PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 9 mars 2005

DÉBATS D'ÉGLISE


NOS PARADOXES DANS LA FOI

La mémoire historique se fait bien discrète lorsque vient le temps de se poser certaines questions fondamentales. À lire certains articles portant sur le débat actuel de l’Église dans le monde d’aujourd’hui, on a l’impression de retrouver les débats qui avaient cours au temps de la vie publique de Jésus. À ce moment les discussions portaient pour les uns sur le respect à accorder au Sanhédrin et à la loi prescrite par les grands prêtres et pour les autres sur l’importance à accorder au prochain et à l’esprit de la Loi de Dieu. Jésus, en réponse à ses détracteurs, qu’il qualifiait alors d’hypocrites et de sépulcres blanchis, réaffirma qu’il n’était pas venu abolir la Loi, mais l’accomplir. Quelques années plus tard, Paul de Tarse sera confronté à un conflit semblable que les Actes des Apôtres, aux chapitres 25 et 26, nous racontent dans le détail.

Aujourd’hui le débat se déplace, cette fois, entre ceux qui se portent à la défense d’une Église et de sa doctrine et ceux qui se prévalent de Jésus et de son Évangile. Loin de tirer les leçons de ces conflits passés mettant en scène le fondateur de l’Église et le Sanhédrin certains se referment sur le monde de l’institution et condamnent sans nuance ceux et celles qui cherchent à ouvrir les fenêtres de cette même institution sur l’esprit initial qui lui a donné naissance. Pourtant, de part et d’autre, on veut faire vivre l’Évangile et permettre à Jésus de Nazareth d’être l’inspiration de nos vies.

Comme chrétiens, nous allons vivre dans les semaines qui viennent cette histoire des accusations, de la condamnation et de la mort de Jésus de Nazareth. Nous avons tous intérêts à bien méditer cette histoire. Sommes-nous de ceux qui allons crier avec Pilate et le Sanhédrin « à mort, à mort » ou encore de ces quelques autres qui oseront, avec Jean, Marie, sa mère, et Marie Madeleine, la pécheresse, s’identifier à ce Jésus ?

Je pense sincèrement que nous avons tous un examen de conscience sérieux à faire, quelque soit les positions prises dans ces débats qui confrontent les tenants d’une certaine forme d’Église avec les tenants d’une certaine forme d'Évangile. Si, tout au long de l’histoire, des centaines de milliers de personnes, à l’exemple de Jésus de Nazareth ont affronté le martyr, ce n’est sûrement pas pour sauver des privilèges ou des avantages de toute nature. Ils y sont allés au prix de leur vie pour s’unir à l’action de Jésus de Nazareth qui a voulu que les pauvres, les humbles, les affamés, les veuves, les prisonniers, les laissés pour compte, et aujourd’hui nous pourrions ajouter les personnes âgées, aient droit de citer dans notre monde en y occupant une place tout aussi respectable que les autres.

Une question doit donc nous guider dans cet examen de conscience : où sommes-nous par rapport à ce monde pour lequel Jésus et beaucoup d’autres ont donné leur vie ? Que faisons-nous pour en être solidaires ? Sommes-nous à protéger davantage nos acquis institutionnels que les droits de justice, de vérité, de paix et de vie de tous les humains de la terre ? C’est seulement dans le cadre de ces questions et des réponses que nous y apporterons que nos débats trouveront un sens. Si Jésus est venu pour sauver l’humanité, c’est avec cette humanité qu’il nous faut être et tout particulièrement, dans cette humanité, avec les chaînons les plus faibles.

Que la lecture du Jugement dernier soit pour tous un guide. (Mathieu, ch.25, v. 33-46)

Oscar Fortin

http://www.ledevoir.com/dossiers/242/commentaires/0503071900430.html?242

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