PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

jeudi 2 décembre 2010

JÉSUS DE NAZAREHT N'A PAS DE SUCCESSEUR



En voila une bonne, depuis le temps qu’on nous parle du Pape comme le représentant de Jésus sur la terre, en d’autres mots comme son successeur ou presque. Mais lorsque nous y regardons de près, le Pape est bel et bien le successeur de Pierre, mais cela n’en fait pas pour autant le successeur de Jésus de Nazareth.

Ce dernier est toujours là bien vivant à la tête de son Église, Corps aux multiples membres, y agissant par l’Esprit qui y distribue ses dons comme bon il l’entend. Le témoin de la volonté du Père qu’il a été, il y a plus de 2000 ans, il continue de l’être, pour les temps que sont les nôtres, à travers ceux et celles qu’il s’unit. C’est évidemment un grand mystère qui prolonge dans des sphères nouvelles de notre monde le mystère de l’Incarnation et de la Résurrection. L’Emmanuel est avec nous pour témoigner en nous et par nous de la volonté du Père sur terre. « Que ta volonté soit faite sur terre comme elle l’est dans le ciel. »

Qu’elle est-elle cette volonté? D’abord, un changement de cap fondamental par rapport à un monde fondé sur la cupidité et l’avoir, sur le pouvoir et la domination, sur la vanité et le mensonge. C’est la première leçon que nous livre la symbolique des trois tentations de Jésus au désert. Le règne de Dieu, celui que son Père veut voir rayonner jusqu’aux extrémités de la terre est fait de partage et de solidarité, de service et de justice, d’humilité et de vérité. Ce projet du Règne de Dieu est au cœur de l’Humanité depuis la création du monde, mais trouve dans la personne de Jésus de Nazareth son actualisation dans l’Histoire. Il est l’expression parfaite de la Volonté du Père et le témoin par excellence de cet « homme nouveau », premier né d’une race nouvelle. Sa liberté est totale et ne craint pas de marcher à visage découvert.

Il est l’allié inconditionnel des pauvres, des exploités, des laissés pour compte de la société. Il l’est tout autant de ceux et celles qui font de la justice, de la vérité et de la compassion les fondements incontournables et indispensables de toute société qui se veut « humaine ». Il sait se reconnaître dans ceux et celles qui luttent pour la justice, qui lèvent les voilent couvrant l’hypocrisie, le mensonge, la tromperie. Il est proche de toute personne de « bonne foi », sans distinction de couleurs, de races, de croyances. D’aucune manière il ne saurait s’allier avec ceux et celles qui conspirent pour avoir toujours plus de pouvoir pour mieux dominer et exploiter. Il met en garde contre le « père du mensonge » qui parvient à transformer, à la manière d’un magicien, le vrai en faux et le faux en vrai. Ce dernier peut faire du diable un saint et d’un saint un diable. Le livre de l’Apocalypse a une phrase qui dit bien le sort qui est réservé à tous ces gens pour qui les seuls intérêts qui comptent sont les leurs :

« Mais les lâches, les renégats, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l'étang brûlant de feu et de soufre : c'est la seconde mort. " (Ap. 21,8)

Mais où donc est l’Église? Elle se trouve là où se trouve Jésus. Elle est donc avec ceux et celles qui luttent pour briser les chaînes de la dépendance et de l’injustice. Elle est là au cœur de l’information alternative pour décoder la désinformation et en démasquer les auteurs et en révéler la vérité. Elle est là dans les centres mères-enfants, dans toutes ces initiatives qui cherchent à donner plus de dignité et de respect aux handicapés de la vie. Elle est avec toutes ces personnes de bonne volonté qui ne demandent pas mieux que de vivre dans un monde de paix, de solidarité et de compassion. L’Église, celle qui vit de Jésus de Nazareth, est au cœur de ce monde. Eh oui, de ce monde de scandales, de mensonges, de guerres de conquêtes. Elle est là sans craindre les représailles, sans aucun compromis, dénonçant l’hypocrisie, le mensonge, les injustices de ces renégats, les invitant plutôt à se convertir. Elle est cette Bonne nouvelle pour les humbles de la terre que Jésus consacra par cette lecture qu’il fit un jour du prophète Isaïe :

« L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur.» Lc. 4,18-19)

Mais alors que fait-on du Vatican, du Pape, des cardinaux, des Nonces apostoliques, des évêques, des prêtres? Rien. Il leur appartient de rejoindre Jésus là où il est et en le rejoignant ils y découvriront toute une Église vivante, enracinée dans les Évangiles et dans le monde dans lequel nous vivons. Pour y arriver ils devront évidemment faire leur deuil d’une église triomphante et royale, prendre leur distance par rapport aux pouvoirs impériaux et oligarchiques avec lesquels ils ont établi des compromis, reprendre le bâton du pèlerin en laissant derrière eux les pouvoirs de l’État du Vatican pour trouver demeure au milieu des humbles de la terre et de ces témoins engagés. Certains pourront appeler cela une « conversion » et comme toute conversion elle ne peut être que radicale. Déjà nombreux sont ceux et celles qui ont fait cette option et qui témoignent, parfois au prix de leur vie, comme ce fut le cas de Mgr Romero et de bien d’autres. Notre foi et notre confiance ne reposent-elles pas en cette présence de ce Jésus au cœur de nos vies et du monde dans lequel nous témoignons d’une Bonne nouvelle pour toute personne de bonne volonté?

Oscar Fortin,

Québec, le 2 décembre 2010

http://humanisme.blogspot.com

3 commentaires:

Marius MORIN a dit...

Le titre de ce texte m’a quelque peu surpris. À bien y penser, Jésus n’a pas de successeur. Personne n’agit en tant que Tête de l’Église. Agir « In persona Christi capitis » ne fait pas du pape, de l’évêque ou du prêtre quelqu’un qui agit à la place du Christ-Tête, mais comme membre du Corps du Christ. Toute tentative de se poser soi-même comme protagoniste de l’action du Christ est scandaleuse. Les chrétiens ordonnés ne sont que des instruments et des serviteurs dociles entre les mains du Christ. Tout renvoie à Lui. On n’a pas fini de supporter cette hiérarchie au-dessus du peuple chrétien, qui préfère « dicter » au peuple ce qu’il doit faire et croire au lieu de le guider vers la liberté des enfants de Dieu.

Oscar Fortin a dit...

Nous vivons bien, à n'en pas douter, un moment bien spécial non seulement dans le monde, mais aussi dans la conscience de l'Église. Il y a des mythes qui s'évaporent et des vérités qui nous reviennent avec encore plus de force. Un de ces mythes est que l'institution ecclésiale est l'Église et que le Pape est Jésus-Christ sur terre. Une des vérités qui nous revient avec une grande force est celle de la conscience responsable qui doit s'assumer elle-même. On verra bien ce que l'avenir nous réservera. Je pense sincèrement que l'institution ecclésiale telle que nous la connaissons a perdu toute autorité morale pour dicter le destin de l'humanité.

Oscar Fortin a dit...

Nous vivons bien, à n'en pas douter, un moment bien spécial non seulement dans le monde, mais aussi dans la conscience de l'Église. Il y a des mythes qui s'évaporent et des vérités qui nous reviennent avec encore plus de force. Un de ces mythes est que l'institution ecclésiale est l'Église et que le Pape est Jésus-Christ sur terre. Une des vérités qui nous revient avec une grande force est celle de la conscience responsable qui doit s'assumer elle-même. On verra bien ce que l'avenir nous réservera. Je pense sincèrement que l'institution ecclésiale telle que nous la connaissons a perdu toute autorité morale pour dicter le destin de l'humanité.