vendredi 23 mars 2018

NE PLEUREZ PAS SUR MOI

NE PLEUREZ PAS SUR MOI

PLEUREZ SUR VOUS ET VOS ENFANTS


En cette période où les chrétiens du monde rappellent les évènements qui ont conduit ce Jésus de Nazareth à la potence de la croix, les peuples du monde doivent regarder également les évènements qui conduisent à la mort des millions d’innocentes victimes sous le regard indifférent des biens pensants de nos sociétés. Les pleurs et les lamentations que suscite le sort réservé à Jésus par les grands-prêtres et les Docteurs de la loi doivent se répercuter avant tout sur le sort réservé aux persécutés et condamnés de notre temps, victimes de la complicité de ces mêmes personnages avec les puissances régnantes de ce monde.

Je pense particulièrement à ces guerres de conquête, hautement manipulées pour que le bon peuple n’y voie que la main de Dieu. Des centaines de milliers de personnes innocentes, enfants, femmes, hommes, conjoints, conjointes tombent sous les balles des envahisseurs : des millions en Irak, des centaines de milliers en Syrie et en Libye. Combien de ces chrétiens qui pleurent, en ces jours, le sort qu’a connu Jésus se lève pour dénoncer ces crimes et demander à leurs gouvernements de mettre fin à ces guerres qui n’ont pour objectifs que des ambitions de conquêtes et de domination ? Par nos silences et notre indifférence, nous devenons inconsciemment complices de ces crimes et massacres un peu à la manière de cette foule, manipulée par les grands-prêtres et le Sanhédrin, qui criait : libérer Barabbas et condamner Jésus de Nazareth.

Des histoires horribles en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique, en Europe et en Amérique latine ont de quoi nous révéler que le sort réservé à ce Jésus s’est multiplié par des millions de victimes innocentes, prises au piège des « puissances de ce monde. » Pour les fins de cet article, je m’attarderai tout particulièrement à ces condamnés à mort dont le sort rejoint celui de Jésus de Nazareth. Eux et elles aussi ont été condamnés à mort pour avoir voulu un monde nouveau, caractérisé par la solidarité, la justice, la vérité, l’amour.


Nous avons en mémoire ce fameux Coup d’État militaire, du 11 septembre 1973, qu’un certain général Augusto Pinochet, soutenu par la majorité des élites religieuses, économiques et politiques du Continent, provoqua pour mettre un terme au gouvernement d’unité populaire de Salvador Allende. Un gouvernement démocratique, soucieux des intérêts des classes défavorisées et d’une plus grande solidarité et justice sociale pour le mieux-être de l’ensemble de la population. Des valeurs profondément évangéliques qui n’allaient pas tout à fait dans le sens des intérêts des grandes corporations et des élites de la société. Ce coup d’État n’a pu être possible qu’avec un certain consentement des autorités de l’Église. Des dizaines de milliers de personnes furent assassinées, autant, emprisonnées et torturées. Et que dire des centaines de milliers d’autres qui durent s’enfuir et émigrer dans d’autres pays.


Dans le prolongement de cette même période, on ne peut passer sous silence le « Plan Condor », véritable opération concertée des pays de l’Amérique latine et de Washington, pour faire disparaître physiquement tout ce qui évoquait « solidarité », « justice sociale », « indépendance », « anti-impérialiste », « anticapitalisme », « révolution ». Des dizaines de milliers de personnes, aux idéaux sociaux et humanitaires des plus élevés, ont connu la prison, la torture, la mort  sous ses formes les plus atroces.  Que de femmes enceintes ont été jetées à la mer avec le ventre ouvert. Que de jeunes militants ont disparu dans les crevasses de la cordillère des Andes. La littérature ne manque pas sur cette période et je vous invite tous et toutes à prendre connaissance de ces atrocités dont les biens pensants de nos sociétés n’y ont vu qu’une bonne œuvre visant à leur rendre la vie plus agréable.




NE PLEUREZ PAS SUR MOI, PLEUREZ SUR VOUS ET VOS ENFANTS

Ces crimes d’hier se poursuivent toujours sous une forme ou une autre. Les peuples et les nations de l’Amérique latine continuent à être harcelés par les puissances impériales et les oligarchies nationales qui peuvent compter avec l’appui des épiscopats. Sous la bannière de l’anticommunisme, tout devient possible. Il suffit de rappeler ici les deux grands pactes, signés entre le Vatican et Washington, pour constater jusqu’où ils sont disposés à aller dans cette lutte contre toutes les forces sociales et religieuses engagées pour un monde plus juste, plus équitable, plus démocratique.

