jeudi 7 juillet 2016

LE PAPE FRANÇOIS AU PRÉSIDENT VLADIMIR POUTINE



LE MÉDAILLON DE L’ANGE DE LA PAIX


Au moment où les tensions montent au Moyen-Orient, en Mer de Chine et sur la Mer Noire et que les divers intervenants durcissent le ton, j’ai voulu en savoir un peu plus sur ce médaillon de l’Ange de la paix que le pape François a remis au président Vladimir Poutine, lors de sa visite au Vatican, le 25 novembre dernier. Ce choix très particulier d’un médaillon peu connu  était porteur, à n’en pas douter,  d’un message que nous qualifierons, un jour, de prophétique.  En lui remettant ce médaillon de l’Ange de la paix, le pape François a eu ces paroles : « C'est l'Ange qui vainc toutes les guerres et parle de solidarité entre tous les peuples".

Il nous est difficile en Occident, soumis à une information qui fait de Vladimir Poutine un Tsar conquérant, aux ambitions illimitées, déterminé à conquérir l’Europe et l’Amérique de voir en cet homme tout le charisme dont il est porteur. On en fait l’auteur d’à peu près tous les problèmes qui existent ou qui surgissent ici et là. Il va de soi, qu’avec un tel portrait, on ait de la difficulté à comprendre le geste du pape François à l’endroit de ce Président, diabolisé par l’Occident. Il faut croire que le pape François n’est pas dépendant d’une seule source d’information et qu’il sait décoder les messages qui lui sont destinés.

Je regarde cette photo et j’y vois deux hommes dont le destin est de faire basculer l’Humanité d’un monde individualiste et refermé sur lui-même vers un monde de solidarité et d’ouverture. Le Pape François, avec son Église, s’attaque aux colonnes du temple de pierre et à tout ce qui  en fait un centre de pouvoir hiérarchique, centralisé et dominant, pour en faire une Église de chair, décentralisée, faite de solidarité, de justice, de vérité et de compassion. Le président Vladimir Poutine, pour sa part, s’attaque à un monde unipolaire et à tout ce qui le rend possible, pour ouvrir la voie à un monde multipolaire, décentralisé et respectueux du droit des peuples et des personnes. 

Dans ce contexte, les paroles du pape François à Vladimir Poutine, au moment de lui remettre le médaillon de l’Ange de la paix, prennent un sens bien particulier. C’est comme s’il confiait Vladimir Poutine à cet Ange qui vainc toutes les guerres et parle de solidarité entre tous les peuples. » De telles paroles ont de quoi réconforter et donner confiance à ce Président dont le destin semble répondre tout autant aux attentes des temps que nous vivons qu’à un destin divin. Il ne faut pas oublier que ces deux hommes partagent une même foi et une même mission qui vise à rapprocher Dieu de l’Humanité et non l’inverse. C'est ce rappel de l'incarnation du Dieu des chrétiens qui vient à la rencontre de notre humanité. 

Pour ceux qui voudraient lire sur l’Ange de la paix, je propose un texte que j’ai beaucoup aimé. Disons qu’il m’a rejoint plus que tous les autres. Pointez l’image.



Oscar Fortin
Le 7 juillet 2016 



vendredi 1 juillet 2016

OBAMA: L'HOMME QUI EUT PU CHANGER LE MONDE

OBAMA : L’HOMME QUI EUT PU CHANGER LE MONDE


MAIS HÉLAS !

Je me souviens du premier discours d’Obama au moment de son assermentation comme président des États-Unis. Ce fut un discours qui ouvrait toutes grandes les fenêtres sur un monde nouveau, sur une ère nouvelle. C’était comme si le «Yes, we can » (oui, nous pouvons) de la campagne électorale allait s’imposer pour donner suite aux changements fondamentaux exigés par un monde en quête de justice, de vérité, de respect des droits des peuples et des personnes. À ce moment, plusieurs se souviendront du pasteur Jackson qui en avait les larmes aux yeux, tout comme moi d’ailleurs, de mon lit d’hôpital, où je me trouvais au moment de cet événement.

