mardi 24 novembre 2015

LA TURQUIE ABAT UN AVION RUSSE EN SYRIE



QUE SERA LA RÉPONSE DE POUTINE?



Ce que la Turquie vient de faire à la Russie en abattant un de ses avions bombardiers, alors qu’il volait à l’intérieur de l’espace aérien syrien, a de quoi provoquer un affrontement direct majeur entre la Russie et la Turquie, entraînant par le fait même les pays de l’OTAN à se porter à la défense de cette dernière. C’est sans doute ce que recherchent la Turquie, l’OTAN et Washington.

Je ne pense toutefois pas que Vladimir Poutine se laisse entraîner sur cette voie, véritable piège ouvrant toutes grandes les portes d’un affrontement global en Syrie. Avec un peu de recul, il va plutôt prendre prétexte de cette attaque pour inviter Bachar al Assad de se prévaloir de tous ses droits pour que soit respecté intégralement l’espace aérien de la Syrie. Pour le moment, chacun entre et sort comme il veut. Il faudra qu’à l’avenir que tous ces vols aient l’autorisation du  Président syrien voler en territoire syrien. Autrement, ces vols seront considérés comme une menace à la sécurité nationale et pourront être abattus en tout temps. Il va de soi, que dans pareil contexte, la Russie et ses alliés mettront à sa disposition leurs satellites, les radars ainsi que les missiles sol-air les plus modernes capables d’abattre en tout temps tout avion violant son espace aérien.

Une telle mesure s’appliquerait tout autant aux avions de l’OTAN qu’à ceux des États-Unis. Ce serait fini ce temps où ces avions ennemis entraient et sortaient du pays à volonté sans se soucier de l’autorisation préalable de l’État syrien. Ainsi, en droit, la Syrie, soutenue par la Russie et ses alliés, serait justifiée d’assurer la protection de l’intégrité de son espace aérien et de son territoire. Un droit dont disposent tous les pays, conformément au droit international.

Ce serait, à mon point de vue, la meilleure réponse à apporter à ceux qui prétendent avoir tous les droits partout et en tout temps. En renforçant les institutions de l’État syrien et en lui assurant le support nécessaire, la Russie contribue ainsi à le protéger contre ceux qui veulent s’en emparer pour s’en faire un satellite placé sous leur autorité.

 S’il doit y avoir une guerre, elle se déroulera en terre syrienne, provoquée par les forces d’invasion des États-Unis et de l’OTAN. La Russie et ses alliés figureront, pour leur part, comme les défenseurs du droit international et du peuple syrien.

Dans les faits, je ne sais pas ce que va faire Vladimir Poutine, sans doute piqué à vif par cet attentat injustifié et provocateur contre un de ses bombardiers en pleine opération de lutte contre les terroristes.
Il n’y a pas de doute que cet événement, ajouté aux autres, va accélérer cette marche inévitable vers cette grande guerre de la fin des temps.

C’est ce qui me vient à l’esprit en apprenant cette tragédie.

Et vous, qu’en pensez-vous?


Oscar Fortin
Le 24 novembre 2015


samedi 21 novembre 2015

PRÉDICTIONS DE KISSINGER (février 2012)





NOTE: Il s'agit de prédictions fracassantes, faites en février 2012, du grand stratège étasunien, Henry Kissinger Dans l'article que j'avais alors écrit, je relevais quelques unes de ces prédictions. Elles prennent une signification toute particulière en ces temps que nous vivons et projettent sur les évènements un éclairage qui nous permet de mieux les comprendre.  Il ne fait aucun doute que les prétentions des États-Unies dont il se fait le grand promoteur conduisent directement à la domination du monde qui ne saurait lui échapper. Je ne sais si ce que nous présente la Russie, aujourd'hui, dans ses interventions en Syrie a de quoi l'ébranler dans sa certitude que les États-Unis sont la plus grande puissance militaire au monde et que la victoire d'une troisième guerre mondiale est à sa portée.



Lorsque ce géant de la politique internationale des Etats-Unis prend la parole sur ce qui se passe aujourd’hui dans notre monde, il y a lieu d’en prendre la juste mesure.

Dans une interview accordée récemment depuis son appartement de Manhattan, il a eu des phrases chocs qui méritent d’être relevées.

