mardi 10 mars 2015

OBAMA DERRIÈRE SON MASQUE





Celui qui déclarait, en octobre dernier, avec le plus grand sérieux du monde, que la politique extérieure des États-Unis d’Amérique reposait sur un principe fondamental de non-intervention dans les Affaires internes des autres pays, se retrouve aujourd’hui, plus que jamais à visage découvert.

« Moi, Barack Obama (...) je considère que la situation au Venezuela (...) constitue une menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis". 
"C'est pourquoi je déclare l'urgence nationale pour faire face à cette menace". 

Comment, un pays de moins de 29 millions d’habitants, à des milliers de kilomètres des États-Unis, sans armes nucléaires, promoteur avant tout d’une Amérique latine territoire de paix, peut-il devenir tout d’un coup une menace extraordinaire et inhabituelle pour la sécurité nationale et la politique extérieure des États-Unis ?

Comment peut-il faire une telle déclaration au lendemain de la visite au Venezuela d’une délégation d’UNASUR, invitée spécialement par le président Nicolas Maduro, pour constater sur le terrain la nature et l’ampleur des problèmes que vit le pays et pour échanger à leur sujet avec les principaux représentants politiques, économiques et sociaux concernés?

Comment peut-il ignorer l’avis des principales instances régionales, telles UNASUR, ALBA, CELAC qui regroupent, dans leur ensemble, tous les pays de l’Amérique latine ? Ces dernières se déclarent contre tout interventionnisme dans les affaires internes des pays latino-américains et des Caraïbes et, dans le cas du Venezuela, la délégation d’UNASUR s’en remet au processus constitutionnel qui prévoit pour décembre prochain des élections pour le renouvellement des députés à l’Assemblée générale?

L’Amérique latine et les Caraïbes représentent 33 pays, comprenant plus de 500 millions d’habitants. Longtemps considérée comme la cour arrière des États-Unis, elle s’affirme, aujourd’hui, comme un territoire de paix, de souveraineté et d’indépendance.

Il y a quelques mois à peine, ce même Obama reconnaissait que la politique des États-Unis et le blocus criminel contre Cuba avaient été un grand échec. Un aveu inattendu qui laissa entrevoir un changement de direction des politiques extérieures des Etats-Unis dans ses relations avec l’Amérique latine, devenue souveraine et indépendante. C’est en ce sens que la reprise des pourparlers avec Cuba se présenta comme pleine de promesses.

Le rêve ne dura pas longtemps. Pendant que les réflecteurs étaient tournés vers ces négociations de réconciliation entre Cuba et les États-Unis, ce même Obama déclarait la guerre des sanctions contre le Venezuela, ignorant complètement sa déclaration concernant l’échec du blocus économique contre Cuba. Avec le décret d’hier, il va encore plus loin. Il déclare la guerre au Venezuela.

On attribue la reprise des échanges entre Cuba et les États-Unis à une intervention du pape François auprès d’Obama. Si tel fut le cas, il faudrait, et c’est urgent, qu’il en fasse tout autant auprès de ce dernier pour éviter une guerre sanglante qui risquerait d’enflammer toute l’Amérique latine. Il faut qu’il fasse comprendre à M. Obama qu’il appartient aux instances multilatérales d’arbitrer les conflits mettant en cause le respect du droit des personnes et des peuples.

Pour un récipiendaire du prix Nobel de la paix, les projets de guerre ne lui manquent pas : Syrie, Irak, Ukraine, Russie et maintenant le Venezuela. Il est temps qu’il prenne un temps d’arrêt. Le bon sens n’y est plus. Il met son pays sur un pied de guerre pour voler au secours de criminels assassins qu’il convertit arbitrairement en prisonniers politiques. C’est hors de toute proportion et c’est prendre le monde pour des cons.

Nous sommes bien loin de ce jeune Obama militant dans les quartiers pauvres de Chicago, assurant la défense des pauvres et laissés pour compte de la société. Nous sommes loin de ce Obama qui avait redonné espoir à l’Amérique qu’un autre monde était possible. Il disait à l’époque, avec la passion qui l’habitait,  « Yes, we can ». « Oui nous pouvons ».

