dimanche 14 mai 2017

L’information modulée selon certains intérêts

La vérité des faits passe au second plan



Cette question de l’information-désinformation revient de plus en plus sur les réseaux sociaux.  Je voudrais laisser la parole à certains grands spécialistes  et à certaines organisations dont le but premier est justement de décoder les tactiques et manœuvres utilisées pour donner au mensonge l’allure de la pure vérité.

Dans un article, publié  en 2016 sur son site @Armand Colin, ce dernier présente la problématique de l’information-désinformation de la façon suivante :

« Comment se forger une opinion sur les informations que l’on reçoit sur les réseaux, dans les médias ? Comment agit la désinformation et quel risque représente-t-elle pour la société… Dans La désinformation : les armes du faux  (Armand Colin, 2016), François-Bernard Huyghe, expert de l’information et de la stratégie, présente la genèse de la désinformation, la resitue dans l’histoire des sociétés, analyse ses mécanismes profonds. Alors que nous sommes submergés par les informations vraies ou fausses, voici un ouvrage salutaire, qui, s’il ne se veut pas rassurant, nous avertit et nous permet de prendre pleinement conscience du phénomène. »

L’article tout entier, plutôt bref, mais intense en contenu, mérite d’être lu.


Dans les temps que nous vivons où peuples et nations se disputent leurs droits et pouvoirs, les médias de toute nature deviennent une arme de premier plan pour moduler l’opinion publique de leurs commettants et de l’humanité entière que leurs prétentions sont justes et qu’elles répondent aux grandes valeurs dominantes de nos sociétés. Déjà, beaucoup a été écrit sur l’usage de ces médias de la part, évidemment, des plus puissants, pour justifier les interventions en Afghanistan, en Irak, en Libye, en Syrie et maintenant, plus près de nous, au Venezuela. Dans ce dernier cas, le Venezuela, l’usage de la désinformation des faits devient pratiquement caricatural. Je me permets de vous référer à cet article tout récent qui raconte comment tous ces montages se réalisent à l’insu de l’opinion publique qui n’a d’autres références pour décoder ces malversations des faits.

Voici quelques extraits de nature à vous inciter à lire au complet le document en question.

« La tâche de financer la confusion, en faveur d’une situation de guerre non conventionnelle contre le Venezuela, est dirigée par le département d’État. C’est ce que montre la Justification Budgétaire du Congrès (Congressional Budget Justification or CBJ), un rapport annuel fait au Congrès des États-Unis par cet organisme sur ses opérations à l’étranger.
En finançant les médias vénézuéliens, les États-Unis renforcent l’une des armes les plus puissantes contre le chavisme. Mark Weisbrot, un économiste du Centre de Recherche Économique et Politique (Center for Economic and Policy Research), un think-tank de Washington, a affirmé que « dans un certain nombre de pays, y compris le Venezuela et la Bolivie, l’USAID agit plus comme une agence impliquée dans des actions secrètes, comme la CIA, que comme une agence d’aide ou de développement. »
Les noms des organisations étrangères spécifiques qui reçoivent ces fonds sont des secrets d’État, exactement comme dans le cas de la CIA. Quand on demande des informations sur les organisations réceptrices, l’USAID répond qu’elle ne peut « confirmer ou nier l’existence d’antécédents ».
« Le circuit d’élaboration de la fausse information commence avec la déformation d’un fait, immédiatement reprise par les médias internationaux. La note est effacée en 1 à 4 heures, mais l’information continue à tourner sur les réseaux sociaux. Quand on connaît la version réelle, aucun média international ne corrige l’information, tout au moins pas avec la même véhémence. C’est ce qui s’est passé avec plusieurs morts survenues pendant les guarimbas, encore en cours, attribuées à « des collectifs chavistes » (appelés « paramilitaires » par les agents politiques).
Le département d’État a défini la ligne éditoriale des fausses informations : constituer un dossier de terrorisme d’État et de crimes contre l’humanité contre le Gouvernement vénézuélien (en faisant usage de la notion de « collectifs paramilitaires ») pour, de cette façon, aiguiser le siège diplomatique et financier contre lui. Comme cela a été fait contre le Nicaragua, Haïti, la Syrie et la Libye. »
« L’instrumentalisation des fausses informations comme arme d’une guerre psychologique et médiatique leur a servi, entre autres, à provoquer des scénarios d’intervention contre la Lybie et la Syrie. On pourra prendre comme exemple le supposé bombardement de la Place Verte à Tripoli en 2011, ou « l’attaque chimique » du gouvernement syrien la même année. Les mêmes méthodes sont utilisées au Venezuela avec l’obtention des mêmes résultats comme objectif
En savoir plus sur http://reseauinternational.net/le-departement-detat-usa-finance-les-fausses-informations-contre-le-venezuela
/#zWUetkH7kWzGFT18.99 »

