vendredi 27 janvier 2017

Qui gouverne les États-Unis ?


LE PEUPLE, répond Donald Trump




Les premières paroles du Président Trump à son investiture ont donné le ton à une présidence qui ne serait plus à l’image des précédentes.  Le pouvoir ne sera plus entre les mains de Washington, mais entre les mains du peuple.

« La cérémonie d’aujourd’hui a toutefois un sens très particulier, car il ne s’agit pas seulement de transférer le pouvoir d’une administration à une autre ou d’un parti à un autre. Nous déplaçons le pouvoir de Washington pour vous le rendre à vous, le peuple des États-Unis. »

Pour bien marquer le sens à donner à ce transfert de pouvoir au peuple, il a aussitôt poursuivi en précisant que les intérêts et la volonté du peuple allaient passer avant ceux des élites.

« Pendant trop longtemps, une petite élite de la capitale de notre pays a profité des avantages de notre gouvernement, pendant que le peuple en faisait les frais. Les politiciens ont prospéré, alors que le peuple n’a tiré aucun bénéfice de toutes ces richesses. L’establishment s’est protégé lui-même, mais il n’a pas protégé les citoyens de notre pays. Leurs victoires n’ont pas été les vôtres. Leurs triomphes n’ont pas été les vôtres. Et pendant qu’ils faisaient la fête dans notre capitale nationale, il n’y avait rien à fêter dans les familles en difficulté partout au pays.

À partir de maintenant, tout cela va changer. Parce que ce moment est votre moment. Il vous appartient. Il appartient à tous ceux qui sont réunis ici et à tous ceux qui nous regardent partout aux États-Unis. C’est votre jour, ceci est votre célébration, et ce pays, les États-Unis d’Amérique sont votre pays. Ce qui compte vraiment, ce n’est pas qui détient le pouvoir au gouvernement, mais le fait que le gouvernement est entre les mains du peuple américain. »

Il ne fait aucun doute que le président Trump se fera un devoir de scruter cette volonté du peuple sur les grandes décisions qu’il devra prendre en son nom. Il devra sans cesse se demander ce que pense ce peuple et quels sont ses véritables intérêts dans telle ou telle situation. Ne faut-il pas que le peuple sache que ce gouvernement est entre ses mains ?

Par exemple, que pense ce peuple des centaines de milliards de dollars investis en armements pour assurer la sécurité et les intérêts des États-Unis ? Que pense-t-il vraiment du déploiement de ces centaines de bases militaires d’un peu partout à travers le monde ? Ces dépenses militaires et ces déploiements des armées répondent-ils avant tout aux intérêts prioritaires du peuple ou aux intérêts de ces élites, dénoncées avec force et vigueur par le nouveau Président ? Y a-t-il une comparaison à faire entre ces dépenses et celles rattachées aux secteurs de la santé, de l’éducation, de la protection des personnes âgées, de la sécurité nationale et du bien-vivre des citoyens et citoyennes  qui ficellent ce peuple ? Si le peuple gouverne, quels seraient ses choix budgétaires pour couvrir l’ensemble de ces besoins ?

Il en va également de même pour les choix politiques du peuple quant à ses relations avec les autres peuples du monde.  Que pense-t-il des relations de son pays avec ses voisins de l’Amérique latine, avec ceux du Moyen-Orient, d’Europe et d’Asie ? Que pense-t-il du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ? Que pense-t-il de la participation de leur pays  à l’ONU, à l’OTAN, à l’ALENA ?  Voit-il l’interventionnisme des États-Unis dans les affaires internes d’autres pays comme correspondant à ses intérêts prioritaires et conformes à ses valeurs humaines et morales ? Que pense-t-il du droit des personnes à une vie privée, de l’usage de la torture, des immigrés et de façon toute particulière de ce mur fermant la frontière entre le Mexique et les États-Unis ? Que pense-t-il que la facture du coût de ce mur soit refilée au peuple  mexicain ?

Je ne sais trop comment le président Trump arrivera à discerner cette volonté du peuple et les intérêts qui lui correspondent sans procéder à des consultations, à des référendums, à des sondages à moins qu’il ait la certitude de saisir cette volonté du peuple par intuition. Dans ce dernier cas, c’est comme dire que le peuple est en lui et que sa volonté est celle du peuple.

S’il est vrai que les médias parviennent à orienter la pensée et les émotions d’un grand nombre de personnes, la résistance de l’État profond permet d’en décoder les malversations et de remettre à jour la vérité des faits, tout en pointant du doigt les manipulateurs et les tricheurs. Il appartient au Président Trump de sonder les intérêts et la volonté de cet État profond au risque d’en devenir lui-même victime.