Malheureusement, ce rêve d’Obama se révèle être aujourd’hui toute autre chose de ce qu’il était au temps de la conquête du pouvoir.

Si le pape François veut empêcher une guerre sanglante au Venezuela et éventuellement dans l’ensemble de l’Amérique latine, il est temps qu’il agisse et vite. Il se doit de dénoncer avec force et sans ambiguïté cette forme d’interventionnisme dans les affaires internes du Venezuela. Une occasion unique pour l’Église de se racheter de toutes les fois où elle a servi de caution à pareilles interventions.  

Sans l’appui du Vatican, Obama ne saurait s’aventurer dans une guerre en Amérique latine. Il est important que le pape François lui fasse savoir que l’Église et le Vatican s’opposent fermement à ce décret et qu’ils ne le suivront pas sur cette voie de l’interventionnisme.


Oscar Fortin
Le 10 mars 2015-03-10









samedi 7 mars 2015

POUR QUE LA PAIX EN UKRAINE SOIT POSSIBLE




« Lorsque le mensonge devient roi, la vérité s’éclipse, mais quand elle revient le mensonge s’évapore»



Depuis que les États-Unis ont décidé de prendre le contrôle de l’Ukraine, la paix recherchée par Washington ne peut être que celle fondée sur la soumission complète du peuple ukrainien à ses volontés. Il ne saurait être question qu’il fasse un pas en arrière pour assurer une paix qui respecte les droits fondamentaux d’indépendance du peuple ukrainien ainsi que sa diversité ethnique.

Toutes les tentatives pour arriver à une paix durable devront passer inévitablement par ce pas en arrière des Etats-Unis, consistant à abandonner leur prétention de dominer l’Ukraine et de s’en servir comme leur dépendance. En Syrie, toutes les négociations pour la paix ont échoué pour la simple raison que Washington n’a reculé en rien sur sa prétention de dominer la Syrie en exigeant le départ du président Al Assad et en prenant le contrôle d’un nouveau gouvernement répondant à ses attentes.

En Ukraine, il y a eu Minsk 1 et Minsk 2, où des accords de paix ont été conclus entre les principaux belligérants internes du pays. Toutefois, l’absence du principal belligérant externe que sont les États-Unis, rend ces accords caducs. Ce dernier alimente ses alliés dans le pays en armement et ne se fait aucun scrupule à envoyer ses marines pour renforcer leur force de combat. Rien dans tout cela pour favoriser la paix. Ce ne sont ni le Président actuel d’Ukraine, ni le Président de France, ni même la Chancelière d’Allemagne qui fera reculer Washington dans ses prétentions d’occuper en totalité l’Ukraine.

Une médiation du Vatican

Voilà que maintenant, on annonce une médiation du Vatican, en la personne de Pietro Parolin, secrétaire général de la Curie romaine. Ancien nonce apostolique au Venezuela, de 2008 à 2013, il aura été aguerri à jouer diplomatiquement la carte des ambitions des États-Unis sur le Venezuela. Il a été et est toujours l’homme de Washington au cœur même de l’administration du Vatican.

En 2014, en préparation de la seconde rencontre de négociations sur la Syrie à Genève, le Vatican avait convenu avec le secrétaire d’État, John Kerry, d’une stratégie commune. En mars 2014 aboutissait le projet d’un Pacte secret entre le Vatican et  Washington. Il fut signé par le président Obama et le pape François, un peu comme l’avaient fait, en juin 1982, le président Reagan et le pape Jean-Paul II. Si nous en savons plus sur le Pacte secret de 1982, nous n’en savons que très peu sur celui de mars 2014.

