Messages triés par pertinence pour la requête oscar andres maradiaga. Trier par date Afficher tous les messages
Messages triés par pertinence pour la requête oscar andres maradiaga. Trier par date Afficher tous les messages

lundi 17 juin 2013

WASHINGTON ET LE VATICAN



 
C’est un secret pour personne que Washington, centre du pouvoir de l’empire, s’intéresse particulièrement à l’État du Vatican, centre du pouvoir religieux et politique des catholiques dans le monde.

Sous les deux derniers papes, l’alliance entre ces deux pouvoirs a été particulièrement intense et indéfectible. On n’a qu’à penser à la remise par le président G.W. Bush de la médaille de liberté au pape Jean-Paul II ou encore à cet anniversaire de Benoît XVI, célébrée dans les jardins de la  Maison-Blanche. Pour ceux et celles qui voudraient en voir toutes les ramifications et subtilités, je vous invite à lire cet autre article que vous trouverez ici.

L’arrivée du pape François  n’est pas sans susciter quelques inquiétudes à Washington. Son amour des pauvres devient de plus en plus dérangeant, d’autant plus qu’il commence à en identifier les causes structurelles, dont le capitalisme sauvage, l’individualisme, la cupidité et les ambitions de pouvoir. Les inégalités sociales sont de plus en plus criantes et la paix par les armes ne peut qu’engendrer plus de guerres.

Washington ne saurait demeurer les bras croisés comme si rien ne se passait. Il lui faut, comme il le fait dans la majorité des gouvernements du monde, placer de ses hommes sur qui il pourra compter à des postes stratégiques du pouvoir. Au Vatican, ce sont les postes près du pape. Le plus important de ceux-ci, après celui du pape, est celui de Secrétaire d’État du Vatican. Un poste central, comme l’est celui d’un premier ministre. Voici ce qu’en dit la Constitution Pastor Bonus :

« Relèvent de sa compétence les relations diplomatiques du Saint-Siège avec les États, y compris l'établissement de Concordats ou d'accords similaires, la représentation du Saint-Siège auprès des conférences et des organismes internationaux; dans des circonstances particulières, sur mandat du Souverain Pontife et après consultation des Dicastères compétents de la Curie, la préparation des nominations dans les Églises particulières, ainsi que la constitution de ces dernières ou leur modification; les nominations des évêques dans les pays qui ont conclu avec le Saint-Siège des traités ou des accords de droit international, en collaboration avec la Congrégation pour les Évêques. » 

Qui sera l’élu du pape François pour occuper ce poste stratégique dans la gestion et les orientations de l’État du Vatican?

Une des figures de plus en plus mises de l’avant est celle du cardinal du Honduras, Oscar Andres Rodriguez Maradiaga. Son nom est apparu une première fois lors de la nomination des six (6) cardinaux choisis par le pape François  pour lui suggérer les réformes à apporter à la Curie romaine.

QU’EST-IL DONC CE CARDINAL DU HONDURAS ?

Pour certains, dont je suis, il est le cardinal qui a soutenu le coup d’État militaire au Honduras, en juin 2009. Un coup d’État qui a chassé de la Présidence du pays Manuel Zelaya, démocratiquement élu en 2005. Un coup d’État téléguidé de Washington. Ce fut donc un moment clef où s’est fissurée l’image qu’il projetait d’être avec les pauvres et sympathisant  de la théologie de libération. Il s’est plutôt affirmé comme fidèle aux politiques de Washington et à celles des oligarchies nationales.

IL a été impliqué dans des rencontres préparatoires à ce coup d’État. Aucun coup d’État ne serait possible en Amérique latine sans la complicité de la cupule hiérarchique de l’Église catholique. Le Honduras n’y échappe pas.

Le cardinal, que l’on dit intelligent et bien informé, ne pouvait ignorer que le motif invoqué pour le renversement du président légitime, à savoir une consultation non contraignante sur la pertinence de faire voter la formation d’une constituante lors du prochain scrutin présidentiel, ne comportait aucune intention de la part de ce dernier de demander un second mandat. Dans les circonstances, c’était même impossible. Il n’était aucunement candidat à cette élection. Ceci ne modifia en rien son appui à ce coup d’État militaire, jugé tout à fait légale par lui et la conférence des Évêques.

Il ne pouvait ignorer que la signature au bas de la soi-disant lettre de démission du Président, était une falsification de la signature de ce dernier et une manœuvre déloyale pour faire avaler cette couleuvre (coup d’État) à l’opinion mondiale. Loin d’en dénoncer le caractère criminel, il fit comme si rien n’en était.

