mercredi 19 juillet 2006

SA NATURE

Le mensonge est un « esprit » qui passe plus ou moins inaperçu du fait de sa nature même qui lui assure un maquillage lui donnant toute l’apparence de la « vérité ». Il a le charme, la finesse, la ruse, la séduction, les subtilités circonstancielles pour mieux séduire, calomnier, tromper, dissimuler, tuer et taire, si besoin est, tout ce qui peut le trahir. Il est le maître de l’illusionnisme, le promoteur par excellence de ses intérêts comme étant les nôtres, le récupérateur de toutes les valeurs qui nourrissent l’humain pour en faire la substitution au profit de valeurs qui détruisent tout ce qu’il y d’humain.

SA PRÉSENCE DANS LA BIBLE

Jésus de Nazareth, selon l’Évangéliste Saint Jean, a eu ces propos à l’endroit des pharisiens qui ne cessaient de lui tendre des pièges pour le discréditer auprès des foules :

« Vous êtes du « calomniateur », votre père, et ce sont les désirs de votre père que vous voulez accomplir. Il était homicide dès le commencement et n'était pas établi dans la vérité, parce qu'il n'y a pas de vérité en lui : quand il profère le mensonge, il parle de son propre fonds, parce qu'il est menteur et père du mensonge. » Jn.8, 44

La tradition chrétienne a donné à ce personnage le nom de « SATAN », qui veut dire « ADVERSAIRE », ou de DIABLE, qui veut dire « CALOMNIATEUR ». Il agit dans le monde par personnes interposées qui installent l’habitude du mensonge à demeure dans leur vie. Telle est la façon d’agir des impies, ennemis de l’homme de bien : ce sont les « fourbes » qui se réfugient dans le mensonge, s’y attachent et refusent toute remise en question.., ce sont les guides trompeurs qui se font passer pour prophètes, envoyés de Dieu, porteurs d’une mission divine.

L’Ancien Testament connaît de ces prophètes de mensonge qui apportent au peuple, non pas la Parole de Dieu, mais des messages frelatés.

« Jérémie, 5 »

26. Oui, il se trouve en mon peuple des malfaisants, ils guettent comme des oiseleurs à l’affût; ils posent des pièges et ils attrapent des hommes.
27. Telle une cage pleine d’oiseaux, ainsi leurs maisons sont-elles pleines de rapines; de la sorte ils sont devenus importants et riches,
28. ils sont gras, ils sont reluisants, ils ont même passé la mesure du mal, ils ne respectent pas le droit, le droit des orphelins, pourtant ils réussissent ! Ils n’ont pas rendu justice aux indigents,
29. et je ne châtierais pas ces actions oracle de Yahvé ou d’une nation comme celle-là je ne tirerais pas vengeance?
30. Des choses horribles, abominables, se passent dans ce pays
31. Les prophètes prophétisent le mensonge, les prêtres font du profit. Et mon peuple aime cela! Mais que ferez-vous quand viendra la fin?

« Ézéchiel, 13,3 »

19. Vous me déshonorez devant mon peuple pour quelques poignées d'orge et quelques morceaux de pain, en faisant mourir des gens qui ne doivent pas mourir, en épargnant ceux qui ne doivent pas vivre, et en mentant à mon peuple qui écoute le mensonge.
20. Eh bien! ainsi parle le Seigneur Yahvé : Voici que je vais m'en prendre à vos rubans, avec lesquels vous prenez au piège les âmes comme des oiseaux. Je les déchirerai sur vos bras et je libérerai les âmes que vous essayez de prendre au piège comme des oiseaux.
21. Je déchirerai vos voiles et je délivrerai mon peuple de votre main, pour qu'il ne soit plus un gibier dans votre main. Et vous saurez que je suis Yahvé.
22. Pour avoir intimidé le cœur du juste par des mensonges, alors que je ne l'avais pas affligé, et avoir fortifié les mains du méchant pour qu'il ne renonce pas à sa mauvaise conduite afin de retrouver la vie,
23. eh bien! vous n'aurez plus de vaines visions et ne prononcerez plus de prédictions. Je délivrerai mon peuple de votre main, et vous saurez que je suis Yahvé.