Si vous retournez à cet article, vous y verrez les exemples qui sont donnés comme mutilation de la vérité des faits.


Je termine avec cet exemple d’une nouvelle diffusée sur nos médias qui attribuait celle-ci à l’armée d’avoir utilisé des excréments d’humain contre une opposition paisible. Or, la vielle, j’avais suivi sur telesurtv.net le déroulement de ces évènements en direct où on voyait ces terroristes payés par l’opposition tirer de ces flacons d’excréments contre les policiers qui assuraient les limites prévues pour les manifestants. À ce moment, leur manifestation se réalisait face à l’Édifice du Ministère de la Justice auquel ils ont causé de nombreux dommages. Nous sommes évidemment loin de la nouvelle qui attribue aux policiers d’avoir utilisé ces excréments contre une opposition pacifique.

La vérité sur ce qui se passe au Venezuela nous est cachée. Le pétrole et les mines d’or font l’envie des prédateurs nationaux et internationaux ayant à leur tête l’immense pouvoir dont dispose Washington.

Oscar Fortin

Le 14 mai 2017


dimanche 7 mai 2017

DÉCLARATION DE LA CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DU VENEZUELA QUI NOUS RAMÈNE AU SIÈCLE DERNIER


SUITE À LA CONVOCATION DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE  CONSTITUANTE



Le 1er mai dernier, le président du Venezuela, Nicolas Maduro, conformément aux dispositions de l’article 347 de la constitution, a signé le décret par lequel il convoque à une Assemblée nationale constituante, comme voie de sortie à une situation où les représentants de l’opposition officielle se refusent à s’asseoir à une table de concertation y de négociation avec les représentants du gouvernement.

Il faut dire que l’actuation de cette opposition va plus dans le sens de créer les conditions pour renverser le gouvernement par un coup d’État, fomenté de l’extérieur, que de procéder par les voies politiques  et constitutionnelles. La convocation de l’Assemblée nationale constituante se veut une réponse pacifique à cette situation de fait. Elle constitue le pouvoir suprême du peuple qui sera en mesure d’étudier les alternatives et de procéder aux ajustements institutionnels nécessaires de manière à résoudre les problèmes qui se présentent. Selon l’article 349, aucun pouvoir institutionnel ne pourra en modifier les décisions.


Il importe de rappeler que l’opposition vénézuélienne maintient des relations privilégiées avec Washington et le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Luis Almagro. Ces relations lui permirent, d’une part,  le promouvoir l’actualisation de la Charte démocratique de l’OEA, ouvrant ainsi la porte à une intervention militaire étrangère et , d’autre part , diffuser à grande échelle à travers les médias, au service des intérêts de l’Empire, une image du gouvernement de Nicolas Maduro qui en fait le grand responsable de tous les maux que connaît le pays.

À ces deux alliés de l’opposition, il faut également ajouter l’appui infatigable et persistant de la Conférence épiscopale du Venezuela. Elle sait utiliser tous les moyens à sa portée pour dénigrer l’actuel gouvernement, en confirmer la faillite dans sa tâche gouvernementale, incapable de résoudre les problèmes que vit la population vénézuélienne. Voici ce qu’on peut lire dans leur Déclaration que je me permets de traduire : « Pt 6 : On ne peut oublier ni laisser de coté la tristesse et la souffrance que ce régime génère chez à notre peuple. »

Dans ce scénario de l’opposition et de l’Épiscopat, on ne parle évidemment pas des conquêtes révolutionnaires  dans les secteurs de la santé, de l’éducation, du logement, pas plus, qu’on parle des autres facteurs qui génèrent ces problèmes d’accès aux produits essentiels, tels ceux de l’alimentation et des médicaments. Ils ne disent rien de cette guerre économique qui joue un rôle important dans la distribution de ces biens essentiels, dans le climat social, politique et économique.  Tout est dit et fait pour couvrir ces facteurs extérieurs par leur silence et pour reporter sur le gouvernement la source de tous ces maux. L’objectif recherché est que le peuple se retourne contre son gouvernement et rende plus facile le changement de régime recherché. Il y a un coupable, un seul coupable et c’est le gouvernement bolivarien et socialiste.

