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mardi 13 novembre 2012

SIONISME ET CHRISTIANISME




NOTE :  Ce sujet a été traité par de nombreux auteurs dont je transmettrai les points qui m'apparaissent les plus significatifs. J’ai choisi d’en faire des « copier-coller », avec tous les liens, pour les définitions et les divers courants de pensée. Je me réserverai la conclusion qui dira ce que j’en pense personnellement. À la toute fin, je mettrai en lien une vidéo magnifique, montrant juifs, musulmans et chrétiens, s’opposant au sionisme.


Le sionisme est une idéologie politique nationaliste prônant l'existence d'un centre spirituel, territorial ou étatique peuplé par les Juifs en Eretz Israël : Terre d'Israël. À la naissance du mouvement, fin du xixe siècle, ce territoire correspondait à la Palestine ottomane puis après la Première Guerre mondiale à la Palestine mandataire. Sur un plan idéologique et institutionnel, le sionisme entend œuvrer à redonner aux Juifs un statut perdu depuis l'annexion du Royaume d'Israël à l'Empire romain, à savoir celui d'un peuple regroupé au sein d'un même État.


Le sionisme chrétien est le nom donné à la croyance d'un certain nombre de chrétiens, en particulier des protestants fondamentalistes, que la création de l'État d'Israël en 1948 est en accord avec les prophéties bibliques, et prépare ainsi le retour de Jésus sur Terre comme Christ triomphant de l'Apocalypse. 

Les chrétiens sionistes considèrent comme un commandement divin d'aimer et soutenir le peuple juif élu par Dieu et l'État d'Israël. Le sionisme chrétien rassemble différents groupes, généralement fondamentalistes, croyant que la judaïsation de la Palestine historique, couvrant l'actuel État d'Israël et les territoires palestiniens, est une obligation divine qui ramènera Jésus sur terre, le fera définitivement reconnaître comme Messie et assurera le triomphe de Dieu sur les forces du mal à l'issue de l'apocalypse.

Le sionisme chrétien s'est progressivement développé aux États-Unis où il est devenu une composante de la droite évangélique et bénéficie de la bienveillance du mouvement néoconservateur1.


L’État juif de l'antiquité, après la destruction du Temple et la dispersion du peuple par l’Empire romain suite aux révoltes de l'an 70 et de l'an 135, a été détruit par Dieu, en punition des péchés du peuple hébreu. De ce fait pour l’Eglise, seul le Messie de Dieu, lors de son second avènement, pourra rétablir le royaume d’Israël et les juifs sur leur terre.
Ainsi, l’Eglise conteste, pour des raisons théologiques, l'idée d'un État juif, tel qu’il fut constitué selon les modalités de sa création par les sionistes, c'est-à-dire par les hommes et non par la volonté divine. Ceci explique pourquoi Saint-Pie X, dès 1904, déclarait fermement à Theodor Herzl, père fondateur de l’idéologie sioniste : « Nous ne pourrons pas empêcher les Juifs d’aller à Jérusalem, mais nous ne pourrons jamais les y encourager. Le sol de Jérusalem n’a pas toujours été sacré, mais il a été sanctifié par la vie de Jésus. Les Juifs n’ont pas reconnu Notre Seigneur et nous ne pourrons donc pas reconnaître le peuple juif. Non possumus. » [Nous ne pouvons pas (accepter)] (Saint Pie X, 25 janvier 1904, Cité du Vatican).
Cette position fut ensuite reprise et réaffirmée par Benoît XV, qui souligna de façon extrêmement explicite : « Les Juifs n'ont aucun droit de souveraineté sur la terre sainte. » (Note en marge de la déclaration de Balfour 1917).
De même, dans une allocution du Consistoire le 10 mars 1919, Benoît XV exprima clairement son anxiété au sujet du plan qui devait créer en Palestine une situation privilégiée en faveur des juifs et « livrer » les monuments chrétiens à des non-chrétiens – le 13 juin 1921, il s’alarmait du fait que « les Juifs ne viennent à se trouver en Palestine en position de prépondérance et de privilège.»