« En ce jour, nous proclamons la fin des rancunes mesquines et des promesses non tenues, des récriminations et des dogmes éculés qui ont trop longtemps étranglé notre politique. »

Nous restons une nation jeune, mais pour citer les Écritures, il est temps de "faire disparaître ce qui était de l'enfant". Il est temps de réaffirmer notre force de caractère; de choisir une histoire meilleure; de porter ce cadeau précieux, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse obtenue de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et méritons tous une chance d'aspirer à la plénitude du bonheur.

De fait, comment ne pas croire en ce jeune avocat brillant, sensibilisé aux problèmes sociaux par son vécu dans cette grande ville qu’est Chicago, là où il a fait carrière ? Comment ne pas être en admiration devant ce jeune noir qui a vaincu les forces raciales de son pays pour devenir le premier président noir des États-Unis ? Pour des millions de personnes, n’est-il pas devenu un véritable don du ciel, brisant les préjugés raciaux, déterminé à mettre fin aux guerres et à l’usage des tortures, à fermer cette prison injustifiable de Guantanamo où des centaines de personnes y sont détenues et torturées, souvent sans accusation et sans aucun droit réel de défense ? En somme, un Président décidé à s’attaquer, prioritairement, aux sérieux problèmes sociaux de son peuple pour lui assurer les soins de santé, l’éducation et les protections sociales nécessaires au mieux-être de tous et de toutes.

Le potentiel de cet homme, pouvant apporter une ère de paix, était si fort qu’on en a fait, par anticipation, le récipiendaire du prix Nobel de la paix 2009. C’est dire l’aura qu’il était parvenu à dégager et l’espoir qu’il avait suscité chez des millions de gens à l’effet que le monde allait changer.

« Aujourd'hui, je vous dis que les défis qui nous attendent sont réels. Ils sont graves et ils sont nombreux. Ils ne seront pas facilement ni rapidement relevés. Mais sachez-le, ô Amérique: ils seront relevés. »

Qu’en est-il au terme de son second mandat?  De toute évidence, l’homme de janvier 2009 est tout autre de celui que ces huit années de mandat nous en ont révélé. L’aura qui l’avait couronné Président, en janvier 2009,  s’est transformée en une véritable désillusion et humiliation pour tous ceux et celles qui avaient cru en lui. L’histoire de ces huit années nous le révèle, à l’égal de ses prédécesseurs, comme une marionnette de plus au service des grands pouvoirs financiers et militaires. Le «Yes we can » que le peuple s’appropriait spontanément, s’est révélé être le « Yes we can » dirigée non pas au peuple, mais à ces grands pouvoirs. Il n’est donc plus surprenant que les guerres se soient multipliées, que Guantanamo soit toujours une prison, que les programmes sociaux et de santé en soient au même point et que les politiques extérieures des États-Unis continuent de se moquer du droit international, intervenant là où ses intérêts les y poussent sans se soucier des morts, des blessés, de la misère et des désastres qu’ils y laissent sur leur passage. L’Irak, l’Afghanistan, la Libye, la Syrie sont toujours des pays en guerre alors qu’on leur promettait la démocratie et la paix. Nous pourrions également y ajouter l’Ukraine, victime d’un coup d’État planifié de longue main par Washington.

Cet esprit de conquête et de domination qui se reflète dans ces guerres du M.O. se retrouve de plus en plus, également, en Amérique latine, où, ce même Obama cherche à y reconquérir les privilèges perdus lors de la conquête, par des voies démocratiques, de la seconde indépendance de plusieurs de ces pays. Au nombre de ces derniers, il faut mentionner le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua, le Salvador. Quant au Brésil, au Paraguay et au Honduras, également sur la voie de la conquête de leur seconde indépendance, ils ont  été victimes de l’interventionnisme des États-Unis qui, conjointement avec les oligarchies locales, ont repris du terrain perdu. Ce fut surtout par des coups d’État techniques, à savoir l’usage de procédures parlementaires et sénatoriales. Pour ce qui a trait à l’Argentine, ce fut effectivement par une élection à laquelle le président actuel s’est présenté sous un faux message qu’il a d’ailleurs reconnu lui-même, tout récemment. 

« Si je vous avais dit, il y a une année, ce que j’allais faire et ce qui allait suivre, majoritairement, vous m’auriez enfermé dans une maison de fous. » (Traduction de l’auteur).