En dépit de tous ces camouflages, le peuple vénézuélien maintient un appui fort à son gouvernement et sur le régime sur lequel il s’appuie. La Conférence épiscopale, dans sa Déclaration, ne voit pas les trois millions de vénézuéliens et Vénézuéliennes qui  ont gonflé les rues du centre de Caracas, le 19 avril dernier. Ils n’étaient pas là pour tirer des pierres à Nicolas Maduro,  mais pour le conforter de leur appui dans la lutte qu’il mène pour assurer la paix et le mieux-être du peuple vénézuélien. Ils sont également là pour l’appuyer dans son appel incessant à l’opposition pour qu’elle vienne s’asseoir à une table de concertation et de discussion en vue de trouver des solutions constitutionnelles pour résoudre les problèmes et retrouver la paix.

Il faut noter que ce qui intéresse le plus cette opposition et ses principaux alliés,  auxquels figure au premier rang Washington, c’est la prise de contrôle de l’État par une intervention militaire qui peut compter avec la quatrième flotte étasunienne à proximité dans le Pacifique et les sept bases militaires étasuniennes en Colombie, pays voisin du Venezuela. Par cette action militaire,  la constitution serait remplacée par une autre, rédigée, cette fois, depuis Washington, de sorte que l’État serait entièrement sous contrôle de l’Empire et ses richesses  seraient gérées en fonction des intérêts  de ce dernier.

La violence dont est victime le Venezuela est de même nature que celle utilisée dans d’autres pays, telles l’Ukraine, la Libye, la Syrie, entre autres. L’empire ne peut tolérer des gouvernements récalcitrants à ses volontés et à ses intérêts, surtout s’ils disposent de grandes richesses. Contrairement aux guerres anciennes, l’approche privilégiée est de créer subtilement le mécontentement de la population et générer par diverses astuces le chaos dans le pays. Il faut voir ce qu’on en dit dans le cadre des révolutions de couleurs, fabriquées de toute pièce.

Dans le cas présent du Venezuela, le président Maduro met à l’épreuve la démocratie de ceux qui veulent intervenir militairement au nom même de la démocratie. Sa convocation à une Assemblée nationale constituante est une manière de faire appel au peuple lui-même,  fondement de toute démocratie, pour résoudre les problèmes. Cette constituante sera formée de 500 personnes, élues par vote direct. Elles viendront de toutes les régions, de tous les secteurs d’activité sociaux, politiques, économiques. Cette Assemblée disposera du pouvoir suprême du peuple pour résoudre les problèmes qui se retrouvent dans un cul-de-sac. Aucun autre pouvoir ne pourra s’opposer aux décisions prises qui tiendront lieu de constituantes (art.349). Quoi de plus démocratique que le pouvoir du peuple pour le peuple?

C’est dans ce contexte que la Conférence épiscopale a transmis, ce 5 mais 2017, ses commentaires relatifs à cette Assemblée constituante, réclamée par le président Maduro. Dans sa Déclaration,  elle considère que l’immense majorité de la population perçoit cette initiative comme une diversion pour détourner les yeux des urgentes nécessités du pays et comme un pas de plus  dans la remise en cause de l'État de droit prévu par la Constitution actuelle ( Pt.2)


À la lumière de cette approche, tout laisse entendre qu’elle n’a rien vu passer de ces trois millions de personnes qui ont apporté leur soutien au Gouvernement, pas plus qu’elle n’a vu les centaines de milliers de travailleurs et travailleuses se joindre au Président pour célébrer la fête du Travail.

