lundi 17 juin 2019

Sans le soutien de l'Église, il n'y aurait pas cette crise au Venezuela




Il y a un dicton qui a de quoi nous interpeler : "En Amérique latine, aucun coup d'État ne serait  possible sans le soutien de l’Église. "  L’histoire des 50 dernières années confirme cette phrase. Cela se confirme encore davantage dans le cas du Venezuela où l'épiscopat, soutenu par le Vatican, mène la lutte contre la révolution bolivarienne. Voyez ce que le cardinal Porrasa récemment déclaré:

"L’institution qui a le plus affronté le régime vénézuélien est l’Église."Plus clair que cela, ce n’est pas possible.

DE QUEL RÉGIME S’AGIT-IL?

Hugo Chávez, grand croyant de cette église, définit ce régime de la façon suivante: humaniste, socialiste, chrétien, avec une démocratie participative et anti-impérialiste. On peut se demander en quoi ces caractéristiques vont à l’encontre de la doctrine sociale de l’Église. Le socialisme dont on parle est un socialisme qui place les intérêts du peuple avant les intérêts des oligarchies et des multinationalesqui opèrent dans le pays. Les richesses du pays doivent avant tout servir les intérêts du bien commun du peuple comme la santé, l'éducation, le logement, le travail avec des salaires justes, entre autres font partie de ces priorités.

QU'EST-CE QUE LA DOCTRINE SOCIALE DE L'ÉGLISE?

En substance, l'ensemble des encycliques sociales de l'Église des cinquante dernières années, que ce soit celles du pape Jean XXIII, du pape Paul VI, du pape  Jean-Paul II, du pape Benoît XVI auxquelles s’ajoute l’Exhortation apostoliqueÉvangilii Gaudium du pape François vont toutes dans cette direction du régime de Chavez. S’affranchir de  l'impérialisme, donner priorité au bien commun de tous, assurer la défense des droits de la personne, transformer le capitalisme sauvage en un socialisme humain et juste.

QU'ATTEND LE PAPE FRANÇOIS POUR  REMÉDIER À CETTE CRISE?

L’Église, y compris le Vatican et les épiscopats, ne peut promouvoir une doctrine sociale, condamnant le capitalisme sauvage tout en luttant contre ceux-là mêmes qui veulent le transformer en socialisme humain. C'est exactement ce qui se passe au Venezuela. L'épiscopat et le Vatican vont de pair avec les oligarchies et l'empire pour empêcher que cette transformation du capitalisme sauvage devienne réalité et que l'empire ne puisse plus intervenir dans les affaires internes d’autres pays.  Sans cette présence active, de l'épiscopat vénézuélien, soutenu par l'État du Vatican, l’opposition et l’empire, ne ferait pas ce qu’ils font présentement. Il n'y aurait pas de crises au Venezuela, comme celle que nous voyons. S'il y a une crise, c'est parce qu'ils sont pleinement impliqués pour que le régime socialiste, tel que défini par Chávez, soit éliminé, par tous les moyens possible. En aucun cas, ils n'élèvent la voix pour condamner l'interventionnisme des É.U. et encore moins les sanctions et la guerre économique qui affectent directement le peuple. La raison est simple, ils font partie de toute cette opération.

Nous avons déjà une idée de ces moyens utilisés : mensonges, manipulations, appel à la désobéissance civile, violence de rues, sanctions de toute nature, guerre économique, menace d'invasion militaire, etc.Tout cela pour que les gens qui accompagnent la révolution et les autres qui ne les accompagnent pas souffrent suffisammentpour blâmer le régime Chavez de tous les malheurs qui leur tombent dessus et pour qu’ils se révoltent contre le gouvernement et soutiennent l’opposition et l’empire dans leurs projets de prise en main de l’État  et de celui du  plein contrôle sur les richesses du pays.

Il y a un jésuite, au Venezuela, curé d'une paroisse de Caracas, qui a eu, la semaine dernière, une rencontre avec le pape Francisco pour lui dire la vérité sur le Venezuela.Je vous invite à lire  ici le résumé qui en a été fait.

