mercredi 8 mars 2017

NOTRE TRAVERSÉE DU DÉSERT




LE PASSAGE D’UN MONDE UNIPOLAIRE DOMINANT À UN MONDE MULTIPOLAIRE ET SOLIDAIRE





Pour les chrétiens, le « carême » marque un temps inspiré par des épisodes symboliques de l’histoire dont celui de la marche libératrice d’un peuple qui, pour passer de l’esclavage d’un empire à une Terre promise de liberté, dut traverser, sur une période de quarante ans, un immense et aride désert.



Ce fut le dur apprentissage de la vie collective et l’inévitable  regroupement d’un peuple, non plus sur la base de croyances en des veaux d’or, mais sur celle d’une « loi constituante », écrite  de la main de celui qui s’est identifié comme « je suis celui qui suis » (Ex.3,14). C’est dans cette loi que le peuple s’est reconnu et c’est à travers elle qu’il a forgé son destin.Ce fut, alors, la loi de Moïse, les « dix commandements », que nous pourrions considérer comme la première grande « loi fondamentale » d’un peuple. Elle est l’expression d’une alliance sacrée du peuple avec son destin, placé sous la protection de la main invisible de celui dont le nom est: « Je suis celui qui suis ». Cette loi, placée dans l’arche, dite de l’alliance, accompagne le peuple dans sa marche vers cette terre promise. Elle en est l’âme et l’inspiration.
 Un second épisode symbolique de l’histoire, plus personnalisé et englobant, est celui des quarante jours que Jésus de Nazareth passa dans le désert pour y affronter le grand ennemi, celui qui domine et règne sur le monde. Ce dernier porte plusieurs noms : Satan, le Père du mensonge, Mammon, le Tentateur, le Calomniateur, le corrupteur.
 L’enjeu est celui de la gouvernance du monde, disputée entre MAMMON et ce JÉSUS, identifié par une voix venue du ciel le déclarant « le Fils bien-aimé qui plut au Père de choisir''. Dans ce scénario, Jésus représente les forces du BIEN et Mammon, les forces du MAl. Il vient annoncer et inaugurer l’avènement d’une nouvelle  gouvernance mondiale, appelée dans les Évangiles, le Règne du Père.

Ce Règne nouveau ne cadre pas du tout  avec les paradigmes de la gouvernance de SATAN, le père du mensonge, lesquels reposent, pour l’essentiel, sur les valeurs de l’ « avoir », du « pouvoir » et du « paraître ». Le récit des trois tentations fera appel à ces trois  valeurs comme autant d’ « appâts » pour piéger celui dont la mission est de le renverser.  Une seule concession de sa part le transformerait en un nouveau disciple, ayant perdu sa crédibilité pour mener à terme sa mission d’une nouvelle gouvernance du monde.

Dans cette symbolique, le personnage Jésus est porteur d’un esprit qui en fait un être, à la fois, totalement incorruptible et porteur d’un pouvoir qui transcende les puissances qui s’imposent au monde. Sa mission porte tout autant sur l’affranchissement de l’humanité de cette gouvernance, dominée par la convoitise, les ambitions impériales et les apparats que sur l’émergence d’un monde nouveau, fondé sur une conscience de partage, de solidarité, de justice, de vérité, de respect et de compassion.

Point n’est besoin d’être croyant pour reconnaître dans la symbolique de ces deux épisodes un enseignement qui rappelle des vérités incontournables pour tous ceux et celles qui ambitionnent l’avènement d’une humanité porteuse de justice, de liberté, de vérité et de respect. La nature qu’est la nôtre, celle dont les véritables racines plongent dans les profondeurs de la conscience qui s’éveille et grandit en chacun de nous, n’appelle-t-elle pas  à l’avènement d’un monde nouveau, d’une gouvernance nouvelle, permettant à chaque être humain de vivre pleinement en solidarité avec tous les autres humains?