Dans le Nouveau Testament, Jésus lui-même dénonce avec autorité les guides aveugles du peuple juif (Mt. 23,16…). Ces hypocrites qui refusent de croire en lui sont des menteurs (Jn 8,55). Ils préludent aux autres menteurs qui surgiront dans tous les siècles pour détourner les hommes du véritable Évangile, celui annoncé par Jésus lui-même. : Anti-Christ (1 Jn 2, 18-28), faux apôtres (Ap 2,2), faux prophètes (Mt 7,15), faux messies, faux docteurs, sans compter ceux qui empêchent la diffusion du message évangélique et les faux frères ennemis du véritable Évangile (Ga 2,4).Ce sont tous autant de fauteurs de mensonge que toute personne de bonne volonté doit affronter.

SA PRÉSENCE DANS LE MONDE D’AUJOURD’HUI

À l’ère où l’information ne circule plus de bouche à oreille, mais arrive directement de satellites qui la reçoit toute digérée à l’avance par les grandes agences de nouvelle, il ne fait pas de doute que le Père du Mensonge, s’y est taillé une place de choix. Nous pourrions le retrouver tout spécialement là où se fait le traitement tant des informations à transmettre que de celles à modifier ou à taire. Là ne s’arrête sûrement pas son action. Elle doit agir discrètement auprès des commentateurs, les analystes et les critiques. Il sait choisir ses spécialistes : journalistes, analystes, enquêteurs qui sauront assumer avec convictions leurs tâches et convaincre leurs auditoires du bien fondé des jugements émis et des actions à faire. Ainsi, le bon peuple saura reconnaître ceux qui appartiennent à l’axe du mal et ceux qui appartiennent à l’axe du bien. Ils seront en mesure de reconnaître le diable dans les dirigeants de l’axe du mal et Dieu dans ceux de l’axe du bien. Le père du mensonge, revêtu, du pouvoir de Dieu, fera ainsi son œuvre d’éducation et d’information.

http://humanisme.over-blog.com/article-3088818.html

Il suffit de franchir les frontières idéologiques de l’information qui séparent les bons des méchants pour réaliser les distorsions énormes qui existent entre la lecture de l’évènement de l’un et de l’autre. Un exemple très simple qui se retrouve dans les nouvelles d’aujourd’hui : au Mexique, La JORNADA, datée du 18 juillet, rapporte que le candidat de l’opposition aux dernières élections a confirmé dans une entrevue que son objectif n’est pas de demander l’annulation de l’élection du 2 juillet, mais de valider les votes que les citoyens ont déjà complétés et placés dans les urnes. Pour lui c’est une démarche qui vise à respecter les votes et à consolider ainsi la démocratie. Le Devoir, datée du 19 juillet, reprenant une dépêche de l’AFP, reproduit un article qui porte le titre : Mexique - La gauche demande l'annulation du scrutin.

http://humanisme.over-blog.com/article-3219951.html


La réalité est que la gauche, celle qui manifeste actuellement (plus d’un million deux cent mille personnes cette fin de semaine au Zocalo) pour que les bulletins de vote soient minutieusement recomptés en raison d’irrégularités produites, ne visent aucunement la reprise de l’élection qui serait comme une manière de dire que les mexicains n’ont pas voté correctement. Cette gauche ne comprends pas pourquoi celui qui se dit vainqueur craint tant un recomptage qui ne ferait que le re-confirmer dans sa victoire. Il est évident que pour le candidat de la droite il est préférable une réélection qu’un recomptage des votes. Une réélection regrouperait toutes les forces de la droite dans une coalition et assurerait la victoire de cette dernière. Alors que le recomptage risque de faire basculer le pouvoir entre les mains de la gauche et mettre ainsi en lumière les tricheries et irrégularités générées par les apôtres du bien. L’AFP, par son titre, et Le Devoir, par la publication de l’article, se font l’un et l’autre les promoteurs des intérêts de la droite mexicaine en mettant l’accent sur ce qui l’intéresse.