Voilà ce qu’est la démocratie pour cet allié de Washington. On se fait élire sous la bannière d’un programme qui est substitué, une fois l’élection acquise, par une autre bannière qu’aurait immanquablement rejeté le peuple. Dans tous ces pays, plus haut mentionnés, les changements de gouvernements se sont effectués en utilisant des millions de dollars pour alimenter la corruption, pour soutenir la désinformation de manière à diaboliser l’ennemi à abattre et à fermer les yeux sur les actions de violence, incluant les assassinats et les actes terroristes affectant directement le peuple.

Le président Obama est au fait de ces réalités et il sait qu’elles sont illégales et qu’elles vont à l’encontre du droit international ainsi que du droit des États concernés. Avec l’argent, on parvient à acheter même les juges, les parlementaires, les sénateurs et le parjure trouve toujours sa réponse dans la satisfaction de ses propres intérêts.

Si l’empire est parvenu à renverser et à infiltrer certains gouvernements, la résistance de certains autres  lui rend la vie plus difficile. C’est évidemment le cas du Venezuela,  de l’Équateur et de la Bolivie dont les richesses en mines et en pétrole ont de quoi faire l’envie de l’empire. Ce n’est pas pour rien que des millions de dollars, venant des diverses organisations gouvernementales et non gouvernementales étasuniennes, sont investis, année après année, pour appuyer les oligarchies locales dans leurs luttes politiques et pour créer par des actions de violence et des guerres économiques, les conditions de déstabilisation de ces gouvernements de manière à susciter la révolte de leurs peuples et à justifier ainsi des interventions militaires extérieures.

Le cas du Venezuela est particulièrement parlant quant à l’approche de l’empire visant le renversement du gouvernement, la prise de contrôle de l’État ainsi que des ressources énormes de pétrole dont dispose ce pays. Il s’agit d’une réserve des plus importantes au monde. De quoi susciter la cupidité et l’ambition de conquête. C’est ce que vise l’empire et c’est ce que ce jeune président qui devait changer le monde, en respectant les peuples, se propose de réaliser, à l’encontre du droit international et au détriment de la volonté et des intérêts du peuple vénézuélien. Il applique au Venezuela les mêmes principes qui ont donné lieu au blocus économique contre Cuba. Il est important de les rappeler dans le contexte de cette guerre économique dont est victime le peuple vénézuélien. Tiré du rapport du secrétaire d’État de l’époque, Lester Malory :

 « La majorité des Cubains appuient Castro (…) Il n’existe pas une opposition politique effective. (…) L’unique moyen possible pour lui faire perdre l’appui interne est de provoquer la désillusion et le mécontentement en provoquant l’insatisfaction économique (...) et la pénurie. (…) Il faut mettre rapidement en pratique tous les moyens possibles pour affaiblir la vie économique (…) refusant à Cuba argent et biens de toute nature de manière à réduire les salaires et l’emploi, provoquant ainsi la faim, le découragement et la chute du gouvernement. »


Si le président Obama s’est permis de reconnaître que ce blocus économique contre Cuba avait été une erreur, il n’en continu pas moins à imposer à Cuba cette médecine et à en faire autant avec le Venezuela à travers cette guerre économique dont il connaît très bien les avenants et aboutissants.

En dépit de toutes ces misères du Venezuela dont se nourrit la presse officielle, Barack Obama a émi un décret déclarant le Venezuela comme étant une menace à la sécurité nationale des États-Unis. On peut toujours se demander en quoi le Venezuela serait une menace de cette nature pour les États-Unis, mais ce décret répond avant tout à une procédure qui a pour effet d’autoriser le Président à intervenir militairement contre ce pays au moment qu’il jugera le plus pertinent. Il s’agit d’une épée de Damoclès placée sur la tête du Venezuela. C’est la manière pour ce Président de gérer ses relations internationales avec le Venezuela.

Que conclure ?