Avec son discours d’investiture, le président Trump nous a donné sa feuille de route pour les quatre années à venir. Si cette feuille de route est respectée, le visage des États-Unis va changer du tout au tout. D’empire, il sera redevenu un pays aimé et inspirant pour tous les peuples du monde.  Par contre, si cette feuille de route n’a été qu’un éclair pour mieux embrouiller la vue, ce sera alors le désastre tout autant pour les  États-Unis que pour le monde.

Je souhaite que le président Trump ne se trompe pas sur l’interprétation à donner sur ce qu’est la véritable volonté de son peuple et sur ses véritables intérêts.

« Le carnage américain s’arrête ici et maintenant. Nous sommes une seule et même nation, et leur souffrance est la nôtre. Leurs rêves sont les nôtres, et leurs succès seront les nôtres. Nous partageons le même cœur, la même maison et le même destin glorieux. Le serment que je prête aujourd’hui est un serment d’allégeance à tous les Américains. »

Il appartient désormais à ce peuple de se faire entendre. Il doit se mobiliser de mille et une manière. Trump lui donne non seulement la parole, mais l’autorité d’imposer ses volontés à ces dirigeants qui sont là d’abord et avant tout pour le servir prioritairement dans ses intérêts.

Oscar Fortin
Le 28 janvier 2017



jeudi 26 janvier 2017

Trump à sa première semaine de présidence

IL Y A LA PARTIE CONNUE MAIS AUSSI CELLE QUI NE L'EST PAS



On ne peut évidemment pas s’attendre à ce qu’un Président donne suite à toutes ses promesses la première semaine de son entrée en fonction. Sur bien des aspects, il est passé vite à l’action. Les nombreux décrets signés tout au long de ces sept premiers jours en disent long. Il y a toutefois des décisions prises plus discrètement qui ne vont pas tout à fait dans la ligne des promesses formulées dans son discours d’intronisation. À moins qu’il y ait des correctifs qui viennent en annuler la réalisation, certaines de ses paroles rejoindront celles de ses prédécesseurs qu’il a lui-même qualifiées de « vides ».

Voici ce qu’il a dit de la présence militaire des États-Unis à l’étranger :

Nous obéirons à deux règles simples : acheter américain et embaucher américain. Nous chercherons à garder l’amitié et les bonnes grâces des autres pays du monde, mais ils doivent comprendre que chaque pays a le droit de faire passer ses intérêts avant ceux des autres. Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie à quiconque, mais nous voulons qu’il serve d’exemple aux autres. Nous voulons être un exemple d’excellence. »

À la lumière de ces propos, nous sommes en droit de nous demander comment il peut justifier l’implantation d’une nouvelle base militaire étasunienne au Pérou, encourager par son silence l’arrivée de l’OTAN en Colombie où les États-Unis ont déjà 7 bases militaires.   Au même moment, son Secrétaire d’État aux Affaires extérieures  menace le Venezuela en déclarant qu’il va s’unir au Brésil et à la Colombie pour y réaliser un changement de régime.

En Syrie, les initiatives se poursuivent pour créer une nouvelle base militaire où plus d’un millier de soldats y sont déployés. Rien n’indique que cette initiative soit prise en concertation directe avec le gouvernement légitime de Syrie. Le «chaque pays a le droit de faire passer ses intérêts avant ceux des autres » sonne plutôt faux en pareil contexte.

Les atomes d’interventionnisme qui s’inscrivent dans l’ADN des gouvernants des États-Unis ne semblent pas avoir rendu l’âme avec l’arrivée de Donald Trump. Cette première semaine n’est pas très encourageante pour les peuples de l’Amérique latine et pour celui de Syrie. Il est important qu’un signal clair soit donné à l’Amérique latine et au Moyen-Orient quant à la détermination du nouveau Président de donner suite à ses propos visant le droit de chaque pays à décider de ses propres politiques et du respect de leurs droits de faire passer leurs intérêts avant ceux des autres.  Il s’agit là d’une véritable révolution qui commande une révision complète de la pertinence des bases militaires étasuniennes dans le monde.