Il savait que les États-Unis, à travers sa base militaire au Honduras et son ambassadeur, étaient directement impliqués dans ce coup d’État. Il n’en dira rien.

Pendant toute la période de répression qui a suivi, il s’est fait bien silencieux sur les crimes commis. Des journalistes ont été assassinés et des dirigeants syndicaux éliminés. On ne l’a pas vu s’élever contre des militaires et ces élites qui menaient l’État comme bon leur semblait. Pour un sympathisant de la théologie de libération, comme certains aimaient à le dire, c’était une volte-face à la démocratie et aux laissés pour compte.

En janvier 2010, suite à l’élection du nouveau président Porfirio Lobo, au profil oligarchique acceptable, le cardinal Maradiaga a ces mots d’encouragement lors de la messe d’assermentation :

« Réjouissez-vous, chers frères et chères sœurs, vous qui êtes appelés à diriger ce pays. Dieu vous a choisis, car Dieu bénit le Honduras ».

« Nous voulons que règnent parmi nous la communion, la fraternité, la réconciliation et la paix ».
« Nous nous réjouissons dans le Seigneur quand un Hondurien respecte un autre qui pense différemment, quand nous ne nous traitons pas comme des ennemis, mais comme des frères, quand nous nous regardons dans les yeux et nous reconnaissons le fils de Dieu, du même père, du Honduras et de Notre-Dame de Suyapa ».
« Nous sommes pleins d'espérance, car nous savons que l'humanisme chrétien guidera cette nouvelle étape du Honduras, et souhaitons pouvoir tous collaborer à ce projet pour le bien de la nation ».

Voilà bien un discours qui mériterait à lui seul une analyse approfondie. Toutefois, on peut se poser dès maintenant une question de fond. Pourquoi n’avoir pas tenu ce discours aux oligarchies et aux putschistes avant qu’ils commettent leurs crimes en juin 2009? Loin de là, il suggère même que les élus de Dieu, que sont les nouveaux dirigeants oligarchiques, sont les authentiques porteurs de l’humanisme chrétien et que les autres, ceux qui les ont précédés, n’étaient ni les élus de Dieu, ni les porteurs de l’humanisme chrétien. De quoi faire réfléchir sur l’idéologie qui le guide.

Je vous réfère à un article, écrit sur le sujet en juillet 2009. Il y a aussi ce débat qu’a suscité cette invitation de l’Institut catholique de Paris au cardinal Maradiaga pour en faire un Docteur honoris causa. Sur cette question, je vous réfère également à cet article de Golias. Cette cérémonie, suite aux nombreuses protestations, a été annulée.

Nous sommes évidemment loin de la présentation que nous en fait Wikipédia.

QUE CONCLURE ?

Comme croyant, je crois à la conversion, celle qui transforme radicalement une personne. Je crois également qu’il est relativement facile de se couvrir de l’homme nouveau sans en être vraiment. Sur le pape François, je n’ai aucun doute de l’authenticité de son engagement et de son désir profond de servir d’abord et avant tout les humbles de la terre en vivant le message évangélique. Sur le cardinal Oscar Àndres Rodriguez Maradiaga, c’est autre chose.

Si Washington est à la recherche d’un candidat pour bien le représenter au sein de l’État du Vatican, il n’a qu’à continuer subtilement à en aire la promotion. Ce dernier a le profil de la fonction pour ménager les intérêts de Washington et des oligarchies.

Pour le pape François, la nomination d’un nouveau secrétaire d’État est une décision cruciale qu’il devra prendre dans les semaines ou les mois qui viennent. S’il veut poursuivre sur la voie qu’il a prise, il lui faut, comme secrétaire d’État, un converti aux évangiles et un témoin qui en assume pleinement les réalités dans son quotidien.
L’Église n’en est plus à des changements cosmétiques, mais à des changements radicaux.  Elle doit se reconvertir aux impératifs évangéliques de la vérité, de la justice, du service, de la solidarité et de la compassion. Il n’y a pas de place pour un entre deux. L’heure est comme arrivée oz on ne peut plus servir deux maitres à la fois.

Oscar Fortin

Québec, le 16 juin 2013




mercredi 6 novembre 2013

LE PAPE FRANÇOIS, COMME CHEF D'ÉTAT, AU SERVICE DE L’EMPIRE










Incroyable, mais vrai, le pape François, comme chef d’État du Vatican, vient de recevoir le candidat défait à la dernière élection présidentielle au  Venezuela, Henrique Capriles, l'homme de Washington pour déstabiliser le Venezuela.

