mardi 7 juin 2016

RUSSIE ET ÉTATS-UNIS« LA BAGARRE EST DEVENUE INÉVITABLE »




« L’administration Obama ne veut pas la paix en Syrie. Les Russes ont finalement dû s’avouer que les États-Unis ne collaboreraient pas au maintien du cessez-le-feu, ni à une attaque coordonnée contre l’État islamique et al-Qaïda, ni à la paix en Syrie. En effet, comme l’explique Lavrov, les États-Unis ont à nouveau demandé à la Russie de ne pas bombarder al-Qaïda, alors même que deux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU exigent son éradication. D’énormes convois de ravitaillement (vidéo) arrivent à nouveau de Turquie pour les « rebelles » qui vont, comme d’habitude, les partager avec al-Qaïda et d’autres terroristes. »

Voilà une déclaration qui nous renvoie aux propos tenus par le président Poutine lors de sa conférence à Valdaï, le 22 octobre 2015, « si la bagarre s’avère inévitable, il faut frapper le premier. »

La Russie sous la présidence de Vladimir Poutine a mené jusqu’à sa limite les possibilités de résoudre les problèmes et les conflits par la voie diplomatique. Cet exercice était devenu pour certains observateurs une méprise à laquelle Poutine prêtait flanc. Je pense plutôt qu’il a voulu aller le plus loin possible pour qu’éclate sans aucune ambiguïté la mauvaise foi de son partenaire étasunien. Il est conscient que toute guerre entre la Russie et les États-Unis sera fatale pour l’une des parties. C’est du moins ce que pensent des Russes vivant aux États-Unis et particulièrement informés sur la nature des armes dont chacun peut disposer.

Je vous invite à lire cette lettre adressée au peuple américain, mettant en relief le rapport de force entre ces deux puissances.

Pour le moment, le retour en force de la Russie en Syrie sera pour en finir avec les terroristes et les prétentions de Washington de s’approprier les pouvoirs de l’État syrien.  L’étape des négociations est finie.

« Sans faire le buzz comme pour leur première intervention militaire en Syrie, cette semaine les Russes ont débarqué des forces terrestres et des parachutistes dans le port de Tartous pour soutenir plus de 3000 volontaires russes envoyés dans la région au cours des dernières semaines, dans le but de relancer la coordination avec l’armée Arabe syrienne…. Des sources syriennes ont annoncé que le personnel de commandement russe qui a coordonné les opérations de soutien aérien à l’automne dernier était revenu à la base militaire Hmeimim dans la province de Latakia pour entamer la préparation de nouvelles opérations. »

Je pense que ces derniers développements ne sont pas que circonstanciels. C’est plutôt que le supposé « partenaire » a perdu, cette fois,  toute crédibilité et qu’il est devenu un adversaire dangereux dont il faut se débarrasser. L’étape des négociations est terminée. Le soi-disant partenaire n’en a fait qu’un moyen pour servir au mieux ses intérêts qui demeurent toujours les mêmes : prendre le contrôle de la Syrie et de tous les États qui se refusent de se soumettre à son hégémonie.

Nous entrons donc dans une stratégie où la guerre est devenue inévitable et  qu’elle doit être gagnée. Il ne fait plus de doute que les intentions de l’adversaire principal, les États-Unis et l’OTAN, sont de prendre le contrôle du monde, y incluant la Russie, la Chine, le Brésil, l’Inde et l’Afrique du Sud.

Les mois qui viennent seront déterminants pour le devenir d’une partie importante de l’Humanité.

Oscar Fortin
Le 7 juin 2016

http://humanisme.blogspot.com

http://reseauinternational.net/comment-la-russie-se-prepare-a-la-troisieme-guerre-mondiale/http://reseauinternational.net/comment-la-russie-se-prepare-a-la-troisieme-guerre-mondiale/

vendredi 3 juin 2016

BON 85è ANNIVERSAIRE À RAOUL CASTRO: HOMME D'HONNEUR

LE RÉVOLUTIONNAIRE ET LE CHEF D’ÉTAT


 
 Sur la première photo, nous voyons ce jeune Raoul, d’à peine 22 ans, en compagnie de son frère, Fidel et du Che. Leur objectif est de renverser le dictateur Batista, ce dernier ayant rompu, en 1952, avec le régime démocratique, par un coup d’État militaire, contre le président légitime d’alors, Carlos Prio Socarras.

Ce coup d’État survient trois mois avant l’échéance pour de nouvelles élections, prévues pour juin 1952. Ce qu’on passe en général sous silence c’est que Fidel avait été choisi pour être le candidat officiel du Parti populaire cubain (PPC) à ces élections.

