mercredi 15 juin 2016

SYRIE: CHAMPS DE BATAILLE DE LA GRANDE GUERRE ?





Pendant que l’OTAN s’évertue à barricader la frontière russe avec la panoplie de ses armes les plus sophistiquées, sous prétexte de parer à toute offensive russe contre l’Europe, la Russie se joint à la Syrie et à l’Iran pour combattre, cette fois-ci, tous les terroristes, sur le territoire syrien, ainsi que ceux qui les soutiennent d’une façon ou d’une autre. Le 9 juin dernier, les ministres de la Défense de la Russie, de l’Iran et de la Syrie se sont rencontrés pour mettre au point leur stratégie et la concertation indispensable entre leurs forces armées.

Cette détermination à livrer ce combat à finir contre les terroristes et leurs alliés n’était pas sans exiger du gouvernement syrien une mise en garde des forces étrangères, illégalement présentes en territoire syrien, comme c’est le cas des États-Unis, de la France, de l’Allemagne, de la Turquie. Selon le correspondant en Syrie de Telesurtv.net, cette mise en garde a été faite le 14 juin. Elle fut également confirmée par Sputnik. La réaction de Washington ne s’est pas fait attendre. John Kerry, le Secrétaire d’État, a fait savoir à la Russie que la patience des É.U. avait ses limites et que le départ de Bachar al Assad faisait partie de la solution.

« La Russie doit comprendre que notre patience n’est pas infinie. En fait, elle est même très limitée quant au fait de savoir si Assad va ou non être mis devant ses responsabilités » et faire taire les armes sous la pression de son allié russe," a déclaré le secrétaire d’État à Oslo. "

Le ton monte au moment où la Russie a déjà pris ses décisions et que ces larmoiements du Secrétaire d’État des États-Unis ne sont plus de nature à influencer Vladimir Poutine. La patience de ce dernier a connu ses limites lorsque ce même Secrétaire d’État lui demandait de ne pas bombarder les terroristes d’Al-Quaïda. en Syrie, et qu’il a constaté que la trêve de cessez de feu n’était là que pour permettre aux forces terroristes de se réarmer et de reprendre du terrain.

Il faut donc s’attendre à ce que le gouvernement de Syrie, soutenu par la Russie et l’Iran, décide d’attaquer les forces étrangères présentes illégalement sur son territoire. Ces attaques ouvriront toute grande la porte à un affrontement en bonne et du forme, entre les forces de l’OTAN et celles de la Russie, de la Syrie, de l’Iran et de tous leurs alliés, dont la Chine.

Il s’agit évidemment d’une analyse hypothétique dont les possibilités vont, toutefois, en augmentant de jour en jour. Je ne pense pas que le Président de Russie va revenir sur sa décision d’en finir avec le terrorisme et ceux qui le rendent possible. De plus, cette confrontation, devenue inévitable, ne menace pas directement la Russie et son peuple. John Kerry, tout comme c’est le cas pour l’OTAN, n’a plus la confiance de la Russie. Leur fourberie et hypocrisie ont mis à découvert leurs véritables intentions qui en sont de domination lesquelles n’ont rien à voir avec la paix.

Quels sont les plans de Poutine pour reprendre le contrôle de cette guerre en Syrie contre les terroristes et ceux qui les supportent ? Les jours et les semaines qui viennent devraient nous apporter la réponse.

Oscar Fortin
Le 15 juin 2016

mardi 7 juin 2016

RUSSIE ET ÉTATS-UNIS« LA BAGARRE EST DEVENUE INÉVITABLE »




« L’administration Obama ne veut pas la paix en Syrie. Les Russes ont finalement dû s’avouer que les États-Unis ne collaboreraient pas au maintien du cessez-le-feu, ni à une attaque coordonnée contre l’État islamique et al-Qaïda, ni à la paix en Syrie. En effet, comme l’explique Lavrov, les États-Unis ont à nouveau demandé à la Russie de ne pas bombarder al-Qaïda, alors même que deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU exigent son éradication. D’énormes convois de ravitaillement (vidéo) arrivent à nouveau de Turquie pour les « rebelles » qui vont, comme d’habitude, les partager avec al-Qaïda et d’autres terroristes. »

Voilà une déclaration qui nous renvoie aux propos tenus par le président Poutine lors de sa conférence à Valdaï, le 22 octobre 2015, « si la bagarre s’avère inévitable, il faut frapper le premier. »

La Russie sous la présidence de Vladimir Poutine a mené jusqu’à sa limite les possibilités de résoudre les problèmes et les conflits par la voie diplomatique. Cet exercice était devenu pour certains observateurs une méprise à laquelle Poutine prêtait flanc. Je pense plutôt qu’il a voulu aller le plus loin possible pour qu’éclate sans aucune ambiguïté la mauvaise foi de son partenaire étasunien. Il est conscient que toute guerre entre la Russie et les États-Unis sera fatale pour l’une des parties. C’est du moins ce que pensent des Russes vivant aux États-Unis et particulièrement informés sur la nature des armes dont chacun peut disposer.

