lundi 19 octobre 2015

SYNODE : UN CHANGEMENT DE RÉGIME S’IMPOSE



LE PEUPLE DE DIEU DOIT PASSER À L'ACTION



Cette expression de « changement de régime » nous est devenue familière depuis que Washington et ses alliés ont entrepris de changer les régimes politiques et économiques ne répondant pas à leurs attentes et intérêts. Au cours des quinze dernières années, ce fut, entre autres, le cas de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Libye, de l’Ukraine. En Syrie, la résistance, plus forte que prévu, tout comme en Amérique latine où les pays émergents donnent du fil à retordre à leurs opposants qui voient en eux la remise en question des privilèges et intérêt des oligarchies et de l’Empire. C’est le cas du Venezuela, de la Bolivie, de l’Équateur qui font du bien commun et de la démocratie participative la loi fondamentale de l’État. . Dans tous les cas, il ne s’agit pas de changements cosmétiques, mais de changements radicaux. C’est en ce sens radical qu’il faut parler d’un changement de régime dans l’Église.

Si les États, provocateurs de ces changements de régime, sont avant tout motivés par les intérêts politiques et économiques de leurs oligarchies, il n’en est pas de même, quant aux  motifs, pour le changement de régime qui s’impose à l’institution ecclésiale avec sa doctrine, son droit canonique, ses dicastères et ses hiérarchies de pouvoirs. Cette Église qui se projette dans le monde à travers le Vatican, la papauté, ses nonces apostoliques, ses cardinaux et évêques ne reflète en rien l’Église dont nous parle Jésus et que Paul de Tarse reprend sous différents angles dans ses lettres aux Romains, aux Corinthiens, aux Éphésiens.


L’apôtre Paul nous parle de l’Église comme d’un Corps au sein duquel tous les membres ont leur importance et répondent aux directives de celui qui en est la Tête. Tous les croyants et toutes les croyantes qui agissent dans l’esprit de ce Corps, qu’est l’Église, sont invités à agir dans l’humilité, sans prétention de pouvoir et soucieux de servir au mieux la volonté de Jésus à travers leurs frères humains.

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l`intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait (… ) Ayez les mêmes sentiments les uns envers les autres. N`aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne soyez point sages à vos propres yeux. » Rm 12,2 et 16

À la lumière de cette approche inscrite au cœur de l’Église, pensée et voulue par Celui qui en est le maître, qu’en est-il de l’Église telle qu’elle se présente au monde d’aujourd’hui? Il n’est pas question de juger ou de condamner qui que ce soit, mais de regarder cette institution ecclésiale devenue davantage le produit d’une histoire humaine que d’une histoire divine. N’y reconnaissons-nous pas tous les traits d’un pouvoir temporel aux us et coutumes des grands et des puissants de ce monde? Depuis la grande alliance impériale avec Constantin ne s’est-elle pas livrée aux régimes des puissants de leurs hiérarchies l’échelle des valeurs et de la domination du monde leur premier et grand objectif?

Le pape François est bien conscient de ce décalage entre l’Église voulue et soutenue par Jésus et l’Église enracinée dans les valeurs de pouvoir et de domination. Dans son homélie du 18 octobre   à la chapelle de Santa Martha, il y a eu certaines phrases que je me permets de vous traduire de l’espagnol au français.

« Chacun de nous, en tant que baptisé, participe au sacerdoce du Christ…

« Le vrai pouvoir, il est dans le service. Jésus s’est fait le serviteur des serviteurs…

«  Face à ceux qui recherchent toujours plus de pouvoir et de succès, les disciples sont appelés à faire le contraire…

«  Jésus nous invite à changer de mentalité, de passer du désir du pouvoir à la joie de passer inaperçu dans le service..

«  Celui qui sert les autres et vit sans rechercher les honneurs exerce la vraie autorité dans l’Église…

Ces consignes fondamentales sont loin d’être reflétées dans l’institution ecclésiale devenue un État et un lieu de pouvoir économique et hiérarchique que se disputent évêques et cardinaux. Les titres honorifiques et les soutanes aux couleurs diversifiées en marquent le prestige. Ce n’est pas demain la veille où nous verrons ces messieurs, les cardinaux et évêques, se dépouiller de tous ces privilèges pour, comme le suggère le pape, passer inaperçu dans le service.