Dans le contexte de la déclaration de Balfour (1917) par laquelle Londres envisageait favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, le Patriarche latin de Jérusalem, Mgr Barlassina, se rendit à Rome (1922) où il y fit une conférence très remarquée dans laquelle il disait ceci :

« ... L'intention du Sionisme est la conquête de la Palestine. En vue d'en arriver à leurs fins, les Sionistes recourront à n'importe quel moyen. Protégés par les autorités britanniques, ils sont, en réalité, les maîtres de la Palestine, faisant les lois, et imposant leur volonté à toute la population. Les catholiques, les musulmans, et même les israélites orthodoxes sont soumis à des vexations innombrables. ... Ils ont à leur disposition de grandes sommes d'argent envoyées par les organisations sionistes... principalement par celles des États-Unis et de Grande-Bretagne. Avec cet argent, ils achètent les terres des pauvres musulmans ruinés par la guerre ; ils fondent des écoles et parfois corrompent la conscience morale.... Comme des rapports fondés le prouvent, l'intention des Sionistes est d'exproprier peu à peu les Arabes et les chrétiens... Pour accroître le nombre de leurs coreligionnaires, ils organisent l'immigration vers la Palestine de juifs russes, presque tous bolcheviques. Non moins fatale est l'oeuvre d'immoralité des Sionistes ; depuis qu'ils sont devenus les maîtres de la Palestine, elle s'est terriblement répandue dans cette terre, baignée par le sang de Jésus-Christ. Des maisons closes se sont ouvertes à Jérusalem, Haïfa, Nazareth... des femmes de mauvaise vie pullulent partout, et de honteuses maladies se répandent. Aujourd'hui, quelle est la condition des catholiques en Palestine ? Subversivement, mais systématiquement, les sionistes les accablent de toutes les vexations possibles. »

Civilta Cattolica, vol. 2, 1922, pp. 461-462.

En 2008, des évêques, pasteurs et patriarches ont condamné de façon solennelle le sionisme. http://humanisme.blogspot.ca/search?q=sionisme 

Nouveau Testament et peuple d’Israël

Rm 11 25 Frères, je veux vous faire connaître le plan secret de Dieu, afin que vous ne vous preniez pas pour des sages : une partie du peuple d'Israël restera incapable de comprendre jusqu'à ce que l'ensemble des autres peuples soit parvenu au salut.

Eph 3 5 Dans les temps passés, ce secret n'a pas été communiqué aux humains, mais Dieu l'a révélé maintenant par son Esprit à ses saints apôtres et prophètes.

Eph 3 6 Voici ce secret : par le moyen de la Bonne Nouvelle, les non-Juifs sont destinés à recevoir avec les Juifs les biens que Dieu réserve à son peuple, ils sont membres du même corps et bénéficient eux aussi de la promesse que Dieu a faite en Jésus-Christ.

Col 1 27 Car Dieu a voulu leur faire connaître ce plan secret, si riche et si magnifique, élaboré en faveur de tous les peuples. Et voici ce secret : le Christ est en vous et il vous donne l'assurance que vous aurez part à la gloire de Dieu.

1Tm 3 16 Oui, incontestablement, il est grand le secret dévoilé dans notre foi !
Le Christ,apparu comme un être humain,a été révélé juste par l'Esprit Saintet contemplé par les anges.Annoncé parmi les nations,cru par beaucoup dans le monde,il a été élevé à la gloire céleste.

Act. 17, 33-34 « Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l'ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d'avoir tous et partout à se repentir, parce qu'il a fixé un jour pour juger l'univers avec justice, par un homme qu'il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts. »

CONCLUSION

Il ne fait aucun doute que le sionisme est une idéologie, fondée sur la race du peuple juif et une soi-disant promesse de Dieu lui donnant en exclusivité tous les droits sur la terre de la Palestine et la gouvernance du monde. Une idéologie à ne pas confondre avec le judaïsme dont plusieurs en font la condamnation.

Comme nous l’avons vu, la promesse de Dieu, selon le Nouveau Testament s’étend à tous les peuples de la terre et l’élu de Dieu pour gouverner le monde est Jésus de Nazareth qui se manifestera de nouveau à la fin des temps.


Si les prises de position de Pie X et celles de Benoît XV (à ne pas confondre avec Benoît XVI) ne prêtaient à aucune confusion quant au rejet du sionisme, celles de Jean-Paul II se font plus complaisantes  alors que Benoît XVI entretien plutôt l’ambiguïté.



Justement, dans le Prions en Église,  du 4 novembre 2012,  mis à la disposition de tous les pratiquants, il y a  une intention de prière, plutôt ambiguë, en faveur du peuple d’Israël:

« Pour le peuple d’Israël, héritier de la première Alliance ; afin qu’il demeure fidèle à sa vocation dans l’histoire du salut et qu’il connaisse la paix, prions le Seigneur. »

Cette intention de prière, proclamée dans toutes les églises catholiques, est d’autant plus problématique qu’elle se réalise à un moment où l’État sioniste d’Israël est au cœur des principaux conflits au Moyen-Orient et qu’il ne cesse de gruger sur le territoire palestinien. On prie pour qu’il connaisse la paix, alors qu’il ne cesse d’agresser les populations palestiniennes.