Pour celui qui croit et dont je suis, ces symboliques trouvent un sens particulier dans la vie et le témoignage de ce Jésus de Nazareth dont le sort rend compte jusqu’où l’esprit qui l’animait était profondément enraciné dans sa personne et dans l’humanité qu’il portait. Pour moi c’est évidemment ce même esprit qui continue d’être présent dans le monde et qui s’exprime à travers des millions de personnes, croyants ou pas, qui oeuvrent et donnent leur vie quotidiennement pour qu’un autre monde soit possible. L’histoire du combat de ce Jésus nous conduit  au fait que ce Nouveau Monde est non seulement possible, mais qu’il est toujours en pleine gestation,

De plus en plus, les peuples s’éveillent sous la poussée d’une conscience toujours plus solidaire, plus critique, moins prétentieuse et plus ouverte à ce qui se passe dans notre monde.  Les divers déserts par lesquels ils ont dû passer les ont aguerris et conduits à décoder ce dont ils ont été et sont toujours victimes : la tricherie, la manipulation, l’exploitation, la domination, la désinformation, la corruption.

La conscience se cimente toujours plus sur la base d’un esprit commun d’ouverture, de solidarité, de vérité, de justice, de respect. Les « veaux d’or » de la consommation, de l’individualisme, des apparats, etc.,  n’ont pas plus leur raison d’être aujourd’hui qu’ils en avaient en ces temps hébraïques de la traversée du désert. L’esprit de vérité, de justice, de solidarité, de respect de compassion regroupe toutes les personnes de bonne volonté, croyantes ou pas. D’ailleurs, n’est-ce pas à travers ses engagements que chacun dit le mieux les convictions qu’il a, la foi qu’il  professe, l’esprit qui fait de lui une pierre vivante de cette humanité à laquelle nous participons tous et toutes?

Il y a des signes des temps qui  rappellent que l’heure approche pour cette grande confrontation qui fera basculer inévitablement l’humanité dans une ère nouvelle. Cette dernière sera caractérisée, à n’en pas douter, par de nouveaux paradigmes, dominés par une conscience qui englobera l’humanité entière. Ce sera une conscience en qui la présence collective prendra le pas sur celle qui aura dominé à ce jour, à savoir la conscience individuelle. L’individualisme du 1% qui domine le monde n’a rien à voir avec une humanité solidaire et une conscience collective respectueuse des personnes, des collectivités, des États et des mille et une façons d’être.

La grande confrontation à laquelle nous sommes parties prenantes, est celle entre les maîtres d’un monde unipolaire sur lequel ils ont plein pouvoir et ceux qui croient en un monde multipolaire, respectueux et solidaire des uns avec les autres.

Dans cette perspective, je me permets de terminer en citant deux grands scientifiques du siècle dernier : Albert Einstein et Pierre Teilhard de Chardin.

Albert Einstein, un des hommes les plus brillants du siècle dernier, dans un article, écrit en 1949, pour Monthly Review, fait ressortir les deux pôles fondamentaux qui font de l’homme un être à la fois solitaire et social.


« Comme être solitaire il s’efforce de protéger sa propre existence et celle des êtres qui lui sont le plus proches, de satisfaire ses désirs personnels et de développer ses facultés innées. Comme être social il cherche à gagner l’approbation et l’affection de ses semblables, de partager leurs plaisirs, de les consoler dans leur tristesse et d’améliorer leurs conditions de vie. C’est seulement l’existence de ces tendances variées, souvent contradictoires, qui explique le caractère particulier d’un homme, et leur combinaison spécifique détermine dans quelle mesure un individu peut établir son équilibre intérieur et contribuer au bien-être de la société. »

Poursuivant sa réflexion en la précisant davantage, Albert Einstein, explique ce qui constitue pour lui la crise de notre temps.

