacun de ces pays  et, plus que tout, sur une presse locale, nationale et internationale entièrement dédiée aux conditionnements de l’opinion publique. Sa main mise sur le Mexique, la Colombie, le Honduras, le Chili, le Pérou et le Paraguay lui assure des appuis stratégiques et des espaces pour y déployer des bases militaires pouvant en tout temps se joindre directement ou indirectement aux interventions visant le renversement des gouvernements émergents.

L’arrivée de Chavez, en 1999, a été l’expression d’un changement fondamental fondé avant tout sur une Constitution rédigée en fonction des intérêts du peuple et reconnue comme telle par un référendum ouvert à tous les citoyens et citoyennes ayant droit de vote. Il ne s’agit plus d’une constitution rédigée par une élite et reconnue par un Parlement sans que le peuple n’ait eu son mot à dire. C’est donc sur la base de cette nouvelle Constitution que Chavez a été réélu Président du Venezuela. Avec cette Constitution, le peuple devient un acteur important tout autant pour cibler les grands objectifs des politiques à développer que pour les actualiser dans le quotidien de la vie du peuple.  L’avènement, pour ainsi dire, de la démocratie participative par rapport à la démocratie représentative du néo-libéralisme. C’est la naissance de ce « socialisme du vingt et unième siècle » tant décrié par ceux qui se sont nourris des pouvoirs de l’État pour satisfaire leurs intérêts individuels et tant célébré par ceux qui y ont enfin trouvé une place importante dans les politiques et la gouvernance de l’État.

Les années qui suivirent ne furent pas de tout repos : coup d’état raté en  avril 2002, référendum révocatoire, grèves commanditées par la droite à la pétrolière vénézuélienne.  En dépit de toutes actions visant la déstabilisation de Chavez et de son gouvernement, des progrès énormes ont été enregistrés quant à la diminution de la pauvreté, quant au rétrécissement des inégalités sociales.  Le chômage a diminué et la construction de résidences familiales et de redistribution de la richesse ont fait des bonds énormes. Les secteurs de la santé et de l’éducation ont connu un développement comme jamais auparavant.

Je recommande aux lecteurs et lectrices cet article excellent qui nous brosse le tableau du Venezuela d’avant Chavez et d’après Chavez.


Le 5 mars dernier, c’était le 3ièmr anniversaire du départ de Chavez pour un autre monde. Les témoignages furent éloquents et porteurs d’une grande inspiration pour donner suite à cette révolution qui continue d’être harcelée de toutes les manières par Washington et les oligarchies nationales.

Depuis la prise du pouvoir présidentiel par Nicolas Maduro, en 2013,  les actions déstabilisatrices se sont accentuées. Ce fut d’abord le refus de reconnaître les résultats de l’élection présidentielle et la provocation de soulèvements de groupes armés pour créer le chaos et semer la peur chez la population. Il en est résulté plus de 43 morts et plus de 60 blessés, sans compter les dommages matériels aux édifices publics et aux moyens de transport, etc. Ce fut ce qu’on appelle las guarimbas.

Le 8 décembre dernier, il y eut les élections pour la chambre des députés. Les représentants de droite, soutenus par une presse acquise à l’avance à leur combat et disposant de plusieurs millions de dollars US pour acheter des votes et corrompre le plus possible certains acteurs participant aux tables de scrutin, ont gagné la majorité de la chambre.  Le nouveau président de cette Assemblée des députés a eu comme première déclaration officielle que le président Maduro n’en aurait pas pour plus de six mois. Qu’ils allaient tout faire pour le chasser de la Présidence du pays. Qu’il ait été élu démocratiquement comme ils l’ont été eux-mêmes ne semble pas les impressionner particulièrement.

