dimanche 6 mars 2016

L’ONCLE SAM À LA RECONQUÊTE DE L’AMÉRIQUE LATINE



(OBAMA AU G-20 2014) « L’un de ces principes étant selon lui « qu’on ne peut envahir d’autres pays ou financer des mandataires et les soutenir d’une manière qui désintègre un pays ayant des élections démocratiques.»



Pendant que l’attention mondiale est centrée sur les guerres au M.O., en Afrique et en Ukraine, l’Oncle Sam accentue les ressources financières et les moyens de pression et de manipulation pour renverser, cette fois-ci,  les gouvernements émergents du continent dont les plus ciblés sont le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Brésil et l’Argentine. II peut compter sur les oligarchies nationales, les épiscopats de chacun de ces pays  et, plus que tout, sur une presse locale, nationale et internationale entièrement dédiée aux conditionnements de l’opinion publique. Sa main mise sur le Mexique, la Colombie, le Honduras, le Chili, le Pérou et le Paraguay lui assure des appuis stratégiques et des espaces pour y déployer des bases militaires pouvant en tout temps se joindre directement ou indirectement aux interventions visant le renversement des gouvernements émergents.

L’arrivée de Chavez, en 1999, a été l’expression d’un changement fondamental fondé avant tout sur une Constitution rédigée en fonction des intérêts du peuple et reconnue comme telle par un référendum ouvert à tous les citoyens et citoyennes ayant droit de vote. Il ne s’agit plus d’une constitution rédigée par une élite et reconnue par un Parlement sans que le peuple n’ait eu son mot à dire. C’est donc sur la base de cette nouvelle Constitution que Chavez a été réélu Président du Venezuela. Avec cette Constitution, le peuple devient un acteur important tout autant pour cibler les grands objectifs des politiques à développer que pour les actualiser dans le quotidien de la vie du peuple.  L’avènement, pour ainsi dire, de la démocratie participative par rapport à la démocratie représentative du néo-libéralisme. C’est la naissance de ce « socialisme du vingt et unième siècle » tant décrié par ceux qui se sont nourris des pouvoirs de l’État pour satisfaire leurs intérêts individuels et tant célébré par ceux qui y ont enfin trouvé une place importante dans les politiques et la gouvernance de l’État.

Les années qui suivirent ne furent pas de tout repos : coup d’état raté en  avril 2002, référendum révocatoire, grèves commanditées par la droite à la pétrolière vénézuélienne.  En dépit de toutes actions visant la déstabilisation de Chavez et de son gouvernement, des progrès énormes ont été enregistrés quant à la diminution de la pauvreté, quant au rétrécissement des inégalités sociales.  Le chômage a diminué et la construction de résidences familiales et de redistribution de la richesse ont fait des bonds énormes. Les secteurs de la santé et de l’éducation ont connu un développement comme jamais auparavant.

Je recommande aux lecteurs et lectrices cet article excellent qui nous brosse le tableau du Venezuela d’avant Chavez et d’après Chavez.


Le 5 mars dernier, c’était le 3ièmr anniversaire du départ de Chavez pour un autre monde. Les témoignages furent éloquents et porteurs d’une grande inspiration pour donner suite à cette révolution qui continue d’être harcelée de toutes les manières par Washington et les oligarchies nationales.

Depuis la prise du pouvoir présidentiel par Nicolas Maduro, en 2013,  les actions déstabilisatrices se sont accentuées. Ce fut d’abord le refus de reconnaître les résultats de l’élection présidentielle et la provocation de soulèvements de groupes armés pour créer le chaos et semer la peur chez la population. Il en est résulté plus de 43 morts et plus de 60 blessés, sans compter les dommages matériels aux édifices publics et aux moyens de transport, etc. Ce fut ce qu’on appelle las guarimbas.

