vendredi 20 novembre 2015

SYRIE:QUI A AUTORITÉ POUR EXIGER LE DÉPART D’ EL-ASSAD?













Voilà bien une question qui met à l’épreuve les défenseurs de la démocratie et du droit international. Les États-Unis et la France réclament haut et fort le départ du président de Syrie, Bachar el-Assad. Bien plus, ils se font les promoteurs et le soutien d’une armée, dite libre, de l’opposition syrienne en vue de créer le chaos et de forcer ainsi le départ ou l’assassinat de l’actuel président de Syrie. Ce dernier, bien qu’élu par son peuple, est devenu persona non grata des principaux dirigeants des pays de l’Occident. Personne ne se surprendra que le leadership de cette opération soit assumé par les États-Unis d’Amérique et la France.

« Je n’imagine pas une situation dans laquelle nous pouvons mettre fin à la guerre civile en Syrie, avec Assad qui resterait au pouvoir », a déclaré M. Obama en marge d’un forum économique à Manille

« Nous devons tout faire pour qu'une transition politique puisse être trouvée en Syrie, cette transition passe par le départ de Bachar al-Assad. » Hollande aux Nations Unies.

Les citations de ces deux principaux intervenants sont présentes dans presque chacune de leurs interventions relatives au peuple et au gouvernement syrien. À les écouter, ils sont ceux qui savent ce qui convient le mieux à ce peuple. Ils l’ont dit et le répète à qui veut l’entendre « le président Bachar Al-Assad ne peut faire partie de la solution ». Le régime politique dont il se fait le défenseur n’est tout simplement pas celui qui convient aux besoins et intérêts de son peuple. Tout ce qui reste à ce Président c’est qu’il libère la place avant qu’on l’y oblige par la force.

Cette approche impériale et coloniale des États-Unis et de la France n’est pas partagée par la Russie et encore moins par le président Bachar Al Assad et son peuple qui l’a assuré de sa confiance. Ce fut le cas lors du référendum de février 2012, sur la modification de la constitution et lors des élections présidentielles, en juin 2014.

Dans une entrevue récente au Magasine français « Valeurs actuelles », le président Assad a répondu à cette question portant sur son départ obligé.

« Je répondrais tout d’abord par la question suivante : le peuple syrien a-t-il désigné le président Hollande pour être son porte-parole ? Accepteriez-vous, en tant que citoyen français, qu’une remarque pareille vienne d’un homme politique étranger, quel qu’il soit ? Ne serait-ce pas une offense au peuple français ? Nous voyons les choses de manière identique. N’est-ce pas insulter le peuple syrien que de tenir de tels propos ? Cela ne veut-il pas dire qu’il ne reconnaît pas ce peuple ?

Il en va de même avec l’argumentaire russe qui y fait valoir le droit international des peuples à disposer eux-mêmes de leur propre destin.

Lavrov, ministre des Relations extérieures de Russie : La politique russe ne consiste pas à demander à quelqu’un de démissionner. Le changement de régime n’est pas notre profession

Poutine à la T.V. américaine : Il n'existe aucun moyen de régler le problème syrien autrement que par le renforcement des institutions d'État légales en place et en les aidant à combattre le terrorisme.”

Il y  a donc un fossé infranchissable qui sépare la compréhension que se font les États-Unis et la France de la démocratie et du droit international par rapport à celle que se fait la Russie. Pour les premiers, la démocratie est surtout la participation contrôlée d’un peuple à l’élection de ses représentants. Le contrôle de cette participation aux suffrages universels peut prendre de multiples formes, allant de la corruption jusqu’au contrôle de chaque étape du processus électoral lui-même. Par son vote, le citoyen a le sentiment de participer au choix de ses dirigeants et du régime politique de son État.

Tant que les peuples s’accommodent de cette démocratie, l’empire, les oligarchies et leurs alliés en font l’apothéose de la liberté. Toutefois, lorsque des peuples prennent conscience de cette grande tricherie et décident de récupérer leur démocratie en la transformant en un pouvoir du peuple pour le peuple, alors, là, la démocratie perd de son charme pour l’empire et les oligarchies qui en avaient le plein contrôle. Ce fut le cas, en 1973, du peuple chilien sous la gouverne de Salvador Allende. Ce fut également le cas, en 2009, du Honduras, sous la gouverne de Manuel Zelaya. C’est actuellement le cas du Venezuela de Chavez et de Maduro, de la Bolivie d’Évo Morales, de l’Équateur de Rafael Correa. Ces derniers sont constamment menacés par des coups d’État et des interventions terroristes visant la déstabilisation et le renversement de leurs gouvernements. Pourtant, aucun de ces pays ne peut être accusé de torturer et de massacrer leurs peuples. Aucun ne peut les accuser de manipuler en leur faveur le système électoral. Pour ce qui est du Venezuela, la Bolivie et l’Équateur, ils ont un système électoral qui ne permet pas la fraude. L’ex-président des États-Unis et un habitué du suivi d’élections, dans diverses régions du monde, a qualifié le système de votation du Venezuela comme l’un des plus fiables au monde. Alors, c’est quoi ce harcèlement des chantres de la démocratie et du droit international?

