mercredi 22 janvier 2020

VENEZUELA: UN PEUPLE QUI RÉSISTE À L’EMPIRE 




Depuis plus de 20 ans maintenant, le peuple du Venezuela résiste par tous les moyens aux pressions et interventions de l’Empire EEUU  qui cherche par tous les moyens le soustraire à son indépendance et à sa souveraineté. Il faut savoir que les EEUU se sont prévalus pendant des siècles de la doctrine Monroe, déclarant l’Amérique latine et les Caraïbes comme étant sa « cour arrière ». Si, tout au long de ces siècles de nombreux pays ont déclaré leur indépendance politique, plusieurs d’entre eux  sont vite redevenus des vassaux de l’Empire étasunien. C’est le cas, entre autres, des pays rejoignant le « Club de Lima ». Les dirigeants politiques de ces États se soumettent et soumettent leurs peuples aux volontés de Washington. Ceux qui y résistent sont aussitôt la cible d’interventions musclées de nature à en faire de fidèles collaborateurs.

Nous connaissons le cas de Cuba qui a résisté jusqu’à ce jour à se soumettre aux volontés de l’Empire. Nous avons connu le cas du Chili, sous le régime de Salvador Allende, qui n’a pas pu résister aux forces impériales qui ont pu utiliser les forces armées qui leur étaient soumises.  Ce fut le coup d’État de 1973 suivis de la dictature d’Augusto Pinochet. Il en fut de même avec l’Argentine qui fut récupérée par l’intervention du trio militaire des trois forces armées,  également fidèles à Washington. 

D’autres pays ont résisté, comme ce fut le cas du Nicaragua qui n’a guère connu de trêve depuis la victoire des sandinistes sur le dictateur Somoza. Ce fut également le cas de la Bolivie sous le régime d’Evo Morales qui a survécu pendant les 14 dernières années. En décembre dernier (2019) il fut victime d’un coup d’État. Evo Morales n’a pu compter sur l’armée bolivienne, également soumise à Washington. 

Il faut se rappeler que la grande majorité des principaux dirigeants militaires furent formés à l’école militaire sous direction des États-Unis. Pour en savoir plus sur le sujet, je vous réfère à cet article qui donne une idée sur le rôle joué par cette école.

Cette fidélité des armées latino-américaine ne fut pas le cas de toutes les armées. C’est d’ailleurs un des grands problèmes qui empêche l’Empire d’intervenir au Venezuela. L’armée du Venezuela est fidèle à  son peuple et à son gouvernement. L’influence de Chavez, ex-membre de l’armée, a été déterminante en ce qui a trait à sa formation au service, avant tout, de la sécurité du peuple et de la souveraineté du pays. Les tentatives de corruption par l’argent et de nombreux autres avantages n’ont pas atteint les objectifs visés. Un certain nombre de ceux qui ont cédé à la corruption se retrouvent dans des situations misérables et sans les appuis promis par les corrupteurs. Ce n’est pas de nature à encourager d’autres à suivre leur exemple.

CE QUE REPRÉSENTE LE VENEZUELA POUR L’EMPIRE

Si ce n’était de ses richesses naturelles, telles celles du pétrole, des diamants, de l’or, entre autres, son acharnement contre le Venezuela serait sans doute fort différent. Les richesses sont là, et également, l’influence régionale et internationale d’un gouvernement qui refuse de se convertir en subalterne de l’Empire. C’est également un gouvernement qui développe des mesures sociales, telles l’éducation gratuite à tous les niveaux, la santé gratuite, accessible dans tous les milieux. Ce sont là des mesures qui dérangent les gouvernements régionaux de format néolibéral. Cette influence du Venezuela ne sert pas les intérêts de Washington ni de ses acolytes régionaux qui vivent de ses subventions. 

CE QUE REPRÉSENTE LE VENEZUELA POUR LES PEUPLES 

On peut dire sans se tromper que les peuples en quête de justice, d’indépendance et de souveraineté trouvent une grande inspiration dans la lutte que mène le Venezuela. Autant l’empire voudrait voir disparaitre ce peuple qui lui refuse toute concession à moins que ce soit dans le cadre de négociations d’égalité et de respect mutuel. 

Au moment d’écrire ces lignes,  Caracas est l’hôte du groupe de Rio, qui comprend les représentants et représentantes de nombreux pays et organisations sociales.  Leur lutte vise la fin de l’empire et l’émergence de peuples souverains et indépendants.