En 1982, il s’agissait, pour l’essentiel, d’être solidaires dans la lutte contre le communisme et tout ce qui pouvait s’en rapprocher. Une alliance fondamentale qui ne pouvait que servir les forces des pays de l’Est qui voulaient s’affranchir de l’URSS d’alors, comme c’était le cas en Pologne avec Lech Walesa et le syndicat Solidarnosc. Beaucoup de combines entre les principaux acteurs furent critiquées et condamnées par l’Histoire. Cette solidarité s’est élargie à l’Amérique latine où tous les mouvements sociaux aux allures anti-impérialistes et anticapitalistes furent poursuivis et anéantis. L’histoire du plan Condor et de la guerre au Nicaragua de las Contras,  cadrent avec cette grande alliance contre le communisme.

Qu’en est-il de ce second Pacte signé en mars 2014 ?  Il s’agit, à n’en pas douter, d’une approche différente de celui de 1982. On y rattache l’intervention du pape François pour la reprise des relations diplomatiques entre Cuba et Washington. Cette intervention a également permis la libération de deux prisonniers à la solde des services secrets des Etats-Unis en échange des trois Cubains antiterroristes, détenus depuis 16 ans dans les prisons étasuniennes. Il faut évidemment se réjouir de ce premier pas, mais sans toutefois en espérer trop. Les objectifs d’Obama de changer le régime politique cubain est toujours là et ceux de l’Église d’éliminer le communisme l’est tout autant.

De fait, pendant que cette ouverture se fait à l’endroit de Cuba et qu’Obama reconnaît que le blocus n’a pas permis d’atteindre les objectifs recherchés, le même Obama établit des sanctions contre le Venezuela et continue d’y alimenter la préparation d’un coup d’État. Tout se passe, dans ce cas, sans que le Vatican et l’Épiscopat vénézuélien élèvent la voix pour condamner ces actions interventionnistes. Au contraire, les prises de position tout comme les silences vont plutôt dans le sens des politiques de Washington. L’Épiscopat vénézuélien ne manque pas une occasion pour affubler le gouvernement de tous les mots. Serait-ce un élément de solidarité prévu dans le pacte secret de mars 2014 ?

On se souviendra qu’en 2014, le Vatican avait été appelé par l’opposition vénézuélienne pour agir comme médiateur pour résoudre les conflits internes au Venezuela. Pour l’opposition, l’objectif était d’amener le gouvernement à partager avec elle une partie du pouvoir exécutif. Il y a eu des rencontres, mais le Gouvernement n’a pas cédé à ce partage du pouvoir que le peuple lui a consenti lors des élections présidentielles de 2013. Il a toutefois ouvert la porte à une coopération renforcée avec tous ceux et celles qui acceptent de respecter la Constitution et d’agir dans le cadre des lois. Cette prise de position fut reçue par les autorités religieuses comme un manque de collaboration. À ce moment, le secrétaire d’État du Vatican n’a pas jugé bon d’aller au Venezuela pour y poursuivre une médiation.

Tout ceci pour dire que la situation en Ukraine se saurait évoluer vers une paix durable que si le peuple ukrainien retrouve sa pleine indépendance et qu’il décide par lui-même de sa gouvernance. Pour cela, il faut que les États-Unis, l’OTAN, les pays de la Communauté européenne, la Russie, permettent au peuple ukrainien de résoudre ses propres problèmes sans interférences extérieures motivées par des prétentions de contrôle ou de domination.

Dans ce contexte, le Vatican aura-t-il la crédibilité et le courage d’exiger la non intervention des Etats-Unis, de l’Europe et de la Russie dans les affaires internes de l’Ukraine ? Pietro Parolin pourra-t-il imposer un agenda qui aille à l’encontre des intérêts des États-Unis?  Chacun peut avoir son idée à ce sujet. Personnellement, j’en doute. D’ailleurs, qui pourrait y parvenir ?

Nous nous dirigeons tout droit vers un conflit majeur entre la Russie et les forces de l’OTAN, sous commandement des États-Unis. Les sanctions et provocations contre la Russie se multiplient. Le mensonge est devenu roi. Pour le moment, la Russie patiente, mais pour encore combien de temps? Le déplacement des navires de guerre dans la Méditerranée et les exercices à répétitions des armées des deux camps sont-ils des signes avant-coureurs de cette guerre.

