mardi 24 mars 2015

LE GRAND DÉFI DES ÉTATS-UNIS POUR RETROUVER DIGNITÉ ET CRÉDIBILITÉ


LE GRAND DÉFI DES ÉTATS-UNIS POUR RETROUVER SA DIGNITÉ




Noam Chomsky, dans une entrevue récente, qualifie son pays « d’État voyou », d’État agresseur et terroriste. »  Cette déclaration, venant d’un de ses grands intellectuels,  met à nue le mal profond qui le ronge.

De toute évidence, il y a un malaise profond dans la gérance de cet État qui occupe le centre des préoccupations du monde. On dit que sur les 237 années de son existence, il en a vécu 222 en guerre. Qu’y a-t-il donc en lui qui le rend si différent des autres?

Dans le cas des personnes dont nous sommes, les psychologues, les psychiatres, les médecins en arrivent à détecter les causes de certains comportements qui nous font perdre notre dignité tout en rendant la vie impossible à notre entourage. Ce sont souvent des dépendances plus ou moins profondes qui en sont l’explication. Pour certains, ce sera la dépendance aux drogues, à l’alcool, au jeu, au sexe, ou encore à un « EGO » subconscient qui fait de la personne un minable ou un roi.

Je crois qu’il en va de même pour les États dont des dépendances collectives, conscientes ou inconscientes, peuvent en faire des États voyous, agresseurs et terroristes.

Je ne suis ni psychologue, ni psychanalyste, mais ce que j’en observe, les États-Unis d’Amérique souffrent d’une dépendance profonde d’un « EGO » surévalué, se croyant investi de tous les pouvoirs pour assurer la gouvernance du monde. Un « EGO » qui se situe au-dessus de tout et au centre de tout. Pour certains, cette croyance repose sur une mission divine qui en fait les grands artisans d’un monde placé sous leur gouverne. Pour d’autres, cette mission leur viendrait de leur génie créateur tout autant que de leur intelligence supérieure leur permettant ainsi de mieux connaître et comprendre ce qui est bon et mauvais pour l’humanité. Il y a enfin ceux qui justifient cette domination du monde par la force de leur armée et par la puissance de leur pouvoir financier. Pour ces derniers, ils sont les plus forts et les plus riches.

Dans les trois cas, plus haut mentionnés, les États-Unis d’Amérique se considèrent au-dessus des lois internationales et de ce fait se reconnaissent toute légitimité pour agir et intervenir là où bon leur semble et de la manière qu’ils jugent bon de le faire. Cette justification d’une légitimité transcendante sera d’autant plus forte et convaincante si des croyances religieuses, Églises, Mosquées, Synagogues et autres sectes, se joignent à cette gérance mondiale du monde. Ce n’est pas pour rien que ces divers courants religieux sont courtisés par les représentants de cet empire et que plusieurs, malheureusement,  s’y laissent entraîner.

L’heure semble arrivée, où cette puissance dominante des États-Unis d’Amérique doit retrouver sa véritable identité au cœur des Nations ainsi que toute sa dignité comme peuple. Son « étoile » pâlit et son « aura » comme puissance porteuse de valeurs morales s’estompe. Voici l’extrait d’une entrevue que donnait, en 2008, le politologue Francis Fukuyama, peu de temps avant l’Assermentation d’Obama pour son premier mandat :

« La tâche primordiale du nouveau président américain consistera avant tout à rétablir la crédibilité des États-Unis dans le monde (…)  le nouveau président aura d'abord pour tâche de redonner une certaine crédibilité à la fois au discours politique des États-Unis et à sa politique économique qui sortent tous deux très mal en point de la présidence de George W. Bush. »

En 2015, nous sommes en mesure d’affirmer que le président OBAMA a magistralement failli à cette tâche. Le peu de crédibilité qui pouvait exister au terme du mandat de G.W. Bush aura été définitivement enterré avec le président Obama. C’est triste à dire, mais c’est comme ça. Un jour, il dit une chose et le lendemain, il en dit une autre. Un jour, il pose un geste concret, le lendemain, il en pose un autre, tout à l’opposé. Toutefois, à sa défense, il faut rappeler qu’il est avant tout un subalterne, soumis à ses maîtres qui tirent les ficelles de tous les pouvoirs de cet État puissant.

Quel est donc ce grand défi à relever pour que le peuple des États-Unis d’Amérique retrouve son identité et sa dignité? À mon humble avis, il lui faut se soumettre à une thérapie collective qui le conduira à se départir de cette prétention d’être le maître du monde. Elle lui réapprendra à vivre des relations normales de respect et de coopération avec les autres peuples de la terre sans devoir toujours imposer ses volontés par la force, le chantage ou la menace. Cette même thérapie lui réapprendra à discuter d’égal à égal avec les autres et à y trouver plaisir et satisfaction. Les conditions semblent réunies pour que cette thérapie puisse donner les résultats escomptés.