« Ce mercredi 22 janvier 2020, la Rencontre internationale contre l'impérialisme a commencé à Caracas, organisée par le forum de Sao Paulo, et à laquelle participent des organisations politiques et sociales progressistes. Le vice-président du Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), »

Pour ceux et celles qui se débrouillent en espagnol, je vous recommande cette intervention vidéo de Diosdado Caballo, Président du Conseil national constitutionnel.


Empire et peuples sont, pratiquement irréconciliables : l’empire se définit comme le maître du pouvoir et les peuples comme les détenteurs du pouvoir démocratique: maîtres de leurs richesses, de leurs États, de leur souveraineté. Chaque fois que c’est la démocratie du peuple qui s’impose, c’est la mise au second plan du pouvoir de l’empire. Il en va de même pour les peuples soumis au pouvoir de l’Empire par la voie détournée d’une démocratie manipulée.

QUE VA-T-IL SE PASSER DANS LES SEMAINES ET MOIS QUI VIENNENT?

Il n’y a pas de boules de cristal pour nous dire ce qui va réellement se réaliser. Certains évènements peuvent nous permettre d’anticiper diverses interventions de l’empire et de ses alliés nationaux et internationaux de nature à empêcher la réalisation des élections législatives qui doivent se réaliser, selon la constitution, en 2020.  La partie la plus radicale de l’opposition, celle soutenue par Washington et Juan Guaido, a perdu la présidence du Conseil national législatif, et du fait même, son contrôle.  Toute perspective d’élection législative pour 2020 risque d’être catastrophique pour ces alliés de Washington. Une partie importante de l’opposition s’est dissociée de Juan Guaido et leur approche est plutôt nationale et leur objectif demeure, avant toute chose, le  bien commun du peuple vénézuélien. 

 Les centaines de millions de dollars, investis à ce jour, dans cette guerre contre la révolution bolivarienne perdraient toute leur valeur avec une victoire majoritaire du parti gouvernemental dans les élections législatives à venir.  Le gouvernement reprendrait le plein contrôle du CNL et les adversaires seraient mal placés pour parler d’élections falsifiées. Ces dernières sont toujours suivies par des observateurs étrangers, venant de divers milieux.

Sommes-nous  à la veille d’une intervention militaire des États-Unis et de ses alliés latinos américains? Au moment d’écrire ce texte, la quatrième flotte étasunienne est en pleine activité d’exercices militaires avec la Colombie, où les EEUU ont déjà neuf bases militaires.  

D’autre part, le Venezuela en fait tout autant avec son armée « civico-militaire ». 

Ces jours derniers, les évêques vénézuéliens qui sont des alliés inconditionnels de Washington, ont fait une série de déclarations transformant le gouvernement du président Maduro, de totalitaire, qui torture et tue d’innocentes victimes, etc. Pour faire court, un discourt qui nous renvoie à ceux qu’on entendait dans les pires années du communisme sous Staline, en URSS.

Ils se font également sensibles aux souffrances du peuple dont les seuls responsables sont évidemment les dirigeants politiques du gouvernement. En aucun moment, ils ne dénonceront les diverses formes d’intervention de Washington qui affectent directement les besoins du peuple : guerre économique, sanctions, retenue de fonds de plusieurs centaines de millions de dollars.

Pour sa part, se Secrétaire d’état, Mike Pompeo a ratifié que son pays a imposé "des sanctions sévères au régime, ce qui rend plus difficile pour eux de nuire au peuple vénézuélien".

Pour sa part, le gouvernement vénézuélien a présenté des chiffres démontrant que les mesures punitives ne sont pas seulement contre les hauts fonctionnaires, mais ont affecté la population. Maduro a récemment a affirmé que le blocus américain contre le Venezuela, il a généré des pertes de l'ordre de 40 000 millions de dollars. Dire que ces sanctions n’affectent pas le peuple, c’est un peu rire du monde.

À voir maintenant ce qui va se passer le 3 mai, jour de nouvelles élections présidentielles en Bolivie. La démocratie n’a pas toujours la même signification selon ceux et celles qui  l’utilisent. Nous verrons bien ce que l’empire fait de la démocratie et du peuple qui en est le maitre principal.


Une autre histoire à suivre

Oscar Fortin

22 janvier 2020

lundi 16 décembre 2019

APPEL À LA PAIX DU PAPE FRANÇOIS


CRÉDIBLE OU NON CRÉDIBLE ?