Cette intention de prière ne fait aucune distinction entre sionisme et judaïsme, pas plus qu’elle ne met en relief l’exigence de la paix pour tous les peuples. En somme, une intention de prière plutôt complaisante à l’endroit de l’État sioniste d’Israël, présenté comme victime de l’agression des autres peuples et toujours porteur d’une mission historique. Une intention de prière plutôt complaisante à l'endroit du sionisme.

Voici la vidéo que vous apprécierez certainement.  




Oscar Fortin
Québec, le 13 novembre 2012

jeudi 14 septembre 2006

DES PASTEURS LIBÉRÉS PORTEURS D'UNE PAROLE LIBÉRATRICE

Il y a bien longtemps que je n’avais été témoin d’une parole libérée et libératrice de la part d’autorités religieuses chrétiennes. C’est pourtant ce qui vient de se passer avec les autorités religieuses des Églises locales de Jérusalem «Communiqué du Patriarche et des Evêques des Eglises locales de Jérusalem. »

http://www.alterinfo.net/index.php?action=article&id_article=446249

Pour ceux qui n’ont pas accès à Internet, je transmets l’intégralité du texte


Mgrs Michel Sabbah, Swerios Malki Mourad, Riah Abu El-Assal et Munib Younan, 22 août 2006 Traduit par Marcel Charbonnier et révisé par Fausto Giudice i[

« Bénis soient les faiseurs de paix, car ils seront nommés les enfants de Dieu. » [Matthieu 5:9]]i Le sionisme chrétien est un mouvement contemporain, théologique et politique, qui reprend à son compte les positions idéologiques les plus extrémistes du sionisme, en totale contradiction avec une juste paix en Palestine et en Israël. Le programme sioniste chrétien campe une vue du monde dans laquelle l'Evangile est identifié à l'idéologie de l'empire, au colonialisme et au militarisme. Dans sa forme extrême, il accorde une importance primordiale à des événements de nature apocalyptique conduisant à la fin de l'histoire, ce qui est à l'opposé [de l'attitude authentiquement chrétienne consistant] à vivre, aujourd'hui, l'amour du Christ et Sa justice. Nous rejetons catégoriquement les doctrines sionistes chrétiennes, ces enseignements fallacieux qui corrompent le message biblique, fait d'amour, de justice et de réconciliation. Nous rejetons par conséquent l'alliance actuelle entre les dirigeants du sionisme chrétien et de organisations impliquées par certains de leurs membres dans les gouvernements d'Israël et des USA, qui imposent actuellement leurs frontières préemptives unilatérales et leur domination sur la Palestine. Cela entraîne inévitablement des cycles sans fin de violence, qui minent la sécurité de tous les peuples non seulement du Moyen-Orient, mais de l'ensemble du monde.


Nous rejetons ces enseignements du sionisme chrétien, qui facilitent et encouragent ces politiques, dès lors qu'ils prônent l'exclusivisme racial et la guerre perpétuelle, bien loin de reprendre l'Evangile de l'amour universel, de la rédemption et de la réconciliation, que Jésus Christ nous a enseigné. Plutôt que condamner le monde à la malédiction de l'Armageddon,nous exhortons tous les hommes à se libérer des idéologies du militarisme, et de l'occupation. Ces gens feraient bien mieux d'ouvrer à la guérison des nations ! Nous appelons les Chrétiens rassemblés dans les Églises de tous les continents à prier pour les Palestiniens et les Israéliens, qui souffrent les uns autant que les autres de l'occupation et du militarisme, dont ils sont les victimes. Les actes discriminatoires sont en train de transformer la Palestine en ghettos déshérités, cernés de colonies israéliennes ségrégationnistes. La création de ces colonies illégales ainsi que l'édification du Mur de Séparation empiétant sur des territoires palestiniens confisqués sapent la viabilité d'un État palestinien, ainsi que la paix et la sécurité dans l'ensemble de notre région. Nous appelons toutes les Églises qui restent silencieuses, à briser leur silence, et à en appeler à la réconciliation, dans la justice, en Terre sainte.

