PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

samedi 17 avril 2010

SAUVER LES APPARENCES

Le Québec est actuellement secoué par des « dénonciations » qui mettent en cause son système politique, son système judiciaire et qui font ressortir l’influence prédominante de ceux et celles qui ont le pouvoir économique. La réaction des Québécois et des Québécoises est foudroyante et leur foi dans les systèmes qui encadrent leur vie sociale, politique, économique est à son plus bas.

Pourtant, il y a longtemps que l’observateur attentif et à plus forte raison l’analyste des divers systèmes qui encadrent la vie des sociétés savent que ces systèmes répondent toujours aux intérêts et préoccupations de ceux qui en détiennent les principales ficelles. Dans les démocraties représentatives, telles que nous les connaissons, les oligarchies économiques sont celles qui contrôlent la vie des partis politiques, les élections et les gouvernements qui en résultent. Les lois sont finement ficelées de manière à légitimer la plus grande liberté d’intervention des entreprises sur les richesses naturelles tout en les protégeant le plus possible des irritants d’une fiscalité qui risquerait d’en contrôler les revenus et de les assujettir aux exigences morales du Bien commun. C’est là une réalité non écrite qui s’impose dans les systèmes politiques et économiques qui nous gouvernent.

Le défi pour ces mains invisibles est justement qu’elles demeurent invisibles. Il faut que le tout apparaisse comme la résultante de ce qu’il y a de plus démocratique, de légitime et surtout de plus avantageux pour les intérêts du peuple. En somme, qu’ils soient perçus comme des gouvernements au service de l’État et du Bien commun des populations qu’ils desservent. On peut dire que dans l’ensemble, ils parviennent à se tirer passablement d’affaire, aidés en cela par une presse qui, elle aussi, n’échappe pas aux ficelles des mains invisibles. Mais il arrive des moments où cette enveloppe se fissure et laisse entrevoir ce que personne ne voudrait voir.

Il y a longtemps que des voix s’élèvent ici et un peu partout dans le monde pour dénoncer cette grande tromperie. Noam Chomsky est certainement un de ceux-là tout comme l’a été, dans son style à lui, Michel Chartrand et bien d’autres. L’Amérique latine constitue un laboratoire extraordinaire pour découvrir ces montages de pouvoirs qui se font pratiquement au grand jour. Nous avons vu, encore tout récemment, comment l’oligarchie Hondurienne, prétextant une soi disant illégalité de son Président, l’a sorti du pays par les armes. Le peuple a alors réalisé que la démocratie à laquelle il croyait n’était qu’une illusion. En Bolivie, le militant syndicaliste, Evo Morales, lorsqu’il s’est présenté pour la première fois au poste de Président, s’est fait dire par l’ambassadeur des États-Unis, une sorte de vice-roi, qu’il était encore trop jeune pour être Président et qu’il valait mieux attendre. Nous pourrions faire le tour de ces pays émergeants pour réaliser jusqu’à quel point tout le système est tricoté serré. Pour s’en sortir il leur faut revoir la composition des Cours de justice, les principaux postes des forces armées, la structure de participation des partis politiques et celle des élections. En somme ils doivent se donner une nouvelle constitution, cette fois, entérinée par le peuple et non ses prétendus représentants.

Ce n’est pas pour rien que les oligarchies et ceux qui en sont les marionnettes craignent autant les concepts comme ceux de « démocratie participative », de « constituante », de « loi anti-corruption » telle qu’élaborée actuellement en Bolivie. Il est donc important que soit coupé le cordon ombilical qui unit tout ce système aux oligarchies dominantes. Le Québec est peut-être en bonne position pour franchir une autre étape en ce sens. Je dis une autre parce que je considère que la loi sur le financement des partis politiques a été un pas important, mais de toute évidence insuffisant. Le dernier article de Jacques Noël sur ce même site confirme le fait qu’il nous faut sortir d’une certaine naïveté et aller plus loin que le cosmétique. Il faut couper le cordon ombilical entre les mains de ces puissants et le remettre entre les mains du peuple. Un défi que seuls les peuples conscientisés avec des leaders sans d’autre complicité que celle qui les unit à leur peuple peuvent relever. Je garde les yeux ouverts pour en voir venir un ou une qui saura porter cet objectif.

Oscar Fortin

Québec, le 16 avril, 2010

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