Chaque année, le premier jour de janvier, le Vatican, par la voix du pape, fait un appel au monde pour que la paix se substitue aux guerres et aux multiples confrontations entre les peuples et les nations.  Ce message, pour 2020, vient d’être porté à la connaissance des médias et du grand public. Il va de soi qu’il reflète la perception qu’a le Vatican des diverses forces qui existent et des multiples intérêts au service desquels elles se portent. Il sait les avenants et aboutissants des divers conflits qui éclatent un peu partout à travers le monde, que ce soit en Amérique latine, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie. Sa capacité d’information est énorme et ses représentants sont là pour analyser les faits, pour en discerner les intérêts  et en identifier les principaux acteurs. Toutefois, le traitement qu’il fait de toutes ces connaissances répondra, avant tout, à des objectifs qui lui sont propres et à des intérêts auxquels il se doit de répondre.

En tant que chef d’État du Vatican, il fait partie de la communauté internationale des États regroupés au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies. Il se doit, également, de prendre en compte le respect des accords, convenus avec certaines puissances,  dont les deux plus importants sont, sans nul doute, ceux signés avec les États-Unis. Le premier fut signé entre le pape J.P.II et le président Reagan, le 7 juin 1982. Le second fut signé le 21 mars 2014 entre le pape François et Obama. Pour l’essentiel, ces accords permettent aux deux États de collaborer dans leur lutte, menée contre le communisme, le socialisme et toute idéologie s’en inspirant. Pour plus de précisions, voir le lien qui suit. Ce sont des Pactes qui permettent de comprendre bien des choses dans les relations de l’un et l’autre.


Par exemple, si l’on s’arrête quelque peu sur ce qui se passe en Amérique latine et dans les Caraïbes, nous réalisons que de nombreux peuples se soulèvent pour réclamer plus de justice et de respect de leurs droits.  C’est présentement le cas au Chili, en Colombie, en Bolivie et récemment en Équateur. Dans le cas du Venezuela  et du Nicaragua, il y a également des soulèvements, caractérisés, cette fois, par des forces d’opposition, appuyées et soutenues financièrement par les États-Unis. Il faut se rappeler que  pour ce dernier l’Amérique latine est « sa cour arrière » sur laquelle il a plein pouvoir. Le traitement médiatique sera différent selon qu’il s’agit d’un véritable soulèvement du peuple ou selon qu’il s’agit d’un soulèvement commandé par les intérêts de Washington. Dans le premier cas, le peuple qui se soulève sera considéré comme des délinquants, des faiseurs de trouble. Des communistes et socialistes. L’armée et la police seront utilisées pour réprimer avec force ce peuple « délinquant ». Dans le second cas, ce sera le gouvernement qui sera déclaré dictature socialiste, maltraitant, torturant et tuant ses citoyens. Dans l’ensemble des cas, le Vatican et les épiscopats régionaux interprèteront les évènements  dans le sens des intérêts de Washington et seront plus réceptifs aux médias qui vont dans le même sens. Le pape François n’y échappe pas.  Dans le cas des premiers, il fera appel à la négociation, se gardant bien de dénoncer la répression armée contre le peuple. Dans le cas des seconds, il réclamera des gouvernements concernés qu’ils respectent les droits humains et qu’ils s’abstiennent de toute violence. Il s’agit d’un comportement du pape et des épiscopats qui répond aux ententes convenues entre les deux États.


Il est évident que le pape François est au fait de toutes ces choses et des dessous qui en sont l’origine et la motivation. Il a vécu la dictature en Argentine, il a assisté au génocide du Plan Condor et a vu, au-delà la cordillère des Andes, le dictateur Pinochet faire le grand ménage dans tout ce qui était opposition à l’Empire. Cette opposition dans le discours officiel des dictatures et des épiscopats ne pouvait être que de fanatiques communistes, des athées, sans , ni morale, des révolutionnaires sans conscience. Les appels et les mises en garde des Nations Unies sont, dans pareilles circonstances, sans écho alors que les maitres du jeu (l’Empire et le Vatican) font ce que bon leur semble. 

C’est dans pareil contexte que le pape François s’adresse au monde pour promouvoir la paix entre tous les peuples et toutes les personnes.

Il y a deux grandes Institutions dont le regard porte sur l’ensemble de l’humanité et qui se font les apôtres du respect des droits des personnes, des peuples, des laissés pour compte : ce sont les Nations Unieset l’Église catholique. On ne peut que concevoir une relation étroite et fortement unie entre ces deux Institutions. Toutefois les faits démontrent, toutefois, que ce n’est pas nécessairement le cas. 