C'est pourquoi nous nous engageons à défendre les principes suivants, seule alternative positive : Nous affirmons que tous les hommes sont créés à l'image de Dieu. C'est pourquoi ils sont appelés à honorer la dignité de tous les êtres humains et à respecter leurs droits intangibles. Mgr Riah Abu El-Assal

Nous affirmons que les Israéliens et les Palestiniens sont capables de vivre ensemble en paix, dans la justice et la sécurité. Nous affirmons que les Palestiniens, musulmans et chrétiens, forment un seul peuple : le peuple palestinien. Nous rejetons toutes les tentatives visant à subvertir et briser leur unité. Nous appelons tous les hommes de bonne volonté à rejeter la vision sectaire du monde qui est celle du sionisme chrétien, ainsi que celle prônée par toute autre idéol
ogie privilégiant un peuple au détriment de tous les autres.

Mgr Swerios Malki Mourad

Nous nous engageons à mener une résistance non-violente, moyen le plus efficace pour lutter contre l'occupation illégale afin d'y mettre fin, en vue de la réalisation d'une paix juste et durable. Nous mettons en garde, avec un sentiment d'urgence, contre le sionisme chrétien et les mouvements qui font alliance avec lui, qui justifient la colonisation, l'apartheid et l'édification d'un empire. Dieu exige que justice soit faite. Aucune paix, aucune sécurité ni aucune réconciliation ne seront possibles sans le rétablissement de la justice. Les exigences de justice ne disparaîtront jamais. La lutte en vue de la justice doit être poursuivie sans relâche et activement. Mais sans violence. i[ « Ce que le Seigneur vous demande, c'est d'agir de manière juste, d'aimer la miséricorde et d'accompagner votre Dieu humblement » [Michée 6:8]]i


Mgr Munib Younan
Telle est notre position. Nous prenons le parti de la justice. Nous ne saurions en prendre aucune autre. Seule, la justice garantira une paix conduisant à la réconciliation et à une vie dans la sécurité et la prospérité pour tous les hommes vivant dans notre Terre [sainte]. En prenant le parti de la justice, nous nous ouvrons à l'oeuvre de paix - et c'est précisément d'oeuvrer pour la paix qui fait de nous [de dignes] enfants de Dieu. « C'est dans le Christ que Dieu s'est réconcilié avec Sa création, sans retenir contre les humains leurs péchés. Et Il nous a imparti le message de la réconciliation ». [2ème Epître aux Corinthiens 5:19]


Sa Béatitude le Patriarche Michel Sabbah Patriarcat Latin, Jérusalem
Mgr Swerios Malki Mourad, Patriarcat syrien orthodoxe, Jérusalem
Mgr Riah Abu El-Assal, Église épiscopale (anglicane) de Jérusalem et du Moyen-Orient
Mgr Munib Younan, Église luthérienne évangélique de Jordanie et de Terre sainte


VOILÀ UN COMMUNIQUÉ QUI NE MANQUE PAS DE COURAGE ET QUI S'ENRACINE DANS L'ESPRIT DE JÉSUS DE NAZARETH ET DE SON ÉVANGILE. IL EST PORTEUR D'UNE ESPÉRANCE QUI DÉFIE LES TEMPS PRÉSENTS ET QUI DONNE CONSISTANCE ET CRÉDIBILITÉ À CEUX QUI ONT POUR MISSION DE LA PROCLAMER. JE N'AI AUCUNE RÉSISTANCE À Y RECONNAÎTRE MA FOI ET À Y TROUVER INSPIRATION.


Oscar Fortin
Québec, le 14 septembre 2006

samedi 16 mai 2009

JUDAÏSME ET SIONISME:DEUX ANTAGONISMES À NE PAS CONFONDRE


Lors de la Conférence, en Suisse, portant sur le racisme, un rabbin juif a pris la parole pour mettre au clair la grande différence qui existe entre le judaïsme et le sionisme. Alors que le judaïsme a des milliers d’années d’histoire, le sionisme n’existe que depuis un peu plus de cent ans. Le premier est une foi qui invite tout juif à vivre partout où il est dans le monde les grandes valeurs de justice, de solidarité, de respect à l’endroit des personnes, des peuples, des nations. Le second, prône l’existence d’un état raciste et revendique le droit de prendre les terres qui ne lui appartiennent pas. Il faut entendre ce discours du Rabbin Antisioniste, prononcé lors de la Conférence contre le racisme : DURBAN 2.