Ce changement ne sera possible que si le Peuple de Dieu, cette Église qui vit hors des murs du Vatican et de cette institution de pouvoir, élève la voix et exige de ses pasteurs de les rejoindre dans la grande maison dont Jésus et son Esprit sont les hôtes. Pour y entrer, il faut se présenter dans la tenue de l’humble serviteur qui, à l’exemple du maître, se fait tout à tous et à toutes.

Il n’est pas superflu de rappeler ici que le pouvoir de lier et de délier les fautes n’a pas été donné seulement à Pierre, mais qu’il a également été donné au Peuple de Dieu.

À Pierre, il dit : « je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. Mt.16,19

Aux communautés de croyants, il dit tout autant : « Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. » Mt 18,18

Le baptisé n’est pas seulement celui à qui on enseigne, mais d’abord et avant tout un acteur important dans l’action évangélisatrice de l’Église. Il participe aux dons et charismes de l’Esprit et, à ce titre, il a pleine autorité pour agir dans le sens de ces dons.. L’Esprit n’a pas besoin de passer par une hiérarchie ecclésiale pour distribuer ses dons. Il le fait comme bon il l’entend. C’est lui qui donne la parole à ceux et celles qui ont le don de prophétie pour qu’ils prophétisent en toute liberté. À d’autres le don d’enseigner. Les dons sont multiples et permettent à toutes les communautés d’y trouver toutes les ressources pour vivre pleinement le mystère de l’Église et de sa sacramentalité.

Le temps d’un changement de régime dans l’Église est donc arrivé. Les communautés chrétiennes et toutes les personnes de bonne volonté doivent se lever pour assumer une participation pleine et entière dans le devenir de cette Église créée pour servir et non pour être servie. 

Quelques actions à mener à court terme 

D’abord, l’opération dépouillement de tout le superflu et de tout ce qui met en évidence cette hiérarchie de pouvoirs et d’autorité. C’est le cas de tout ce décorum non nécessaire des vêtements qui tirent leurs origines des Cours Royales. Il en va de même pour tous les titres qui élèvent le personnage au-dessus des autres. C’est le cas de ces expressions Excellenticime, Sa Sainteté, Éminence, mon Révérend, etc. Pourquoi ne pas s’appeler tout simplement frères et sœurs en Jésus ressuscité? Ne sommes-nous pas les enfants d’un même Père éternel?

Que l’usage de tous ces titres honorifiques en référence à des pouvoirs hiérarchiques soient aboli. Qu’il suffise que nous nous appelions frères et sœurs comme le fait si bien ce président de la Bolivie, Evo Morales pour qui son peuple n’est composé que de frères et de sœurs. N’en va-t-il pas de même pour l’Église?

En second lieu, transformer l’approche pastorale doctrinaire en une approche de concertation et d’accompagnement avec la communauté. Que cette dernière ait l’opportunité de dire son mot et qu’il soit pris en considération, même si la doctrine opine, dans sa lettre, différemment.

Il en va de même lorsque vient le temps de choisir des présidents d’assemblée et de célébration du MÉMORIAL que nous a laissé Jésus. N’a-t-il pas dit que lorsque deux ou trois sont réunis en son nom, il est au milieu d’eux? Rien n’empêche Jésus par la voix de la communauté de nous faire vivre ces moments intenses de la dernière cène. Le sacerdoce du baptême étroitement uni à celui de Jésus peut très bien se célébrer sur cette base d’une communion intense avec Jésus présent au milieu d’eux. Il n’est pas nécessaire de faire des études en théologie pour présider le Mémorial du Seigneur en sa compagnie. 

Il est évident que c’est toute la sacramentalité dans sa symbolique qui doit être repensée en fonction des réalités d’aujourd’hui. Lorsqu’il faut des discours pour faire comprendre la signification d’un signe, d’un sacrement, c’est que le signe pose problème. Il devrait signifier directement ce pour quoi il est là. À ce titre, ce rafraîchissement de la sacramentalité devrait se faire en étroite communion avec le Peuple de Dieu. Des suggestions originales pourraient en surgir.

Je conclus en disant que la communauté chrétienne a toute l’autorité voulue pour expérimenter et vivre la sacramentalité à travers des signes qui parlent par eux-mêmes et qui donnent un sens à ceux et celles qui y participent. Nous pourrions prendre chacun des sacrements et voir comment la communauté des croyants pourrait leur donner un sens pour les temps que sont les nôtres.