Ces jours-ci, le jeune Snowden, celui qui a mis à jour toutes ces pratiques illégales d’espionnage du gouvernement des États-Unis à l’endroit des personnes et des gouvernements étrangers, déclarait que les Américains renonçaient à l’idée d’une domination du monde.

 " Je crois que nous commençons à nous détourner de l'idée selon laquelle les États-Unis doivent être assis au sommet du monde et dicter le résultat de toute décision dans toutes les sociétés",

Si tel est réellement le cas, le monde devrait s’en réjouir et seconder ce peuple dans cette démarche fondamentale de renaissance comme nation et comme État au sein d’un monde multipolaire et multicentrique. Le peuple étasunien, à retrouver sa véritable identité, il deviendra un apport important dans cette lutte pour un monde plus juste, plus équitable, plus solidaire et plus compatissant. Cette conversion,  confirmée par des gestes qui donneront la mesure de sa détermination à aller en ce sens, en fera un nouvel allié de tous les peuples qui avancent sur cette voie depuis des générations. Cette conversion sera d’autant plus forte et durable que ses alliés traditionnels, religieux et autres, en feront tout autant.

La conclusion que l’on peut tirer de toutes ces missions de gérance du monde est que leur crédibilité ne repose finalement que sur deux grandes colonnes, celle l’ambition du pouvoir et celle de l’ambition de l’avoir. Dans la symbolique des trois tentations rapportées dans les Évangiles, ce monde, du pouvoir et de l’avoir, est celui du Malin, de Mammon ou du Diable, les trois noms se référant au même personnage. Le premier fait appel à son caractère astucieux, le second renvoie au pouvoir de l’argent, tandis que le troisième personnifie tout ce qui est mensonge, manipulation et tromperie.

Les Évangiles concluent que le Règne du Père n’est pas de ce monde, à savoir de celui de l’astuce, de l’argent, du mensonge. Il est plutôt un règne de vérité, de justice, de compassion, de solidarité et de miséricorde. Les plus grands se font les plus petits et les plus petits deviennent les plus grands. Le maître se fait le serviteur et le serviteur devient le maître. Il n’y a pas à s’y tromper, ce règne n’a rien à voir avec celui des grands et des puissants de ce monde fondé sur le pouvoir et l’avoir.

Le peuple des États-Unis d’Amérique, en redevenant un peuple comme les autres, retrouvera son identité, sa dignité, son âme et, du fait même, le respect de tous les autres peuples de la terre.

Oscar Fortin
Le 23 mars 2015

samedi 21 mars 2015

M. Harper que vont faire nos soldats en Syrie ?





Les journaux de fin de semaine couvraient une déclaration de notre Premier ministre canadien à l’effet que l’armée canadienne était prête pour une mission en Syrie. En tant que Canadien, je demande à M. Harper sur la base de quels principes l’armée canadienne irait en Syrie.

Le Canada, du temps de Lester B. Pearson, prix Nobel de la paix et premier ministre canadien, avait la réputation d’un pays respectueux du droit international ainsi que des institutions multilatérales rattachées aux Nations Unies. L’élaboration de ses politiques internationales tout autant que ses interventions dans des pays tiers inspiraient respect et confiance.

Le peuple canadien se doit de connaître les fondements ainsi que les objectifs recherchés par une intervention du Canada en Syrie. Il est important que le Peuple canadien sache si son gouvernement suit les règles du droit international ou s’il s’est converti en délinquant par rapport à ces mêmes règles.

En Syrie, il y a un gouvernement légitime qui dirige le pays au service des intérêts prioritaires du peuple syrien avec plus de 50 % de son électorat tout comme, ici au Canada, nous avons un gouvernement qui, avec moins de 25 % de l’électorat et moins de 40 % des votes émis aux urnes,  gouverne, nous l’espérons bien, en fonction des intérêts prioritaires du Peuple canadien. Tout ceci pour dire que le gouvernement de Syrie a toute la légitimité d’un gouvernement qui agit conformément au droit international et qui, de ce fait, a droit à toutes les prérogatives d’un État souverain et indépendant. 

S’il fallait que le Canada envoie ses soldats en territoire syrien sans que ce soit en accord avec les autorités syriennes, il se convertirait en un pays délinquant et promoteur de terrorisme contre un gouvernement légitime.  M. Harper sait mieux que quiconque que les changements de régime sont ceux voulus par le peuple dans le cadre d’un processus démocratique et constitutionnel. Toute tentative d’interférer dans ce processus devient antidémocratique et tout à fait illégale.

Que dirait M. Harper si des gouvernements étrangers s’improvisaient pour créer au Canada des conditions pour un changement de régime ? Il aurait vite fait de dire que cette responsabilité incombe au Peuple canadien et non aux pays ou puissances étrangères.