Au même moment, en France, des candidats aux élections Européennes, se définissant comme des non-antisémites, font campagne contre le sionisme. Voici d’ailleurs la conférence de presse, en date du 08/05/09, présentant la LISTE ANTISIONISTE, soutenue par Messieurs Dieudonné, Alain Soral et Yahia Gouasmi, qui se présenteront aux élections européennes du 07/06/09.


1/http://www.dailymotion.com/video/x98i8v_1-liste-antisioniste-presentation-c_news
2/ http://www.dailymotion.com/video/x98kth_2-liste-antisioniste-conference-de_news
3/ http://www.dailymotion.com/video/x98wik_3-liste-antisioniste-conference-de_news
4/ http://www.dailymotion.com/video/x98wxe_4-liste-antisioniste-conference-de_news

Au moment d’aller déposer cette liste au ministère de l’intérieur, alors qu’ils étaient tous et toutes passagers dans un même autobus, ils ont été arrêtés et tenus en otages pendant un certain temps. Voici la vidéo réalisée par le Centre Zahra sur la prise d’otage de Dieudonné et de ses colistiers, lors du dépôt de la liste ANTISIONISTE au ministère de l’intérieur, le mercredi 13/05/09.

Déjà j’ai eu l’occasion de porter à l’attention de ceux et celles qui me lisent la déclaration du Patriarche et des Évêques des Églises locales de Jérusalem. C’était en septembre 2006. Plus récemment, en relation avec le conflit au Moyen Orient, je relevais certaines contradictions dans les prises de position de Benoît XVI et du Vatican. Je reprenais, entre autres, les propos du porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, condamnant sans équivoque le sionisme, alors que Benoît XVI semblait en ignorer l’existence. D’ailleurs, lors de son tout récent voyage en Terre Sainte, ce dernier s’est bien gardé d’y faire allusion. Il a martelé plus d’une fois, et avec raison, le rejet de l’antisémitisme mais sans jamais le dissocier de l’antisionisme. Ainsi la frontière, dans l’esprit de bien des gens, entre l’antisémitisme et l’antisionisme reste pratiquement inexistante alors qu’ils sont deux antagonismes. Être antisioniste ne veut pas dire être nécessairement antisémite. Benoît XVI, de par son autorité morale et son sens de la clarté dans les termes et les gestes, était tout désigné pour lever cette confusion. Il s’en est bien gardé, sans doute pour ne pas offusquer ses hôtes israéliens.

Oscar Fortín
http://humanisme.over-blog.com/

Québec, le 16 mai 2009

jeudi 22 mai 2014

VOYAGE DU PAPE FRANÇOIS EN TERRE SAINTE





Le Vatican a confirmé le voyage du pape en Terre Sainte du 24 au 26 mais prochain. Un voyage qui suscite beaucoup d’attentes de la part des divers milieux religieux et politiques. Il se rendra à Amman, en Jordanie, à Belen, en Palestine et à Jérusalem, en Israël.

De gros et grands défis attendent le pape François lors de cette visite. Il nous a habitués à un pape qui parle avec grande liberté et dont le principal souci est de remettre au premier plan de la pensée de l’Église les impératifs évangéliques dont Jésus a été le premier témoin et le premier martyr.

C’est là, à Jérusalem, que les pouvoirs religieux (Caïphe) et politiques (Pilate et Hérode) l’ont arrêté, torturé et mis à mort sur une croix. On se souviendra que Pierre lui avait dit de ne pas se rendre à Jérusalem, qu’ils allaient le mettre à mort. La réponse de Jésus avait été cinglante à son sujet : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » (Mt.16, 23)

Jésus savait ce qu’il ferait à Jérusalem et ce qu'il en résulterait. Il y chasserait les vendeurs du temple, il dénoncerait l’hypocrisie des docteurs de la loi et des pharisiens, il rappellerait l’essentiel de la loi et des prophètes que sont « la justice, la miséricorde et la fidélité ». (Mt. 23,23) Il confirmerait que le règne de son Père n’est pas celui des grands et des puissants, mais celui des humbles et laissés pour compte. Il savait que ce ne serait pas de nature à lui attirer la complaisance de ses hôtes et que le châtiment suivrait.

Les défis de ce voyage du pape François se situent à divers niveaux.