S’il faut pleurer, c’est bien sur toutes ces victimes et sur nous-mêmes qui en sommes, dans bien des cas, des complices plus ou moins conscients. La manipulation des faits et l’ampleur des médias qui s’en font les promoteurs finissent par nous faire croire que les criminels sont des personnages providentiels et que les victimes ne sont rien d’autres que des terroristes, des malfaiteurs qui ne méritent rien de moins que la mort atroce, de quoi faire réfléchir ceux et celles qui auraient des idées semblables.

Pour les chrétiens, auxquels je m’identifie dans la foi, je souhaite que leur regard se porte sur toutes ces victimes anonymes qui meurent assassinées pour vouloir un monde plus juste, plus vrai, plus solidaire. Que ce même regard se porte également sur ceux qui sont derrière ces condamnations. Le Sanhédrin du temps de Jésus a sa réplique dans un Vatican dont les grands-prêtres ont leur complicité avec les puissances de ce monde pour faire disparaître ces « nouveaux messies » des temps modernes. Le combat de ces derniers est le même qu’a mené Jésus en réclamant pour l’humanité l’amour, la bonne foi, la vérité, la justice, le respect des uns et des autres. « Ce que vous faites aux plus petits des miens, c’est à moi que vous le faites. »

La voix de ces « martyrs » n’a pas dit son dernier mot en proclamant haut et fort :

« Apocalypse 22:15 ^
Dehors les chiens, les enchanteurs, les impudiques, les meurtriers, les idolâtres, et quiconque aime et pratique le mensonge!

Apocalypse 20:4 ^
Et je vis des trônes; et à ceux qui s`y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n`avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n`avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. (souligné par l’auteur)


Oscar Fortin

30 mars 2018









mardi 13 mars 2018

LES MOTIFS DES CHANGEMENTS DE RÉGIME POLITIQUE ET ÉCONOMIQUE





INTÉRÊTS-AMBITIONS-CONQUÊTES-DOMINATION


Chaque peuple, chaque nation ont leur propre régime politique, économique et social. Les voies par lesquelles ces régimes prennent forme sont multiples : démocratie populaire, démocratie oligarchique, coup d’État ou, encore, corruption des têtes qui gouvernent le pays. Les motifs qui donnent lieu à de telles initiatives sont également multiples. Dans tous les cas, des intérêts spécifiques en sont à l’origine. Les peuples voudront reprendre le pouvoir de l’ensemble de leurs institutions politiques et économiques dans le but d’en être  les premiers bénéficiaires. Les oligarchies nationales en feront tout autant pour en être également les premiers bénéficiaires.

Ces luttes internes trouveront leur prolongation à l’échelle internationale chez ceux-là mêmes qui mènent le même combat. Les peuples du monde seront solidaires entre eux tout comme les oligarchies du monde seront solidaires entre elles.  La convergence des intérêts explique ces solidarités, peu importe ce qu’en dit le droit international et la Charte des Nations Unies. Les impératifs du droit s’inclinent devant les pouvoirs économiques, oligarchiques et impériaux qui n’en font qu’un pour les fins de cette cause.

LE  MAQUILLAGE HUMANITAIRE  DES CHANGEMENTS DE RÉGIME

Le panorama international des guerres qui ravagent, présentement, peuples et nations nous en dit long sur ces intérêts dissimulés par des discours, de ce qu’il y a de plus humanitaire. Par exemple, le renversement du régime de Saddam Hussein selon la version officielle avait pour objectifs officiels l’élimination d’un dictateur sanguinaire et la sécurité de l’Humanité, menacée par des armes de destruction massive.

Les intérêts cachés de la guerre en Irak par un discours de ce qu’il y a de plus humanitaire : sauver le peuple d’Irak d’un dictateur sanguinaire et l’Humanité d’armes de destruction massive. Une mission, en tout point humanitaire, qui aura causé plus de trois millions de morts  et asservi, jusqu’à ce jour, tout un peuple. Pas un mot, sur les intérêts politiques et économiques de ceux qui en ont été les envahisseurs. Il en va de même pour la Libye et la Syrie : libérer ces peuples de leurs dictateurs (Kadhafi et Bachar al Assad) et leur ouvrir ainsi la voie à la liberté.  Plus humanitaire que ça, ce n’est pas possible. Les centaines de milliers de morts et encore davantage de blessés ne peuvent être que le résultat de dommages collatéraux. ON se souviendra des bombardements humanitaires sur les populations civiles en Libye. 