Des exemples comme ceux-là existent en quantité infinie… Mais là ne s’arrête pas son action. Il se fait également très présent là où s’exercent les divers pouvoirs : politiques, religieux, économiques et sociaux. Dans chacun des secteurs il a l’habileté et la ruse voulues pour se tailler une place de choix. Il est en mesure de contrôler les principaux leviers de ces pouvoirs. Il sait bien traiter ses principaux collaborateurs et collaboratrices en leur accordant de nombreux privilèges, leur assurant beaucoup de prestige et le sentiment d’une grande domination. Par contre les mauvais esprits, les fauteurs de troubles, les dénonciateurs de la tricherie seront vite écartés ou tout simplement éliminés. Pour le bien de tous, tous les moyens sont bons.

Il contrôle suffisamment les Autorités religieuses et morales des pays dominants et sous-développés pour que leurs dissensions, lorsqu’il y en a, ne se convertissent pas en mobilisation et en dénonciation sans équivoques de ces actes criminels. http://humanisme.over-blog.com/article-1517399.html

Le Vatican et les Épiscopats nationaux sont trop absorbés par les questions de morale sexuelle, de contraceptifs et de mariage entre personnes de même sexe pour avoir le temps de s’occuper de ces guerres et des armements que les gouvernements décident sans qu’une autorité religieuse n’élève la voix d’une façon assez forte pour mobiliser ses fidèles. S’il lui arrive de le faire c’est le plus souvent pour soutenir ces mêmes autorités mensongères. Le Père du Mensonge a muselé les voix prophétiques institutionnelles.
http://humanisme.over-blog.com/article-1987180.html
http://humanisme.over-blog.com/article-1092941.html

CONCLUSION

Les tenants de l’axe du bien ne peuvent en aucun moment être solidaires des tenants de l’axe du Mensonge. Le Bien et la Vérité marchent ensemble. Le Mal et le Mensonge se tiennent compagnie. À vous, à moi, à nous tous de discerner là où se trouvent les forces du vrai et du bien dans notre milieu, dans notre pays, dans notre monde d’aujourd’hui. Personnellement je pense qu’arrive l’heure de la mise à jour de la grande tromperie. Elle a déjà commencé avec le dévoilement des tricheries qui ont conduit à tant de régimes militaires en Amérique Latine, à l’invasion de l’Irak. Elle se poursuit avec cette demande de recomptage des bulletins de vote au Mexique soumis depuis des décennies aux oligarchies locales et internationales. Elle connaîtra bientôt sa descente aux enfers avec la montée toujours plus grande de la solidarité entre les peuples, les organisations qui les représentent et les mouvements porteurs des valeurs de vie et de justice humaine.


Oscar Fortin
19 juillet 2006


réf. Vocabulaire de théologie biblique, Les Éditions du cerf, 1974, mots Satan, Mensonge

jeudi 6 juillet 2006

PEUPLE MEXICAIN À LA CONQUÊTE DE SA DÉMOCRATIE

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ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE AU MEXIQUE: UNE DÉMOCRATIE MISE À L'ÉPREUVE

Le 2 juillet dernier, les mexicains se rendaient aux urnes pour élire leur futur Président. Deux grandes tendances, l’une du « statu quo » politique et économique, l’autre de changements profonds en faveur d’une politique au service d’une plus grande justice sociale. Les enjeux étaient d’autant plus grands que leur différence ne se situait pas uniquement dans les nuances d’une même grande orientation politique et économique, mais dans une nouvelle manière de gérer et d’assurer le bien commun de la collectivité mexicaine, cette dernière, beaucoup plus près de celle adoptée par le peuple Bolivien, avec Evo Morales, et de celle du peuple Vénézuélien, avec Hugo Chavez. Il saute aux yeux de tout analyste plus ou moins alerte que cette seconde option n’est pas le choix du « voisin du nord », pas plus d’ailleurs des élites politiques, économiques et religieuses du pays. C’est toutefois « La DÉMOCRATIE », celle-là même que les chefs d’État des Amériques ont consacrée lors de leur Sommet de Québec, qui a l’initiative de remettre ce choix entre les mains des 40 millions 370 mille 956 mexicains qui se sont rendu aux urnes pour voter.