Le 8 décembre dernier, il y eut les élections pour la chambre des députés. Les représentants de droite, soutenus par une presse acquise à l’avance à leur combat et disposant de plusieurs millions de dollars US pour acheter des votes et corrompre le plus possible certains acteurs participant aux tables de scrutin, ont gagné la majorité de la chambre.  Le nouveau président de cette Assemblée des députés a eu comme première déclaration officielle que le président Maduro n’en aurait pas pour plus de six mois. Qu’ils allaient tout faire pour le chasser de la Présidence du pays. Qu’il ait été élu démocratiquement comme ils l’ont été eux-mêmes ne semble pas les impressionner particulièrement.

En mars 2015, le président Obama a déclaré le Venezuela comme étant une menace pour les intérêts et la sécurité des États-Unis. En jargon technique, il s’agit d’une déclaration de guerre les autorisant à intervenir au moment qu’ils le jugeront pertinent pour renverser ce gouvernement.
Le Venezuela, avec la réserve la plus importante  de pétrole au monde et l’ascendant qu’il exerce sur les autres pays de l’Amérique latine, demeure une cible de premier plan pour l’Oncle Sam et les oligarchies. Ceci ne veut pas dire que les pays comme la Bolivie, l’Équateur, l’Argentine et le Brésil soient épargnés .Loin de là, l’oncle Sam a les bras longs, dispose d’une morale qui le place au-dessus du droit international  et pour qui la vérité et le mensonge sont de la ‘pâte à modeler ».  Ce qu’ils viennent de faire contre Lula au Brésil et Évo Morales en Bolivie illustre à merveille que tous les moyens sont bons pour discréditer une personne et en faire un paria du peuple. Dans le cas d’Évo Morales, cette histoire est sortie au moment où culminait la campagne pour le référendum sur la modification de la Constitution portant sur le nombre de mandats autorisés pour les candidats à la Présidence et à la vice présidence. L’Équateur de Correa pas plus que l’Argentine de Cristina Fernandez n’ont échappé à pareilles campagnes de dénigrement.

Pour le moment, en Argentine, la droite a le contrôle du pouvoir exécutif, mais non de celui du législatif. Au Venezuela, la situation est juste à l’inverse, l’opposition a pris le contrôle du législatif, mais l’exécutif demeure sous le contrôle du socialiste bolivarien, Nicolas Maduro.

Heureusement qu’Obama nous a prévenus « qu’on ne peut envahir d’autres pays ou financer des mandataires et les soutenir d’une manière qui désintègre un pays ayant des élections démocratiques. »



Une histoire à suivre.

Oscar Fortin

Le 6 mars 2016








mercredi 2 mars 2016

L’Empire se résiste au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes






Dans le présent scénario, les États-Unis tiennent lieu et place de l’Empire, soutenu et alimenté par l’OTAN et les diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales qui oeuvrent à son service dans le monde. Ils se présentent à l’opinion publique mondiale comme les porteurs des grandes valeurs de l’Occident chrétien telles la liberté, la démocratie, la paix, le bonheur du plus grand nombre. L’ennemi ne peut être que celui qui interfère dans cette grande mission d’un monde unifiée sous la gouverne de cet Empire.

Cet ennemi est représenté par la Russie, soutenue, entre autres, par la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud (BRICS). L’objectif de ces derniers est d’ouvrir le monde à une ère nouvelle caractérisée avant tout par la multipolarité et la décentralisation. Une approche qui renforce les droits reconnus dans la Charte des Nations Unies, dont celles portant sur les droits des personnes et des peuples. L’opposition à une telle approche  ne peut  venir que de ceux qui dominent actuellement un monde unipolaire  et unicentrique.

À première vue, il s’agit d’une présentation qui peut paraître pour plusieurs simpliste et ne comporter aucun élément pouvant conduire à une guerre de destruction massive. De fait, qui nous dit que l’ennemi russe et ses alliés ne partageraient pas ces mêmes valeurs de l’Occident chrétien, tels la liberté, la démocratie, la paix et le bonheur du plus grand nombre. On peut se poser la même question pour l’ennemi occidental dont tous les alliés sont signataires de la Charte des droits des Nations Unies, dont ceux portant sur les personnes et les peuples.