Je vous invite à lire cette lettre adressée au peuple américain, mettant en relief le rapport de force entre ces deux puissances.

Pour le moment, le retour en force de la Russie en Syrie sera pour en finir avec les terroristes et les prétentions de Washington de s’approprier les pouvoirs de l’État syrien.  L’étape des négociations est finie.

« Sans faire le buzz comme pour leur première intervention militaire en Syrie, cette semaine les Russes ont débarqué des forces terrestres et des parachutistes dans le port de Tartous pour soutenir plus de 3000 volontaires russes envoyés dans la région au cours des dernières semaines, dans le but de relancer la coordination avec l’armée Arabe syrienne…. Des sources syriennes ont annoncé que le personnel de commandement russe qui a coordonné les opérations de soutien aérien à l’automne dernier était revenu à la base militaire Hmeimim dans la province de Latakia pour entamer la préparation de nouvelles opérations. »

Je pense que ces derniers développements ne sont pas que circonstanciels. C’est plutôt que le supposé « partenaire » a perdu, cette fois,  toute crédibilité et qu’il est devenu un adversaire dangereux dont il faut se débarrasser. L’étape des négociations est terminée. Le soi-disant partenaire n’en a fait qu’un moyen pour servir au mieux ses intérêts qui demeurent toujours les mêmes : prendre le contrôle de la Syrie et de tous les États qui se refusent de se soumettre à son hégémonie.

Nous entrons donc dans une stratégie où la guerre est devenue inévitable et  qu’elle doit être gagnée. Il ne fait plus de doute que les intentions de l’adversaire principal, les États-Unis et l’OTAN, sont de prendre le contrôle du monde, y incluant la Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud.

Les mois qui viennent seront déterminants pour le devenir d’une partie importante de l’Humanité.

Oscar Fortin
Le 7 juin 2016

http://humanisme.blogspot.com

http://reseauinternational.net/comment-la-russie-se-prepare-a-la-troisieme-guerre-mondiale/http://reseauinternational.net/comment-la-russie-se-prepare-a-la-troisieme-guerre-mondiale/

vendredi 3 juin 2016

BON 85è ANNIVERSAIRE À RAOUL CASTRO: HOMME D'HONNEUR

LE RÉVOLUTIONNAIRE ET LE CHEF D’ÉTAT


 
 Sur la première photo, nous voyons ce jeune Raoul, d’à peine 22 ans, en compagnie de son frère, Fidel et du Che. Leur objectif est de renverser le dictateur Batista, ce dernier ayant rompu, en 1952, avec le régime démocratique, par un coup d’État militaire, contre le président légitime d’alors, Carlos Prio Socarras.

Ce coup d’État survient trois mois avant l’échéance pour de nouvelles élections, prévues pour juin 1952. Ce qu’on passe en général sous silence c’est que Fidel avait été choisi pour être le candidat officiel du Parti populaire cubain (PPC) à ces élections.

« Malgré une forte réputation d'étudiant activiste, il réussit à se faire désigner par le PPC comme candidat aux élections de juin 1952, élections avortées par le coup d'État de Fulgencio Batista le 10 mars 1952. »

La voie démocratique n’étant plus là pour permettre à ces jeunes révolutionnaires de conquérir le pouvoir pour y changer ce régime corrompu et criminel, ils empruntent alors  la voie révolutionnaire. Le combat des barbus, comme on les appelle, se manifesta pour la première fois le 26 juillet 1953 dans une attaque contre la Caserne de la Moncada à Santiago de Cuba. Plusieurs mourront et plusieurs autres seront fait prisonniers, dont Raoul, et Fidel, condamnés à plusieurs années de détention dans la prison de los Pinos. C’est dans ce contexte que Fidel, assumant sa propre défense,  déclara qu’un jour l’Histoire l’absoudra. Ils seront amnistiés en 1956.