Je demande donc à M. Harper de nous dire sur quelles bases le Canada s’autoriserait à envoyer ses forces armées en Syrie. Je demande également aux chefs des divers partis d’opposition ainsi qu’aux députés (es) d’exiger de M. Harper des réponses claires sur cette question. Des élections s’en viennent et le moment est propice pour que le Peuple canadien ait la possibilité de se prononcer sur les questions de politiques étrangères et sur les principes qui orientent l’usage des forces armées canadiennes dans les pays étrangers. Ce sont des milliards de dollars que le gouvernement canadien y investit. Il est important que nous sachions

Ce n’est pas parce que nous sommes à proximité d’un pays délinquant dans ses interventions étrangères que les Canadiens doivent le suivre. Je crois que le Canada doit retrouver sa personnalité, celle d’un pays indépendant et souverain, profondément attaché au respect du droit international et définitivement opposé à toute combine visant à s’en détourner. Il ne peut se permettre d faire indirectement ce que la loi ne permet pas de faire directement. 

Je termine, en relevant un dernier fait, tout récent,  que nos médias n’ont pas vraiment relevé, mais qui dit jusqu’où le gouvernement canadien peut en arriver dans sa délinquance internationale.  Il s’agit du rôle joué par une professionnelle de l’Ambassade du Canada à Caracas, Venezuela, dans la préparation d’un coup d’État militaire qui fut heureusement démontée par les autorités vénézuéliennes le 11 février dernier, le jour précédent son exécution. Cette personne de notre Ambassade, de mèche avec les auteurs de ce plan criminel de renversement d’un gouvernement démocratique et légitime, avait cueilli des informations sur l'aéroport où devait se poser l'avion dont la mission était de bombarder diverses cibles de l'actuel gouvernement. Cette intervention de l'Ambassade du Canada contre un gouvernement démocratique et légitime de l'Amérique latine l'associe aux politiques interventionnistes des États-Unis dont la réputation de délinquant international n'est plus à faire. La réputation internationale du Peuple canadien s'en trouve profondément affectée.  Par de telles complicités, le Canada y perd son âme et sa dignité. 

Le gouvernement canadien doit se positionner sans équivoque contre la délinquance interventionniste dans les questions internes des autres pays et pour le respect du droit international tel qu'énoncé par les Nations Unies. Les politiques internationales du Canada doivent être fonction des intérêts prioritaires des canadiens et non de ceux des administrations étasuniennes dont les intérêts ne sont pas les mêmes.

Je ne pense pas que l’on puisse combattre le terrorisme en se transformant soi-même en terroriste, se plaçant au dessus des lois internationales et des droits ides peuples à disposer d'eux-mêmes. L’occasion est tout indiquée pour aborder ces questions de grande importance. Ces questions doivent s’étendre au pourquoi de la présence canadienne en Ukraine, en Irak et en divers autres endroits dont on se garde bien d’en informer le peuple canadien.

Il est temps que ceux et celles qui ont l’ambition d’un Canada indépendant et souverain prennent la parole pour questionner ces autorités qui se permettent de décider, derrière des portes closes, des plans de conquêtes et de domination qui n’ont rien à voir avec les intérêts légitimes du peuple canadien. Il est temps que les canadiens et les canadiennes sachent et débattent de ce que le Canada fait des milliards de dollars investis dans les Forces armées canadiennes et dans ses missions à l'étranger. 

Oscar Fortin
Le 21 mars 2015
http://humanisme.blogspot.com

UNE GUERRE CONTRE LA RUSSIE SERA FATALE POUR L’OCCIDENT





Que la guerre soit à nos portes est devenu une évidence pour la grande majorité des Occidentaux. Tout récemment, le Parlement européen vota des dispositions pour préparer l’UE à la guerre contre la Russie.

Depuis au moins deux ans, le bruit des bottes militaires se fait entendre et les bataillons sur terre, sur mer et dans les cieux se positionnent autour de la cible principale qu’est devenue la Russie. Tout cela, orchestré par une campagne médiatique dont le principal objectif est de diaboliser suffisamment l’adversaire pour que les gens en viennent, comme ce fut le cas de ce général de l’armée américaine, à vouloir tuer le plus de Russes possible.

Tout est mis en œuvre pour que l’ours grison prenne les nerfs et commette l’erreur tant recherchée pour justifier aux yeux du monde une intervention directe en territoire russe. Des exercices de simulation d’attaques militaires se réalisent dans à peu près tous les pays limitrophes à la frontière russe. Pour comprendre l’impact d’un tel déploiement, il nous suffit d’imaginer, un seul instant, la réaction qu’auraient les États-Unis si la Russie déployait ses forces militaires tout le long de la frontière séparant le Mexique des États-Unis. Que dire maintenant, si elle y ajoutait une base militaire au Honduras et une autre à Cuba, des frégates, des sous-marins, un ou deux porte-avions dans la mer du Yucatan et dans les eaux internationales de l’Atlantique, tout près de la cote-est  des États-Unis.