« Malgré une forte réputation d'étudiant activiste, il réussit à se faire désigner par le PPC comme candidat aux élections de juin 1952, élections avortées par le coup d'État de Fulgencio Batista le 10 mars 1952. »

La voie démocratique n’étant plus là pour permettre à ces jeunes révolutionnaires de conquérir le pouvoir pour y changer ce régime corrompu et criminel, ils empruntent alors  la voie révolutionnaire. Le combat des barbus, comme on les appelle, se manifesta pour la première fois le 26 juillet 1953 dans une attaque contre la Caserne de la Moncada à Santiago de Cuba. Plusieurs mourront et plusieurs autres seront fait prisonniers, dont Raoul, et Fidel, condamnés à plusieurs années de détention dans la prison de los Pinos. C’est dans ce contexte que Fidel, assumant sa propre défense,  déclara qu’un jour l’Histoire l’absoudra. Ils seront amnistiés en 1956.

Sur la seconde photo, c’est ce même Raoul, maintenant âgé de 84 ans, qui rendit possible cette rencontre historique entre le président Santos de Colombie et le chef des FARC-EP, forces militaires révolutionnaires de Colombie. Il s’agit d’une guerre entre colombiens et colombiennes qui dure depuis plus de 50 ans et ayant fait des milliers de morts, de blessés et de prisonniers. Les conditions ayant changé, un processus de paix a été enclenché avec la participation, entre autres de Cuba, avec Raoul, et du Venezuela, avec Chavez. C’est, d’ailleurs à Cuba que ces négociations de paix se déroulent depuis plus d’une année, avec comme seul objectif la fin du conflit armé et les garanties nécessaires pour une participation sécuritaire des membres de ces forces à la démocratie colombienne.

Parler de la Révolution cubaine, c’est parler surtout et avant tout de Fidel Castro qui en aura été le grand stratège charismatique et de Che Guevara, devenu avec Fidel, une véritable légende d’une Amérique décidée à rompre ses chaînes de l’esclavage et de la dépendance pour y retrouver son indépendance et sa souveraineté.  Tout au long de ces années de conquêtes et de turbulences révolutionnaires, Fidel et le Che occupaient les espaces médiatiques et alimentaient la ferveur révolutionnaire. Pendant tout ce temps, Raoul, à l’abri de toute publicité, luttait dans les montagnes de la Sierra Maestra. Ses exploits et son sens de l’organisation en firent, dès la conquête, en 1959, le chef des armées. C’est à lui qu’il faut reconnaître le mérite d’avoir formé et organisé une armée capable de répondre non seulement aux attaques constantes et menaçantes, venant des anticastristes soutenus par Washington, contre  la sécurité de l’État, mais aussi d’apporter son soutien aux luttes révolutionnaires en Afrique (Angola, Congo, Afrique du Sud), soumis aux mêmes défis révolutionnaires. Ce ne sera qu’à partir de sa nomination à la présidence de Cuba, en 2008, à la suite du retrait de Fidel, pour cause de maladie, que nous découvrirons   en cet homme : l’homme d’honneur et de paix.


C’est à Cuba que s’est réalisée la rencontre historique entre le pape François et le patriarche Cyrille. On se souviendra de ces paroles du Pape François qui avait remercié Cuba d’avoir rendu possible cette rencontre et signalé que Cuba était devenu une terre de grande réconciliation. Des paroles qui contrastent d’avec celles qui font de Cuba la prison d’un peuple. Il faut également  attribuer à ce chef d’État cette ouverture à des négociations avec les États-Unis, ceux-là mêmes qui maintiennent depuis plus de 55 ans un blocus économique criminel contre le Peuple cubain. Il l’a fait, non pas en se soumettant à  un interlocuteur tout puissant, mais avec la dignité et l’indépendance d’un chef d’État qui ne se laisse pas intimider et berner. On se souviendra de cette rencontre avec Obama où ce dernier chercha à l’amadouer avec la tape sur l’épaule comme s’ils étaient de grands amis. Raoul ne l’entendait pas de même et n’hésita pas un instant à lui retenir le bras tout en lui disant que cela ne fonctionnait pas avec lui. Son geste n’est pas celui de quelqu’un qui fait la promotion d’Obama, mais plutôt de quelqu’un qui ne se prête pas à ce jeu d’hypocrisie auquel se prête une certaine diplomatie.

À 85 ans, cet homme aux multiples combats dirige avec dignité et sérénité  un pays qui fut la cible, depuis les tout débuts, d’un Empire décidé à ne pas permettre qu’un petit pays comme Cuba l’oblige à se retirer de ses terres et à le respecter dans ses choix. Les campagnes de dénigrement et de diabolisation, les tentatives d’invasion et les actions criminelles de saccage dans les domaines de l’agriculture et du tourisme, les 638 tentatives d’assassinat de Fidel  et quoi d’autre encore n’ont pas réussi à détenir la marche de ce peuple. L’éducation, la santé, la solidarité internationale en font un peuple de référence.