Qui est Henrique Capriles? Il fut d’abord et avant tout un acteur important du coup d’État militaire qui renversa, en 2002, pour quelques jours seulement, le gouvernement démocratique et légitime d’Hugo Chavez. Lors de ce coup d’État, à l’encontre du droit international qui protège toute représentation diplomatique à travers le monde, il avait assailli avec l’extrême droite, l’ambassade de Cuba, y causant de nombreux dommages : de véritables actes terroristes

C’est, ce même Henrique Capriles qui a incité ses partisans, suite à sa défaite électorale d’avril dernier,  à aller se défouler en saccageant des centres de santé, des centres communautaires, tuant plus de 17 personnes et en faisant plus de 65 blessés. Il est l’homme de main de Washington pour créer le chaos et créer les conditions pour un coup d’État militaire en vue de permettre à Washington et aux oligarchies nationales de reprendre le contrôle du pays, de ses richesses et de ses institutions politiques.  En recevant Henrique Capriles, le pape François reçoit exactement les porteurs de ce projet diabolique.

De cela, le pape François ne peut pas feindre l’ignorance, son nouveau Secrétaire d’État étant l’ex-nonce apostolique  au Venezuela, Pietro Parolin. De plus, comme cardinal argentin, il a pu suivre à travers ses contacts et les divers médias de communication, tous ces évènements qui ont marqué le règne du président Chavez.

Le seul fait de recevoir ce candidat qui s’est refusé, à ce jour, de reconnaître les résultats des dernières élections présidentielles, lesquels furent confirmés par la communauté internationale, le Conseil électoral national, le Tribunal supérieur de justice, est un affront à l’État vénézuélien sous la gouvernance légitime et constitutionnelle du président Maduro. Le seul autre chef d'État à avoir reçu officiellement Capriles est le président de Colombie, Juan Manuel Santos et ça donné lieu à la suspension des relations diplomatiques, le temps que le président Santos explique son geste au président Maduro. Le président Pinera du Chili n'a pas reçus Capriles suite aux pressions de la population et de la communauté internationale.

Quelle autorité morale a Henrique Capriles  pour discuter avec le pape François de l’avenir du Venezuela? Quel message envoie le pape François au peuple vénézuélien et aux peuples émergents de l’Amérique latine, en recevant ce candidat défait, auteur de nombreux crimes et sans respect pour la Constitution de son pays?

A-t-il pris le temps de lui parler de son condo, acheté 5 millions de dollars à New York, peu de temps avant la dernière campagne électorale? Lui a-t-il parlé de l’importance de changer les cœurs avant de vouloir changer les structures, comme ils ont l'habitude de le dire aux mouvements de gauche? Lui a-t-il rappelé qu’il était contre toutes les tentatives de coup d’État et contre tout usage de la violence? Lui a-t-il rappelé l’importance d’agir dans le cadre des institutions existantes et de l’actuelle constitution, voulue et votée par le peuple?

Imaginons un seul instant que Lopez Obrador, candidat défait aux élections présidentielles mexicaines (2006 et 2012) ait demandé une audience au Pape pour y dénoncer la corruption, les irrégularités, etc. Nous pouvons être certains que cette demande n’aurait pas franchi les murs de la nonciature apostolique de ce pays.

Mieux encore, supposons que Xiomara Castro, soit la candidate défaite au Honduras, suite au scrutin du 25 novembre prochain, et qu’elle demande à être reçue par le Pape pour faire état des assassinats politiques, de la corruption et des nombreuses fraudes électorales ayant marqué cette élection. Sera-t-elle reçue les bras ouverts par le Pape, alors que son parcours politique est sans tache? Je peux en douter.

Ce ne sera certainement pas le cardinal Oscar Andres Rodrigues Maradiaga, collaborateur des putschistes qui ont  renversé, en 2009, le président légitime d’alors, Manuel Zelaya, époux de Xiamora Castro, qui va lui ouvrir les portes pour qu’elle aille tout dire au Pape.

Cette audience, accordée par le pape François, est un jour sombre qui marquera encore pour longtemps la dépendance de l’État du Vatican de l'Empire étasunien et des oligarchies nationales. Ce fait démontre, mieux que tous les discours, que le Vatican est toujours une marionnette au service de l’Empire.

Le pasteur François, lorsqu’il devient chef d’État, perd beaucoup de son indépendance et de sa liberté. Il y perd également beaucoup de son charme et de sa crédibilité. Avec l’entourage qu’il s’est donné, pas surprenant que de tels évènements puissent se produire.