À l’écoute de l’Esprit et avec un sens profond de communion et de solidarité entre les communautés chrétiennes, les pasteurs et les prophètes, les voies de l’avenir s’ouvriront et l’Église surgira dans toute sa richesse humaine et spirituelle. Le Peuple de Dieu sera alors redevenu cette Église qui anticipe sur terre  ce Royaume promis en Jésus par le Père.

Oscar Fortin
Québec, le 19 octobre 2015 

http://humanisme.blogspot.com










mercredi 14 octobre 2015

ISAIE PROPHÈTE DES TEMPS MODERNES

NOTE: Il s'agit d'un article écrit en 2007 que je me permets de reproduire pour les temps que nous vivons.  Je laisse aux lecteurs et lectrices de réactualiser les principaux acteurs qui marquent, aujourd'hui,  le destin des peuples. Bush laisse la place à Obama, Benoit XVI cède la sienne au pape François. Plusieurs pourront voir en Poutine le Cyrus des temps modernes. Le message du prophète Isaie garde toute son actualité.

Relire ce prophète à la lumière des temps présents apporte un éclairage qui mérite qu’on s’y attarde. Dès ses premières interventions, Isaïe donne le ton sur le culte qui plaît à l’Éternel et sur ce qu’il fait pour apporter justice et paix.


« Cessez d'apporter de vaines offrandes : J'ai en horreur l'encens, Les nouvelles lunes, les sabbats et les assemblées ; Je ne puis voir le crime s'associer aux solennités. Quand vous étendez vos mains, je détourne de vous mes yeux ; Quand vous multipliez les prières, je n'écoute pas : Vos mains sont pleines de sang. Apprenez à faire le bien, recherchez la justice, Protégez l'opprimé ; Faites droit à l'orphelin, Défendez la veuve. (Is.1, 13-17) »



Le ton est donné : le culte pour le culte ne l’intéresse aucunement. Il n’a que faire de ces prières et de ces dévotions de complaisance. Il a un impératif autrement plus important qui met à l’épreuve la sincérité du cœur : recherchez la justice, faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. En d’autres mots, soyez justes, bons et sincères.

Cette justice dont parle le prophète est une préoccupation constante qui traverse tout l’Ancien et le Nouveau Testament. Déjà le choix d’Abraham porte le mandat de pratiquer la droiture et la justice pour que s’accomplisse les promesses de l’Éternel (Gn. 18 :19). Ce dernier jugera le monde avec justice, il jugera les peuples avec droiture (Ps.9 :9). Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son cœur (Ps.15 :2) trouvera grâce à ses yeux. La pratique de la justice et de l’équité, voilà ce que l’Éternel préfère aux sacrifices. (Pr.21 :3) « Celui qui marche dans la justice, Et qui parle selon la droiture, Qui méprise un gain acquis par extorsion, Qui secoue les mains pour ne pas accepter un présent, Qui ferme l'oreille pour ne pas entendre des propos sanguinaires, Et qui se bande les yeux pour ne pas voir le mal. Celui-là habitera dans des lieux élevés ; Des rochers fortifiés seront sa retraite ; Du pain lui sera donné, De l'eau lui sera assurée. » (Is.33 :15-16)

"Mais malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, et qui joignent champ à champ, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus d'espace, et qu'ils habitent seuls au milieu du pays ! Malheur à ceux qui appellent le mal bien, et le bien mal, Qui changent les ténèbres en lumière, et la lumière en ténèbres, Qui changent l'amertume en douceur, et la douceur en amertume; Qui justifient le coupable pour un présent, Et enlèvent aux innocents leurs droits ! Malheur à ceux qui prononcent des ordonnances iniques, Et à ceux qui transcrivent des arrêts injustes, pour refuser justice aux pauvres, et ravir leur droit aux malheureux de mon peuple, pour faire des veuves leur proie, et des orphelins leur butin ! "(Is.5-10)