Le message du pape François


À deux reprises, j’ai lu ce message pour bien m’assurer que je ne me trompais pas en disant qu’en aucun moment il ne s’est référé aux Nations Unies comme instance importante pour la paix dans le monde. Pas plus, d’ailleurs, qu’il ne se réfère à la Charte des droits des Nations Unies que les États membres se sont donnée et qu’ils se doivent de respecter. C’est dans cette Charte qu’on interdit toute forme d’interventionnisme dans d’autres pays de nature à nuire à leur développement et au caractère souverain de leur indépendance. Dans son intervention, le pape François ne trouve pas nécessaire de rappeler aux puissances mondiales l’importance de respecter ce droit fondamental des peuples à disposer de leur propre destin.  Seule, l’ONU, a ce pouvoir d’apprécier et de décider de toute intervention dans un autre pays.  Aucune puissance mondiale dispose de ce droit qui s’applique tout autant aux  États-Unis qu’à tous ceux qui seraient tentés d’en faire tout autant.

Je trouve malheureux le fait que le pape François n’ait pas accordé, dans cette déclaration, tout son appui à l’ONU  et à sa Charte des droits.  Une occasion unique pour rappeler à Washington et à toutes les autres puissances que le Vatican appuie les Nations Unies et reconnait pleinement la Charte des droits que les pays du monde se sont donnée. Le respect de cette Charte est une voie qui ne peut que conduire à plus de paix et de justice. L’interventionnisme, sous toutes ses formes, doit être éliminé, à moins que ce soit sous l’autorité des Nations Unies. Dans la situation présente, Washington se place au-dessus de cette Charte et décide lui-même ce qui est bon et ce qui ne l’est pas, ce qui est démocratie de ce qui ne l’est pas, etc. 


Aussi curieusement que cela puisse paraitre, tant le Vatican que les épiscopats latino-américains, loin de dénoncer cet interventionnisme de Washington dans les affaires internes d’autres pays, s’en font pratiquement des complices. C’est le cas au Venezuela, ce fut le cas en Bolivie, en Équateur, en Colombie, au Chili, etc.. 

Les parrains de la Mafia se donnent ces pouvoirs dans leur milieu et le pape François n’a pas hésité à les dénoncer et excommunier.  Ce qu’il a fait avec cette Mafia sicilienne, il n’ose le faire avec les États qui agissent sur la base des mêmes principes que les Mafias communes. 


Conclusion

Le monde dans lequel nous vivons est présentement dominé par des forces qui se fondent sur le pouvoir de l’argent et de tout ce que ce pouvoir rend possible. Le pape François qui a écrit l’Exhortation apostolique Evangelii gaudiumsait tout cela. Il a tracé le portrait du capitalisme sauvageainsi que ses effets néfastes sur la majorité de l’Humanité. Il sait que dans le cadre d’un tel système aucune paix ne sera possible et, pourtant, il n’en dit mot.

Seul le réveil des peuples tel que nous le percevons de nos jours permettra de briser ce cercle du pouvoir dominant pour l’étendre à l’Humanité entière. Pour ce faire, toutes les forces de bonne foi, toutes les institutions qui se donnent une vocation humanitaire doivent s’aligner avec ces peuples et non en devenir des obstacles. S’il y a une véritable conversion à espérer du Vatican et de tous ceux qui en vivent, c’est celle qui conduit à cette solidarité humanitaire en faveur de tous les peuples. Cette conversion nous interpelle tous et toutes ainsi que les institutions cléricales, sociales et politiques.

Comme le dit l’Évangile, on ne peut servir deux maitres à la fois, Dieu et Mammon. Il faut choisir pour de vrai la voie qui conduit à la vérité, à la justice, à la solidarité humaine.

Joyeux Noël et bonne et heureuse année 2020.

Que la paix enracinée dans la justice et la vérité vous accompagne.