« Il s’agit du rapport entre l’individu et la société. L’individu est devenu plus conscient que jamais de sa dépendance de la société. Mais il n’éprouve pas cette dépendance comme un bien positif, comme une attache organique, comme une force protectrice, mais plutôt comme une menace pour ses droits naturels, ou même pour son existence économique. En outre, sa position sociale est telle que les tendances égoïstes de son être sont constamment mises en avant, tandis que ses tendances sociales qui, par nature, sont plus faibles se dégradent progressivement. Tous les êtres humains, quelle que soit leur position sociale, souffrent de ce processus de dégradation. Prisonniers sans le savoir de leur propre égoïsme, ils se sentent en état d’insécurité, isolés et privés de la naïve, simple et pure joie de vivre. L’homme ne peut trouver de sens à la vie, qui est brève et périlleuse, qu’en se dévouant à la société.

 Teilhard de Chardin, Anthropologue et théologien, a développé, pour sa  part, dans son livre, le Phénomène humain, une théorie sur  l’évolution de l’Univers dont la conscience humaine en serait un aboutissement  et une continuité. 





p.139 - 140 « L'essence du Réel.... pourrait bien être représentée par ce que l'Univers contient, à un moment donné, d'«intériorité »; et l'Évolution dans ce cas ne serait pas autre chose au fond que l'accroissement de cette Énergie «psychique » ou « radiale » au cours de la Durée. 

p 175 « quelque chose ....s'accumule irréversiblement de toute évidence et se transmet, au moins collectivement, par éducation, au fil des âges....  ...Un courant héréditaire et collectif de réflexion s'établit et se propage : l'avènement de l'Humanité à travers les Hommes. » 

p 179 « Par l'hominisation, en dépit des insignifiances de la saute anatomique, c'est un Âge nouveau qui commence. La Terre fait "peau neuve". Mieux encore, elle trouve son âme. » 

p 180 « Ce qu'il peut y avoir de plus révélateur pour notre Science moderne c'est d'apercevoir que tout le précieux, tout l'actif, tout le progressif contenu originellement dans le lambeau cosmique d'où notre monde est sorti, se trouvent maintenant concentrés dans la "couronne" d'une Noosphère. »

p. 244 « Positivement, je ne vois pas d'autre façon cohérente, et partant scientifique, de grouper cette immense succession de faits (le processus cosmique d'organisation), que d'interpréter dans le sens d'une gigantesque opération psychobiologique,- comme une sorte de mégasynthèse, - le super-arrangement auquel tous les éléments pensants de la Terre se trouvent aujourd'hui individuellement et collectivement soumis. Toujours plus de complexité : et donc encore plus de conscience."

Voilà un partage sans prétention d’une méditation sur les temps que nous vivons à la lumière de certains textes anciens relatant des évènements qui sont de nature à nous rejoindre davantage par leur caractère symbolique qu’historique. Les commentaires de nos deux scientifiques apportent un éclairage contemporain sur la direction de cette évolution de notre humanité.

Ainsi, les déserts que nous traversons ne doivent pas nous faire oublier la terre promise à laquelle nous aspirons, pas plus d’ailleurs, la gouvernance conduisant à une plus grande intégration de la conscience solidaire et responsable.

Oscar Fortin
Québec, le 8 mars 2017

http:/humanisme.blogspot.com

mardi 28 février 2017

PRÉSIDENT TRUMP EN PIÈCES DÉTACHÉES





NOTE : Je viens d’écouter le discours du président Trump aux membres du Congrès des États-Unis. Il a eu le ton pour développer les grands thèmes qui ont marqué sa campagne électorale : l’immigration, la sécurité, l’emploi, l’éducation, l’assurance maladie et la simplification des règles administratives qui compliquent, plus souvent que moins, la solution des problèmes.  Il a parlé de l’augmentation des budgets consacrés à l’armée, il a reconnu qu’il respectait le droit de chaque peuple à décider de son destin pour autant qu’ils n’entravent pas la sécurité et les intérêts des États-Unis et de ses partenaires. Il n’a pas parlé de la Russie, ni de la Chine, mais de ses partenaires de l’OTAN. Il a fait appel aux démocrates et républicains pour qu’ils travaillent main dans la main à la réalisation de ce grand rêve d’une Amérique capable d’éclairer le monde. L'article qui suit a été écrit avant ce discours. Je ne pense pas qu'il en ait modifié la teneur.