Je ne saurais croire que le pape François soit complice de tout ce montage. Je suis plutôt enclin à penser qu’il a été manipulé et induit en erreur par ses collaborateurs à la Secrétariat du Vatican et par un épiscopat, sans scrupule. Quelque chose qui ressemblerait un peu à ce qui s’était passé au Chili, lors de son voyage.  Il est donc urgent, suite aux révélations que le père Numa Molina lui a confié qu’il fasse une enquête sérieuse et qu’il mette fin à cette coopération avec l’opposition et Washington en dénonçant avec vigueur les sanctions et toutes les formes d’interventionnisme qui vont à l’encontre du droit international.  Il faut que le monde sache qu’il a été victime d’une manipulation interne et qu’il est bien décidé à tirer toute cette histoire au clair. Il s’agit d’un problème politique, économique et social  aux conséquences très lourdes pour l’Église et les peuples qui en sont les premières victimes. 

S’il n’est pas complice de ces manœuvres, il est urgent qu'il intervienne pour identifier et condamner ces manipulateurs, tout comme il est urgent qu’il dise aux É. U. de mettre fin aux sanctions, à la guerre économique et à toutes les entraves de nature à nuire au bon fonctionnement de l’État et au bien-être du peuple. Le silence du pape François, sur ce drame dont le peuple vénézuélien est victime, en ferait un complice. Ce serait de quoi à ébranler les murs du temple.

Oscar Fortin
17 juin 2019






vendredi 14 juin 2019

PADRE NUMA MOLINA DIT LA VÉRITÉ DU VENEZUELA AU PAPE FRANÇOIS




Pour bien comprendre  le caractère exceptionnel de cette rencontre, il faut savoir que ce prêtre jésuite se démarque par son engagement ferme au service du peuple vénézuélien.  Il est curé d’une paroisse au cœur de Caracas, capitale du pays. Il vit humblement au milieu de son peuple, partageant avec tout chacun l’esprit des Évangiles et ce combat de tout un peuple pour un monde plus juste, plus solidaire, plus humain en tout et partout.  Son soutien à cette révolution initiée, en 1998, par le président Hugo Chavez  et son accompagnement à tous les niveaux, en fait un être indésirable pour l’épiscopat vénézuélien qui s’affirme avec force et vigueur à cette révolution. Dans un article antérieur, j'avais présenté ce personnage exceptionnel.

S’il survit toujours comme curé et pasteur, c’est dû en grande partie à une amitié ancienne qui le liait à Jorge Bergoglio, devenu le pape François.  C’est grâce à cette amitié s’il a pu rencontrer, au début de la semaine, le pape pour lui dire, en bon pasteur, la vérité du Venezuela et de son peuple. Les médias de langue française n’ont pas fait écho à cette rencontre que l’on peut qualifier d’exceptionnelle. On se souviendra des difficultés rencontrées par Mgr Oscar Romero pour rencontrer le pape de l’époque, Jean-Paul II, et lui dire la vérité du Salvador et des Salvadoriens. 

Il s’agit d’une rencontre officielle, du pape François, avec un curé de paroisse dont la pensée et l’agir sont tout à l’opposé de ce que disent et font les évêques  vénézuéliens. Voyons ce qu’il dit au pape François. (la traduction sera faite à l’aide de Google traduction)

"Nous avons rencontré brièvement le secrétaire d'État et le pape pour témoigner que les informations sur le Venezuela étaient souvent fausses et que la population souffrait des sanctions imposées par les États-Unis et des privations résultant des infamies qui circulent de l'extérieur du pays et non par les difficultés découlant d'une dictature: dans notre pays, par contre, il existe une démocratie participative forte. "

Il a également ajouté être engagé dans une mission dans laquelle il représente le peuple vénézuélien, le modeste et non un secteur politique: "Mon devoir en tant que religieux est de dire ce que ce peuple ne peut dire, car la presse occidentale, qui est liée au pouvoir impérialiste, déforme et falsifie la vérité ", indique une note publiée sur le site du ministère du Pouvoir populaire pour les affaires étrangères.
"Je joue le rôle de porte-parole du peuple vénézuélien et, par conséquent, du gouvernement légitimement élu. C'est mon devoir de le faire en tant que membre de l'Église catholique et de l'option pour les pauvres ", a-t-il expliqué.