Sont-elles le produit d’un fin stratège qui joue une autre de ses cartes pour bluffer l’adversaire? Sont-elles le résultat d’un vieillard de 89 ans atteint de sénilité? Sont-elles tout simplement l’expression spontanée de ce qu’il pense vraiment? Je n’en retiendrai que quelques unes. Pour l’ensemble de l’interview aller à :


 Si vous ne pouvez pas entendre les tambours de guerre, il vous faut être sourd”

Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations, contrôlez la nourriture et vous contrôlez le peuple, contrôlez la monnaie et vous contrôlerez le monde. »

« Les États-Unis appâtent la Chine et la Russie, et le dernier clou dans le cercueil sera l’Iran, qui est, bien sûr, la principale cible d’Israël. Nous avons permis à la Chine d’accroître sa force militaire et à la Russie à se remettre de la soviétisation, pour leur donner un faux sentiment de bravade, cela va créer une mort conjointe plus rapide pour eux. »

«Nous avons dit aux militaires que nous aurions à prendre plus de sept pays du Moyen-Orient pour leurs ressources et ils ont presque terminé leur travail. Nous savons tous ce que je pense de l’armée, mais je dois dire, cette fois, qu’ils ont amplement obéi aux ordres. »

« Le grand ours Russe et la faucille chinoise seront réveillés de leur sommeil et c’est à ce moment qu’Israël va devoir se battre de toutes ses forces et de ses armes pour tuer autant d’Arabes qu’elle le peut. Espérons que si tout va bien, la moitié du Moyen-Orient sera aux israéliens. »

« Nos équipes de jeunes, aux États-Unis et à l’Ouest, sont préparés parce qu’elles ont été programmées pour être de bons soldats, de la chair à canon quand elles seront commandées pour sortir dans les rues et lutter… » 

« La guerre à venir sera si grave qu’une seule superpuissance pourra gagner, et ce sera nous autres. »

« Sur les cendres nous construiront une société nouvelle, il restera seulement une superpuissance de gauche, et seule, elle sera le gouvernement mondial qui gagne. »

 « N’oubliez pas, les États-Unis ont les meilleures armes, nous avons des choses qu’aucune autre nation n’a, et nous introduirons ces armes quand le moment sera venu."


Fin des citations

Que penser de tout cela ? À n’en pas douter les tambours de guerre se font entendre plus que jamais au Moyen Orient. S’agit-il d’une mise en scène froidement calculée et entièrement sous contrôle, comme le suggère M. Kissinger? Ce qu’il dit de la Chine et de la Russie n’est-il pas un peu « gros » de la part du diplomate qu’il a été et que je suppose être encore ?

Dire que je pensais que les Etats-Unis se portaient au secours des peuples réprimés du M.O. et que seule leur vocation humanitaire les guidait.

Oscar Fortin
Québec, le 15 février, 2012

vendredi 20 novembre 2015

SYRIE:QUI A AUTORITÉ POUR EXIGER LE DÉPART D’ EL-ASSAD?













Voilà bien une question qui met à l’épreuve les défenseurs de la démocratie et du droit international. Les États-Unis et la France réclament haut et fort le départ du président de Syrie, Bachar el-Assad. Bien plus, ils se font les promoteurs et le soutien d’une armée, dite libre, de l’opposition syrienne en vue de créer le chaos et de forcer ainsi le départ ou l’assassinat de l’actuel président de Syrie. Ce dernier, bien qu’élu par son peuple, est devenu persona non grata des principaux dirigeants des pays de l’Occident. Personne ne se surprendra que le leadership de cette opération soit assumé par les États-Unis d’Amérique et la France.

« Je n’imagine pas une situation dans laquelle nous pouvons mettre fin à la guerre civile en Syrie, avec Assad qui resterait au pouvoir », a déclaré M. Obama en marge d’un forum économique à Manille

« Nous devons tout faire pour qu'une transition politique puisse être trouvée en Syrie, cette transition passe par le départ de Bachar al-Assad. » Hollande aux Nations Unies.

Les citations de ces deux principaux intervenants sont présentes dans presque chacune de leurs interventions relatives au peuple et au gouvernement syrien. À les écouter, ils sont ceux qui savent ce qui convient le mieux à ce peuple. Ils l’ont dit et le répète à qui veut l’entendre « le président Bachar Al-Assad ne peut faire partie de la solution ». Le régime politique dont il se fait le défenseur n’est tout simplement pas celui qui convient aux besoins et intérêts de son peuple. Tout ce qui reste à ce Président c’est qu’il libère la place avant qu’on l’y oblige par la force.

Cette approche impériale et coloniale des États-Unis et de la France n’est pas partagée par la Russie et encore moins par le président Bachar Al Assad et son peuple qui l’a assuré de sa confiance. Ce fut le cas lors du référendum de février 2012, sur la modification de la constitution et lors des élections présidentielles, en juin 2014.