Il faut savoir que l’Empire, pour survivre, doit s’asservir toutes les forces de nature à lui faire ombrage. C’est évidemment le cas de la Russie et de tous les pays qui se font les promoteurs d’un monde multipolaire, respectueux de la souveraineté des peuples, et de leur indépendance. Dans ce monde, il n’y a plus de place pour un Empire, dominant tous les peuples de la terre.

Oscar Fortin
Québec, le 7 mars 2015





             













jeudi 5 mars 2015

HUGO CHAVEZ


NOTE: Il y a deux ans, jour pour jour, décédait Hugo Chavez, ce président charismatique du Venezuela et de l'Amérique latine.  Peu de temps avant de mourir d'un cancer qu'il portait depuis plusieurs mois, il avait déclaré que Chavez s'était transformé en un peuple toujours en marche vers son indépendance et un socialisme du XXIè siècle. J'avais alors écrit un bref article inspiré par l'évènement de son décès. Je pense qu'il est toujours d'actualité et en ce jour spécial, je le remets en ligne.





L’HOMME QUI A DONNÉ VIE À TOUT UN PEUPLE ET À TOUT UN CONTINENT

Il y a moins de 40 minutes, le 5 mars 2013, à 16 h 35, Hugo Chavez s’est envolé vers le Nazaréen, celui qui l’aura inspiré durant toutes ces années de luttes et de solidarité au service d’un peuple et de tout un Continent.

Véritable Bolivar des temps modernes, son action s’inscrivit dans le cadre de la seconde indépendance du Venezuela, son indépendance économique et politique, et dans celle du réveil de tous les peuples de l’Amérique latine et des Caraïbes, les unissant tous dans la poursuite d’un destin commun. (CELAC)

Celui qui a su se faire le porte-parole des pauvres, des déshérités des laissés pour compte, des exploités, celui qui a allumé en ces derniers la flamme de la dignité, de la confiance, de la solidarité, du courage, celui qui a défié les forces oligarchiques et impériales, celui pour qui les peuples du monde ont prié et qui pleurent aujourd’hui son décès, aura réussi à enraciner son rêve dans le cœur et dans l’âme de  millions de Vénézuéliens et de Latino-américains.

Seuls, ses adversaires, ces oligarchies qui passèrent des années à puiser à pleine main dans les coffrets de l’État pour gonfler leurs fortunes et les États-Unis d’Amérique qui y trônaient en empereur pour disposer des immenses richesses pétrolières, se réjouissent de son décès.

À ces derniers, il faut ajouter tous ces professionnels de l’information qui se sont prêtés honteusement à couvrir les centaines de machinations mises en place pour faire disparaître cet homme au destin surhumain. Nos médias n’y échappent pas, tout comme nos politiciens serviles à Washington.

Avec la mort d’Hugo Chavez, ce sont des millions de Chavez, que ses adversaires auront devant eux. Ils réaliseront qu’il y a maintenant un peuple, une patrie et un Continent qui sont devenus conscience, dignité, courage, solidarité. Si pendant des décennies les maîtres du monde ont tué des hommes, des femmes et des enfants, dans l’indifférence des peuples, aujourd’hui, leurs armes ne sauraient atteindre cette conscience, élevée au niveau d’un continent et de nombreux peuples à travers le monde.

QUE CHAVEZ VIVE DANS LE CŒUR ET L’ESPRIT DE TOUS LES PEUPLES



Oscar Fortin
Québec, le 5 mars 2013

jeudi 26 février 2015

LE VENEZUELA DANS LA TOURMENTE DE L'INTERVENTIONNISME


LE VENEZUELA DANS LA TOURMENTE



UN PEUPLE CONFRONTÉ À L’EMPIRE

En tout premier lieu, le Venezuela est un pays de l’Amérique du Sud qui fonctionne sur la base d’une Constitution que le peuple vénézuélien a acceptée majoritairement lors d’un référendum en 1999. Cette constitution consacre la séparation des trois grands pouvoirs de l’État : exécutif, législatif et judiciaire. Il s’agit donc d’un État de droit, régi selon les dispositions de cette Constitution du peuple. Une place importante y est faite à la participation du peuple dans l’exercice du pouvoir. C’est ce qu’on appelle la démocratie participative.