Hugo Chavez Frias s’exprimant à le veille de Noël devant une association catholique, déclarait : « Le monde appartient à tous, toutefois des minorités, les descendants de ceux-là mêmes qui crucifièrent le Christ, les descendants de ceux-là mêmes qui expulsèrent Bolivar d’ici et le crucifièrent d’une certaine manière à Santa-Marta, en Colombie ; une minorité s’est approprié les richesses du monde ; une minorité s’est approprié l’or de la planète, l’argent, les minéraux, l’eau, les bonnes terres, le pétrole, les richesses donc, et les a concentrées entre quelques mains : moins de 10 % de la population mondiale est propriétaire de plus de la moitié des richesses du monde » [6]. http://www.voltairenet.org/article133475.html

Comment ne pas entendre ce cri des deux tiers de l’humanité qui crépissent dans la sous-alimentation, la misère, privés de leurs biens et dominés par des oligarchies nationales et internationales? Comment ne pas entendre le désespoir de ces milliers d’immigrants et de réfugiés refoulés aux portes des sociétés bien nantis? Comment ne pas voir cette force manipulatrice qu’ont les médias, transformant le vrai en faux, le faux en vrai, le saint en diable et le diable en saint. « Rends-moi justice, ô Dieu, défends ma cause contre une nation infidèle! Délivre-moi des hommes de fraude et d’iniquité! Sois vainqueur, monte sur ton char, défends la vérité, la douceur et la justice, et que ta droite se signale par de merveilleux exploits. (Ps.43 :1;45 :4) »

Au temps d’Isaïe, Cyrus, le roi des Perses, a été choisi par l’Éternel pour apporter justice au peuple. « C’est moi qui ai suscité Cyrus dans ma justice. J’aplanirai toutes ses voies; il rebâtira ma ville et libèrera mes captifs, sans rançon ni présent, dit l’Éternel des armées. » (Isaïe 45 :24)


Qui sont, aujourd’hui, les Cyrus qui livrent le combat de l’Éternel, apportant justice, libérant les captifs, redonnant le pays à leur peuple? Est-ce un G.W. Bush, à la remorque des multinationales et des privilèges de domination dont il dispose? Est-ce le roi Juan Carlos d’Espagne dont la fortune le place aux premiers rangs des grandes fortunes du monde? Ou plutôt, ne seraient-ce pas un Fidel Castro, redonnant à tout un peuple, dignité, santé, éducation, un Evo Morales, remettant les richesses de son pays au service des besoins de son peuple, un Hugo Chavez, chassant l’impérialisme pour redonner à son peuple plein pouvoir sur ses richesses? Chacun peut faire sa liste sur la base de ceux qui s’adonnent à donner consistance à la justice par rapport à ceux qui se réclament de toutes les libertés pour mieux manipuler et piller.


« Ainsi parle l'Éternel : Pratiquez la justice et l'équité ; délivrez l'opprimé des mains de l'oppresseur ; ne maltraitez pas l'étranger, l'orphelin et la veuve ; n'usez pas de violence, et ne répandez point de sang innocent dans ce lieu. "(Jér. 22 :3)


Que ceux qui ont des yeux pour voir, voient, des oreilles pour entendre, entendent.

Oscar fortin
17 novembre 2007

samedi 10 octobre 2015

LORSQUE LA PEUR DEVIENT L’ARME DE DOMINATION


TOUTE LIBERTÉ DEVIENT IMPOSSIBLE




Je me souviens de l’histoire du Bonhomme Sept Heures qui poursuivait tous les enfants qui n’étaient pas entrés à la maison avant sept heures. Il était, évidemment, un personnage imaginaire au service des parents qui voulaient que leurs enfants soient à la maison avant 7 heures. La peur de ce personnage maléfique suffisait pour qu’à l’heure désignée les enfants soient de retour à la maison. 

Cet usage de la peur est vite devenu l’arme privilégiée de ceux et celles qui ont pour objectifs la conquête et la domination du monde. Le personnage imaginaire du Bonhomme Sept Heures s’est transformé en un personnage bien réel dont le nom est TERRORISME. Il y a eu à travers les siècles du terrorisme qui a servi les brigands, les voleurs, les psychopathes et nombre de personnes inadaptées aux sociétés ambiantes. Ce n’est évidemment pas de ce terrorisme dont il est question dans cet article. Il s’agit plutôt de ce terrorisme structuré et organisé pour créer la peur et les conditions favorisant la prise de contrôle d’un gouvernement, d’un territoire, des richesses qui s’y trouvent. Nous vivons à l’ère de ce terrorisme qui ne frappe pas seulement l’imaginaire, mais bel et bien les personnes, femmes, enfants, hommes, gouvernants, institutions, etc.