À cette liste limitée du MO, je me permets d’ajouter le cas du Venezuela où les oligarchies et l’empire (É.U.-OTAN)  sont déterminés à changer le Régime politique et économique. Bien que le Venezuela soit l’un des régimes les plus démocratiques de l’Amérique latine, Maduro, son président, est qualifié de dictateur par ces bons samaritains au service de la démocratie et de la liberté. L’image du Venezuela, telle que présentée par les médias qu’ils contrôlent, est celle d’un pays en ruine. Pour ces derniers, les pauvres sont abandonnés à eux-mêmes et tous ceux qui le peuvent s’exilent en terre étrangère. Une image bien loin de la réalité. La démocratie y est bien vivante et son exercice repose sur un système électoral qualifié par la Fondation Carter comme l’un des plus fiables au monde. Le 31 décembre dernier, plus de  41% des électeurs sont allés aux urnes pour élire une Assemblée nationale constituante, soit 8 089 324 votes. Comme point de référence, l’Assemblée nationale législative avait été élue, en 2015, avec 39,61% des voix. Une victoire célébrée alors par l’opposition officielle comme une grande victoire. Le Chili, tout récemment, a élu son nouveau président avec 26% de l’électorat. Toujours est-il que le Venezuela, pour ceux qui veulent en prendre le contrôle,  demeure toujours une dictature qui opprime son peuple.

LES VÉRITABLES MOTIFS DES CHANGEMENTS DE RÉGIME

Sur les 197 États existants, dont 193 sont membres des Nations Unies, un nombre très limité de ces derniers fait l’objet d’une intervention internationale de changement de régime.  Derrière le voile humanitaire, si bien orchestré pour manipuler l’opinion mondiale,  il y a  une tout autre réalité qui donne froid aux yeux. Cette dernière se révèle dès que nous nous posons la question des intérêts qu’un tel changement de régime  représente pour ceux qui en sont les auteurs. Elle  nous  conduit également aux ambitions économiques et géopolitiques de ces derniers. Il en résulte inévitablement la conquête des richesses et du pouvoir géostratégique que représente la cible. Tout cela met à découvert l’objectif global de ces interventions guerrières : la domination des peuples et des nations. De ces éléments, les médias « meanstream » ne parlent pas. Le mensonge, enveloppé de manipulation, règne en maître dans ce monde où l’humanitaire n’est qu’une façade qui n’existe que pour les faiseurs et diffuseurs d’images. On fait tout pour que le monde ne voit pas ce qui se passe derrière les rideaux,  qu’il  n’entendent pas  ce qui se dit derrière les murs.

Je me permets de terminer avec cet extrait de l’Évangile selon Mathieu. Il cadre bIen avec cet article.

« Vous entendrez de vos oreilles, et vous ne comprendrez point; Vous regarderez de vos yeux, et vous ne verrez point.15 Car le cœur de ce peuple est devenu insensible; Ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont fermé leurs yeux, De peur qu'ils ne voient de leurs yeux, qu'ils n'entendent de leurs oreilles, Qu'ils ne comprennent de leur cœur, Qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse. 16 Mais heureux sont vos yeux, parce qu'ils voient, et vos oreilles, parce qu'elles entendent » Mt, ch.13, 14-16)

De quoi méditer pour tous ceux et celles qui croient toujours qu’une Humanité qui génère justice, vérité, paix, solidarité est toujours possible.

Oscar Fortin
13 mars, 2018







dimanche 4 mars 2018

L’ENNEMI DE L’EMPIRE : QUE LES PEUPLES S’ENTENDENT





Lorsqu’un État a pour objectif d’être le maître du monde en ayant sur les peuples et chacun des États un ascendant qui lui permet de les dominer, il ne saurait permettre qu’il en soit autrement. Or, nous savons tous que de nombreux peuples et États ont pour objectifs leur indépendance et leur souveraineté, pleines et entières, sur leur devenir politique et économique. Comment, en pareil contexte, peut-on imaginer qu’une paix mondiale puisse être possible ? Les prétentions de l’empire sont là pour rester et celles des peuples pour se renforcer.

Lorsque, le 24 octobre 1945, la très grande majorité des États de la terre créèrent l’Organisation des Nations Unies, ce fut pour promouvoir et assurer la paix internationale.