Au moment d’écrire ce texte le candidat du « statu quo », Monsieur Calderon, se déclare vainqueur et celui du changement, Monsieur Obrador, se déclare également vainqueur. Le quotidien La Jornada, dans son édition Internet du 6 juillet, déclare, à 2h42 du matin, que « Le candidat de la coalition -Por el Bien de Todos- Andrés Manuel López Obrador, maintenait une faible avance avec 35.72 pour cent des votes, équivalent à 14 millions 412 mille 96 votes, contre 35.47 du représentant paniste, Felipe Calderón, soit 14 millions 303 mille 681 votes, après le dépouillement de 96.6 % des boîtes de scrutin. À 15h31 les résultats donnaient Calderon gagnant avec 35.88% contre 35.31% pour Obrador. Déjà, dans cette première opération de recomptage on dénombre bien des irrégularités, ce qui n’est pas sans soulever de nombreuses interrogations. Dans les principaux centres du Mexique on a commencé à distribuer des auto-collants « vote X vote, boîte par boîte, Non à la fraude »

http://elecciones.jornada.com.mx/distribuyen-brigadists-calcomanias-de-apoyo-a-amlo-en-zocalo-capitalino

Devant cette situation, le candidat Obrador demande que les boîtes de scrutin soient ouvertes et que le vote de chacun des mexicains qui s’est rendu aux urnes soit compté. Ainsi, chacun pourra reprendre confiance dans le processus et dans la transparence d’une élection mise entre les mains des électeurs et électrices. Monsieur Obrador accepte à l’avance de respecter le résultat final et à inciter ses militants et militantes à en faire autant, advenant qu’il soit défait. Le candidat Calderon ne veut pas remettre en question certains résultats qui le donnent vainqueur et considère que l’Institut fédéral des Élections a bien fait son travail.

La question que tous les apôtres de la démocratie ont à se poser ne devrait-elle pas aller dans le sens de la proposition du candidat Obrador et de tous ceux et celles qui se sentent trahis ? Comment les 40 millions et plus de mexicains qui sont allés voter pourront-ils avoir la certitude que leur vote a été comptabilisé pour ce qu’il était ? Comment les convaincre que les bulletins de vote qui sont dans les boîtes sont bien les leurs et non des faux se substituant aux leurs ? Dans plusieurs cas on a relevé un nombre de bulletins de vote supérieur au nombre de votants. Dans d’autres cas, après le dépouillement de seulement 35% ou 40% des bulletins de vote, on annonçait des avances jusqu’à 95% des votes en faveur du candidat du « statu quo ».

Les vrais démocrates, me semble-t-il, ne devraient pas craindre les vérifications qui s’imposent de sorte que la voix du peuple ne devienne pas celle de quelques groupes influents désireux de garder leurs prérogatives et leurs privilèges. Ce ne serait pas la première fois que le pouvoir électoral des citoyens et citoyennes soit l’objet de manipulation et de tricherie ou encore d’erreurs humaines. Dans tous les cas, n’est-il pas du devoir de tout démocrate de faire en sorte que la « volonté du peuple » soit reconnue et qu’elle « s’impose » à toutes les autres ?

J’espère que M. Harper, en ce 6 juillet 2006, alors qu’il est reçu en grande pompe à la Maison Blanche, saura dire à son interlocuteur, au moment de recevoir ses félicitations pour son engagement au service de la démocratie en Afghanistan, qu’il ne faudrait pas que le Gouvernement des Etats-Unis favorise, pour sa part, un dérapage de la démocratie au Mexique en favorisant la manipulation des votes et des systèmes de recomptage. Les électeurs et électrices doivent eux-mêmes décider de leur avenir politique, économique et social, que ça plaise ou pas. N’est-ce pas là la DÉMOCRATIE pour laquelle on tue en Afghanistan, en Irak et dans beaucoup d’autres endroits du monde ? À moins, évidemment, que l’on ait mal compris la DÉMOCRATIE telle que voulue par nos chefs d’État.