Il faut reconnaître que derrière tous ces discours, il y a toujours cette obsession idéologique contre tout ce qui peut s’apparenter à communisme, socialisme, marxisme, etc. Là se trouve l’objectif principal des interventions de cet épiscopat.  Il lutte pour faire disparaître, ce que Chavez a qualifié de  « socialisme du XXIe siècle ». Au point 4 de leur intervention, la Conférence épiscopale qualifie ce socialisme du XXIe s. et, par le fait même, le gouvernement,  « de système totalitaire, militariste, policier, violent, oppresseur qui est à l’origine de tous les maux dont souffre le pays. »

Avec cette déclaration, les évêques nous renvoient au siècle dernier. Comment peuvent-ils confondre le gouvernement du Venezuela avec un régime totalitaire, militariste, policier, violent et oppresseur ? On a comme l’impression de revenir à l’époque de Reagan et de Jean-Paul II dans leur combat conjoint contre le communisme. Aujourd’hui, nous savons tous ces crimes auxquels cette lutte anticommuniste a donné lieu. À cette époque, les dictateurs étaient les bienvenus, les tortionnaires et les assassinats faisaient partie des dommages collatéraux. Les femmes en blanc d’Argentine nous rappellent avec force en ces jours-ci, les drames vécus, la douleur supportée, souvent sans réconfort de ces autorités épiscopales, plus près des dictateurs que de leurs victimes. Ce que nous révèle le Plan Condor devrait faire réfléchir ces nouvelles générations d’évêques. Il faut bien admettre que celle qui préside présentement l’Épiscopat au Venezuela est loin d’avoir tiré les conclusions de ces drames.

Cette complicité de l’Église avec l’Empire pour lutter contre le communisme est confirmée par un premier pacte signé, en juin 1982, entre le pape Jean-Paul II et le président Reagan. La levée du secret sur ce pacte nous permet d’en connaître le contenu.  Le second pacte, signé en mars 2014, nous en suggère plus qu’il nous en révèle le contenu. Toutefois, selon l’analyse que j’en fais, tout semble aller dans la même direction. Il ne fait pas de doute que la position des évêques du Venezuela et ceux dans les pays émergents vont en ce sens.

Dans ce contexte et dans l’esprit suggéré par ces Pactes, comment comprendre une telle coopération de l’Église avec le grand maître du capitalisme sauvage que condamne avec force le pape François dans son Exhortation apostolique Evangelii Gaudium ? D’une part, l’Église s’attaque à ceux qui luttent justement contre ce capitalisme sauvage, ce qui est le cas du Venezuela, de la Bolivie, de l’Équateur et d’autre part elle dénonce avec force ce capitalisme et invite les peuples et les gouvernements à y mettre fin. Il faut dire que l’Église n’en est pas à ses premières contradictions.

Les positions prises par la cupule de la Conférence épiscopale vont totalement dans le sens inverse de l’Exhortation apostolique du pape François. Plutôt que d’appuyer un gouvernement qui vise à détruire ce capitalisme sauvage, elle se place en situation de collaboration pour ouvrir la voie aux grands acteurs de ce capitalisme sauvage.

N’est-il pas scandaleux que ces évêques, que l’on considère comme instruits, voués à la proclamation du message des Évangiles et à la promotion de la doctrine sociale de l’Église n’aient pas trouvé le temps pour approfondir cette doctrine sociale de l’Église pas plus d’ailleurs pour approfondir ce socialisme du XXIe siècle que le catholique Chavez voyait comme une expression concrète de la doctrine sociale de l’Église?

Je m’exprime de cette manière parce que je me suis prêté à l’exercice visant à approfondir le lien entre ce socialisme et la doctrine sociale de l’Église. Pour se faire, j’ai ’analysé les politiques développées par la révolution bolivarienne et je les ai confrontées avec la pensée sociale du pape Jean XXIII, tel qu’exprimé dans ses deux Encycliques,  Mater et Magistra et dans celle portant le titre merveilleux de Pacem in terris. Vous trouverez tous les liens pertinents à cet exercice en lisant cet article sous le titre : JEAN XXIII PRÉCURSEUR DU SOCIALISME DU XXIe s.