Tous nos pays y gagneraient à avoir des chefs d’État qui ne sont pas à la recherche de fortunes usurpées à leur peuple ou de soumission et complaisance avec les puissances de ce monde, mais à la recherche de ce qui donne à un peuple, conscience, éducation, santé et dignité. Fidel qui avoisine les 90 ans vit une retraite, des plus sobres, en partageant avec les nombreux chefs d’État étrangers qui souhaitent le rencontrer. Raoul, avec ses 85 ans accomplis, prépare la relève de manière à ce que le chemin parcouru ne sombre pas dans l’oubli et ne se transforme pas en une foire soumise aux plus offrants.

Bon 85e anniversaire à cet homme d’honneur, Raoul Castro


Oscar Fortin
Le 3 juin 2016


dimanche 29 mai 2016

L'ENJEU DE LA GRANDE CONFRONTATION



HÉGÉMONIE DE L’ONCLE SAM VERSUS SOUVERAINETÉ DES PEUPLES



 








Il n’y a plus de doute à l’effet que la grande confrontation qui se dessine  trouve ses bases, d’une part, dans la détermination des États-Unis à être le leader du monde pour dominer et décider du destin des peuples et, d’autre part, dans la détermination des peuples à décider de leur propre destin. Nous n’en sommes plus aux motivations, maintes fois invoquées, de la lutte contre les dictatures, les gouvernements antidémocratiques et les terroristes. Ces motivations, mises de l’avant, ne servent qu’à couvrir l’objectif principal qui est celui de l’hégémonie de Washington sur les peuples récalcitrants.

Cette grande confrontation a un visage qui met en scène l’hégémonie des États-Unis et ses alliés qui représentent environ 625 093 120 personnes, contre la multipolarité et l’égalité des peuples, incarnées par la Russie et ses alliés du BRICS qui représentent plus de 3 milliards d’habitants, soit 40% de la population mondiale.  Sous cet angle, l’hégémonie de Washington sur la destinée des peuples devient une menace à la sécurité nationale de ces peuples. D’autre part, la multipolarité et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes deviennent une menace pour l’hégémonie des États-Unis et de ses alliés. De part et d’autre, il y a motifs à une confrontation décisive qui ne saurait se terminer que par la disparition de l’un ou de l’autre. Avec les armements qui existent, il se pourrait fort bien que le tout se termine avec la disparition de l’un et de l’autre.

Dans ce contexte, je me permets de partager ce lien qu’un ami a porté à ma connaissance. Il s’agit d’un entretien d’une journaliste reconnue pour la qualité de ses analyses. Il s’agit de Diana Johnstone qu’on peut entendre ici , à l’occasion du lancement de son livre« Hillary Clinton, La Reine du chaos » (les éditions Delga, Paris). Cet entretien eut lieu en octobre dernier. Elle parle évidemment des grands objectifs des guerres menées par les États-Unis. Pour elle, ce n’est pas qu’ils cherchent à gagner des guerres, mais à semer la zizanie au sein des peuples. Plus les peuples seront divisés, plus facilement ils pourront être dominés. Je vous invite évidemment à écouter cet entretien.

La Russie est bien consciente de ces enjeux majeurs. Pour le moment, le président Poutine espère toujours que la bonne foi de ceux qu’il continue d’appeler ses partenaires en arrive à s’ajuster au droit international des peuples à disposer d’eux-mêmes tout en comprenant que leur propre avenir comme peuple n’en continuera pas moins à s’y développer. Il est devenu évident que sans l’abandon de cette prétention hégémonique des États-Unis sur le monde, la guerre deviendra inévitable. Dans ce contexte, il est bon de se rappeler ces propos de Poutine : « les rues de Saint-Pétersbourg m’ont appris « Lorsque la bagarre devient inévitable, il faut frapper le premier. »

Pour le moment, les États-Unis et ses alliés de l’OTAN déploient leurs armements sur terre et sur mer de manière à encercler la Russie et à la provoquer. Il est certain que celui qui aura le contrôle de l’agenda des interventions aura le contrôle éventuel de la victoire. Poutine est très conscient de ces choses et, à ce qu’on peut voir, il tient à avoir lui-même le contrôle de son propre agenda d’intervention. Si Obama et ses alliés de l’Occident pensent que le président Poutine est plutôt du genre naïf, qui ne voit pas leur véritable jeu derrière toutes ces mascarades de dialogue et d’entente, mieux vaudrait qu’ils y pensent deux fois avant d’agir.

Derrière le visage politique des dirigeants de l’Occident, il faut y reconnaître les trois grands pouvoirs qui mènent le monde : Israël (sionisme) qui se porte garant du pouvoir de Dieu en tant que peuple élu, les industries militaires qui se nourrissent des conflits et le secteur financier qui régimentent les peuples et en font des « vaches à lait » de grand rendement. Le 1% de l’humanité qui contrôle les 99 % des biens de la terre se retrouve au centre de ce pouvoir. Nos hommes et femmes politiques de l’Occident ne sont que des marionnettes consentantes au service de ce pouvoir. Tout le reste n’est que mascarade et tricherie. Les médias se chargent de les couvrir si bien que les peuples en arrivent encore à croire en eux.

Oscar Fortin
Le 30 mai 2016

http://humanisme.blogspot.com