Oscar Fortin
http://humanisme.over-blog.com
6 juillet 2006

vendredi 23 juin 2006

LA FOI AU SERVICE DE LA POLITIQUE


(lettre ouverte à Condoleezza Rice
La secrétaire d’État états-unienne Condoleezza Rice à la convention annuelle des Baptistes du Sud
14 juin 2006, Greensboro


Madame,

Lors de la convention annuelle des Baptistes du Sud, le 14 juin dernier, vous avez pris la parole à titre officielle pour expliquer l’engagement de votre Président et de son Administration dans les destinées du monde.


« Le président Bush et moi-même partageons votre conviction que l’Amérique peut et doit être une force du Bien dans le monde. Le Président et moi croyons que les États-Unis doivent rester engagés comme leader d’événements hors de nos frontières. Nous croyons cela parce que nous sommes guidés par le même principe persistant qui donna naissance à notre propre nation : la dignité humaine n’est pas un don du gouvernement à ses citoyens, ni un don des hommes les uns aux autres ; c’est une grâce divine à toute l’humanité. »
D’abord, vous n’êtes pas sans savoir que sont nombreux les dirigeants dans le monde qui se voient comme une force du Bien. Tout récemment encore votre Président recevait une correspondance de son homologue Iranien, tout imprégné de la foi en un Dieu unique, celui-là même dont témoignent les patriarches et les prophètes qui sont à l’origine du Judaïsme, de l’Islamisme et du Christianisme. Son invitation à réfléchir sur les responsabilités qui incombent aux dirigeants qui proclament, dans l’exercice de leurs fonctions, leur foi en ce Dieu, n’a pas eu d’écho de votre part. Pourtant, lui aussi se voit comme une force du Bien. Nous pourrions en citer beaucoup d’autres qui, comme vous et comme le Président Iranien, se voient comme une force du Bien. C’est dire que la notion du Bien est relative et que seuls les gestes qui en résultent peuvent en départager le sens. À chacun de nous de voir les fruits de vie que génèrent nos actions et celles des autres. Ne pensez-vous pas qu’un sérieux examen de conscience s’impose à votre Administration ?

En second lieu, le motif que vous invoquez pour justifier l’engagement des Etats-Unis hors de ses frontières va plutôt, selon la compréhension que j’en ai, dans le sens contraire de la conclusion que vous en tirez. En effet, si la dignité humaine est une grâce divine à toute l’humanité et qu’elle ne résulte pas de l’action de quelque gouvernement que ce soit, pourquoi alors le gouvernement des Etats-Unis « doit-il rester engagé comme leader d’évènements hors de ses frontières ? » À moins évidemment que vous perceviez votre pays, à l’exemple des Églises, comme porteur et dispensateur de cette grâce divine. Vous ne seriez pas le premier pays ni le premier gouvernement à se croire investis d’une telle mission. .L’histoire de ces envoyés de Dieu, de ces illuminés, comptant plus sur la force de leurs armes que sur l’action discrète et désintéressée d’un serviteur d’humanité, n’aura retenue à ce jour que les désastres laissés sur leur passage. Peu nombreux sont ceux qui ont suivi la consigne de l’Évangile « Vas, vends tous tes biens, donnes en le profit aux pauvres puis viens et suis-moi.» Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas tout à fait l’image que donne votre Administration et encore moins celle qui se reflète dans la politique extérieure de votre pays.