Sur les forces qui agissent dans et hors de la crise vénézuélienne, le père Numa a souligné que "la dictature est celle de l'empire qui nous attaque par tous les moyens, car nous ne renonçons pas à notre indépendance, pour laquelle nous ne nous rendrons pas".

Le père Numa Molina était en Italie, également pour assister à l'invitation du professeur Luciano Vasapollo de l'Université La Sapienza à Rome, qui est le délégué du recteur pour les relationsde l'Université avec les pays d'Amérique latine et des Caraïbes.
Il a été reçu par le recteur Eugenio Gaudio et a participé à des activités d’enseignement et de recherche typiques de la maison d’études.

Il a saisi cette occasion pour exprimer sa gratitude au professeur Vasapollo "qui, grâce à de grands et nobles efforts scientifiques, humains, moraux et politiques et culturels ainsi que d'autres enseignants transmet la vérité. « Ce sont des études scientifiques gratuites sur les souffrances du Sud et de mon pays, imposées par la logique du profit. "

Molina a également remercié le recteur Eugenio Gaudio pour son accueil, ainsi que le président de la Croix-Rouge, Francesco Rocca, de l'UNICEF et de l'Académie pontificale des sciences sociales, avec lesquels les représentants ont tenu plusieurs réunions.

"Le fait que le professeur Vasapollo, en tant que délégué du recteur, m'a invité au nom de la plus grande et de la plus importante université d'Europe donne la priorité à la valeur d'une culture basée sur le respect de la vie et de la dignité des personnes".

Tout ceci pour dire que ce prêtre jésuite, solidaire de son peuple et profondément engagé dans sa mission de pasteur pour qui l’Esprit des Évangiles ouvre toutes grandes les portes à la fraternité humaine, à la solidarité, à la vérité, à la justice, à l’amour sans discrimination.. 

Cette visite au pape et l’accueil que ce dernier lui a réservé marquent un tournant important dans la gestion des pouvoirs de l’Église. La voix des épiscopats n’est plus fiable. Nous l’avons vu avec l’épiscopat chilien sur la question des abus sexuels et nous le voyons présentement sur la question du Venezuela où l’épiscopat est totalement aux ordres de l’empire. Voir ici mon article sur ce sujet.


Oscar Fortin

Le 14 juin 2019 


lundi 3 juin 2019

VOIE DE SORTIE DE CRISE AU VENEZUELA



LE RÉFÉRENDUM CONSULTATIF 




La Constitution vénézuélienne a prévu aux articles 70 et 71 cette disposition  permettant au peuple de prendre la parole pour exprimer ce qu’il pense d’une situation que les pouvoirs existants n’arrivent pas à résoudre. La voix du peuple, dans cette constitution, est l’expression du pouvoir suprême auquel tous les autres pouvoirs doivent se soumettre. C’est ce que la Constitution vénézuélienne appelle la démocratie participative.

"Article 71« Les questions revêtant une importance particulière pour le pays peuvent être soumises à un référendum consultatifà l'initiative du Président de la République en conseil des ministres et en accord avec l'Assemblée nationale, approuvée par le vote de la majorité de ses membres; ou à la demande d'un nombre d'au moins dix pour cent des électeurs inscrits au registre civil et électoral. »

Le  15 mai dernier a été initiée l’Alliance pour la tenue du Référendum consultatif (ARC) comme prévu dans la Constitution nationale. Cette initiative émerge de partis d’opposition qui se démarquent complètement du parti radical au service des intérêts de Washington. Leurs raisons d’être prennent racine dans les intérêts du peuple et leur objectif est de servir ces intérêts. Ces partis politiques, à caractère nationaliste, participent également aux négociations qui se réalisent présentement à OSLO entre le gouvernement et les divers partis d’opposition.