«  Des décennies durant, nous avons enrichi les industries étrangères aux dépens de l’industrie américaine. Nous avons subventionné les armées d’autres pays, tandis que nos équipements militaires se dégradaient. Nous avons défendu les frontières d’autres pays tout en refusant de défendre les nôtres. Nous avons dépensé des billions de dollars à l’étranger, alors que l’infrastructure des États-Unis tombait en décrépitude. Nous avons rendu riches d’autres pays, pendant que la richesse, la puissance et la confiance de notre pays se dissipaient à l’horizon. Une à une, les usines ont fermé, sans une seule pensée pour des milliers de travailleurs américains laissés pour compte. La richesse de notre classe moyenne a été arrachée des foyers et a été redistribuée au monde entier. »

Lorsque le président Trump prononça ces paroles lors de son discours d’investiture il ne laissait planer aucun doute sur sa détermination à mettre un terme à ces bases militaires et, il faut le dire,  de nombreux peuples à travers le monde en ont ressenti un grand et profond soupir de soulagement. Nous ne pouvons qu’applaudir sa détermination à faire le grand ménage dans son propre pays  tout en invitant les autres à en faire tout autant dans le leur. Encore faudra-t-il qu’il laisse les autres faire leur propre ménage.

Il faudra voir maintenant les suites qu’il va donner à l’OTAN qu’il a déjà qualifiée d’obsolète. J’espère pour les jours qui viennent ce décret par lequel les États-Unis se retireront de cette Organisation, tout comme il l’a fait, cette semaine, pour le Traité transpacifique.  Il est également urgent qu’il affiche clairement ses couleurs à l’endroit de la légitimité du gouvernement de Bachar Al Assad et que sa coopération dans la région du Moyen-Orient se réalise conformément à ses déclarations du 20 janvier dernier, faisant de cette date le signal du départ d’une nouvelle ère.

« Maintenant nous sommes résolument tournés vers l’avenir. »

L’Amérique Latine et le Moyen-Orient attendent des signes concrets de Donald Trump qui marqueront sans équivoque qu’il y a vraiment un changement de cap des  États-Unis dans ses relations avec les autres peuples du monde.

« L’époque des palabres inutiles est révolue. C’est le moment d’agir. »


Oscar Fortin
Le 27 janvier 2017

lundi 23 janvier 2017

DONALD TRUMP ET NICOLAS MADURO


UN DÉFI COMMUN À RELEVER




Tous les deux ont été élus de façon démocratique, conformément aux dispositions prévues dans leur constitution respective. Le premier a gagné sa majorité grâce aux votes du Collège des grands électeurs, le second l’a gagné grâce au vote populaire. Dans les deux cas, ils se sont engagés à mener à terme une véritable révolution dans la manière de gérer les pouvoirs de l’État de manière à répondre en toute priorité aux intérêts de leur peuple.

Dans son discours d’intronisation, qui remonte au 20 janvier, Donald Trump a. entre autres choses, dit ceci :

« La cérémonie d’aujourd’hui a toutefois un sens très particulier, car il ne s’agit pas seulement de transférer le pouvoir d’une administration à une autre ou d’un parti à un autre. Nous déplaçons le pouvoir de Washington pour vous le rendre à vous, le peuple des États-Unis. »

Maduro, à peine 15 mois après son élection, prend des mesures concrètes pour approfondir cette prise de contrôle du pouvoir populaire sur ses propres institutions.

« Conformément aux engagements du programme sorti des urnes d’avril 2013 (4), le président Maduro annonce pour la mi-août un ¨sacudón¨ (forte secousse) des institutions gouvernementales : ¨nous révisons à la loupe tous les portefeuilles ministériels, le degré de réalisation de leurs objectifs ainsi que le niveau de production des entreprises d’État. Nous allons maximiser l’efficacité du gouvernement dans la rue (5) et toute l’action de l’État pour transférer le pouvoir à la population. Nous n’avons pas rebaptisé nos ministères ¨du pouvoir populaire¨ pour le plaisir de leur coller une belle étiquette, mais pour mettre l’État au service du peuple. Nous devons construire un système de gouvernement populaire qui ne soit pas un aimable slogan pour se souvenir de Simón Rodríguez ou de Hugo Chávez. Il est hors de question que la révolution s’arrête une seconde. Elle doit continuer à se déployer dans toutes les sphères de la vie¨ »  a-t-il rappelé aux ministres. »

Cette approche de Maduro fait grincer les dents des oligarchies et des amants d’un système qui leur permettait de s’enrichir, de manipuler le peuple et de gouverner en fonction de leurs propres intérêts.

Donald Trump est bien placé pour reconnaître ces travers d’un système fait pour les intérêts des élites et de politiciens peu scrupuleux au détriment de ceux du peuple.