Cette démocratie participative se distingue des démocraties représentatives par le fait que le peuple et ses intérêts passent avant ceux des oligarchies dominantes de la société. Dans les démocraties représentatives, le citoyen et la citoyenne vont voter et donnent pour ainsi dire un chèque en blanc pour la durée du mandat à ceux et celles qui seront élus. Ces derniers pourront, à la limite, disposer des pouvoirs de l’État comme bon leur semble. En général, les constitutions des pays qui se font les défenseurs de la démocratie représentative ont été rédigées et votées par eux-mêmes. Les peuples concernés n’ont pas eu leur mot à dire.

Au Venezuela, le peuple, à travers divers regroupements,  est impliqué dans la définition des grandes orientations des politiques gouvernementales. Le peuple est le lobby le plus important et celui auquel s’attache le plus le gouvernement. Il y a au Venezuela une mobilisation extraordinaire du peuple qui se manifeste et qui fait entendre sa voix. Ce sont les agriculteurs, les travailleurs, les femmes, les personnes âgées, les jeunes, etc. à qui le gouvernement ouvre ses portes, mais aussi auprès desquels il se fait intensément présent. Il y a pour ainsi dire un lien organique, entre le peuple et ses gouvernants, qui s’enracine dans le partage d’intérêts communs.

Cette démocratie du peuple, par et pour le peuple, fait mal a ceux et celles qui s’étaient approprié du mot « démocratie » pour faire des pouvoirs de l’État un pouvoir au service de leurs intérêts. Bien camouflés derrière les apparats de la démocratie et du bien commun, ces dirigeants se mettaient entièrement à la disposition de ceux et celles qui les avaient conduits à ces fonctions. En général, ce cheminement vers le pouvoir était relativement simple. D’abord un système électoral pas trop scrupuleux sur les normes et les votes, puis suffisamment d’argent pour faciliter des prises de décision des électeurs et électrices. Une fois en place, le paiement des redevances des commanditaires commence. Les richesses naturelles du pays seront remises non pas au plus offrant, mais au plus généreux dans ses pourboires. On se gardera de ce que le peuple en sache le moins possible, rendant l’accès à l’éducation plus dispendieuse. Le système devra permettre suffisamment d’alimentation pour que le travailleur et la travailleuse aient suffisamment d’énergie pour produire, mais pas trop pour en demander davantage.

Au Venezuela, avec l’arrivée de Chavez ,en 1998, puis avec la nouvelle Constitution en 1999, ce scénario a été changé. Le peuple reprend son pouvoir pour servir d’abord et avant tout ses intérêts qui sont ceux du Bien commun. Rien pour plaire aux usurpateurs de la démocratie qui en avait fait une couverture pour leurs méfaits. La bourse et le pouvoir ont changé de mains. Le peuple et son gouvernement ont pris la bourse et le pouvoir.

Depuis ce jour, ces oligarchies et l’oncle Sam ne peuvent accepter que les revenus du pétrole leur échappent et que les pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires ne leur obéissent plus. Coups d’État, référendum révocatoire, élections par dessus élections, campagnes nationales et internationales pour discréditer, diaboliser, cette démocratie du peuple pour et par le peuple, rien n’y fit. Le Peuple et son gouvernement résistent. Pourtant, leurs adversaires ne lâchent pas.

En janvier dernier, ces adversaires ont créé la rareté des biens essentiels en gardant dans des entrepôts des centaines de milliers de tonnes de ces biens tout en imputant, per leurs médias, la faute au Gouvernement de Maduro, dans le but, évidemment, de soulever le peuple contre son gouvernement. Beaucoup de ces biens ont également servi à alimenter un marché au noir devenu plus que florissant. Il en fut de même avec les réseaux de contrebande qui en faisaient passer des tonnes du Venezuela à Colombie.