Il faut noter que pour le parti radical, celui qui répond aux intérêts de Washington, la seule issue envisageable pour ces négociations est que le président Nicolas Maduro donne sa démission et qu’il ne participe pas aux nouvelles élections présidentielles. Il s’agit d’un ultimatum qui n’a aucune chance de succès. Nicolas Maduro a été élu président le 20 mai 2018 et demeure le Président officiellement reconnu para les Nations unies et les 144 États membres de l’Assemblée générale qui n’ont pas suivi les directives de Washington.

La semaine dernière, l’Alliance pour le Référendum consultatif a écrit une lettre à l’Ambassadeur de Norvège pour que le référendum consultatif soit pris en compte dans les présentes négociations, entre le gouvernement et l’opposition. Dans cette missive, ils précisent certains paramètres dont ceux-ci :

·      Le premier accord, même partiel, doit être la désignation d'un nouveau CNE
·      Les négociations devraient porter une attention particulière aux victimes de la crise
·      Nous exigeons que les États-Unis lèvent les sanctions à la demande de la majorité de l'opposition démocratique.
·       
Ils continuent avec le rejet de toute violence en tant que moyen de résoudre les problèmes internes du Venezuela.

·      Nous rejetons de la manière la plus stricte toute suggestion qui pourrait devenir une confrontation violente entre les Vénézuéliens."

·      La violence est la sanction économique et financière imposée au Venezuela par le gouvernement américain, qui pourrait être définie comme un terrorisme économique interférant, qui ne nuit pas au gouvernement, mais à tous les Vénézuéliens, en particulier les plus pauvres, de sorte que l'ARC demande qu'ils soient levés immédiatement

Cet appel pour la tenue d’un Référendum consultatif tel que prévu à la Constitution ainsi que les paramètres tels qu’énoncés n’est pas de nature à plaire à l’opposition radicale au service des intérêts de Washington. Ce n’est pas pour rien s’ils ont commencé à proclamer que ces négociations à Oslo avaient pris fin, ce qui n’est évidemment pas le cas. L’opposition modérée au service des intérêts du Venezuela n’a pas renoncé à ces échanges et se propose à ce que la voix du peuple puisse se faire entendre à travers ce RC. Je ne vois pas le gouvernement  se refuser à un tel Référendum. Je n’en dirais pas autant pour les radicaux. Même Washington reprend la menace d’intervention militaire  directe, sachant que la tenue de ce Référendum irait totalement à la l’encontre de ses projets de domination.

Il suffit de 1 800 000 signatures + ou- (10% des électeurs et électrices inscrites au registre électoral, pour donner suite à ce référendum.. Si l’opposition modérée et le gouvernement s’entendent sur ce référendum et les paramètres exigés, ces signatures seront vite recueillies. Il n’y certes pas de temps à perdre. L’entrée en scène du peuple par la voie de ce référendum signera la fin du parti radical et n’augurera rien de bon pour les prétentions de Washington. Le gouvernement et l’opposition modérée ont tout intérêt à ce que ce processus de référendum se mette en marche dans les meilleurs délais.


Oscar Fortin

Note, les traductions ont été réalisées avec Google traduction


3 juin 2019

dimanche 19 mai 2019

LA MAFIA ÉPISCOPALE DE L’AMÉRIQUE LATINE




NOTE:N’allez pas croire que je sois un de ces incroyants qui en ont marre  de l’Église et de tout ce qui est foi. Je suis croyant en ce Jésus de Nazareth et dans les Évangiles qui en racontent l’histoire et l’enseignement. C’est justement au nom de cette foi que j’assume ce titre et le texte qui va suivre. Vous jugerez par vous-mêmes.