Ce que veulent les têtes dirigeantes de l’Occident ce n’est ni la démocratie, ni le respect du droit international, sinon le plein contrôle des peuples, des gouvernements et des richesses. Ils veulent être les maîtres du monde. Que ce soit l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Ukraine et tous ces pays de l’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient qui leur échappent encore, l’objectif recherché est le même.  

Ce n’est pas pour rien, si ces têtes dirigeantes de l’Occident ont perdu toute crédibilité. Tout est combine et manipulation. Le mensonge et l’hypocrisie sont devenus leur réalité.

Je vois de façon très positive l’actuation de Vladimir Poutine dans le sens du respect du droit international et de celui des peuples à disposer d’eux-mêmes. Son intervention en Syrie vient renforcer le respect des institutions démocratiques et donne un signal clair à l’empire et à ses acolytes que le jeu de l’interventionnisme et du terrorisme prend fin. Il a les armes et l’intelligence de leur usage pour que ses “partenaires récalcitrants” y réfléchissent, deux fois plutôt qu’une,  avant de poursuivre dans le sens de l’interventionnisme qui ne respecte ni les peuples ni leurs droits.


Oscar Fortin
Le 20 novembre 2015



Kissinger :




mercredi 18 novembre 2015

POUTINE DÉCLARE LA GUERRE AUX TERRORISTES ET À LEURS COMPLICES



"Nous le ferons conformément au droit des peuples à se défendre" (art.51 d’ONU)



Les préambules sont terminés, Poutine déclare la guerre aux terroristes et à leurs complices. Dans cette guerre, il n’y a pas de place pour des collaborateurs qui ne partagent pas les valeurs de la Russie dans ses politiques extérieures. La seule coalition possible sera celle qui unira les partenaires qui partagent les mêmes défis des temps que nous vivons.

Ce message de Poutine marque un changement fondamental dans l’approche visant à résoudre pacifiquement et politiquement les conflits en cours. Il y a une ligne rouge qui a été dépassée et qui ne permet aucune marche arrière. Cette ligne rouge a été franchie avec l’acte terroriste qui a conduit à la mort au Sinaï les 224 passagers de l’avion Airbus 321 d’une ligne aérienne russe. Les enquêtes, menées avec le plus grand soin, confirment qu’il s’agit d’un acte terroriste.

Rarement ai-je vu un Vladimir Poutine avec autant d’émotions contrôlées et de détermination à donner suite à ce combat à finir avec les terroristes et leurs complices. Que les pays et les organisations qui les soutiennent que ce soit en formation, en armements,  en financement, se le tiennent pour dit. Il connaît au moins 40 de ces pays dont un certain nombre intègrent le G-20. Il ne sait d'ailiers pas gêné pour le leur dire lors du dernier sommet, les 15 et 16 novembre dernier.

Ici son message au complet. À écouter deux fois plutôt qu’une. C’est vraiment du sérieux. Poutine ne parle pas pour ne rien dire.




Je pense qu'un page importante vient d'être tournée.  Comme il le dit lui-même des évènements vont se produire dans les jours qui viennent.


Oscar Fortin
Le 18 novembre 2015

Http://humanisme.blogspot.com 

dimanche 15 novembre 2015

LORSQUE LA VIOLENCE FRAPPE À NOS PORTES

NOUS EN RESSENTONS TOUTE LA SOUFFRANCE



 Les actes terroristes qui ont frappé aux portes des Parisiens ont semé la terreur et la mort d’innocentes victimes qui éveillent en nous, tout à la fois, la colère et l’insécurité. Si les citoyens, dans leur ensemble, ne comprennent pas le pourquoi de ces actes terroristes et encore moins ceux et celles qui en sont les auteurs, d’autres, par contre, en savent beaucoup plus.  

Le terrorisme organisé qui se manifeste à des moments précis et sous diverses formes n’est pas le résultat d’une action spontanée. Il se révèle de plus en plus à travers des actions téléguidées visant des objectifs politiques bien précis. Je pense qu’il est urgent que des journalistes et chercheurs indépendants fouillent de plus près les avenants et aboutissants de l’utilisation des budgets militaires mis à la disposition des gouvernements par leurs citoyens et citoyennes. Où vont ces milliards de dollars et à quoi et à qui servent-ils vraiment?