L'Église ne pourra servir indéfiniment deux maitres: Dieu et Mammon


Oscar Fortin

Québec, le 6 novembre 2013 

jeudi 22 janvier 2015

L'épiscopats vénézuélien doit se rétracter.





Depuis déjà des décennies, l’Église catholique, tout particulièrement à travers ses évêques, ses cardinaux et ses nonces apostoliques est perçue comme une alliée fidèle des volontés des Etats-Unis sur ce territoire, toujours considéré comme leur arrière cour. Il s’agit, évidemment, de la grande majorité de ces hauts fonctionnaires qui représentent tout à la fois l’Église catholique et l’État du Vatican.

Il y a toutefois et heureusement des exceptions d’évêques et de pasteurs qui se sont démarqués de cette solidarité pour rejoindre les préoccupations des pauvres et des humbles avec lesquels ils ont partagé leur vie.  Tous se souviendront de Mgr Elder Camara, du Brésil, cet évêque des pauvres, également signataire lors du Concile Vatican II du pacte des catacombes. Il y a également Mgr Romero, évêque du Salvador, froidement assassiné par une armée qui ne pouvait supporter ses rappels à la paix, à la non violence, à ne pas tuer ces hommes, ces femmes et ces enfants qui étaient également leurs frères et sœurs. Il y en a beaucoup d’autres dont les noms sont moins connus, mais qui ont témoigné des évangiles avec l’odeur de pasteur vivant avec leur peuple. Tout en étant nombreux, ils n’en demeurent pas moins des exceptions.

Le cas qui m’intéresse dans le présent article est celui de l’Épiscopat vénézuélien, mais aussi celui du cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga, cardinal du Honduras. Je les mets cote à cote parce qu’ils ont une fonction commune qui est celle de participer avec Washington et les oligarchies locales au renversement du gouvernement légitime du Venezuela, qualifiée par ces derniers, de populiste, de totalitaire, de marxiste, de socialiste. Ils ne manquent pas une occasion de dénoncer sur toutes les tribunes, ce gouvernement qui se réclame de Chavez et du socialisme du XXI è siècle.

On se souviendra du coup militaire de 2002 que la droite oligarchique réalisa avec le support de l’Église officielle et l’appui de généraux toujours liés à l’oligarchie. Un intervention qui n’aura durée que 48 heures, grâce à la fidélité d’une partie importante de l’armée qui a repris l’offensive et mis à la porte les putschistes. Il est toutefois intéressant de voir sur les images vidéo de ce coup d’État le cardinal de l’époque célébrant ce renversement de gouvernement. Il fallait le voir célébrer avec les putschistes cette victoire qu’ils croyaient alors irréversibles.

Treize ans plus tard, les comportements de l’épiscopat vénézuélien n’ont pas changé.  Il utilise tous les moyens pour discréditer le gouvernement et faciliter les actions de sabotages des forces oligarchiques et réactionnaires qui agissent en concertation avec Washington. Ce dernier est toujours intéressé à récupérer le pouvoir de l’État et prendre le contrôle des plus importantes réserves de pétrole au monde. À cet objectif s’ajoute celui de contenir la montée du pouvoir des peuples toujours plus conscients de leurs droits et de leur capacité de prendre leur destinée en main.  La politique d’intégration des peuples de l’Amérique latine mise de l’avant par les pays émergents comme la Bolivie, l’Équateur, le Venezuela, l’Argentine, le Brésil, l’Uruguay et tous les autres, ne fait pas l’affaire de l’oncle Sam.  La démocratie participative et le socialisme lui donne des ulcères et en cela il se retrouve en bonne compagnie avec les hiérarchies de l’Église et du Vatican.

Pour revenir au sujet principal de cet article, il faut en arriver à cette déclaration de la Conférence épiscopale du Venezuela, en début de janvier 2015. Lors de cette conférence de presse, elle s’en prend sans ménagement au gouvernement présidé par Nicolas Maduro. Les épithètes ne manquent pas : socialiste, marxiste, totalitaire, populiste, sans avenir etc. Mais le plus important c’est qu’elle accuse le gouvernement d’être responsable de la rareté des biens essentiels de subsistance, occasionnant des files à ne plus finir de personnes et un temps énorme pour qu’elles puissent obtenir quelques uns de ces biens.  L’accusation est sérieuse et place le gouvernement en mauvaise situation devant une opposition qui n’attend qu’un signal de désespoir pour allumer la flamme de la révolte et du trop plein d’une population à bout de nerf.