Alors pourquoi les conflits se poursuivent-ils avec autant de violence ? Il y a une trêve présentement en Syrie entre les opposants qui ont choisi de baisser les armes.  Par contre, la lutte se poursuit contre les terroristes Daesh et a-Nostra.. Ce sont des terroristes armés et soutenus par des alliés de l’Occident, dont la Turquie et l’Arabie Saoudite. D’ailleurs, on apprend que la Turquie vient de se voir accorder un contrat de fournitures d’armes intelligentes de la part des États-Unis, même si cette dernière ne respecte pas la trêve de cesser de feu en Syrie. Derrière ces comportements se cachent d’autres intentions qui n’ont rien à voir avec la paix, la démocratie, la liberté et le bonheur de tous. Déjà, plusieurs analyses ont mis en évidence des objectifs de toute autre nature de celles mentionnées antérieurement.

La Russie, par son intervention en Syrie, répond à l’invitation du président Bachar el-Assad à se joindre à son peuple pour lutter contre les terroristes, lesquels constituent également une menace pour la Russie. C’est donc en totale conformité avec le droit international que sa présence se justifie dans cette guerre contre ces terroristes. Ce qui n’est évidemment pas le cas des pays de la coalition internationale sous la direction des États-Unis qui entrent et sortent de la Syrie sans se préoccuper de l’État syrien et de  son armée.

Nous sommes à la veille d'une guerre, comme jamais l’humanité en aura connu. De part et d'autre on s'assure que la dernière pièce de l’échiquier soit celle  qui, le moment venu, soit celle qui mette l’adversaire « échec au roi». Les forces des principaux belligérants se mettent en place. C’est le cas des chasseurs et bombardiers, des sous-marins et des frégates, des porte-avions et des missiles sol-air, des élites de combat ainsi que du déploiement des plus hautes technologies relayées par satellites et centres de contrôle. Chacun met en évidence ses muscles, ses technologies et ses capacités de vaincre l’autre.

À ce jour, la Russie a résisté aux provocations de toute nature (verbales-médiatiques-militaires) dont elle fut et est toujours victime. Dans la presse occidentale, on en fait le grand responsable de toutes ces guerres dont l’humanité pourrait se passer. On l’accuse d’à peu près de tous les mots. Si elle est à l’origine de la destruction des armes chimiques en Syrie. Si elle est l’artisane de la présente trêve de paix en Syrie et des négociations à Genève en vue d’y trouver la solution d’une paix durable, on prend bien soin de ne pas en relever l’importance.  Il en va de même pour la guerre que la Russie mène contre les terroristes en Syrie. L’Occident a pu constater qu’elle savait mener intelligemment et efficacement des combats contre ces forces terroristes.

Reste à savoir maintenant qui, le premier des deux antagonistes, enclenchera le dernier scénario de cette guerre apocalyptique. L’apôtre Jean, dans son livre du même nom, parle en ces termes de ceux qui en sortiront vaincus.

« Mais pour les lâches, les incrédules, les abominables, les meurtriers, les impudiques, les enchanteurs, les idolâtres, et tous les menteurs, leur part sera dans l`étang ardent de feu et de soufre, ce qui est la seconde mort. » Jn 21,8)

Oscar Fortin
Le 2 mars 2016


Quelques références en lien avec ce sujet













dimanche 21 février 2016

QUE PENSE V. POUTINE DES LARMOIEMENTS DE KERRY ?





Qui aurait pu penser que le Secrétaire d’État aux affaires extérieures des États unis, John Kerry, le maître d’œuvre de l’interventionnisme de l’Occident en Syrie puisse craindre la disparition pure et simple de l’État syrien ? Comment peut-il exprimer cette crainte alors que depuis 2011 tout est fait pour détruire cet État ? À moins qu’il y ait eu un lapsus dans sa déclaration et que sa crainte porterait plutôt sur la disparition de l’État islamique (EI et DAECK) .

Vladimir Poutine, devant l’Assemblée fédérale de Russie, en décembre dernier, avait eu ces paroles « nous les connaissons et savons ce qu’il faut faire ». Il ne se faisait, à ce moment-là, aucune illusion sur les soi-disant partenaires occidentaux.