L’histoire récente de l’Amérique latine met en évidence des épiscopats qui font front commun pour contrer l’émergence de gouvernements socialistes sous la bannière de leur indépendance et souveraineté ainsi que de celle d’une meilleure distribution des richesses  au profit des plus démunis et déshérités. L’expérience du socialisme, promu par Salvador Allende  au Chili, allait dans le sens de ces deux bannières. Nous avons rapidement vu que Washington, expression de l’Empire, le prenait très mal et que cette voie devait être mise aux oubliettes le plus rapidement possible.

Avec l’arrivée au Vatican de Jean-Paul II, déjà bien connu comme collaborateur et soutien de Lech Walesa en lutte contre le gouvernement communiste de Pologne,  Washington trouvait son homme pour lutter contre toute forme confondue de socialisme, identifié, pour les fins recherchées, aux pires moments du communisme de l’ex-URSS. En 1982, à la bibliothèque du Vatican, un accordde coopération entre le Vatican et Washington a été signé pour enrayer à sa source toute tendance allant en ce sens. On se souviendra, dans la foulée de cet accord, la visite de J.P.II réalisée au Chili, toujours sous la gouverne du dictateur Pinochet.  Il s’est bien gardé de faire allusion aux crimes commis par ce dernier, aux arrestations et aux tortures auxquelles des milliers de personnes ont été soumises.  Par contre, lors de sa visite au Nicaragua, sous le régime tout récent des sandinistes, il s’est présenté comme quelqu’un qui avait pour mission de faire échouer cette révolution, à laquelle participaient quatre prêtres, dont trois à des postes ministériels importants : la culture, l’éducation et les relations extérieures.


Avec ce pacte, le Vatican devenait un complice de l’Empire dans ses prétentions de dominer l’ensemble des pays de l’Amérique latine.  Il a tout fait pour étouffer la théologie de libération et pour taire, du même souffle, tous les crimes commis par son complice impérial pour éliminer tous ceux et celles qui mettaient en cause cette hégémonie.  En ce sens, le Vatican et les épiscopats latino-américains sont devenus complices des coups d’État militaires, des persécutions et des assassinats du Plan Condor, des dictateurs qui pouvaient compter   sur leur silence et la diversion de tout autre sujet de nature à faire oublier ces crimes.

Le pape François, à son arrivée au pontificat de l’Église catholique a produit une Exhortation apostolique Evangelii Gaudiumportant sur le capitalisme sauvage et ses conséquences dans la vie des peuples. Un document qui a rencontré un grand accueil de la part de tous ceux et celles qui œuvrent pour des relations humaines plus justes et plus respectueuses des droits des personnes et des peuples. Enfin nous avons un Pape, s’exclamait le président Evo Morales de la Bolivie, cette Exhortation apostolique s’est vite retrouvée aux oubliettes. La signature, en 2014, d’un second pacte, cette fois entre Obama et le pape François, plaçait pour ainsi dire le Vatican en contradiction avec lui-même. Selon les informations dont on dispose, l’esprit du premier pacte serait maintenu, à savoir l’engagement de collaborer pour freiner l’émergence du socialisme en Amérique latine. Ce que le Vatican ne semble pas avoir pris en considération est que ce socialisme qui se développe en Amérique latine lutte justement contre ce capitalisme sauvage, dénoncé dans le document du pape. Il s’agit d’un socialisme qui a pour objectif, entre autres,  de lutter contre toute forme d’impérialisme dans le but d’humaniser  les relations des personnes et des peuples sur la base du bien commun et d’une plus grande justice sociale.Un objectif qui cadre parfaitement bien  avec les objectifs de la Charte des Nations Unies.

Dans cette lutte, il s’agit d’une organisation criminelle qui se place au-dessus des lois dans le but de reconquérir les États déjà entre les mains de gouvernements socialistes ou encore d’empêcher les peuples de se donner de tels gouvernements. Épiscopats et Washington travaillent main dans la main pour donner suite à leurs engagements. En cela se trouve le sens du mot mafia, utilisé dans le titre de cet article.