Sur la seconde photo, c’est ce même Raoul, maintenant âgé de 84 ans, qui rendit possible cette rencontre historique entre le président Santos de Colombie et le chef des FARC-EP, forces militaires révolutionnaires de Colombie. Il s’agit d’une guerre entre colombiens et colombiennes qui dure depuis plus de 50 ans et ayant fait des milliers de morts, de blessés et de prisonniers. Les conditions ayant changé, un processus de paix a été enclenché avec la participation, entre autres de Cuba, avec Raoul, et du Venezuela, avec Chavez. C’est, d’ailleurs à Cuba que ces négociations de paix se déroulent depuis plus d’une année, avec comme seul objectif la fin du conflit armé et les garanties nécessaires pour une participation sécuritaire des membres de ces forces à la démocratie colombienne.

Parler de la Révolution cubaine, c’est parler surtout et avant tout de Fidel Castro qui en aura été le grand stratège charismatique et de Che Guevara, devenu avec Fidel, une véritable légende d’une Amérique décidée à rompre ses chaînes de l’esclavage et de la dépendance pour y retrouver son indépendance et sa souveraineté.  Tout au long de ces années de conquêtes et de turbulences révolutionnaires, Fidel et le Che occupaient les espaces médiatiques et alimentaient la ferveur révolutionnaire. Pendant tout ce temps, Raoul, à l’abri de toute publicité, luttait dans les montagnes de la Sierra Maestra. Ses exploits et son sens de l’organisation en firent, dès la conquête, en 1959, le chef des armées. C’est à lui qu’il faut reconnaître le mérite d’avoir formé et organisé une armée capable de répondre non seulement aux attaques constantes et menaçantes, venant des anticastristes soutenus par Washington, contre  la sécurité de l’État, mais aussi d’apporter son soutien aux luttes révolutionnaires en Afrique (Angola, Congo, Afrique du Sud), soumis aux mêmes défis révolutionnaires. Ce ne sera qu’à partir de sa nomination à la présidence de Cuba, en 2008, à la suite du retrait de Fidel, pour cause de maladie, que nous découvrirons   en cet homme : l’homme d’honneur et de paix.


C’est à Cuba que s’est réalisée la rencontre historique entre le pape François et le patriarche Cyrille. On se souviendra de ces paroles du Pape François qui avait remercié Cuba d’avoir rendu possible cette rencontre et signalé que Cuba était devenu une terre de grande réconciliation. Des paroles qui contrastent d’avec celles qui font de Cuba la prison d’un peuple. Il faut également  attribuer à ce chef d’État cette ouverture à des négociations avec les États-Unis, ceux-là mêmes qui maintiennent depuis plus de 55 ans un blocus économique criminel contre le Peuple cubain. Il l’a fait, non pas en se soumettant à  un interlocuteur tout puissant, mais avec la dignité et l’indépendance d’un chef d’État qui ne se laisse pas intimider et berner. On se souviendra de cette rencontre avec Obama où ce dernier chercha à l’amadouer avec la tape sur l’épaule comme s’ils étaient de grands amis. Raoul ne l’entendait pas de même et n’hésita pas un instant à lui retenir le bras tout en lui disant que cela ne fonctionnait pas avec lui. Son geste n’est pas celui de quelqu’un qui fait la promotion d’Obama, mais plutôt de quelqu’un qui ne se prête pas à ce jeu d’hypocrisie auquel se prête une certaine diplomatie.

À 85 ans, cet homme aux multiples combats dirige avec dignité et sérénité  un pays qui fut la cible, depuis les tout débuts, d’un Empire décidé à ne pas permettre qu’un petit pays comme Cuba l’oblige à se retirer de ses terres et à le respecter dans ses choix. Les campagnes de dénigrement et de diabolisation, les tentatives d’invasion et les actions criminelles de saccage dans les domaines de l’agriculture et du tourisme, les 638 tentatives d’assassinat de Fidel  et quoi d’autre encore n’ont pas réussi à détenir la marche de ce peuple. L’éducation, la santé, la solidarité internationale en font un peuple de référence.

Tous nos pays y gagneraient à avoir des chefs d’État qui ne sont pas à la recherche de fortunes usurpées à leur peuple ou de soumission et complaisance avec les puissances de ce monde, mais à la recherche de ce qui donne à un peuple, conscience, éducation, santé et dignité. Fidel qui avoisine les 90 ans vit une retraite, des plus sobres, en partageant avec les nombreux chefs d’État étrangers qui souhaitent le rencontrer. Raoul, avec ses 85 ans accomplis, prépare la relève de manière à ce que le chemin parcouru ne sombre pas dans l’oubli et ne se transforme pas en une foire soumise aux plus offrants.

Bon 85e anniversaire à cet homme d’honneur, Raoul Castro


Oscar Fortin
Le 3 juin 2016