 «  Nous savons qui a décidé de renverser les régimes indésirables et d’imposer brutalement leurs propres lois. Où est-ce que cela les a menés? Ils ont semé le trouble, détruit les institutions étatiques des pays, monté les composantes du peuple les unes contre les autres puis s’en sont “lavées les mains”, comme on dit en Russie, ouvrant ainsi la voie à des militants armés radicaux, extrémistes et terroristes»

Je pense que M. Kerry devrait relire ce passage de l’intervention de M. Poutine et prendre le temps de se regarder dans le miroir. S’il pense impressionner le Président de Russie par ce genre de déclaration, il se trompe éperdument. Les stratagèmes visant à gagner du temps pour refaire les forces des troupes en déroutes ne collent pas avec la Russie de Poutine et de Lavrov. Pour que des négociations de paix portent, il faut que les objectifs demeurent les mêmes et que les moyens utilisés, pour les atteindre, soient clairement définis et sans ambiguïté. Poutine a vu en Ukraine que les négociations de Minsk étaient réclamées chaque fois que les troupes du gouvernement de Kiev tiraient de l’arrière face aux combattants du Donbass, question de gagner du temps pour refaire le plein. Ce même scénario ne peut pas se répéter avec la Syrie.

Tous ceux qui veulent la paix en Syrie doivent reconnaître le gouvernement légitime de Bachar El Assad et s’unir avec ce dernier pour combattre tous les terroristes qui veulent éliminer par les armes ce gouvernement et prendre le contrôle de l’État. Toute négociation de Genève qui ne partirait pas de cette base sera vouée à l’échec.

Le temps des doubles standards est révolu. La bonne foi doit s’imposer dans la reconnaissance des droits fondamentaux des personnes et des peuples. Il ne peut pas y avoir des peuples, des États, des personnes qui s’élèvent au-dessus de ces droits fondamentaux tout en l’exigeant des autres.

Depuis cinq mois, à la demande du gouvernement syrien, la Russie combat les terroristes qui s’en prennent aux populations et aux institutions de l’État par les armes. Elle a pu constater qui sont ceux derrière ces terroristes, ceux qui en deviennent des complices en leur fournissant des armes, en leur donnant de l’argent, en leur procurant des informations de nature à orienter leurs attaques. Voici ce que disait Vladimir Poutine, en octobre 2015, au Club de discussion internationale de Valdaï :

 « Les États-Unis possèdent un grand potentiel militaire, mais il est toujours difficile de mener un double jeu : lutter contre les terroristes et en même temps en utiliser certains pour poser des pions sur le damier du Moyen-Orient dans leur propre intérêt. Il est impossible de vaincre le terrorisme si l’on utilise une partie des terroristes comme un bélier pour renverser des régimes que l’on n’aime pas. On ne peut pas ensuite se débarrasser de ces terroristes. C’est une illusion de croire qu’on pourra les chasser du pouvoir. »

Force est de constater que cette attitude des États-Unis et de leurs principaux alliés n’a pas changé, même lorsque présentée sous des dehors tout différents. Leurs objectifs géopolitiques demeurent les mêmes et leur soutien au terrorisme qui les sert si bien se poursuit. La Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar, particulièrement proches des terroristes, peuvent compter sur la couverture de Washington quant à leurs interventions directes et indirectes en Syrie. Ils savent agiter la menace et multiplier les provocations.

Poutine a déjà dit que les responsables d’État devaient être patients et responsables, qu’un rien pouvait enflammer la planète. Il a également dit qu’il n’agirait sous le coup de la colère en réponse à de la provocation. Son agenda est à l’abri de tous ces pièges qui lui sont tendus pour l'entrainer dans une guerre dont ses adversaires auraient le contrôle. Inutile, ce ne sera que lorsqu’il sera lui-même convaincu que la paix ne peut être possible par la négociation, qu’il décidera du moment de passer à l’attaque.




Oscar Fortin
Le 21 février 2016



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