« Pendant trop longtemps, une petite élite de la capitale de notre pays a profité des avantages de notre gouvernement, pendant que le peuple en faisait les frais. Les politiciens ont prospéré, alors que le peuple n’a tiré aucun bénéfice de toutes ces richesses. L’establishment s’est protégé lui-même, mais il n’a pas protégé les citoyens de notre pays. Leurs victoires n’ont pas été les vôtres. Leurs triomphes n’ont pas été les vôtres. Et pendant qu’ils faisaient la fête dans notre capitale nationale, il n’y avait rien à fêter dans les familles en difficulté partout au pays. »

Tous les deux ont l’expérience de ce que certains médias peuvent faire pour les discréditer au vu et au su du monde sans se soucier de la vérité des faits et du respect du droit des citoyens et citoyennes d’avoir accès à la vérité et non à des mises en scène de mensonges finement ficelés pour gagner l’opinion publique dans le sens de leurs projets destructeurs. Dans le cas de Trump, les milliards de Soros et les médias des élites s’en donnent à plein pouvoir pour le détruire dans sa personne et dans sa présidence.  Dans le cas de Maduro, ce sont l’ensemble des médias officiels du système de l’Occident qui sont mis à contribution pour le discréditer. Sous la gouverne de Bush et d’Obama, la CIA et diverses agences gouvernementales n’ont cessé d’intervenir sous diverses formes pour créer le chaos et réaliser une prise de contrôle des pouvoirs de l’état. Les seules richesses pétrolières compenseront amplement tous ces efforts.

Dans son discours d’investiture, Donald Trump a donné un signal, à l’effet qu’il n’en serait plus ainsi sous sa Présidence.

« Nous rechercherons l'amitié avec tous les pays du monde. Nous ferons cela avec la compréhension que c'est le droit de chaque pays de placer ses intérêts d'abord. Nous n'imposerons pas notre mode de vie, mais nous dirigerons plutôt par l'exemple».

Dans cet esprit, Nicolas Maduro a fait appel au nouveau président pour qu’il annule le décret de son prédécesseur, faisant du Venezuela une menace pour la sécurité et les intérêts des États-Unis.  Il s’agit là d’un décret qui se présente comme une véritable déclaration de guerre. De fait, comment le Venezuela, pays d’un peu plus de 31 millions de personnes, peut-il représenter une menace pour les États-Unis dont la population dépasse les 200 millions de personnes et dont les forces militaires sont les plus puissantes au monde ? Nous savons que l’intérêt des États-Unis, sous les anciennes administrations, consistait à mettre la main sur les gisements de pétrole, les plus riches au monde. Le principe énoncé par le président Trump à l’effet que les États-Unis doivent vivre de ses richesses s’applique tout autant pour le Venezuela dont le peuple doit être le premier à bénéficier de cette richesse pétrolière. C’est ce à quoi s’applique el actuel gouvernement.

L’actuel Secrétaire d’État aux Affaires extérieures des États-Unis, étant par pur hasard le patron d’ExxonMobil, ne semble pas l’entendre de la même manière. Dans une déclaration toute récente, reproduite en espagnol par telesurtv.net, il cherche une transition pour le Venezuela. Il revient sur la carte démocratique de l’OEA pour reprendre les mêmes stratégies de la présidence D’OBAMA en vue de renverser le gouvernement légitime du président Nicolas Maduro. Il veut s’allier au Brésil dont le président actuel est celui qui a rompu avec la carte démocratique de l’OEA et l’État de droit démocratique du Brésil. Il veut également s’allier avec la Colombie, où les États-Unis ont 7 bases militaires, ce à quoi le Président Trump veut se défaire. D’ailleurs, le président Trump, dans son discours d’investiture a indiqué son intention d’en finir avec ses bases militaires.

« Des décennies durant, nous avons enrichi les industries étrangères aux dépens de l’industrie américaine. Nous avons subventionné les armées d’autres pays, tandis que nos équipements militaires se dégradaient. Nous avons défendu les frontières d’autres pays tout en refusant de défendre les nôtres. Nous avons dépensé des billions de dollars à l’étranger, alors que l’infrastructure des États-Unis tombait en décrépitude. Nous avons rendu riches d’autres pays, pendant que la richesse, la puissance et la confiance de notre pays se dissipaient à l’horizon. Une à une, les usines ont fermé, sans une seule pensée pour des milliers de travailleurs américains laissés pour compte. La richesse de notre classe moyenne a été arrachée des foyers et a été redistribuée au monde entier.
Mais ça, c’est le passé. Maintenant nous sommes résolument tournés vers l’avenir. »

Celui qui a dit au monde que le temps des paroles vides était passé et que le moment était venu de parler par des gestes concrets a une toute première occasion de donner force à ses engagements.

Le temps des paroles vides est fini et j’espère que ce ne sera pas dans les quelques jours après les avoir prononcées, que ces dernières retrouveront leur trône au sein de son administration.

Oscar Fortin
Le 23 janvier, 2017-01-23