En mars 2015, le président Obama a déclaré le Venezuela comme étant une menace pour les intérêts et la sécurité des États-Unis. En jargon technique, il s’agit d’une déclaration de guerre les autorisant à intervenir au moment qu’ils le jugeront pertinent pour renverser ce gouvernement.
Le Venezuela, avec la réserve la plus importante  de pétrole au monde et l’ascendant qu’il exerce sur les autres pays de l’Amérique latine, demeure une cible de premier plan pour l’Oncle Sam et les oligarchies. Ceci ne veut pas dire que les pays comme la Bolivie, l’Équateur, l’Argentine et le Brésil soient épargnés .Loin de là, l’oncle Sam a les bras longs, dispose d’une morale qui le place au-dessus du droit international  et pour qui la vérité et le mensonge sont de la ‘pâte à modeler ».  Ce qu’ils viennent de faire contre Lula au Brésil et Évo Morales en Bolivie illustre à merveille que tous les moyens sont bons pour discréditer une personne et en faire un paria du peuple. Dans le cas d’Évo Morales, cette histoire est sortie au moment où culminait la campagne pour le référendum sur la modification de la Constitution portant sur le nombre de mandats autorisés pour les candidats à la Présidence et à la vice présidence. L’Équateur de Correa pas plus que l’Argentine de Cristina Fernandez n’ont échappé à pareilles campagnes de dénigrement.

Pour le moment, en Argentine, la droite a le contrôle du pouvoir exécutif, mais non de celui du législatif. Au Venezuela, la situation est juste à l’inverse, l’opposition a pris le contrôle du législatif, mais l’exécutif demeure sous le contrôle du socialiste bolivarien, Nicolas Maduro.

Heureusement qu’Obama nous a prévenus « qu’on ne peut envahir d’autres pays ou financer des mandataires et les soutenir d’une manière qui désintègre un pays ayant des élections démocratiques. »



Une histoire à suivre.

Oscar Fortin

Le 6 mars 2016








mardi 2 mai 2017

MADURO CONVOQUE À UNE ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUANTE


AU PEUPLE DE DÉCIDER LA VOIE À SUIVRE



Déjà, en 1999, Hugo Chavez avait convoqué une Assemblée nationale constituante, alors que le pays vivait sous une constitution élaborée par les oligarchies  et les politiciens de l’époque. Il n’était pas coutume de faire appel au peuple pour participer  à l’élaboration de la Constitution d’un pays. Cette Constitution est la Loi fondamentale qui définit, entre autres, le régime politique ainsi que l’exercice des divers pouvoirs dans la gestion de l’État et de ses richesses. Une fois les débats consommés entre les diverses composantes de la société et le document constitutionnel rédigé en fonction des décisions prises,  le peuple sera appelé, par référendum,  à en faire sa Loi fondamentale. C’est sous cette Loi fondamentale de la constitution bolivarienne que le Venezuela élit ses gouvernants pour qu’ils donnent suite au projet de société qui y est inscrit.

L’histoire de ces 18 années sous le présent régime constitutionnel démontre que les oligarchies nationales n’y trouvent  pas leur compte, habituées qu’elles étaient à diriger le pays  à leur convenance. Ce malaise s’est également retrouvé chez l’oncle Sam pour qui l’Amérique latine et ses richesses font partie de sa cour arrière. Le Venezuela, avec ses réserves pétrolières, considérées comme des plus importantes dans le monde, et ses mines d’or qui font l’envie de bien des voisins, n’échappe pas à l’envie de ces derniers d’en reprendre le plein contrôle.  On peut dire que le gouvernement, tant sous Chavez que sous Maduro, n’a pas eu la vie facile : Coup d’État militaire, en 2002, référendum révocatoire contre le président Chavez, en 2003, sabotages de toute nature contre les infrastructures du pays, violence terroriste pour générer la peur  et donner  l’image d’un pays en abandon, sans oublier ces guerres économiques pour créer la rareté des biens essentiels et soulever la population contre le gouvernement. Tout cela, soutenu par une presse nationale et internationale qui fait de ce gouvernement le seul responsable de tous ces maux.

En parallèle à ces actions de déstabilisation et de violence plus haut mentionnées, une offensive majeure a été élaborée et planifiée avec les principaux intéressés nationaux et internationaux. Il s’agissait, cette fois, de créer les conditions juridiques pour réaliser un véritable coup d’État sous le couvert de la légitimité internationale. Tout cela  pour mettre fin au régime bolivarien et chaviste et y substituer un régime, fait sur mesure, pour répondre aux intérêts de l’Oncle Sam et des oligarchies nationales.