Depuis ce discours fameux de son investiture comme président des États-Unis, discours laissant entrevoir une toute nouvelle manière d’aborder les problèmes intérieurs et extérieurs, Donald Trump nous laisse plutôt perplexes sous bien des aspects. C’est comme si le patron qu’il était à la tête de son empire ne se retrouvait plus dans le président qu’il est devenu.  Comme patron,  il avait main mise sur  l’ensemble de son organisation. Il décidait de ses collaborateurs et collaboratrices tout comme de ses projets et plans d’action. Il n’avait de compte à rendre qu’à lui-même. Tout indique que ce ne soit plus le cas et qu’il faille prendre en compte les volontés de l’État profond de l’Empire, tout particulièrement en ce qui a trait aux politiques extérieures des États-Unis.

Le remplacement du Général Michael Flynn par le général de corps d'armée H.R. McMaster en dit long sur le sujet.

  La nomination du général de corps d'armée H.R. McMaster à la position de conseiller de sécurité nationale indique que Trump a fait une volte-face sur sa question de politique étrangère la plus épineuse, pour normaliser les relations avec la Russie. Le Général Michael Flynn - qui a récemment démissionné de son poste après des allégations de mensonge au Vice-président Mike Pence - était le partisan principal d'un apaisement avec Moscou, une position qui avait été soutenue avec enthousiasme par le Président Donald Trump.

Mais McMaster ne soutient pas les relations de normalisation avec la Russie, en fait, McMaster voit la Russie comme "une puissance révisionniste hostile" qui "annexe des territoires, intimide nos alliés, développe des armes nucléaires et utilise des armées de procuration sous la couverture d'armées conventionnelles modernisées." Aussi, à présent que se passe-t-il ? Pourquoi Trump met-il un faucon détestant Moscou comme McMaster dans un poste où il pourra intensifier la pression sur la Russie, augmentera les provocations et, très probablement, déclenchera un incendie entre les deux superpuissances nucléaires ?

Thierry Meyssan fait une analyse sur le président Trump qui ne va pas dans cette même direction. Pour lui, Donald Trump se démarque, contrairement à ses prédécesseurs, des détenteurs du pouvoir de l’état profond, qui ont toujours eu main mise sur l’exercice du pouvoir des Présidents des États-Unis. (écouter de 40 min. par en avant) .

Dans cette entrevue du 17 février dernier, Thierry Meyssan ne relève pas les réclamations surprises  de Trump à l’endroit de la Russie en relation à la Crimée et aux conflits dans le sud-est de l’Ukraine. Dans sa déclaration, Donald Trump confirme pleinement les propos de la représentante des États-Unis aux Nations Unies. Dans cette même entrevue, Il ne relève pas le fait de la démission du général Flynn de son poste à la Sécurité nationale.

Les prises de position et les déclarations du président Trump en relations internationales confirment de jour en jour et de plus en plus que l’État profond du pouvoir de l’Empire a repris le plein contrôle de l’agenda international et que Trump y jouera le rôle qu’on lui dictera. Ses déclarations sur le Venezuela, ses initiatives en Syrie et en Ukraine confirment le maintien des politiques étrangères des États-Unis à l’endroit de ces pays. Il faut également prévoir qu’il maintiendra la politique des sanctions contre la Syrie, la Russie et l’Iran.

Donald Trump, le patron qu’il était, n’est plus qu’un simple président soumis au pouvoir de l’État profond de l’Empire. Cette soumission se confirme chaque jour un peu plus en ce qui concerne les politiques extérieures  des États-Unis. Sur le plan intérieur, il faut croire que l’État profond mise sur les oppositions internes qui finiront par avoir raison de ses projets les plus contestables en politique intérieure.