Dans ce contexte, les résultats de certaines recherches donnent matière à réflexion. Je porte à votre attention ce documentaire, toujours de grande actualité, qui porte sur les armées secrètes que certains gouvernements forment, financent, arment en marge des armées officielles. À vous d’en apprécier le contenu et son niveau de crédibilité. Il s’agit de la vidéo insérée dans l’article donnée en référence.

À la lumière de ces faits, nous ne pouvons plus nous contenter des versions officielles que nous présentent gouvernements et médias sur ces actes terroristes. Il nous faut creuser plus à fond les témoignages et écouter avec plus d’ouverture d’esprit les points de vue qui en diffèrent. Les arguments et les analyses qui nous renvoient à des faits et à des témoignages de personnes crédibles pour leur indépendance et leur professionnalisme devraient retenir notre attention.


Je termine par ces propos du président Français, François Hollande et que le président de Syrie, Bachar ail Assad pourrait faire siens.

« C'est une terrible épreuve qui, une nouvelle fois, nous assaille, nous savons d'où elle vient, qui sont ces criminels, qui sont ces terroristes, nous devons dans ces moments si difficiles, et j'ai une pensée pour les victimes, très nombreuses, pour leurs familles, pour les blessés, nous devons faire preuve de compassion et de solidarité. Mais nous devons également faire preuve d'unité et de sang froid. Face à la terreur, la France doit être forte, elle doit être grande et les autorités de l'État fermes, nous le serons. Nous devons aussi appeler chacun à la responsabilité. Ce que les terroristes veulent, c'est nous faire peur, nous saisir d'effroi. Il y a effectivement de quoi avoir peur, il y a l'effroi, mais il y a face à l'effroi une Nation qui sait se défendre, qui sait mobiliser ses forces, et qui une fois encore saura vaincre les terroristes. »

Le président de Syrie dont le pays est assailli, depuis 2011 par des forces terroristes et des mercenaires étrangers, soutenus et armés de l’extérieur, a exprimé ses sympathies au peuple français et de façon particulière aux victimes de ces attentats. Il s’est dit d’autant plus près des Français que la Syrie vit une situation semblable depuis plus de 5 ans.

« La France a connu hier ce que nous vivons en Syrie depuis 5 ans",

Faut-il rappeler qu’en Syrie ce sont plus de 250 000 morts, hommes, femmes, enfants, pères et mères de familles? Je pleure les victimes de ce terrorisme tant à Paris qu’en Syrie. Je condamne ces actes terroristes et tout particulièrement ceux qui  recrutent et forment ces terroristes, les arment, les financent et les manipulent. Ces derniers, bien protégés par les secrets d’État, sont à la source de tous ces crimes et de tous ces maux qui rongent l’humanité entière. Il est temps de lever le voile sur ces secrets criminels et antidémocratiques. Il est temps que le professionnalisme de nos journalistes et chercheurs se mettent à l'oeuvre pour que la vérité retrouve toute sa place.


Oscar Fortin
Le 15 novembre  2015




mardi 10 novembre 2015

UNE GUERRE POUR SAUVER L'ORDRE INTERNATIONAL


MAIS DE QUEL ORDRE INTERNATIONAL S’AGIT-IL ?




Dans une déclaration, datée du 8 novembre, le grand patron du Pentagone, Ashton Carter, déclarait ceci :

« Les États-Unis réfléchissent à de nouvelles variantes de dissuasion de la Russie qui défie l'ordre international. Selon M. Carter, Washington entend s'opposer à Moscou par tous les moyens, y compris militaires. » 

Le message ne prête à aucune confusion, sauf qu’il ne nous dit pas en quoi consiste cet « ordre international ». Comment savoir si cette approche est celle qui répond le mieux aux attentes des peuples et des nations? Jusqu’à quel point cet ordre international pour lequel ils sont prêts, si nécessaire, à une guerre totale, rejoint-il véritablement les grands principes des Nations Unies qui fondent la Charte des droits de la personne et des peuples ?  Les réponses à ces questions éclaireront inévitablement les motifs de ceux qui défient cet ordre international voulu et défendu par les États-Unis et ses alliés.

Quel est donc cet « ordre international » qui plaît à Washington et à ses alliés?