Oscar Fortin


jeudi 14 novembre 2019

L’OEA ET LE COUP D’ÉTAT EN BOLIVIE




On comprendra, dès le départ, que l’Organisation des États américains (OEA) répond, avant tout, aux dictats et intérêts des États-Unis qui ont plein contrôle sur la majorité des membres de l’Organisation et sur celui qui en assume le secrétariat général. Pour de nombreux analystes politiques, l’OEA est le ministère des États-Unis dont l’objectif est de promouvoir et protéger, tout à la fois, ses intérêts dans l’ensemble des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes. Les conditions de travail et les bénéfices financiers qui sont consentis à son Secrétaire général et à ses alliés politiques lui assurent une mainmise dominante sur l’ensemble des activités de l’OEA. Sa véritable nature se révèle à travers ses diverses interventions (Venezuela, Bolivie, Nicaragua, etc.) tout autant qu’à travers ses silences (Colombie, Honduras, Chili, Brésil, etc.). Dans le premier cas, il s’agit de peuples qui remettent en cause la domination impériale et qui luttent pour leur indépendance et souveraineté. Dans le second cas, il s’agit de gouvernements qui répriment leur population pour sauvegarder l’hégémonie du pouvoir de l’Empire et des oligarchies locales.

CE QUI S’EST PASSÉ SUITE À LA VICTOIRE D’EVO MORALES, LE 20 OCTOBRE DERNIER

Au grand dam des partis de l’opposition, Evo Morales remporta ces élections avec la majorité des votes nécessaires lui permettant d’éviter un second tour. Comme il fallait s’y attendre, l’opposition donna suite à ce qu’elle avait déjà déclaré, des mois à l’avance, à savoir qu’elle ne reconnaitrait pas la victoire d’Evo Morales s’il était élu comme Président de la Bolivie. D’une seule voix, cette opposition et ses alliés, y incluant l’épiscopat bolivien, dénoncèrent, sans en préciser la nature, les fraudes qui ont entaché la légitimité de ces élections. À noter, toutefois, que le cardinal  Toribio Ticona, née à Potosi, Bolivie, fut le seul, au sein de l’épiscopat bolivien, à dénoncer haut et fort ce chantage de l’opposition sur une soi-disant fraude électorale.

 "Comment est-il possible que M. Mesa, ancien président et ancien vice-président, appelle à la violence, alors qu'avant la fin du dépouillement des votes, il se déclare déjà vainqueur alors que nous savons qu'il n'a finalement pas été vainqueur. C'est pourquoi il s'est précipité sans fondement, cela ne vaut pas la peine et, à mon avis, il est à blâmer pour toute cette violence qui se poursuit ". 


Je ne sais ce qui s’est passé avec ce cardinal dont la voix s’est soudainement éteinte. Il faut croire que la  Conférence épiscopale bolivienne, férocement opposée au gouvernement socialiste d’Evo Morales, ait choisi de prendre en main le volet communication dont l’objectif est de dénoncer, contre vent et marée et sans aucune preuve, que l’élection était contaminée de fraudes multiples.

Face à une telle situation, le président élu, Evo Morales, a fait un appel à tous ceux et celles qui qualifiaient cette élection de frauduleuse de se joindre, avec les spécialistes de leurs choix, pour participer à un recomptage complet des votes. Il fit appel à l’OEA ainsi qu’à des représentants de divers milieux européens et américains pour participer à ce recomptage.  Un protocole a été établi entre le gouvernement et les participants au recomptage.  Cet exercice prendrait deux semaines et les conclusions devraient être portées à la connaissance du public, le mercredi, 13 novembre. Le président s’engageait à donner suite aux résultats et aux recommandations en découlant. Curieusement, les opposants radicaux se dissocièrent de l’OEA et poursuivirent leurs dénonciations de fraudes tout en générant la violence et les confrontations entre partisans du gouvernement et ceux de l’opposition radicale, question d’exercer suffisamment de pression en vue d’obtenir la démission du président élu, Evo Morales. 

Dimanche, le 10 novembre, au moment où le président Evo Morales décidait de convoquer à de nouvelles élections et de procéder au renouvèlement du Conseil national électoral, le Secrétaire de l’OEA anticipait, pour sa part, une ébauche des conclusions à tirer de ce recomptage non encore terminé.  Il laissait  entendre qu’il y avait eu fraude électorale bien que difficilement identifiable. Par cette intervention, il dérogeait au protocole initial de l’opération recomptage et semait davantage de confusion.