De toute évidence ,l’idée que se font les évêques vénézuéliens du socialisme du XXIe siècle est loin de la réalité. Quant à la pensée sociale du pape Jean XXIII, on peut  se demander s’ils en ont pris connaissance.

En conclusion de leur intervention, les évêques ordonnent de ne pas respecter cette décision constitutionnelle du président Maduro et terminent en présentant, hypocritement, le gouvernement comme source de la violence que vit le pays.

  Nous rejetons la convocation à cette Assemblée constituante, et nous exhortons la population en générale à ne pas se résigner, à élever sa voix de protestation, sans tomber toutefois dans le jeu ce ceux qui génèrent cette violence dans le but de conduire le pays dans un scénario de plus grandes confrontations en vue d’aggraver la situation et de garder le pouvoir. » Pt. 7

UNE POSITION QUI VA COMPLÈTEMENT À L'ENCONTRE DE L'INTERVENTION DU PAPE FRANÇOIS QUI LEUR DEMANDE DE SERVIR DE PONT ENTRE LE GOUVERNEMENT ET L'OPPOSITION.


À vous d’en juger !



Oscar Fortin
Le 7 mai, 2017



LA VERSION ESPAGOLE DE CET ARTICLE PEUT ÊTRE LUE ICI ET 


mardi 2 mai 2017

MADURO CONVOQUE À UNE ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUANTE


AU PEUPLE DE DÉCIDER LA VOIE À SUIVRE



Déjà, en 1999, Hugo Chavez avait convoqué une Assemblée nationale constituante, alors que le pays vivait sous une constitution élaborée par les oligarchies  et les politiciens de l’époque. Il n’était pas coutume de faire appel au peuple pour participer  à l’élaboration de la Constitution d’un pays. Cette Constitution est la Loi fondamentale qui définit, entre autres, le régime politique ainsi que l’exercice des divers pouvoirs dans la gestion de l’État et de ses richesses. Une fois les débats consommés entre les diverses composantes de la société et le document constitutionnel rédigé en fonction des décisions prises,  le peuple sera appelé, par référendum,  à en faire sa Loi fondamentale. C’est sous cette Loi fondamentale de la constitution bolivarienne que le Venezuela élit ses gouvernants pour qu’ils donnent suite au projet de société qui y est inscrit.

L’histoire de ces 18 années sous le présent régime constitutionnel démontre que les oligarchies nationales n’y trouvent  pas leur compte, habituées qu’elles étaient à diriger le pays  à leur convenance. Ce malaise s’est également retrouvé chez l’oncle Sam pour qui l’Amérique latine et ses richesses font partie de sa cour arrière. Le Venezuela, avec ses réserves pétrolières, considérées comme des plus importantes dans le monde, et ses mines d’or qui font l’envie de bien des voisins, n’échappe pas à l’envie de ces derniers d’en reprendre le plein contrôle.  On peut dire que le gouvernement, tant sous Chavez que sous Maduro, n’a pas eu la vie facile : Coup d’État militaire, en 2002, référendum révocatoire contre le président Chavez, en 2003, sabotages de toute nature contre les infrastructures du pays, violence terroriste pour générer la peur  et donner  l’image d’un pays en abandon, sans oublier ces guerres économiques pour créer la rareté des biens essentiels et soulever la population contre le gouvernement. Tout cela, soutenu par une presse nationale et internationale qui fait de ce gouvernement le seul responsable de tous ces maux.

En parallèle à ces actions de déstabilisation et de violence plus haut mentionnées, une offensive majeure a été élaborée et planifiée avec les principaux intéressés nationaux et internationaux. Il s’agissait, cette fois, de créer les conditions juridiques pour réaliser un véritable coup d’État sous le couvert de la légitimité internationale. Tout cela  pour mettre fin au régime bolivarien et chaviste et y substituer un régime, fait sur mesure, pour répondre aux intérêts de l’Oncle Sam et des oligarchies nationales.