Tout récemment, il vient d’annoncer une augmentation de 84 milliards de dollars du budget consacré au Pentagone. Pour celui qui se refusait de faire des États-Unis le gendarme du monde, il n’y va pas à petite cuillère. Voici ce qu’il disait dans son discours d’investiture :

« Nous rechercherons l'amitié et la bonne volonté des autres nations du monde, mais nous le ferons avec l'idée que c'est le droit de tout pays de mettre ses propres intérêts en avant.

Nous ne cherchons pas à imposer notre mode de vie, mais plutôt à le rendre éclatant comme un exemple à suivre. »

Ce n’est pas tout à fait ce qui se reflète dans les échanges récents avec le Venezuela, la Syrie, l’Iran et même la Russie. Sa position sur l’Ukraine a été ramenée à la position du Président antérieur, celle-là même qui lui fut dictée par ce même État profond de l’Empire.

La confiance sera-t-elle au rendez-vous de la rencontre à venir entre le président Poutine et le président Trump ? La résolution soutenue par les Etats-Unis contre le gouvernement de Bachar El-Assad, n’est pas de nature à inspirer cette confiance. La Chine et la Russie ont voté contre. 


Je vous invite à lire cet article qu'un ami vient tout juste de me transmettre. Il est en lien direct avec celui-ci.


Oscar Fortin





mercredi 8 février 2017

LA BAGARRE EST-ELLE DEVENUE INÉVITABLE ?




On se souviendra de ces propos tenus par Vladimir Poutine à la Conférence internationale de Valdaï, en octobre 2015 : « Il y a 50 ans déjà, à Leningrad, la rue m’a appris une règle : si la bagarre s’avère inévitable, il faut frapper le premier. » Déjà, à la Conférence de 2014, il avait mis cartes sur table et identifié les pas à franchir pour surmonter les obstacles et œuvrer dans le sens d’une paix respectueuse du droit des peuples à leur propre développement. Il a appelé « à mettre en place un "système explicite d'engagements et d'accords mutuels" afin de prévenir l'anarchie mondiale. » Depuis ce temps que s’est-il passé ?

D’abord en Syrie

On peut relever le fait que la volonté des États-Unis et de ses alliés à collaborer avec le gouvernement syrien et la Russie dans la lutte contre le terrorisme n’aura été qu’une diversion pour renforcer leur soutien aux forces terroristes opposées au président Bachar Al Assad. Tout au long de ces deux dernières années, la Russie a fait le constat à plusieurs reprises que les interlocuteurs, sous la gouvernance d’Obama, ne tenaient pas parole et n’étaient tout simplement pas fiables. Ce fut le cas, lors de l’accord visant l’élimination des armes de destruction massive, motif invoqué pour mener cette guerre contre le gouvernement de Syrie. Une fois ces armes de destruction massive éliminée, les États-Unis et la coalition internationale n’en continuèrent pas moins à chasser du pouvoir, le Président légitime.

Pour le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, ses interlocuteurs ne tinrent pas parole, en ce sens qu’ils poursuivirent la guerre contre Bachar al Assad même si ce dernier ne disposait d’aucune arme de destruction massive.

Ce fut,  également le cas, tout récent, de la trêve convenue de cessez-le-feu, en septembre dernier.  L’armée américaine aurait bombardé, soi-disant par erreur, un contingent de l’armée syrienne. Il y eut des morts et des blessés. Un comportement que les interlocuteurs russes considérèrent comme une tricherie froidement calculée. Cette guerre contre le terrorisme nous révèle les dessous d’un jeu dangereux de l’Occident avec les terroristes pour atteindre leur objectif du renversement du Gouvernement. Ce jeu dangereux s’est révélé au grand jour lors des évènements qui ont conduit à la libération d’Alep. On a pu y constater que les terroristes agissaient en lien étroit avec les États-Unis et la coalition, dite internationale. Voir à ce sujet ce bref article.