Dans un article du Monde diplomatique, daté de 2003, Sami Naïr introduit sa réflexion sur le nouvel ordre mondial par ces mots :

« C’est au nom d’un “nouvel ordre international que George Bush père avait mené la première guerre du Golfe. Douze ans après, son fils prépare la seconde sous le signe de l’unilatéralisme agressif, qui caractérise l’action de Washington dans les domaines de l’armement, de la justice internationale, de l’environnement, du commerce, des droits de la personne... et des guerres préventives. »

Cet énoncé résume assez bien l’ordre international qui caractérise l’approche de Washington dans ses relations avec les autres peuples du monde. Si au début de ce siècle, l’appui inconditionnel de l’Europe ne lui était pas acquis, aujourd’hui c’est maintenant chose faite. La France, l’Allemagne, la Belgique et les forces de l’OTAN sont entrées dans le rang et font front commun avec les États-Unis dans ses guerres de conquête. C’est particulièrement le cas pour ses interventions en Libye, en Syrie, en Ukraine et contre la Russie. Nous pourrions également y ajouter ces nombreuses interventions contre les pays émergents de l’Amérique latine, dont le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur et bien d’autres…

Les États-Unis et ses alliés se font tous solidaires d’un ordre international unipolaire et centrique placé sous leur gouvernance. Ainsi, l’Empire, appuyé par ses alliés, est en mesure d’exercer son hégémonie sur le monde et de s’imposer comme juge et partie des lois et des droits. À ses yeux, l’ONU n’est qu’une référence à mettre à contribution lorsqu’elle permet de renforcer ses interventions dans le monde. Autrement, elle devient une référence négligeable sans importance dans la poursuite de ses projets de conquête et de domination. Il en est ainsi en Irak, en Libye, en Syrie, en Ukraine, au Venezuela et dans bien d’autres pays du monde.

Que les pays membres du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine. Afrique du Sud) et bien d’autres défient cet ordre international, cela peut se comprendre. Par contre, il est important de regarder ce qu’ils ont à proposer en échange.

L’Ordre international qui plaît à la Russie et à ses alliés

L’Ordre international dont se font les promoteurs la Russie et ses principaux alliés (BRICS) se présente sous l’angle d’un monde multipolaire et multicentrique où les peuples sont souverains et les États indépendants. Les regroupements régionaux constituent des prolongements de cette souveraineté des peuples dans le partage des diversités et dans la solidarité des complémentarités. Dans tous les cas, le bien commun des peuples ainsi que leurs intérêts nationaux et internationaux sont au cœur de ce nouvel ordre international. C’est à tout le moins ce qui est voulu et souhaité. Je vous réfère à un article intéressant sur ce nouvel ordre international.

La Russie et la Chine défient l’ordre international voulu par Washington en revendiquant le respect du droit international tel qu’il s’exprime dans la Charte des droits des Nations Unies portant sur les personnes et les peuples et les États. En termes concrets, ils s’opposent à un ordre international qui se caractérise par plusieurs facteurs dont les plus importants peuvent se résumer ainsi :

  • ·      Le caractère hégémonique d’un pouvoir central non démocratique
  • ·      La prédominance des intérêts de ce pouvoir sur tous les autres intérêts
  • ·      Le non-respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
  • ·      Le non-respect de l’indépendance des États.
  • ·      Le non-respect des droits des pauvres, des démunis, des déshérités, des opposants à leur hégémonie.
  • ·      La consécration du « capitalisme sauvage », des pouvoirs financiers, des industries militaires, principales sources de la pauvreté et des guerres dans le monde.

Lorsque le chef du Pentagone accuse la Russie de défier l’Ordre international, c’est à cet Ordre, voulu par l’empire, auquel il faut penser. L’Ordre international qui existe présentement est plutôt un désordre international qui se caractérise par la distorsion de la réalité humaine, sociale, politique, économique. Il y a l’anarchie des puissants qui contrôlent la finance, l’industrie militaire, les moyens de communication, les multinationales qui ont mainmise sur les deux tiers des richesses de la planète, etc. Il y a tous ces gouvernants, marionnettes de ces derniers qui se permettent d’envahir des États souverains, de renverser des gouvernements démocratiques, d’agir selon leurs intérêts sans prendre en compte celui des autres.

Les pays émergents d’Amérique Latine, d’Afrique, d’Asie et ceux du BRICS  disent non à ce désordre international tout en disant oui à ce monde multipolaire, multicentrique où les peuples et les nations seront respectés dans leur diversité, leur souveraineté et leur indépendance.

Je conclus avec cette conviction que les options relatives à l’ordre international font appel à deux mondes qui sont présentement aux antipodes de l’un et de l’autre. Il y a l’hégémonie du 1 % qui ne souhaite aucunement se départir de son pouvoir de domination du monde et il y a le cri des 99 % qui ne saurait tolérer plus longtemps qu’il en soit ainsi. Dans la situation actuelle, je prétends que la Russie et les pays émergents sont beaucoup plus à l’écoute de ce cri des 99 % que de celui du 1 %.


Oscar  Fortin
Le 10 novembre 2015