« L’ONU a pour but d’unir toutes les nations du monde dans une œuvre de paix et de développement, fondée sur les principes de justice, de dignité humaine et de bien-être pour tous. Elle aide à affronter les problèmes internationaux en tenant compte de façon équilibrée à la fois de l’interdépendance entre les pays et des intérêts de chacun d’eux. C’est au sein des Nations Unies qu’ont été créées les plus grandes institutions mondiales (OMS,  UNESCO, PNUE, UNICEF, UNHCR, etc.). »

Le 24 octobre prochain marquera les 73 ans d’existence des Nations Unies. Ce sera l’occasion de rappeler, entre autres, sa grande Charte, précisant et assurant le droit des personnes, des peuples et des nations. Elle définit les paramètres des comportements respectueux des uns à l’endroit des autres. De quoi ouvrir la voie à un monde de paix. Après autant d’années, force est de reconnaître que la paix recherchée se perd dans les guerres qui s’imposent un peu partout à travers le monde. Rien pour nous réjouir.

Les États-Unis, avec ses alliés, s’invitent dans d’autres États sans se formaliser s’ils sont les bienvenus ou non. Les exemples sont nombreux au Moyen-Orient, en Asie, en Afrique, en Amérique latine et en Europe de l’Est. Ces initiatives de l’Empire mettent en évidence l’impuissance des Nations Unies à faire respecter la Charte des droits des personnes, des nations et des peuples. Pourquoi en est-il ainsi ?

Depuis plusieurs années, de nombreux pays réclament, sans grand succès une réforme de l’exercice du pouvoir au sein de l’ONU. De fait, l’Assemblée générale n’a pratiquement aucun pouvoir sur les problèmes et les décisions à prendre pour les résoudre. Ce pouvoir est entre les mains du Conseil de sécurité dont les membres, avec droit de veto, ont été déterminés dès la création des Nations Unies. Ce sont : les États-Unis, l’Angleterre, la France, la Russie et la Chine. Chacun de ces pays a un droit de veto sur les propositions et actions à prendre. Encore là, l’usage du veto n’est plus suffisant pour dissuader les États-Unis de poursuivre ses objectifs de conquête et de domination sur le nouvel ordre mondial. En 2017, près de 200 000 hommes, soit 10% du personnel militaire américain, sont déployés à l'étranger dans 800 bases militaires et 177 pays. Cette présence militaire n’est pas sous le commandement des Nations Unies pour veiller au respect de la Charte des droits, mais sous commandement étasunien pour assurer ses intérêts dans le monde. Ces intérêts comportent, entre autres, sa suprématie sur les États et Nations et son pouvoir sur leurs richesses. Toute résistance à cette volonté de maître du monde sera considérée comme une menace à sa sécurité nationale. C’est particulièrement le cas du Venezuela, pays de l’Amérique du Sud, qui fut déclaré, par décret présidentiel, « menace à la sécurité nationale des États-Unis ». Ce que le décret ne dit pas c’est que le Venezuela a la plus grande réserve de pétrole au monde, que ses mines d’or et de diamant font l’envie de bien du monde.


Tant et aussi  longtemps que les États-Unis, dont les prétentions impériales sont toujours celles de dominer le Nouvel Ordre mondial (NOM), les Nations Unies, de plus en plus sous influence de ce dernier,  ne sauraient s’interposer et l’obliger à respecter la Charte des droits à l’endroit des personnes, des peuples et des nations. Seule une réforme en profondeur de l’exercice du pouvoir des Nations Unies pourra lui redonner crédibilité. À ce titre, il faut redonner la parole et le pouvoir aux membres de l’Assemblée générale. La photo qui montre une AG vide représente bien une AG sans pouvoir. Si tous les peuples sont égaux en droit, tous doivent avoir droit à l’exercice du pouvoir. Toutefois, une alternative que ne saurait permettre l’Empire. Le grand défenseur de la démocratie ne saurait permettre à cette dernière qu’elle mette en cause ses « intérêts » et sa « sécurité nationale ». Que la voix des nations se transforme en pouvoir représentatif des peuples de la terre deviendrait le signal de la fin de l’Empire. Mieux vaut, pour ce dernier, que les peuples ne s’entendent pas et qu’ils n’aient pas ce véritable pouvoir des Nations Unies.



Oscar Fortin
Le 5 mars 2018