Puis l’Ukraine

Si nous regardons maintenant ce qui s’est passé du côté de l’Ukraine, le constat en est tout aussi désolant. Les bonnes volontés, exprimées à travers les accords de Minsk, n’ont donné suite à aucune des mesures fondamentales de nature à résoudre les problèmes entre le gouvernement central de Kiev et les républiques du Donbass,  particulièrement de Donetsk et de Lougansk.  Le panorama est des plus tristes et les populations de ces républiques sont soumises à des bombardements qui vont à l’encontre des ententes de Minsk 1 et de Minsk 2. Vladimir Poutine a beau interpeller les membres participants à ces ententes, mais rien n’y fait. Il y a six jours, le président de Russie qualifiait ces attaques de barbares, 

Kief reconnaît ouvertement qu’elle mène une guerre contre le Donbass. Ses partenaires occidentaux, parties aux ententes de Minsk ne semblent pas pressés pour exiger que les accords prévus dans celles.ci  soient respectés. Une véritable crise humanitaire secoue cette région depuis le coup d’État réalisé sous la direction des États-Unis et de ses alliés de l’Europe. Rien pour convaincre Poutine de la bonne foi de ses interlocuteurs. À lire également :

Enfin les forces de l’OTAN aux frontières de la Russie

Tout le monde sait maintenant que lors de l’entente entre Gorbatchev et Reagan, au moment de l’écroulement de l’ex-URSS, que l’Occident se garderait d’étendre les forces de l’OTAN aux frontières de la Russie.

« Le cœur de ce débat se situe autour de l’échange qui a lieu au Kremlin le 9 février 1990 entre le secrétaire d’État américain, James Baker, et le dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev. Après une large discussion sur le futur statut d’une Allemagne unifiée, Gorbatchev promet de «réfléchir à tout ça» en ajoutant: «Il est entendu, c’est clair que l’élargissement de la zone de l’OTAN est inacceptable.» Et Baker de conclure: «Nous sommes d’accord avec cela.»

Force est de reconnaître que tout au long de ces dernières années, la présence des forces de l’OTAN s’est accélérée aux frontières de la Russie. Ce genre de déploiement n’est pas de nature à semer la confiance. Bien au contraire, Poutine ne la trouve pas drôle du tout. L’OTAN n’en démord toujours pas.

TRUMP PEUT-IL FAIRE LA DIFFÉRENCE

Il ne fait aucun doute que le président Poutine a attendu l’arrivée de ce nouveau Président dont les intentions laissaient entrevoir de nouvelles approches dans la manière de concevoir les relations internationales entre les États  et de façon particulière  avec la Russie, la Chine, l’Iran, la Syrie, l’Ukraine. À écouter les déclarations de son Secrétaire d’État, les perspectives d’un changement dans le sens du respect des peuples à décider de leur destin ne semblent pas très prometteuses.  

POUTINE AURAIT-IL PRIS UNE DÉCISION SUR L’UKRAINE ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui que la Russie se prépare à toutes les éventualités d’une guerre toujours possible. Dans le cas présent, l’ordre de se préparer à un temps de guerre laisse sous-entendre  que Poutine va agir et qu’il faudra être alerte pour contrer toutes les attaques provenant de l’extérieur. Voici ce qu’il demande à toutes ses forces armées :

 « Une attention particulière devra être accordée à la prise en charge des alertes, au déploiement des systèmes de défense aérienne pour des temps de guerre ainsi qu’à la capacité des groupes aériens à repousser les agressions »,

Ce qui se passe en Ukraine est devenu intolérable. Les pays signataires des accords de Minsk  ne semblent pas préoccupés par les attaques du gouvernement central de Kiev contre les Républiques populaires de Desk et Lougansk. Le nouveau président Trump ne semble pas se positionner autrement qu’Obama.

Que conclure ?

Les espoirs placés en ce nouveau Président des États-Unis, surtout en matière internationale, ne semblent pas trouver écho profond dans la nouvelle administration. Je crois que Vladimir Poutine en a déjà tiré ses conclusions. S’il agit le premier en territoire ukrainien, Trump devra se positionner par rapport aux ententes de Minsk et au respect des peuples.

Oscar Fortin
Le 8 février, 2017