Heureusement, de nombreux autres intervenants dans ce recomptage, non liés à l’OEA, donnèrent, au terme de ce recomptage, un point de vue tout à fait différent. C’est entre autres le cas du « Centre de recherche économique et politique des États-Unis qui a présenté lundi un rapport qui reflète l'absence d'irrégularités lors des élections du 20 octobre dernier en Bolivie et qui a attribué à Evo Morales la présidence gagnante, niant la position de l'Organisation des États américains (OEA). »


De fait, dès que l’OEA fit le constat que la soi-disant fraude électorale ne saurait tenir la route,  elle se tourna aussitôt du côté de l’armée et de la police pour en faire les principaux acteurs, conduisant au dénouement du coup d’État et exigeant la démission d’Evo Morales dans le but de laisser la place aux forces de l’opposition. Il faut rappeler que le gouvernement d’Evo Morales avait un plan visant à apporter des changements au sein de la police, impliquée dans plusieurs opérations de corruption. Ces changements n’étaient pas les bienvenus. Des changements étaient également prévus au sein de l’armée. C’est dire que le président Evo Morales n’était pas dans une position de force à leur endroit. Sa vie étant en danger, il accepta l’invitation du Président du Mexique pour s’y réfugier le temps de voir venir les évènements et de poursuivre la lutte sous d’autres formes.


La substitution du gouvernement en exercice par les forces de l’opposition radicale, soutenue par l’armée et la police, ne peut avoir d’autre qualificatif que celui d’un véritable coup d’État.  Derrière tout cela, il faut y voir la main de l’Oncle Sam qui y retrouve sa pleine souveraineté en Bolivie. Sa démocratie repose sur ses subordonnés. Il lui revient de décider du sort des présidents et présidentes.  Les autoproclamés (Guaido au Venezuela et  Jeanine Áñez en Bolivie) en témoignent. Il suffit que l’oncle Sam les reconnaisse comme tels. Les peuples n’ont qu’à s’ajuster aux volontés de ce dernier. Les élections ne doivent être réalisées que dans des conditions de certitude. Autrement, il faudra y reconnaître la fraude des vainqueurs.


Oscar Fortin
Le 14 novembre 2019

Voir la série d'audios qui nous en disent beaucoup sur le processus conduisant à ce coup d'État. La référence est en espagnol, mais avec le traducteur google (https://translate.google.ca/?hl=fr#fr/es/) vous pourrez vous y retrouver rapidement.

https://www.telesurtv.net/news/bolivia-audios-revelan-golpe-estado--20191114-0009.html

samedi 5 octobre 2019

Mike Pompeo avec le pape François


 Washington et le Vatican: même combat




Jeudi, le 3 octobre 2019, le pape François a reçu, au Vatican, le Secrétaire d’État des États-Unis, Mike Pompeo Le site internet d’information espagnole sur les questions religieuses, « Religion digitale », coiffe son article du titre suivant: « Vatican et les États-Unis réaffirment leur engagement à défendre la liberté religieuse et les droits de l'homme dans le monde. » (Traduction Google) Une occasion toute spéciale pour commémorer, selon la même source«le 35e anniversaire de l'établissement de relations diplomatiques.  Francisco et Pompeo ont réaffirmé leur engagement à protéger les communautés chrétiennes au Moyen-Orient et à promouvoir la démocratie et les droits de l'homme dans le monde entier. »

Mike Pompeo, ex-directeur de la CIA, nommé par le Président Trump, en 2016, a été promu, en 2018, Secrétaire d’Étatdans le cabinet de Donald Trump. Il est, de toute évidence, un personnage fort important dans l’Administration présente. Il s’est révélé être un homme au franc-parler. Lors d’une entrevue à la télévision, il s’était permis de direqu’à la CIA on mentait, manipulait et volait.

Cette rencontre avec le pape François avait été précédée, la veille, d’une rencontre prolongée avec le Secrétaire d’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin et le ministre des Relations étrangères du Vatican, Paul Richard Gallagher. D’ailleurs, Mike Pompeo a signalé au pape François qu’il recevait une très bonne collaboration de la part de ces deux personnages dont l’importance est fondamentale dans la conduite géopolitique du Vatican. C’est d’ailleurs ce cardinal, Pietro Parolin, qui s’est présenté, en septembre dernier, à la Tribune des Nations Unies pour partager les orientations et le point de vue du Vaticandans la géopolitique mondiale. À la lumière de cette étroite  collaboration entre le Vatican et Washington, nous comprenons mieux la teneur de l’intervention du cardinal, entre autres, en relation avec le Venezuela. Washington et le Vatican marchent main dans la main dans cette lutte contre la Révolution bolivarienne. Washington peut compter sur le Vatican et les épiscopats régionaux pour mener à bien son projet de renversement du régime en place. 