Or la semaine, suivant cette conférence de presse, les autorités gouvernementales découvrent que le principal distributeur de ces biens de base qui contrôle 70% du marché de distribution, garde dans des entrepôts des quantités énormes de ces biens.  Bien plus, dans chacun des centres de distribution, un marché au noir s’installe pour aller vendre à des prix astronomiques de ces biens. Tout cela dans le but avoué de créer la rareté, de provoquer les files d’attente de nature à faire monter le mécontentement et la colère contre un gouvernement qui n’arrive pas à gérer la production et la distribution des biens.

Le 21 janvier, le Président, à l’occasion de son bilan annuel présenté à l’Assemblée nationale, a fait entendre une conversation téléphonique entre deux responsables de la mise en place de ce plan de la rareté des biens dans les centres de distribution. Lors de cette conversation, en décembre dernier, ils précisaient que le but ultime était de créer des files d’attente de manière à ce que la pression du mécontentement monte et qu’il finisse par déborder sur des actions de violence que d’autres groupes, étudiants et mercenaires, viendraient amplifier.

En révélant ce plan de guerre économique, le Président a permis au peuple de voir qui étaient les véritables coupables et dans quel but ils provoquaient le mécontentement leur.

Ces faits, maintenant connus, il est important que l’Épiscopat vénézuélien en tire les conclusions en retirant sa condamnation portée contre le gouvernement et en condamnant haut et fort ces forces oligarchiques et ces entreprises impliquées dans ce scénario criminel qui prend le peuple en otage à des fins de conquête du pouvoir.

Il est également important que le cardinal du Honduras, également le numéro deux du G-9 mis en place par le pape François  pour la réforme de la Curie, révise sa pensée sur le gouvernement du Venezuela et sur le socialisme.  Dans une entrevue récente qu’il donnait à Rome en tant que président de Caritas international, il disait de Chavez et du socialisme ceci :

« …le socialise de Chavez est comme un feu de paille sèche…Chavez se présenta avec le désir de combattre la corruption et c’est pour cela qu’il a obtenu un grand nombre de votes. Mais ce projet, le socialisme du XXIè s. qui a échoué, n’était que du capitalisme de quelques voleurs, et a fait beaucoup de dommages.



Celui qui parle ainsi n’est pas n’importe qui dans la hiérarchie de l’Église et dans les jeux de coulisse du Vatican. On se souviendra qu’il a été un acteur important dans le coup d’État militaire du Honduras, en juin 2009. Il a pu bénéficier pendant de nombreuses années d’une contribution gouvernementale mensuelle de $5000.00. Il est le représentant le plus élevé de l’Église catholique au Honduras, pays où les homicides battent tous les records, où la pauvreté est le lot de la majorité de la population.

Il serait important qu’il nous dise ce qu’il pense de l’opposition vénézuélienne qui utilise trompeusement le peuple pour le soulever contre le gouvernement légitime.

Si l’épiscopat vénézuélien et le cardinal Maradiaga se taisent sur ces actions criminelles contre le peuple, en leur coupant l’accès aux biens essentiels, c’est qu’ils en sont complices et du fait même menteurs au même titre que les autres en reportant sur le gouvernement des actions qui ont leur source dans une opposition d’extrême droite à laquelle ils sont parties prenantes.

Je pense que le pape François doit faire des rappels à l’ordre à ces militants, évêques et cardinaux, à la solde et au service des politiques de Washington et des oligarchies nationales. Il est temps qu’ils s’attardent à son Exhortation apostolique Evangelio Gaudium

L’Église ne peut plus se confondre avec l’État du Vatican, véritable antichambre de Washington. Il est urgent que l’Église se détache de cet État pour retrouver les témoins de la foi et des Évangiles auprès des peuples. Il faut tourner la page à ces fonctionnaires et personnages qui ont perdu le sens de l’humain pour se rassasier de celui du pouvoir.


Oscar Fortin
Le 22 janvier 2015
http://humanisme.blogspot.com


Note :
Aujourd’hui, 22 janvier, le président socialiste de Bolivie, Evo Morales, prend Possession pour une troisième fois consécutive de la présidence de Bolivie. Il a été élu avec plus de 63 % des électeurs et électrices qui se sont rendus aux urnes à plus de 95 %. Une grande victoire, mais surtout un grand développement pour un peuple considéré, il n’y a pas encore si longtemps comme le plus pauvre de l’Amérique latine. Le feu de paille avec lequel le cardinal Maradiaga qualifie les pays émergents de l’Amérique latine n’est pas près de s’éteindre. Mieux vaudrait que ce cardinal se rapproche de son peuple et prenne davantage ses distances des oligarchies qu’il protège.