Vous poursuivez votre exposé en faisant l’éloge de la liberté dont sont bénis les citoyens étasuniens. Vous en faites un idéal pour tous les peuples au service desquels vous oeuvrez de façon tout à fait désintéressée:

« Nous nous dressons pour des idéaux qui sont plus grands que nous-mêmes et nous parcourons le monde non pour piller, mais pour protéger ; non pour asservir, mais pour libérer ; non comme les maîtres des autres, mais comme les serviteurs de la liberté. »

Ces propos qui s’inspirent de l’esprit missionnaire le plus pur ne manquent pas de grandeur d’âme et rejoignent sans équivoque les grands idéaux d’inspiration chrétienne surtout si nous y ajoutons l’idéal de la justice, si présent dans les Évangiles, mais peu dans votre intervention. Il ne fait aucun doute qu’une telle approche ne peut que générer accueil et collaboration de la grande majorité des responsables et représentants politiques du monde. S’il y a animosité ça ne peut pas venir de cet esprit de coopération et de service désintéressé auquel vous vous référez. Si tels sont vos convictions, pourquoi alors autant d’armes ? Pourquoi tous ces services de renseignement et toutes ces actions clandestines visant à déstabiliser des gouvernements en place et signataires de la charte des Nations Unies ? N’est-ce pas là une approche contre productive par rapport au respect de la dignité humaine et de la liberté des personnes et des peuples ? Servir ainsi la liberté avec les armes ne devient-il pas dans ce contexte une contradiction. ?

Je ne vous apprendrai pas que la politique internationale des Etats-Unis repose sur sa compréhension de « sa sécurité nationale » et sur celle de ses « intérêts économiques et politiques ». Personne ne peut vous en faire le reproche. Le problème vient plutôt du fait que vous placez la sécurité et les intérêts de l’humanité toute entière à l’intérieur de la « sécurité nationale » et des « intérêts » de votre pays et non l’inverse. Ce qui est bon pour vous l’est pour tous les pays et ce qui est mauvais pour vous l’est pour tous les pays. Si encore vous vous préoccupiez pour que tous les pays aient autant de pouvoirs que vous en avez, autant d’indépendance et de souveraineté que vous en affirmez, autant de richesse et de bien-être que vous en consommez et autant de liberté que vous vous accordez, la perception de vos intérêts et de ceux du reste du monde pourrait devenir complètement différente. Mais, il ne semble pas que ce soit le cas. Ce que l’un prend en trop, l’autre l’a en moins. Dans ce jeu, le plus fort en arrive à considérer son « surplus » comme un droit et le plus faible son « manque » comme un destin. C’est le jeu du plus fort et du plus faible.

Par exemple, le blocus contre Cuba que votre Administration a durci et que plus de 97% des membres de l’Assemblée générales des Nations Unies ont condamné sans équivoque en novembre dernier n’a eu aucun effet sur votre politique que vous dites respectueuse des autres. N’en va-t-il pas de même avec le Venezuela de Chavez, pourtant démocratique et croyant, que votre Administration n’a de cesse de harceler de mille et une manières ? De nombreux exemples d’interventions et de pressions sont racontés dans des ouvrages qui reflètent tous sans ambiguïté la mentalité des administrations étasuniennes qui se considèrent, non pas, comme vous dites, le serviteur désintéressé et dévoué, mais le « maître» et le «leader » de la direction du monde au service de ses intérêts et de sa sécurité nationale. Les intérêts et la sécurité nationale des autres pays devront passer après.

Si les principes que vous énoncez sont une fenêtre ouverte sur l’humain et sur les solidarités qui peuvent en assurer le développement, les politiques que vous mettez en pratique vont tout à fait dans le sens contraire. Elles reposent sur le chantage, le mensonge, la manipulation des medias, la torture, l’irrespect du droit international. Que pensez-vous de ces contradictions au cœur de l’Administration Bush à laquelle vous participez ?

Je ne pense pas que Jésus-Christ ait beaucoup d’affinités avec vos politiques et votre manière de servir la justice, la paix, la vérité, la transparence et le respect. Les idéaux dont vous vous enveloppez n’arrivent vraiment pas à dissimuler ceux qui sont au cœur de vos actions.

