mardi 29 décembre 2020

Trump n’en démord pas


 



Le Venezuela de nouveau menacé

 

Faut-il y voir, dans ces sourires, une victoire possible de Washington  sur le gouvernement du Venezuela ou encore une guerre à ne plus finir qui justifierait la prolongation de la présidence actuelle de Donald Trump ?

 


Le président Nicolas Maduro s’est adressé, le 28 décembre, aux forces armées pour les informer 
qu’une agression contre des installations militaires vénézuéliennes était en préparation depuis la Colombie. Des mesures ont été aussitôt prises pour contrer de telles attaques. Derrière cette nouvelle initiative d’invasion faut-il y coir Donald Trump? La réussite d’un nouveau coup d’État au Venezuela serait-il à la source de ce grand sourire de Trump et de son conseiller juridique. 

 


Pendant que les groupes militaires se préparent en Colombie, au Venezuela le cardinal  Balthazar Porras écrit un long article pour mettre en évidence la grande misère du peuple qui lui brise le cœur. Pour lui, cette souffrance n’a qu’un seul responsable, le gouvernement de Nicolas Maduro. Il ne lui vient pas à l’esprit que l’ingérence des É.U. avec ses sanctions, ses menaces et la saisie des
centaines de millions de dollars, que la crise du covid-19  puissent être également la cause de cette souffrance de ce peuple. De cela, pas un mot. Le seul objectif qu’il a est celui d’un coup d’État visant le renversement du gouvernement, légitimement élu. Il ne faut pas oublier qu’en avril 2002, ce même personnage  accompagnait le cardinal de l’époque lors du coup d’État, soutenu et célébré par l’épiscopat vénézuélien. Un coup d’état qui n’aura duré que quelques heures. Le paragraphe qui suit est de ce manipulateur d’opinion, jouant avec la foi et les émotions.

 

«Le cri silencieux de tant de pauvres doit trouver le peuple de Dieu en première ligne, toujours et partout, pour leur donner une voix, les défendre et faire preuve de solidarité avec eux face à tant d’hypocrisie et tant de promesses non tenues, et les inviter à participer à la vie de la communauté ». C'est bien plus que du militantisme social. Opter pour les pauvres, c'est aussi lutter contre les causes de la pauvreté. »

 


Deux jours plus tard, c’est Juan Guaido, l’auto proclamé président par intérim qui annonce que 2021 sera le jour de la libération du peuple.  

 

2021 sera la clôture du cycle historique de plus de 20 ans et le début d'un nouveau Venezuela sera donné ", a-t-il déclaré, dans une vidéo qu'il a diffusée sur les réseaux sociaux dans laquelle il a réitéré de faire tout ce qui est en son pouvoir" pour forcer une solution politique "qui retire le président Nicolas Maduro du pouvoir". 

 

"Nous savons aussi qu'aujourd'hui la dictature ne quittera pas volontairement le pouvoir, à moins qu'elle ne soit obligée de le faire, et bien sûr nous avons besoin de la force, à la fois des forces armées et de la communauté internationale". 

 

"A partir du 5 janvier, nous élèverons nos voix dans les rues du Venezuela et du monde pour lutter pour le salut de notre pays. C'est dans les rues où nousexerçons la majorité, où nous construisons cette option pour le Venezuela"

 

Le harcèlement contre le gouvernement et le peuple est persistant. Le Venezuela est la mire de tous les peuples de l’Amérique latine ainsi que de nombreux autres peuples dans le monde. Les peuples sont l’ennemi numéro 1 de l’empire tout comme l’empire est l’ennemi numéro 1 des peuples.

 

Trump peut compter sur un Episcopat et une opposition radicale, soutenue et encadrée en Colombie. Maduro peut compter sur une armée qui lui est toujours, majoritairement fidèle et sur la grande majorité de son peuple.

 

Les semaines qui viennent nous en diront davantage sur le destin des uns et des autres.

 

Oscar Fortin

 

29 décembre 2020

 

 

 

 

 

mercredi 9 décembre 2020

Élections législatives du 6 décembre dernier au Venezuela

Maduro doit sa Présidence au 40% d’abstention






 Les médias de communication, dans leur ensemble, ainsi que les opposants au gouvernement et à la révolution bolivarienne, interprètent cet absentéisme comme un acte de rejet du gouvernement et de la révolution. C'est, évidemment le cas de Washington et de ses subordonnés, tout comme celui de l'UE qui s’empressèrent de dénoncer cette élection, considérée comme non légitime en raison du taux élevé d’abstention. Il va de soi que l'opposition radicale du Venezuela maintient le même cantique.