Le peuple a su résister et ne pas se laisser emporter par la propagande et les frustrations générées par cette rareté.

Ce ne fut que parti remise. En février, plus précisément les 11 et 12 février,  un coup d’État était démantelé par le Gouvernement. Il s’agissait d’un coup d’État planifié sur le modèle de celui du Chili, en 1973, pour ce qui a trait aux bombardements aériens, et de celui d’avril 2002, à Caracas, pour ce qui a trait au gouvernement de transition. C’est avec la collaboration de quelques militaires que des bombardements allaient détruire le Palais présidentielle de Miraflores, attaquer le centre d’information et de diffusion Télésurtv , le ministère intérieur et un quartier de la population de Caracas, dans ce dernier cas,  pour semer la terreur auprès de la population. Informé de ces évènements à venir, le gouvernement a procédé, le 11 février, à l’arrestation de certains des militaires impliqués, lesquels ont révélé la totalité du plan dans lequel ils s’étaient compromis.

Toutes ces informations ne sortent pas dans nos grands médias. On s’alimente plutôt des mensonges d’une propagande devenue grossière tellement elle s’éloigne de ce qui peut avoir un semblant de vérité. Même l’Épiscopat vénézuélien participe à ces opérations de dénigrement du gouvernement et de désinformation de ce qui se passe réellement au Venezuela. Il agit comme une véritable agence des Etats-Unis dans le pays. Dans le cas de la crise provoquée par la guerre économique de janvier, il savait très bien qui étaient les responsables de la rareté de ces biens dans les centres de distribution, mais il n’en continua pas moins à imputer au gouvernement la responsabilité de cette crise.

Au Venezuela existent une Constitution et des procédures qui permettent de se défaire d’un dirigeant qui n’est pas à la hauteur de ses fonctions. Cette procédure est celle du référendum révocatoire dont peu d’États disposent. C’est une alternative pour l’opposition vénézuélienne de sortir le président Maduro de sa charge de Président. Il y a également des élections législatives qui sont prévues pour cette année. Une autre occasion pour l’opposition de s’imposer par la voie électorale comme majorité au Parlement.

Au Venezuela, c’est le Peuple qui décide. Ce ne sont ni les oligarchies, ni Washington qui décide, mais le Peuple. Si les mécontents et les insatisfaits se retrouvent en minorité, qu’ils prennent leur mal en patience en s’accommodant au régime de droit existant, sinon qu’ils prennent le maquis et qu’ils en en subissent  les conséquences. Qu’ils ne viennent surtout pas se faire passer pour les défenseurs de la démocratie alors qu’ils en sont les saboteurs. Aucun État se disant démocratique ne peut accepter que des groupes se présentent en toute impunité avec l’arme de la violence pour renverser un gouvernement légitimement élu. Des sanctions très sévères sont prévues pour ce type de personnes et d’organisations. Ce sont, à toute fin pratique, des terroristes à visage découverts.

Si ces adversaires du président Maduro sont si convaincus du bien-fondé de leurs qu’ils s’adressent aux tribunaux ou qu’ils aillent convaincre le peuple de leur point de vue. Ce n’est ni le pape ni Obama qui résoudront ce problème. Au Venezuela, l’arbitre suprême c’est le peuple. Cette référence est d’autant plus fiable que le Venezuela peut compter sur un système électoral qui laisse très peu d’espace à la fraude et à la tricherie, un des meilleurs au monde selon la Fondation Carter. Le vote déposé dans les urnes est celui qui est compté. Les Mexicains et bien d’autres peuples aimeraient bien avoir un tel système, mais ça ne leur sera possible qu’avec une nouvelle Constitution écrite par le peuple et pour le peuple.

Je termine en invitant tous les opposants qui se présentent pour de grands démocrates d’aller à la rencontre du peuple pour les convaincre de voter pour eux. Vos appels à Obama et au Pape ne sauront remplacer vos appels au Peuple. C’est lui qui, en dernière instance, décide.  C’est ce qu’on appelle la démocratie.

Oscar Fortin
Le 26 février 2015