Oscar Fortin,
22 juin 2006



http://alterinfo.net/index.php?action=article&id_article=396810

voir également une lettre « de Jésus-Christ à Georges W. Bush

http://humanisme.over-blog.com/article-139102.html

jeudi 22 juin 2006

LORSQUE LE MENSONGE DEVIENT INSPIRATION DIVINE

(lettre ouverte à Condoleezza Rice)
La secrétaire d’État états-unienne Condoleezza Rice à la convention annuelle des Baptistes du Sud
14 juin 2006, Greensboro


Madame,

Lors de la convention annuelle des Baptistes du Sud, le 14 juin dernier, vous avez pris la parole à titre officielle pour expliquer l’engagement de votre Président et de son Administration dans les destinées du monde.


« Le président Bush et moi-même partageons votre conviction que l’Amérique peut et doit être une force du Bien dans le monde. Le Président et moi croyons que les États-Unis doivent rester engagés comme leader d’événements hors de nos frontières. Nous croyons cela parce que nous sommes guidés par le même principe persistant qui donna naissance à notre propre nation : la dignité humaine n’est pas un don du gouvernement à ses citoyens, ni un don des hommes les uns aux autres ; c’est une grâce divine à toute l’humanité. »

D’abord, vous n’êtes pas sans savoir que sont nombreux les dirigeants dans le monde qui se voient comme une force du Bien. Tout récemment encore votre Président recevait une correspondance de son homologue Iranien, tout imprégné de la foi en un Dieu unique, celui-là même dont témoignent les patriarches et les prophètes qui sont à l’origine du Judaïsme, de l’Islamisme et du Christianisme. Son invitation à réfléchir sur les responsabilités qui incombent aux dirigeants qui proclament, dans l’exercice de leurs fonctions, leur foi en ce Dieu, n’a pas eu d’écho de votre part. Pourtant, lui aussi se voit comme une force du Bien. Nous pourrions en citer beaucoup d’autres qui, comme vous et comme le Président Iranien, se voient comme une force du Bien. C’est dire que la notion du Bien est relative et que seuls les gestes qui en résultent peuvent en départager le sens. À chacun de nous de voir les fruits de vie que génèrent nos actions et celles des autres. Ne pensez-vous pas qu’un sérieux examen de conscience s’impose à votre Administration ?

En second lieu, le motif que vous invoquez pour justifier l’engagement des Etats-Unis hors de ses frontières va plutôt, selon la compréhension que j’en ai, dans le sens contraire de la conclusion que vous en tirez. En effet, si la dignité humaine est une grâce divine à toute l’humanité et qu’elle ne résulte pas de l’action de quelque gouvernement que ce soit, pourquoi alors le gouvernement des Etats-Unis « doit-il rester engagé comme leader d’évènements hors de ses frontières ? » À moins évidemment que vous perceviez votre pays, à l’exemple des Églises, comme porteur et dispensateur de cette grâce divine. Vous ne seriez pas le premier pays ni le premier gouvernement à se croire investis d’une telle mission. .L’histoire de ces envoyés de Dieu, de ces illuminés, comptant plus sur la force de leurs armes que sur l’action discrète et désintéressée d’un serviteur d’humanité, n’aura retenue à ce jour que les désastres laissés sur leur passage. Peu nombreux sont ceux qui ont suivi la consigne de l’Évangile « Vas, vends tous tes biens, donnes en le profit aux pauvres puis viens et suis-moi.» Vous conviendrez avec moi que ce n’est pas tout à fait l’image que donne votre Administration et encore moins celle qui se reflète dans la politique extérieure de votre pays.