L’Organisation des États américains (OEA) était tout indiquée pour mener à bien cette opération. Son Secrétaire général, LUIS ALMAGRO, vendu à l’avance à la cause contre le Venezuela, utilisa tous les stratagèmes inimaginables, pour discréditer le gouvernement  de Nicolas Maduro et  mobiliser les pays membres, d’obédiences à Washington, pour activer la Carte démocratique de l’OEA contre le gouvernement du Venezuela. Cette Carte pouvait servir de prétexte pour légitimer une intervention de Washington au Venezuela. Il faut se rappeler que l’OEA est considérée par plusieurs pays de l’Amérique latine et des Caraïbes comme le ministère des colonies latino-américaines et caribéennes.

Les nombreuses irrégularités de son secrétaire général et la solidarité de nombreux pays de la Région avec le gouvernement de Nicolas Maduro n’ont pas rendu possible ce scénario. Devant cet échec, l’opposition interne, toujours soutenue par l’oncle Sam, a choisi de créer des foyers de violences en payant des mercenaires et terroristes  pour tuer, briser, blesser. En un mot pour créer le chaos et provoquer une guerre civile. À ce jour, on compte plus de 30 morts et au-delà de 400 blessés. Les dommages matériels s’élèvent à plusieurs millions de dollars. La presse officielle de l’empire se charge de transformer tous ces malheurs en délits du gouvernement.

C’est dans ce contexte que le Président Maduro a réclamé, ces tout derniers jours, avec insistance pour que l’opposition majoritaire de l’Assemblée nationale revienne à la table de négociation. Le pape François en fit tout autant lors de son voyage de retour d’Égypte.  Il a insisté pour que les parties opposées retournent à la table de négociation et s’est même permis de dire que la reprise des négociations n’aboutissait  pas dû au fait que l’opposition était divisée et qu’ils n’arrivaient pas à s’entendre entre eux.

Devant ces faits, le président Maduro, à l’occasion de la fête des Travailleurs, a voulu partager avec ces derniers, réunis  par centaines de milliers au coeur de Caracas, la décision pour favoriser la paix  de s’en remettre au pouvoir et à la volonté du peuple. Ainsi, conformément à l’article 348 de la Constitution bolivarienne, le Président, en Conseil des ministres, a le pouvoir de convoquer à une  assemblée nationale constituante, laquelle représente le pouvoir suprême du peuple.

En prenant cette décision, il renvoie les récriminations de ses adversaires à cette Assemblée nationale constituante. Il ouvre, également, toutes grandes les portes à un débat portant ouvert à toutes les composantes de la société vénézuélienne. Toutes les questions pourront être soulevées et débattues et les conclusions majoritaires de ces dernières s’imposeront comme Loi fondamentale de l’État. Selon l’article 349 de la présente constitution, aucun pouvoir en exercice ne pourra s’opposer ou prendre des mesures à l’encontre des décisions prises.

Des thèmes particuliers ont été identifiés, par le Président, pour qu’ils soient débattus par le peuple et cette Assemblée constituante.  Au nombre de ces derniers, il y a celui de la paix, de la nouvelle économie visant à s’affranchir de l’économie rentière du pétrole,  la question de l’impunité, de la nouvelle démocratie qui s’étend aux communes et aux divers regroupements sociaux : les jeunes, les femmes, les indigènes, les pensionnés, les handicapés. Il insiste pour que les acquis de la révolution dans les secteurs de l’habitation, de la santé, de l’éducation, du travail soient constitutionnellement protégés, de manière à ce qu’ils ne soient pas supprimés par des intervenants politiques soucieux avant tout de redonner vie à la privatisation et au néolibéralisme.

Cette décision présidentielle ne fait pas l’affaire d’une opposition qui réclamait, il y a deux ans à peine, la convocation d’une Assemblée nationale constituante. C’est sans doute dû au fait que le rapport de force s’est modifié. Leurs comportements de violence contre le peuple et leurs acharnements à favoriser un coup d’État permettant à l’Oncle Sam de prendre le contrôle du pays et de ses richesses n’ont pas échappé au peuple. Maduro l’a compris et il est passé à l’action dans le plein respect de ses pouvoirs constitutionnels.  Une histoire passionnante à suivre. Déjà l’opposition officielle s’est dite en désaccord avec cette décision. Que va dire l’Épiscopat qui en est son allié politique?


Oscar Fortin
Québec, 2 mai 2017

Pour le moment, je n’ai que des références en espagnole. Pour ceux qui s’y retrouvent, je vous propose certaines de ces références.