L’art de diluer la réalité et de confondre l’opinion des gens

La semaine dernière, se réalisait à Tegucigalpa, au Honduras, la rencontre des évêques de l’A..L. et des Caraïbes.  Lors de ces rencontres à huis clos, ils traitent des divers problèmes qui se présentent et élaborent des stratégies qui leur permettent  d’associer le nom de Dieu et le vocable de l’Église tout en confondant l’opinion des gens. Voici un bel exemple de ces formules dont ils ont l’habitude. 

« "Nous devons nous renforcer dans la foi en écoutant la parole de Dieu pour résister aux idéologies déshumanisantes qui affaiblissent la recherche du bien commun, l'exercice des libertés et la reconnaissance des droits de l'homme", a déclaré son nouveau président, Monseigneur Miguel Cabrejo

À première vue, tout semble très beau et les personnes de la gauche y voient tout de suite une ouverture à la lutte contre ce capitalisme sauvage qui répond bien à tous ces qualificatifs. Il n’en est toutefois rien. La cible  de ces idéologies déshumanisantes ce sont ces gouvernements socialistes d’inspiration bolivarienne.  Il s’agit d’un socialisme démocratique, humaniste, chrétien et anti-impérialiste. Le Venezuela compte plus de vingt élections en 20 ans, des progrès sociaux de grande envergure: les 2,5 millions d’appartements mis à la disposition des familles les plus démunies; l’éducation gratuite du premier échelon de l’enseignement aux échelons les plus élevés ; les soins de santé également gratuits et accessibles dans toutes les régions du pays; une démocratie participative qui repose sur une Constitution, élaborée par le peuple et votée par référendum par le peuple.

C’est ce que les épiscopats, L..A., appellent «  idéologies déshumanisantesqui affaiblissent la recherche du bien commun, l'exercice des libertés et la reconnaissance des droits de l'homme",

Ces épiscopats ne feront jamais référence aux grandes conquêtes sociales et démocratiques  générées par ce type de socialisme humanitaire.  Pas plus,  ils ne parleront de toutes ces interventions de Washington pour briser l’économie du pays et créer des conflits internes.  Leur seul discours sera de dire que le gouvernement est une dictature, que les dernières élections sont frauduleuses, que le peuple vit dans la grande misère et que le seul responsable de tous ces maux est le communisme ( le mot socialiste n’est pas assez fort pour eux).  En toute fin, je vous laisse avec cette référence, inspirée de l’Apocalypse.



Oscar Fortin

Le 19 mai 2019 

lundi 13 mai 2019

LE PAPE FRANÇOIS ET LE VENEZUELA

QUE FAIT-IL DU DROIT INTERNACIONAL EN TANT QUE CHEF D'ÉTAT DU VATICAN?







La responsabilité du pape François n’est de nature purement spirituelle comme nous serions enclins à le penser. À sa fonction de Pasteur suprême de l’Église catholique s’ajoute celle de Chef d’État du Vatican, membre de plein droit de l’Assemblée générale des Nations Unies. En tant que chef d’État, il se doit de répondre des divers engagements  que prend le Vatican dans la géopolitique mondiale. À première vue, nous pourrions penser qu’il s’en tient prioritairement au respect de la Charte des Nations Unies qui reconnait les droits fondamentaux des personnes et des peuples et états  à leur indépendance et souveraineté. Une reconnaissance qui interdit le non-respect des personnes et toute forme d’interventionnisme non justifiés, par les Nations Unies,  à l’encontre des peuples.