Barack Obama, ce président qui nous arrachait les larmes des yeux par ses discours pleins de promesses et d’avenir, ne peut évoquer l’ignorance de toutes ces manigances qui se jouent pour se défaire de gouvernements qui n’acceptent pas sa soumission à l’empire. Il sait très bien tout ce qui se passe d’illégal et de malhonnête pour renverser ces gouvernements. Loin de les blâmer, il les encourage et leur apporte son soutien. Ceci ne l’empêche pas de parler de démocratie, de non-interventionnisme, du respect des peuples à disposer d’eux-mêmes, etc.  Un discours, devenu sans âme et plein de contradictions. C’est pourtant lui qui avait dit, sans sourciller, lors d’une rencontre du G.20, en 2014, que les États-Unis avaient un principe duquel ils ne sauraient déroger, à savoir celui de la non-intervention dans les affaires intérieures d’un autre pays. Je pense que cette déclaration, à la lumière de tout ce qu’on peut reconnaître comme interventionnisme des États-Unis dans le monde, nous dit ce qu’est véritablement Obama : un enchanteur qui ensorcelle pour mieux tromper.

Bien d’autres sujets mériteraient d’être abordés dans le cadre de cet article. Je mentionnerai celui du terrorisme, alimenté et soutenu par Washington.  Il s’agit là d’un exemple. Pour ceux et celles qui veulent en savoir plus, les documents ne manquent pas.

Encore une fois, les peuples sont victimes du mensonge, de la manipulation et de la tricherie qui servent si bien la cupidité et les ambitions des grands et puissants de ce monde. Barack Obama n’y échappe pas. Son art de la manipulation en aura fait un allié recherché par ces puissants.

Oscar Fortin
Le 1ier juillet 2016

dimanche 26 juin 2016

POUTINE N'EST PAS SEUL




La rencontre toute récente de Vladimir Poutine avec le numéro un chinois, Xi Jinping, que certains analystes considèrent déjà  comme la réunion la plus importante des 20 dernières années en politique internationale, doit se comprendre dans le contexte d’une confrontation mondiale devenue de plus en plus inévitable.

« La Chine et la Russie doivent sauvegarder de manière ferme les objectifs et les principes de la Charte de l'ONU, les normes fondamentales des relations internationales, la stabilité et l'équilibre stratégique mondiaux, ainsi que la justice internationale, selon M. Xi. »

Déjà nous savons que ces deux grands leaders partagent une même vision du monde et des relations entre les peuples, partagée également avec l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, pays, tous membres du regroupement BRICS. Cette vision va à l’encontre de celle d’un monde unipolaire, dominé par les États-Unis et ses alliés de l’OTAN. Ces derniers ajustent le droit international à leurs propres besoins et non l’inverse. Ils se permettent d’intervenir dans des pays sans se soucier du droit des peuples à disposer de leurs propres intérêts et du régime politique qui leur convient le mieux. C’est actuellement le cas en Syrie, en Ukraine et dans plusieurs pays de l’Amérique latine, dont le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Brésil et l’Argentine.

Les médias occidentaux parlent particulièrement des ententes de coopération dans le secteur économique et se gardent bien d’aborder la question des ententes dans le cadre de la sécurité mondiale. Il y a à peine quelques semaines, Poutine a lancé un cri du cœur aux journalistes et médias internationaux pour qu’ils disent la vérité aux peuples occidentaux. Il faut qu’ils sachent l’acharnement déployé par leurs gouvernements, devenus des dépendances de Washington, pour pousser à l’extrême la Russie à provoquer l’étincelle d’une guerre nucléaire généralisée. Ils ont ceinturé la frontière de la Russie de missiles nucléaires mettant la sécurité du peuple russe en péril.  Il faut lire ici cet excellent article qui décrit très bien cette situation. La crise des missiles de 1962 n’était rien au côté de ce qui se passe présentement aux frontières de la Russie. Pourtant, on se souviendra que le monde avait passé à un cheveu d’un conflit nucléaire de grande envergure.

Il ne fait pas de doute que Vladimir Poutine a de graves décisions à prendre et qu’il ne peut les prendre à la légère. Son souhait serait que l’Occident respecte les ententes passées à l’effet de ne pas profiter de l’ouverture des pays de l’Est à l’Occident pour renforcer militairement sa présence militaire aux frontières de la Russie. Dans le cas présent, il se doit d’assurer la sécurité de son peuple.