En Occident, me référant particulièrement à l’Europe et à l’Amérique, ce terrorisme nous a été présenté par nos gouvernants comme l’ennemi numéro un à abattre. C’est d’ailleurs au nom de cette lutte contre le terrorisme, source de la peur des peuples, que nos armées et tous les services secrets à leur disposition, sans oublier l’apport essentiel des moyens de communication, sont partis pour le combattre là où il se manifestait le plus. Des centaines de milliards de dollars et des milliers de soldats morts au combat ont été le prix consenti pour vaincre cet ennemi insaisissable.

Ce réveil à ce Bonhomme Sept Heures des temps modernes s’est réalisé de façon toute particulière avec cette attaque « terroriste » du 11 septembre 2001 où le monde entier a pu voir de ses yeux la terreur dont leurs auteurs étaient capables. Suite à un tel crime, il ne faisait plus aucun doute que ces terroristes étaient devenus ce que l’humanité avait le plus à craindre. Nos gouvernements n’ont pas perdu de temps, à commencer par celui des États-Unis, pour partir en guerre contre ce terrorisme sans frontières pouvant frapper n’importe où. Un motif de plus pour les apôtres de la lutte antiterroriste d’agir sans se préoccuper des frontières et du droit international. Ce fut la guerre en Irak avec plus d’un million de morts, la guerre en Afghanistan avec plusieurs centaines de milliers de morts,  la guerre en Libye avec ses 250 000 morts et maintenant en Syrie dont le bilan dépasse déjà les 100 000 morts. Tout cela sans parler des blessés et des milliers de victimes du terrorisme.

Si le Bonhomme Sept Heures de notre enfance était le produit imaginaire de nos parents,  il n’en est plus de même avec « le terrorisme » créature réelle, formée, financée et armée par ceux-là même qui en prennent prétexte pour envahir des pays, détrôner des gouvernements, s’emparer de leurs richesses et s’imposer au monde. Il s’agit là d’un choc qui ne peut que bouleverser la conscience des peuples qui ont mis toute leur confiance dans leurs gouvernants et gouvernements. Une tricherie dont le secret aura résisté jusqu’au jour où le gouvernement de Russie, répondant à l’appel du gouvernement syrien pour lutter contre les terroristes, est entré en action. Ses attaques bien ciblées ont semé la terreur chez les terroristes dont un grand nombre a pris la fuite alors que d’autres se sont terrés dans des caches souterraines ou dans des mosquées. C’est alors que les soi-disant ennemis du terrorisme sont sortis pour se porter à la défense de ce terrorisme mis en déroute par les bombardements de la Russie et les attaques terrestres de l’armée syrienne.

Plutôt que de se réjouir de cet apport important de l’aviation russe dans cette lutte contre le terrorisme, ils deviennent tout d’un coup hystériques devant ces victoires successives de l’intervention russe contre ces terroristes. Ils réagissent comme s’ils étaient eux-mêmes les victimes de ces attaques. Il suffit de lire la requête de Brzezinsky à Poutine ou encore la déclaration de McCain qui demande une intervention militaire contre le gouvernement de Syrie. De fait les évènements se multiplient et confirment qu’il en est bien ainsi. Les terroristes font partie de cette armée secrète dont les mandats et les objectifs n’ont pas à se soumettre à des lois internationales pas plus qu’aux droits de l’homme.

Les larmes que nous avons versées devant la cruauté des crimes commis par ces terroristes ainsi que la haine qu’ils ont semée en nous se retournent aujourd’hui contre ceux et celles en qui nous avions mis toute notre confiance et qui se révèlent être les véritables auteurs intellectuels de ces horreurs. Nos médias, asservis aux pouvoirs dominants, ne peuvent échapper à cette responsabilité pour les crimes commis et pour avoir trompé sciemment les peuples.

Je vous invite à lire cet article qui développe bien la mise à nue de cette armée secrète. À chacun d’en tirer ses propres conclusions. Il y a également celui-ci qui va dans le même sens.

Le « Bonhomme Sept Heures»,  de nos parents, tout à fait inoffensif est devenu le « terrorisme offensif et cruel» de l’Empire .


Oscar fortin
Le 10 octobre 2015