Dans une entrevue récente au Magasine français « Valeurs actuelles », le président Assad a répondu à cette question portant sur son départ obligé.

« Je répondrais tout d’abord par la question suivante : le peuple syrien a-t-il désigné le président Hollande pour être son porte-parole ? Accepteriez-vous, en tant que citoyen français, qu’une remarque pareille vienne d’un homme politique étranger, quel qu’il soit ? Ne serait-ce pas une offense au peuple français ? Nous voyons les choses de manière identique. N’est-ce pas insulter le peuple syrien que de tenir de tels propos ? Cela ne veut-il pas dire qu’il ne reconnaît pas ce peuple ?

Il en va de même avec l’argumentaire russe qui y fait valoir le droit international des peuples à disposer eux-mêmes de leur propre destin.

Lavrov, ministre des Relations extérieures de Russie : La politique russe ne consiste pas à demander à quelqu’un de démissionner. Le changement de régime n’est pas notre profession

Poutine à la T.V. américaine : Il n'existe aucun moyen de régler le problème syrien autrement que par le renforcement des institutions d'État légales en place et en les aidant à combattre le terrorisme.”

Il y  a donc un fossé infranchissable qui sépare la compréhension que se font les États-Unis et la France de la démocratie et du droit international par rapport à celle que se fait la Russie. Pour les premiers, la démocratie est surtout la participation contrôlée d’un peuple à l’élection de ses représentants. Le contrôle de cette participation aux suffrages universels peut prendre de multiples formes, allant de la corruption jusqu’au contrôle de chaque étape du processus électoral lui-même. Par son vote, le citoyen a le sentiment de participer au choix de ses dirigeants et du régime politique de son État.

Tant que les peuples s’accommodent de cette démocratie, l’empire, les oligarchies et leurs alliés en font l’apothéose de la liberté. Toutefois, lorsque des peuples prennent conscience de cette grande tricherie et décident de récupérer leur démocratie en la transformant en un pouvoir du peuple pour le peuple, alors, là, la démocratie perd de son charme pour l’empire et les oligarchies qui en avaient le plein contrôle. Ce fut le cas, en 1973, du peuple chilien sous la gouverne de Salvador Allende. Ce fut également le cas, en 2009, du Honduras, sous la gouverne de Manuel Zelaya. C’est actuellement le cas du Venezuela de Chavez et de Maduro, de la Bolivie d’Évo Morales, de l’Équateur de Rafael Correa. Ces derniers sont constamment menacés par des coups d’État et des interventions terroristes visant la déstabilisation et le renversement de leurs gouvernements. Pourtant, aucun de ces pays ne peut être accusé de torturer et de massacrer leurs peuples. Aucun ne peut les accuser de manipuler en leur faveur le système électoral. Pour ce qui est du Venezuela, la Bolivie et l’Équateur, ils ont un système électoral qui ne permet pas la fraude. L’ex-président des États-Unis et un habitué du suivi d’élections, dans diverses régions du monde, a qualifié le système de votation du Venezuela comme l’un des plus fiables au monde. Alors, c’est quoi ce harcèlement des chantres de la démocratie et du droit international?

Ce que veulent les têtes dirigeantes de l’Occident ce n’est ni la démocratie, ni le respect du droit international, sinon le plein contrôle des peuples, des gouvernements et des richesses. Ils veulent être les maîtres du monde. Que ce soit l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Ukraine et tous ces pays de l’Amérique latine, d’Afrique, d’Asie et du Moyen-Orient qui leur échappent encore, l’objectif recherché est le même.  

Ce n’est pas pour rien, si ces têtes dirigeantes de l’Occident ont perdu toute crédibilité. Tout est combine et manipulation. Le mensonge et l’hypocrisie sont devenus leur réalité.

Je vois de façon très positive l’actuation de Vladimir Poutine dans le sens du respect du droit international et de celui des peuples à disposer d’eux-mêmes. Son intervention en Syrie vient renforcer le respect des institutions démocratiques et donne un signal clair à l’empire et à ses acolytes que le jeu de l’interventionnisme et du terrorisme prend fin. Il a les armes et l’intelligence de leur usage pour que ses “partenaires récalcitrants” y réfléchissent, deux fois plutôt qu’une,  avant de poursuivre dans le sens de l’interventionnisme qui ne respecte ni les peuples ni leurs droits.


Oscar Fortin
Le 20 novembre 2015



Kissinger :