Quelles seraient, à votre avis, les réactions des États-Unis? Les plus âgés se souviendront ce qu’avait été cette réaction lorsque des missiles nucléaires avaient été détectés à Cuba, en 1962. C’est pourtant la situation à laquelle est soumise actuellement la Russie, sans parler des sanctions et tout ce qui les accompagne.

En dépit de tout ce climat de provocations, la Russie et son Président demeurent relativement calmes, se contentant de rappeler qu’il y a des lignes rouges à ne pas franchir. Cette retenue de la Russie est mise en relief dans un article récent, coiffé de ce titre éloquent: La Russie épargne une guerre au monde en ignorant les provocations de l’OTAN.

Cette patience tranquille de la Russie ne signifie toutefois pas une quelconque insouciance des dangers qui planent sur elle. L’air de rien, Poutine, son ministre des Relations extérieures et ses chefs d’armées placent leurs pions et consolident leurs alliances. Déjà, la Chine et la Corée du Nord s’aligneront avec la Russie, advenant une guerre provoquée par les États-Unis. Plus que tout, la Russie peut compter sur une opinion mondiale qui lui est de plus en plus favorable, les campagnes de désinformation ne parvenant pas à contaminer tous les esprits.

Le calme relatif du président Poutine laisse entendre qu’il a des armes secrètes qui pourront, le cas échéant, neutraliser les forces de l’OTAN et celles des États-Unis. Il dégage l’image de quelqu’un qui est sûr de lui et qui sait où il va avec son peuple et son armée. La guerre des sanctions n’arrive pas à l’ébranler. Le peuple russe continue à soutenir son Président à plus de 85 %. Ce climat n’est pas sans favoriser une armée motivée et disposée à livrer le combat de la victoire contre un impérialisme qui ne veut qu’une chose : gouverner le monde à son image et ressemblance en se l’asservissant.

Pendant ce temps, la Communauté européenne commence à se fissurer et à prendre l’eau. Déjà, sept pays prennent leur distance par rapport à la reconduction automatique des sanctions contre la Russie. Elle réagit de plus en plus mal à l’emprise dominante des États-Unis sur son propre devenir. Les peuples sont de moins en moins disposés à servir de chair à canon pour défendre les intérêts de l’Oncle Sam. Les gouvernants, quant à eux, sont dans l’engrenage des forces de l’OTAN et de celui la Communauté européenne, véritable encadrement qui les soumet à Washington. Ils sont, de moins en moins, les gouvernements au service des intérêts de leurs peuples et de plus en plus des gouvernements au service des intérêts des États-Unis.

Que peut penser le grand Charles de Gaule de ce qu’est devenu cette  France qu’il a toujours voulue indépendante et libre ? Il doit certainement se retourner dans sa tombe lorsqu’il voit que le porte-avions qui honore son nom est sous commandement étasunien.  

Tout récemment, c’est l’Allemagne qui est menacée de sanctions de la part d’Obama. Il ne saurait être question qu’elle accorde l’asile politique à Snowden, ce jeune informaticien à l’origine des informations portant sur l’espionnage illégal des Etats-Unis à l’endroit des citoyens et des pays.

Je conclue cette brève analyse que chacun pourra compléter à sa façon en prédisant que cette grande guerre à venir ouvrira toute grande les portes à l’avènement d’un monde multipolaire et polycentrique. Cette guerre marquera la fin de l’Empire et du grand rêve de la gouvernance mondiale placée sous son emprise.

La Russie, la Chine et les pays du BRICS seront tout à la fois l’inspiration et le moteur de la mise en place de ces nouveaux paradigmes. La suprématie impériale des Etats-Unis et de ses alliés fera désormais partie de cette sombre histoire d’un monde dominé par une oligarchie mondiale aux ambitions insatiables.   

Cette prédiction trouve ses fondements dans l’analyse des grandes tendances qui s’imposent de plus en plus au monde. Elle fait évidemment un acte de foi dans cette capacité de la Russie de vaincre les forces de l’empire.

Pour ceux et celles qui s’intéressent à certaines prédictions apocalyptiques, je suggère les conférences du Sheikh Imran Hosein sur la fin des temps. Il est un spécialiste de l’eschatologie révélée dans le Coran et la lecture qu’il fait de cette grande guerre à venir est celle d’une Russie renouvelée, profondément identifiée à l’Église orthodoxe de Russie et de Constantinople. C’est cette Russie qui saura porter ces nouvelles valeurs au monde qui surgira de cette grande guerre où seront vaincues les forces occidentales.

Oscar Fortin
Le 21 mars 2014