Le problème qui se pose tant à l’État du Vatican qu’aux épiscopats régionaux c’est l’interprétation que Washington donne aux notions telles que liberté, droits humains des personnes et des peuples, démocratie, etc. Par cet accord avec Washington, ces derniers endossent l’interprétation qu’il donne à ces termes. Ni le Pape, ni le Vatican se prononcent sur le sens à donner à ces termes. Que ce soit la démocratie, les droits de l’homme et des peuples, l’Empire en définit les contenus selon la convenance de ses intérêts. Il n’est pas évident que ces derniers recoupent les contenus de ce que signifient ces termes, tant du point de vue de leur étymologie et encore moins du point de vue des valeurs fondamentales contenues dans les Évangiles.

De toute évidence, nous nous retrouvons avec une Église, piégée par un pouvoir politique qui s’incarne dans l’État du Vatican et qui coiffe l’ensemble des activités de l’Église dans le monde. Cet État du Vaticanest devenu la troisième colonne de l’Empire,  après la CIA et le Pentagone,  L’Église institution a perdu son indépendance et sa catholicité. Elle est devenue un appendice de cet empire. Le caractère universel des Évangiles a été substitué à des intérêts circonstanciels et de nature matérielle. 

Je pense, avec sincérité, que le pape François est victime de ses propres acolytes qui sont sa source première d’information sur ce qui se passe dans le monde et qui répond aux agendas de voyages qu’on lui organise subtilement pour le garder à l’écart d’autres évènements qui se passent ailleurs dans le monde. Il est et demeure toujours le pape qui a écrit et proclamé l’Exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Un document qui ne cadre d’aucune manière avec les prérogatives de l’Empire qui se prévaut de ses bonnes relations avec le Vatican pour poursuivre sa course à la conquête des peuples et de leurs richesses.


Oscar Fortin

5 octobre 2019

dimanche 29 septembre 2019

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ÉTAT DU VATICAN


 
À LA TRIBUNE DES NATIONS UNIES



SES SILENCES SUR LE VENEZUELA RÉVÈLENT SA COMPLICITÉ AVEC WASHINGTON


Le Cardinal Pietro Parolin, ex-Nonce apostolique du Vatican au Venezuela, s’est présenté à la Tribune des Nations Unies, ce vendredi, 28 septembre 2019, pour apporter le point de vue du Vatican et de l’Église catholique, sur l’état du monde et, de façon particulière, sur le Venezuela et les problèmes dont le peuple est victime. 

Il faut dire que le Venezuela a fait l’objet d’un intérêt particulier de la part d’un grand nombre d’intervenants à cette Tribune des Nations Unies. Le Président Donald Trump a, pour ainsi dire, ouvert ce débat en s’exprimant clairement sur le fait que les États-Unis n’accepteraient pas de régime socialiste en Amérique latine et qu’il ferait tout pour que le régime socialiste, en vigueur au Venezuela, au Nicaragua, à Cuba, soit remplacé par un régime mieux adapté aux valeurs de son Administration. Les menaces d’invasion ainsi que les sanctions et l’interventionnisme en sont l’expression.

Le Gouvernement vénézuélien,  par la voix de sa vice-présidente, Nancy Rodriguez, a apporté la vérité du peuple vénézuélien en mettant en évidence, tout à la fois, les acquis de la révolution bolivarienne en éducation, santé, logement, etc. et les actions criminelles de l’interventionnisme sous toutes ses formes, promues par Washington et ses alliés. Selon les informations dont elle dispose et qu’elle a portées à la connaissance des membres de l’A.G., l’objectif de Washington est d’asphyxier le peuple vénézuélien pour qu’il fasse de son gouvernement le grand responsable de ses misères.  Malheureusement pour Donald  Trump, plus des 2/3 (13 millions) de l’électorat vénézuélien ont signé  un document précisant qu’ils ne veulent pas de Donald Trump ni de ses sanctions. Cette déclaration majoritaire du peuple vénézuélien confirme le caractère démocratique de la démarche ainsi que le niveau de conscience de ce peuple. Il sait que la principale source des problèmes que rencontre le peuple lui vient, en grande partie, de ces interventions diaboliques et criminelles de Washington.