On voit mal l’État du Vatican, en tant que membre de l’Assemblée générale des Nations Unies,  ne pas intervenir pour défendre ces droits fondamentaux lorsque d’autres États agissent à l’encontre de ces derniers. C’est pourtant ce qui se passe, présentement, dans le cas  des interventions des États-Unis  contre l’État du Venezuela. Non seulement le chef du Vatican ne dit rien au sujet de cet interventionnisme, mais il s’y implique de diverses manières pour que l’actuel gouvernement, élu démocratiquement par le peuple, soit renversé et remplacé par les élus de Washington.  L’exemple de cette coopération étroite qui saute aux yeux est cette reconnaissance immédiate, par le Vatican et son épiscopat vénézuélien, du président autoproclamé de Donald Trump, Juan Guaido, comme président intérimaire du Venezuela. 

Personnellement, j’ai beaucoup de respect pour le pape François et ses efforts pour ramener les hiérarchies ecclésiales à un mode de vie qui colle à celui de leur peuple. Cela ne justifie toutefois pas que l’État du Vatican soit complice de Washington dont les objectifs sont loin de ceux que nous enseignent les Évangiles. et la Doctrine sociale de l'Église.  Ce qu’il veut n’est rien de moins que la prise de contrôle de l’État et de ses richesses pétrolières et minières.  La démocratie et les souffrances du peuple ne sont là que pour couvrir ses véritables intentions. Il peut compter sur un épiscopat vénézuélien militant et qui tient lieu d’une véritable opposition à la Révolution bolivarienne. Cet épiscopat dit à tous ceux qui veulent l’entendre que le pape est avec eux de tout cœur et qu’en cela il a tout son appui. À ce jour, le pape François n’a pas démenti ces dires. 

Le plus tragique c'est que le peuple est la première victime de la guerre économique et des sanctions que Washington impose. Sa stratégie est la même qu’il utilise contre ceux et celles qui protègent, en ce moment,  l’Ambassade du Venezuela à Washington. Il leur a coupé l’électricité, l’eau, la nourriture. C’est exactement ce qu’il fait avec le peuple vénézuélien qui lutte pour défendre son indépendance et sa souveraineté.  Par les sanctions, il le prive d’aliments, de  médicaments et de bien d’autres choses essentielles au bon fonctionnement des industries. Son objectif est d’affamer le peuple pour qu’il se mette à genoux et qu'il se rende par lui-même. Pour cela, il peut compter sur l’épiscopat vénézuélien qui ne se gêne pas, par ses déclarations, à imputer. de façon mensongère, la responsabilité de tous ces maux au gouvernement et à la révolution bolivarienne. Le Vatican, pour sa part, se fait silencieux  sur ces questions. Il laisse les évêques faire leur travail de désinformation  et de dénigrement du gouvernement.  C’est ainsi, depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez, en 1998.

 Conclusion

On peut reconnaître au pape François de grandes qualités humaines  et  un profond désir de ramener l’Église à un mode de vie de proximité avec les  humbles et les plus démunis. On peut également reconnaître son courage pour avoir dénoncé ce capitalisme sauvage qui fait que 10%  de la population mondiale possède 90% des richesses de la terre et que 90 % de la population doivent se débrouiller avec ce 10% restant. Il faut dire que cette Exhortation apostolique Evangelii Gaudium s’est vite retrouvée dans l’oubli. 

Malheureusement, s’ajoute cette contradiction du pape François qui se fait complice, en ce moment même, des É.U., source de ce capitalisme sauvage, qui lutte contre la Révolution bolivarienne dont l’objectif est justement d’en finir avec ce capitalisme sauvage. Une contradiction qu'on ne peut passer sous silence.

De toute manière, en tant que Chef d’État, il ne peut se soustraire à sa responsabilité de défendre la Charte des droits des Nations Unies et de hausser la voix pour dénoncer ceux et celles qui s’aventurent dans les affaires internes d’autres pays sans leur consentement ou celui du Conseil de sécurité des N.U…c’est pourtant ce qu’il s’abstient de faire contre l’interventionnisme des É.U. au Venezuela, 

Faut-il croire que l’État du Vatican soit devenu un allié incontournable de Washington et que ce dernier ait son mot à dire dans l’élaboration de ses politiques et du choix de ses dirigeants?

Le point d’interrogation est là.


Oscar Fortin

13 mai 2019