

Ce panorama, à l’échelle de la planète, a quelque chose de semblable, cette fois, à l’échelle de l’Empire romain, à celui qui existait au temps de Jésus. Tibère, le grand Empereur romain régnait sur toutes les régions accessibles à l’étendu de son pouvoir. Le monde d’alors vivait sous le règne de l’empereur Tibère. Les problèmes humains et sociaux directement générés par cet empire étaient, pour ainsi dire, à leur échelle, ceux que nous connaissons aujourd’hui. L’Empereur d’alors pouvait compter sur les pouvoirs religieux, comme c’est le cas aujourd’hui, pour garder les peuples dans ses bonnes dispositions tout en se couvrant de leurs richesses. Dans les écrits anciens on personnifiait l’esprit de cet empire comme appartenant au Règne de Mammon, dont le nom renvoie à richesse, argent, bénéfice, cupidité etc. En somme, un monde sous le « règne de la cupidité ».
L’arrivée de Jésus de Nazareth s’inscrit donc dans l’histoire de cet empire dominé par MAMMON. Par ses actions, ses paraboles, son enseignement il présente une alternative à ce type d’empire qui s’impose au monde par la richesse, la force des armes, le mensonge, l’exploitation et la corruption. C’est alors qu’il parle d’un nouvel empire, d’un autre royaume, celui-là, non plus dominé par le règne de Mammon, mais par celui de Dieu. Dans ce contexte Dieu est tout à l’opposé de Mammon. Il représente et signifie tout ce qu’il y a de bon, de vrai, de juste, d’humain. Sans en changer vraiment le sens, nous pourrions parler de la confrontation du règne de la « cupidité » avec celui de la « solidarité ». Jésus de Nazareth se fait le témoin par excellence de la « solidarité » auprès des pauvres, des pécheurs, des persécutés pour la justice et également auprès de toutes les personnes de bonne volonté. Il se dissocie par contre et avec la même vigueur des hypocrites, des menteurs, de tous ceux qui mettent sur le dos des autres des fardeaux qu’ils ne peuvent eux-mêmes portés.
Sa venue, il y a deux mille ans, a secoué les colonnes des temples, bâtis de mains d’hommes, et a donné un souffle d’espérance à cette partie de l’humanité toujours à la recherche de paix, de justice, de vérité, de solidarité et de compassion. Les autorités et les puissances d'alors ne se sentent pas à l’aise avec ses paraboles sur les ouvriers de la dernière heure, sur le bon samaritain, sur le père de l’enfant prodigue, sur Lazare. Ils sont inquiétés par ses attitudes à l’endroit de la samaritaine, par celles à l'endroit de la prostituée et des pécheurs. Ils sont scandalisés par ses propos béatifiant les persécutés pour la justice, par ceux exigeant que les plus grands se fassent les plus petits et que les maîtres se transforment en serviteur, ou encore par son discours fleuve sur l'hypocrisie des pharisiens et des docteurs de la loi. Ils sont finalement complètement déstabilisés par l’annonce du règne de Dieu qui est déjà là et qui croîtra inexorablement, comme une semence mise en terre. À la manière d’un véritable rouleau compresseur ce règne de Dieu se substituera aux empires de la cupidité et du mensonge en instaurant un règne de solidarité, de justice, de compassion et de vérité.
Moins de trois ans de vie publique auront suffi pour que les pouvoirs en place, tant religieux que politiques et économiques, se rendent compte que ce Jésus de Nazareth devait être éliminé au plus vite. Sa présence , ses attitudes et son enseignement devenaient des plus dérangeants, mettant en cause l'ordre établi sur le pouvoir de l'argent et des armes. Il fallait qu'il disparaisse.
Moins de trois ans de vie publique auront suffi pour que les pouvoirs en place, tant religieux que politiques et économiques, se rendent compte que ce Jésus de Nazareth devait être éliminé au plus vite. Sa présence , ses attitudes et son enseignement devenaient des plus dérangeants, mettant en cause l'ordre établi sur le pouvoir de l'argent et des armes. Il fallait qu'il disparaisse.
Deux mille ans se sont écoulés depuis ce passage de Jésus dans le temps et pourtant le monde, avec ses conflits et ses contradictions, ne cesse de nous interpeller. Serait-ce par une sorte de miracle de l’histoire que la figure de ce Jésus reprenne une place prédominante dans la conscience de millions de personnes qui œuvrent toujours, souvent au risque de leur vie, pour un monde de solidarité, de justice et de vérité? N'est-il pas de nouveau l'inspiration et le soutien de ces millionz de militants et militantes qui oeuvrent toujours pour un monde nouveau, pour une humanité nouvelle? N’est-ce pas lui qui revient pour dénoncer l’hypocrisie et la cupidité des puissants et rappeler à ceux et celles qui ont pour mission d’annoncer aux pauvres la Bonne nouvelle du règne de Dieu qu'ils n’y arriveront jamais en étant, tout à la fois, complaisants et complices de ces puissances de domination? Personne, nous a-t-il dit, ne peut servir Mammon et Dieu à la fois. Inévitablement, il aimera l’un et détestera l’autre.
Ces réflecteurs qui se posent acutellement sur ce monde du secret et des intrigues ne sont-ils pas un signe des temps annoncé par Jésus lui-même:
« Rien de secret qui n’apparaîtra au jour, rien de caché qui ne doive être connu et venir au grand jour. » (Mt. 8, 17)
Je ne saurais terminer cette réflexion sans référer le lecteur et la lectrice à cet excellent article du théologien José Antonio Pagola sur l’ « alternative » que représente Jésus de Nazareth pour l'humanité toute entière. Cet article est pour l'instant en espagnol.
Oscar Fortin
Québec, 19 décembre 2010
http://humanisme.blogspot.com
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