L’Organisation des États américains (OEA) était tout indiquée pour mener à bien cette opération. Son Secrétaire général, LUIS ALMAGRO, vendu à l’avance à la cause contre le Venezuela, utilisa tous les stratagèmes inimaginables, pour discréditer le gouvernement  de Nicolas Maduro et  mobiliser les pays membres, d’obédiences à Washington, pour activer la Carte démocratique de l’OEA contre le gouvernement du Venezuela. Cette Carte pouvait servir de prétexte pour légitimer une intervention de Washington au Venezuela. Il faut se rappeler que l’OEA est considérée par plusieurs pays de l’Amérique latine et des Caraïbes comme le ministère des colonies latino-américaines et caribéennes.

Les nombreuses irrégularités de son secrétaire général et la solidarité de nombreux pays de la Région avec le gouvernement de Nicolas Maduro n’ont pas rendu possible ce scénario. Devant cet échec, l’opposition interne, toujours soutenue par l’oncle Sam, a choisi de créer des foyers de violences en payant des mercenaires et terroristes  pour tuer, briser, blesser. En un mot pour créer le chaos et provoquer une guerre civile. À ce jour, on compte plus de 30 morts et au-delà de 400 blessés. Les dommages matériels s’élèvent à plusieurs millions de dollars. La presse officielle de l’empire se charge de transformer tous ces malheurs en délits du gouvernement.

C’est dans ce contexte que le Président Maduro a réclamé, ces tout derniers jours, avec insistance pour que l’opposition majoritaire de l’Assemblée nationale revienne à la table de négociation. Le pape François en fit tout autant lors de son voyage de retour d’Égypte.  Il a insisté pour que les parties opposées retournent à la table de négociation et s’est même permis de dire que la reprise des négociations n’aboutissait  pas dû au fait que l’opposition était divisée et qu’ils n’arrivaient pas à s’entendre entre eux.

Devant ces faits, le président Maduro, à l’occasion de la fête des Travailleurs, a voulu partager avec ces derniers, réunis  par centaines de milliers au coeur de Caracas, la décision pour favoriser la paix  de s’en remettre au pouvoir et à la volonté du peuple. Ainsi, conformément à l’article 348 de la Constitution bolivarienne, le Président, en Conseil des ministres, a le pouvoir de convoquer à une  assemblée nationale constituante, laquelle représente le pouvoir suprême du peuple.

En prenant cette décision, il renvoie les récriminations de ses adversaires à cette Assemblée nationale constituante. Il ouvre, également, toutes grandes les portes à un débat portant ouvert à toutes les composantes de la société vénézuélienne. Toutes les questions pourront être soulevées et débattues et les conclusions majoritaires de ces dernières s’imposeront comme Loi fondamentale de l’État. Selon l’article 349 de la présente constitution, aucun pouvoir en exercice ne pourra s’opposer ou prendre des mesures à l’encontre des décisions prises.

Des thèmes particuliers ont été identifiés, par le Président, pour qu’ils soient débattus par le peuple et cette Assemblée constituante.  Au nombre de ces derniers, il y a celui de la paix, de la nouvelle économie visant à s’affranchir de l’économie rentière du pétrole,  la question de l’impunité, de la nouvelle démocratie qui s’étend aux communes et aux divers regroupements sociaux : les jeunes, les femmes, les indigènes, les pensionnés, les handicapés. Il insiste pour que les acquis de la révolution dans les secteurs de l’habitation, de la santé, de l’éducation, du travail soient constitutionnellement protégés, de manière à ce qu’ils ne soient pas supprimés par des intervenants politiques soucieux avant tout de redonner vie à la privatisation et au néolibéralisme.

Cette décision présidentielle ne fait pas l’affaire d’une opposition qui réclamait, il y a deux ans à peine, la convocation d’une Assemblée nationale constituante. C’est sans doute dû au fait que le rapport de force s’est modifié. Leurs comportements de violence contre le peuple et leurs acharnements à favoriser un coup d’État permettant à l’Oncle Sam de prendre le contrôle du pays et de ses richesses n’ont pas échappé au peuple. Maduro l’a compris et il est passé à l’action dans le plein respect de ses pouvoirs constitutionnels.  Une histoire passionnante à suivre. Déjà l’opposition officielle s’est dite en désaccord avec cette décision. Que va dire l’Épiscopat qui en est son allié politique?


Oscar Fortin
Québec, 2 mai 2017

Pour le moment, je n’ai que des références en espagnole. Pour ceux qui s’y retrouvent, je vous propose certaines de ces références.