Il y a, avant tout, cette histoire d’une foi commune qui couvre la période de l’Ancien Testament (A.T). Sur cette période, les chrétiens ont toujours leurs mots à dire, ces mêmes mots que Jésus, de la descendance de David, a tenus aux scribes et aux pharisiens qui l’interrogeaient sur la loi et les prophètes. Ils lui demandaient quel était le premier de tous les commandements. Jésus leur répondit « Voici le premier: Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l`unique Seigneur. Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n`y a pas d`autre commandement plus grand que ceux-là. » (Marc, 12, 29-31)
Le pape François doit trouver dans ces deux grands commandements de l’amour de Dieu et du prochain, commandements partagés par la foi hébraïque et chrétienne, de quoi alimenter les échanges sur la paix et l’harmonie entre les diverses communautés qui vivent sur les territoires palestiniens et israéliens. .

Il y a également cette compréhension qu’a l’Église de l’alliance de Dieu avec son peuple. Selon le Nouveau Testament (N.T.), le peuple auquel se réfère cette alliance déborde de beaucoup les frontières raciales du peuple juif.  Il ne s’agit plus d’un peuple, défini par le sang, mais d’un peuple, défini par la foi. L’apôtre Paul aborde cette question de la manière suivante : une partie du peuple juif a rejeté le message de Jésus, ouvrant ainsi la porte à tous les autres peuples de la terre à se joindre à la nouvelle alliance, scellée en la personne de Jésus de Nazareth. À la fin des temps, ce petit reste endurci du peuple juif, sera, par grâce, réincorporé à la grande alliance de Dieu réalisée en Jésus. (Romain, 11) En Jésus, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob réconcilie tous les peuples de la terre, non pas par le sang d’une descendance, mais par la foi qui en a été l’inspiration.  De cela, le pape François doit parler. L’Alliance de Dieu couvre tous les peuples de la terre et non seulement le peuple d’Israël. Ce dernier point conduit directement au débat politique et idéologique sur le sionisme.

La compréhension que se fait l’Église de l’histoire de l’A.T. et du N.T. éclaire de façon particulière les conflits entre les Palestiniens et les Israéliens. Dans ce contexte, le pape François ne peut se taire sur l’idéologie sioniste qui se fonde sur les liens de sang et les promesses faites à Abraham pour occuper, de droit divin, le territoire palestinien et, de là, y régner sur tous les peuples du monde. Le pape François doit dénoncer cette idéologie fondée sur une interprétation erronée de la promesse faite à Abraham.  Déjà, de nombreux juifs, chrétiens et islamistes dénoncent cette idéologie sioniste.

Sur ce point très précis du sionisme, le pape François doit avoir une parole sans équivoque et faire entendre aux dirigeants israéliens qui se laissent guider par cette idéologie qu’ils font fausse route. Il doit leur rappeler que cette orientation va à l’encontre tout autant de la promesse fondée sur la foi d’Abraham que sur celle des deux plus grands commandements qui résument la loi et les prophètes, celui de l’amour de Dieu et du prochain. Finalement il doit leur que le sionisme va à l’encontre du respect des droits du peuple palestinien de vivre sur ses terres en Palestine et contre, également, la charte des droits fondamentaux des personnes, toutes égales en droit.

Cette visite devrait se couronner par une déclaration du pape François souhaitant que la Terre Sainte devienne le prisme d’une humanité où se côtoient et vivent des gens venant de tous les horizons, de toutes les races, de toutes les cultures, symbole parfait du peuple voulu et aimé de Dieu. En somme, un grand Israël, non plus fondé sur le pouvoir des armes et de l’argent pour dominer le monde, mais sur cet esprit de solidarité, de fraternité, de justice, d’entraide, d’accueil, de service, révélant ainsi, dans ce prisme d’humanité le véritable visage de Dieu.

Juifs, chrétiens, islamistes et toutes les personnes de bonne volonté sauront se reconnaître dans cette humanité. Seuls s’y rebuteront les manipulateurs du nom de Dieu et de ses promesses, pour faire de cet État d’Israël une enclave aux pouvoirs de domination et de puissance. Jésus, en son temps, n’a pas hésité à les dénoncer et à en payer le prix. C’était la volonté de son Père. Il en est demandé tout autant, aujourd’hui, au pape François.

Déjà, il a eu une parole claire concernant ces mains invisibles du marché, de l’économie et des finances qui ravalent la personne humaine au rang de déchets. Puisse-t-il avoir une parole aussi claire pour faire entendre que le sionisme est incompatible tant avec les véritables croyants juifs qu’avec le christianisme.

L’amitié entre chrétiens et juifs doit être toujours plus intense et leur lutte contre le sionisme, chaque jour plus forte.

Oscar Fortin
Québec, le 9 janvier 2014