 

Cette interprétation, un peu trop facile de la part des ennemis de la révolution bolivarienne,  m'interpelle tout particulièrement. Normalement, en démocratie, lorsqu’on n'aime pas un gouvernement ou le régime en place, la première chose à faire est d’aller exprimer son désaccord par un vote massif de tous les opposants pour vaincre ce gouvernement et changer le régime qui ne convient pas aux intérêts du peuple. Dans le cas présent, un élément supplémentaire et non des moindres vient s’ajouter :le président Nicolas Maduro, quelques jours avant les élections, a fait savoir, de façon officielle, qu’advenant une victoire majoritaire de l’opposition, il se retirerait volontairement de la présidence, ouvrant ainsi la porte  à de nouvelles élections présidentielles selon les délais prévus par la constitution. La vice-présidente assurerait l’intérim et procèderait à de nouvelles élections présidentielles. 

 


« Mardi 1er décembre 2020 ((rezonodwes.com))–« Je ne resterai plus ici« , si l’opposition gagne les élections, a laissé entendre Nicolas Maduro, lors d’une rencontre électorale en dehors de Caracas.

Le président Maduro a déclaré qu’il quitterait la présidence du pays si l’opposition remportait les élections législatives dimanche. Dans le même temps, il est confiant dans le fait qu’il obtiendra une grande victoire.

« Si nous gagnons, nous irons de l’avant, mais je dois aussi dire aux gens, je leur dit que : je laisse mon destin entre vos mains. Si l’opposition gagne à nouveau, je suis exclu de la présidence. Si l’opposition gagne les élections, je ne resterai plus ici« , a-t-il soulevé. »

De quoi donner des ailes à une opposition qui lutte depuis des années pour se débarrasser de Maduro et de la révolution bolivarienne. Pourtant tel ne fut pas le cas.

Dans ce contexte, comment expliquer que 40% des Vénézuéliens et Vénézuéliennes ne soient pas allés voter? Beaucoup soulignent le contexte de la pandémie, d'autres l'interprètent comme une protestation contre le gouvernement de Maduro, ce qui est le cas de l'opposition radicale vénézuélienne ainsi que de Washington et des pays qui lui sont soumis, tels le Canada et les pays membres du Groupe de Lima. Ces derniers veulent mettre fin à la révolution bolivarienne et reprendre le contrôle de l’État. Faire de cette abstention un acte allant contre le gouvernement de Nicolas Maduro est ce qu’il y a de moins certain. Les faits réels ne vont pas en ce sens.

 

 UNE AUTRE INTERPRÉTATION EST POSSIBLE 

 

Je pense et propose tout à la fois que cette abstention de 40% des électeurs et électrices exprime leur rejet de l'opposition radicaleet violente, laquelle a fait tant de tort au peuple. C'est cette opposition qui a dirigé l’Assemblé nationale législative tout au long des cinq dernières années. C'est elle qui a réclamé les sanctions contre le peuple pour que ce dernier rejette toute la responsabilité de sa misère sur le gouvernement et la révolution bolivarienne. C'est cette même opposition qui a voulu l'intervention militaire des États-Unis et qui a encouragé les actions violentes dans le pays. 

 

Voter massivement pour cette opposition entrainerait automatiquement le départ de Maduro mais, également, le retour de cette opposition radicale de laquelle, le peuple ne veut plus rien savoir. Tout semble indiqué que le peuple, face à ce dilemme  ait choisi le maintien de Nicolas Maduro comme Président du Venezuela. Il y a ceux qui par leurs votes ont permis à l’opposition « démocratique » d’être présente comme députés actifs au sein du nouveau parlement. Il y a les abstentionnistes qui ont choisi, pour leur part, de maintenir Nicolas Maduro comme président du Venezuela. Ce fut, pour ainsi dire, un véritable plébiscite à son endroit.  Le moyen le plus sûr de se défaire de la opposition radicale et violente était l’abstention massive, assurant ainsi la continuité de la Présidence de Nicolas Maduro alors que ceux qui ont voté pour l’opposition démocratique ont assuré la présence de ces derniers dans les débats parlementaires et législatifs.

 

Il s’agit d’une interprétation qui va tout à fait à l’opposé de celle soutenue officiellement par les médias y les pays adversaires de la révolution bolivarienne. Elle se justifie, selon ce que j'en comprend, par elle-même sur la base de la rationalité et de la logique des actions d'un peuple conscient. 

 

Entre deux forces opposées qui s'affrontant, 40% de l’électorat a choisi la partie qui représente le moins de danger et de meilleures conditions pour l’avenir. Dans le cas présent on peut dire que ce 40% a plébiscité Nicolas Maduro comme président légitime du Venezuela. Dans le cas contraire, ils auraient tous voté pour l’opposition en liste pour cette élection et faire en sorte que Nicolas Maduro quitte la presidente, tellle que promis,

 

Oscar Fortin

 

9 de décembre 2020