Vous poursuivez votre exposé en faisant l’éloge de la liberté dont sont bénis les citoyens étasuniens. Vous en faites un idéal pour tous les peuples au service desquels vous oeuvrez de façon tout à fait désintéressée:

« Nous nous dressons pour des idéaux qui sont plus grands que nous-mêmes et nous parcourons le monde non pour piller, mais pour protéger ; non pour asservir, mais pour libérer ; non comme les maîtres des autres, mais comme les serviteurs de la liberté. »

Ces propos qui s’inspirent de l’esprit missionnaire le plus pur ne manquent pas de grandeur d’âme et rejoignent sans équivoque les grands idéaux d’inspiration chrétienne surtout si nous y ajoutons l’idéal de la justice, si présent dans les Évangiles, mais peu dans votre intervention. Il ne fait aucun doute qu’une telle approche ne peut que générer accueil et collaboration de la grande majorité des responsables et représentants politiques du monde. S’il y a animosité ça ne peut pas venir de cet esprit de coopération et de service désintéressé auquel vous vous référez. Si tels sont vos convictions, pourquoi alors autant d’armes ? Pourquoi tous ces services de renseignement et toutes ces actions clandestines visant à déstabiliser des gouvernements en place et signataires de la charte des Nations Unies ? N’est-ce pas là une approche contre productive par rapport au respect de la dignité humaine et de la liberté des personnes et des peuples ? Servir ainsi la liberté avec les armes ne devient-il pas dans ce contexte une contradiction. ?

Je ne vous apprendrai pas que la politique internationale des Etats-Unis repose sur sa compréhension de « sa sécurité nationale » et sur celle de ses « intérêts économiques et politiques ». Personne ne peut vous en faire le reproche. Le problème vient plutôt du fait que vous placez la sécurité et les intérêts de l’humanité toute entière à l’intérieur de la « sécurité nationale » et des « intérêts » de votre pays et non l’inverse. Ce qui est bon pour vous l’est pour tous les pays et ce qui est mauvais pour vous l’est pour tous les pays. Si encore vous vous préoccupiez pour que tous les pays aient autant de pouvoirs que vous en avez, autant d’indépendance et de souveraineté que vous en affirmez, autant de richesse et de bien-être que vous en consommez et autant de liberté que vous vous accordez, la perception de vos intérêts et de ceux du reste du monde pourrait devenir complètement différente. Mais, il ne semble pas que ce soit le cas. Ce que l’un prend en trop, l’autre l’a en moins. Dans ce jeu, le plus fort en arrive à considérer son « surplus » comme un droit et le plus faible son « manque » comme un destin. C’est le jeu du plus fort et du plus faible.

Par exemple, le blocus contre Cuba que votre Administration a durci et que plus de 97% des membres de l’Assemblée générales des Nations Unies ont condamné sans équivoque en novembre dernier n’a eu aucun effet sur votre politique que vous dites respectueuse des autres. N’en va-t-il pas de même avec le Venezuela de Chavez, pourtant démocratique et croyant, que votre Administration n’a de cesse de harceler de mille et une manières ? De nombreux exemples d’interventions et de pressions sont racontés dans des ouvrages qui reflètent tous sans ambiguïté la mentalité des administrations étasuniennes qui se considèrent, non pas, comme vous dites, le serviteur désintéressé et dévoué, mais le « maître» et le «leader » de la direction du monde au service de ses intérêts et de sa sécurité nationale. Les intérêts et la sécurité nationale des autres pays devront passer après.

Si les principes que vous énoncez sont une fenêtre ouverte sur l’humain et sur les solidarités qui peuvent en assurer le développement, les politiques que vous mettez en pratique vont tout à fait dans le sens contraire. Elles reposent sur le chantage, le mensonge, la manipulation des medias, la torture, l’irrespect du droit international. Que pensez-vous de ces contradictions au cœur de l’Administration Bush à laquelle vous participez ?

Je ne pense pas que Jésus-Christ ait beaucoup d’affinités avec vos politiques et votre manière de servir la justice, la paix, la vérité, la transparence et le respect. Les idéaux dont vous vous enveloppez n’arrivent vraiment pas à dissimuler ceux qui sont au cœur de vos actions.

Oscar Fortin,
22 juin 2006



http://alterinfo.net/index.php?action=article&id_article=396810

voir également une lettre « de Jésus-Christ à Georges W. Bush

http://humanisme.over-blog.com/article-139102.html