Je ne doute pas que ce sujet des menaces de l’Occident contre la Russie ait fait l’objet d’échanges allant au-delà des généralités.  La Chine n’y échappe d’ailleurs pas elle-même. C’est dans ce contexte qu’il faut relire cette déclaration au terme de leur rencontre :

« La Chine et la Russie doivent sauvegarder de manière ferme les objectifs et les principes de la Charte de l'ONU, les normes fondamentales des relations internationales, la stabilité et l'équilibre stratégique mondiaux, ainsi que la justice internationale, selon M. Xi. »

La référence au droit international est fondamentale et incontournable et mieux vaudrait que l’Occident en prenne bonne note. La Russie et la Chine ont accordé leur stratégie pour consolider ce droit international et la justice qui en est une composante essentielle.

Espérons que nos dirigeants sauront saisir tout le sérieux d’une confrontation nucléaire. La manipulation, le mensonge et la peur par nos gouvernements et nos médias, font de la Russie le grand méchant qui veut envahir le monde et le dominer. Ils savent que ce n’est pas le cas, mais pour justifier leurs dépenses militaires et sauvegarder leur pouvoir interventionniste dans le monde, ils ont besoin de l’opinion publique pour placer la Russie au pied du mur de la confrontation.


Oscar Fortin
Le 26 juin, 2016
  



vendredi 17 juin 2016

Washington va-t-il se déclarer en guerre ouverte contre Assad ?






Telesurtv.net, site vénézuélien d’information, nous apprend que John Kerry prend au sérieux la pétition de 50 hauts fonctionnaires étasuniens qui demandent d’attaquer directement le gouvernement syrien. Ces derniers considèrent que la prise de contrôle de l’État syrien faciliterait la lutte contre le terrorisme.

« Les fonctionnaires diplomatiques, lesquels, selon RT, sont responsables de la politique extérieure de Washington, argumentent dans leur mémorandum interne qu’un changement de gouvernement par la voie de l’action militaire serait l’unique manière de vaincre le groupe islamique autoproclamé État islamique o Daesh. » (Traduction de l’auteur)

Cette déclaration prend un sens tout particulier dans le contexte de la présence militaire et légitime de la Russie, de l’Iran et d’autres alliés en appui au gouvernement syrien dans sa lutte contre le terrorisme et ceux qui le rendent possible. S’agit-il d’une reconnaissance par Washington d’un échec de sa politique de lutte contre l’État islamique ou une façon d’obliger les alliés de la Syrie dans la lutte contre le terrorisme à se positionner par rapport à une guerre contre les États-Unis ? Jusqu’à maintenant, la Russie a justifié sa présence en Syrie par la lutte contre le terrorisme  en appui aux efforts du gouvernement de Bachar El Assad d’en finir avec cette plaie. La Russie a toujours maintenu cette version sans jamais affirmer que c’était également pour défendre le président Bachar El Assad et  son régime. Elle a  toutefois reconnu et affirmé à plusieurs reprises  que la Syrie était un État de droit  et qu’il appartenait au peuple de décider de ses représentants et de son régime politique,

Si l’hypothèse se confirme d’une déclaration de guerre ouverte contre le gouvernement syrien, la Russie devra, cette fois, se positionner clairement  par rapport à son appui à l’État syrien et par rapport à l’acte de guerres des États-Unis contre le gouvernement syrien. De toute évidence, l’initiative de Washington, si elle se réalisait, serait perçue par le droit international comme un acte terroriste d’un État contre un gouvernement légitime et reconnu par les Nations Unies.  Sous cet angle, la Russie pourrait tout simplement maintenir sa position actuelle de lutte contre le terrorisme dont, cette fois, feraient ouvertement partie les États-Unis en se comportant comme un État terroriste à l’endroit de la Syrie.

Comme on peut s’en rendre compte, les évènements se succèdent rapidement et les principaux acteurs n’auront d’autres choix que de se positionner clairement et sans ambiguïté. Il appartient toujours au peuple syrien de décider de son avenir par les voies démocratiques et constitutionnelles. Ceux qui s’en prennent par la force et la violence contre des États légitimes et démocratiques ne peuvent être que des terroristes,  qu'ils soient d’État ou autres.

Il est tout de même curieux que Washington évoque la lutte contre le terrorisme en se transformant lui-même en État terroriste pour s'emparer de la Syrie.

Une histoire à suivre


Oscar Fortin
Le 17 juin 2016