Nombreux sont les intervenants qui ont relevé le caractère illégal de ces sanctions et interventions qui s’attaquent, sous de multiples formes, au bien-être de ce peuple. Des études récentes ont démontré le caractère   dévastateur et criminel de ces interventions. La Charte des Nations Unies est bien claire sur ce sujet. Voir les deux premiers articles de cette Charte ici-même. Il n’y a pas de doute que les pays qui se joignent aux prétentions des États-Unis sur le Venezuela se transforment en délinquants internationaux. Ces interventions n’ont l’aval d’aucune instance autorisée des Nations Unies pour intervenir comme ils le font dans un pays souverain et indépendant. C’est le cas du groupe de Lima auquel on peut joindre l’État du Vatican et certains pays d’Europe à la remorque des États-Unis.

Lorsque le grand patron de l’État du Vatican prend la parole sur la question du Venezuela, il se fait sensible à l’émigration massive des jeunes ainsi qu’à la souffrance du peuple et ne peut que souhaiter qu’il y ait des élections présidentielles, seule solution plausible, selon lui. Pour sortir le Venezuela du marasque dans lequel il se trouve. De toute évidence, pour lui, le gouvernement et le régime socialiste sont les seuls responsables de cette misère et la source principale des conflits qui existent. Il souhaite évidemment qu’à travers la négociation entre le gouvernement et l’opposition une solution puisse être trouvée. 

Aussi curieux que cela puisse paraître, l’auteur et l’acteur principal de la mise en scène de ce qui se complote au Venezuela sont complètement ignorés. S’il y a des problèmes au Venezuela, les États-Unis et ses alliés n’y sont pour rien. Les sanctions et les menaces de guerre ne sont que des illusions. Le cardinal Parolin n’y voit aucune relation de ces derniers avec la situation de crise qui se vit au Venezuela. Le problème du Venezuela est un problème interne, point à la ligne. 


Lui comme nous tous sait que l’acteur principal qui planifie, organise et finance  les multiples interventions au Venezuela a pour objectif principal la reprise du contrôle des richesses du pays et de ceux qui en auront la charge.  Il en va de même pour l’interventionnisme qui va à l’encontre du droit international. Ni un mot sur l’un comme sur l’autre. Aucune remarque sur la nécessité de respecter le droit international et de s’en tenir aux normes des Nations Unies dans les relations entre peuples souverains. Il ne fait aucune allusion aux 13 millions d’électeurs et d’électrices du Venezuela qui ont signé une pétition pour que Trump les laisse tranquilles. Ces 13 millions de signatures ont été remis au Secrétaire général des Nations Unies. Il me semble qu’il s’agit là d’un geste important qui eut pu être signalé par le représentant du Vatican.

Pourquoi ces silences sur ces points fondamentaux qui sont à la racine des maux dont souffre le peuple vénézuélien: les prétentions de conquête du président Donald Trump,  l’usage des menaces d’invasion, la mise en place de sanctions criminelles, la saisie d’effectifs monétaires pour mettre à sec les coffres de l’État, l’image déformée d’un peuple qui résistent aux provocations et qui témoigne avec fierté de Bolivar et de Chavez? Ne pas faire référence à ces réalités c’est comme ne pas voir les éléphants dans sa cour arrière. Il s’agit de faits déterminants qui ne peuvent passer sous silence. 

C’est pourtant ce même cardinal qui déclarait dans une  conférence de presse aux Nations Unies « qu’il était fondamental d’aller à la source de ces maux pour en résoudre les causes ». Il n’y a qu’une explication à ces silences et c’est celle que l’État du Vatican est partie prenante des politiques de Washington contre la Révolution bolivarienne. Il l’est depuis le début de cette révolution.  Il était présent, en avril 2002, à travers le cardinal de l’époque qui a accompagné Carmona, l’homme de main de Washington pour remplacer Chavez. Cette complicité demeure toujours active à travers l’épiscopat vénézuélien, véritable opposition à la révolution bolivarienne et à son gouvernement. 

Le Secrétaire d’État joue le rôle du bon gars qui parle comme au nom de Dieu lui-même en se disant favorable à une solution pacifique à travers la négociation avec l’opposition qu’il prend la peine de préciser, celle de son président intérimaire autoproclamé, Juan Guaido. De ce dernier, il ne dit rien de ses relations avec des organisations terroristes de Colombie. Aucune déclaration à l’endroit de Washington pour qu’il mette fin à ses menaces et à ses interventions pour renverser le gouvernement.  Aucun appel au respect du droit international de non-intervention. Cela indisposerait trop Washington et ses alliés.


Oscar Fortin
29 septembre 2019

Je m’excuse pour les références en espagnole et je ne doute pas que vous trouverez le moyen de vous en tirer. Merci