samedi 15 octobre 2011

HARPER LA MARIONNETTE DE WASHINGTON




Le Canada n’est-il pas ce beau et grand pays qui témoigne, face au monde, de la paix, de la prospérité, de la démocratie, de l’indépendance  et de l’harmonie avec tous les peuples? Si une telle présentation a pu avoir quelques échos dans le passé avec des Premiers ministres « canadiens » tels Lester B. Pearson et d’une certaine façon ave Pierre E. Trudeau, elle est maintenant dépourvue de tout fondement.

Le Canada, véritable marionnette de Washington, fait partie directement ou indirectement de toutes les guerres que ce dernier provoque dans le monde. Il est directement impliqué dans la guerre en Afghanistan, en Libye et joue un rôle d’intelligence et de couverture dans plusieurs autres pays susceptibles d’être au nombre des prochaines cibles.

Les dernières déclarations de Monsieur Harper, qui reprend à son compte la version officielle de Washington, à l’effet que l’Iran est à l’origine d’une tentative d’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, confirment cette dépendance. Voici le communiqué publié sur AterInfo.

« L'Iran représente "la plus grave menace" pour la paix et la sécurité, dans le monde", a déclaré, vendredi, le Premier ministre canadien, Stephen Harper, après la dénonciation, par Washington, d'un complot iranien présumé visant à assassiner l'ambassadeur saoudien, aux Etats-Unis.

"Nous n'avons rien contre le peuple iranien, mais le régime de Téhéran représente, vraisemblablement, la plus grave menace, pour la paix et la sécurité dans le monde", a dit M. Harper, lors d'un point de presse. Jeudi, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a laissé entendre que le Canada pourrait se joindre à d'éventuelles nouvelles sanctions contre Téhéran, affirmant qu'Ottawa collaborerait avec ses partenaires internationaux, au sujet "des conséquences concernant les actes de l’Iran". Harper n'a pas expliqué sur quelles bases il avançait une si grave accusation. »

Cette supposé interprétation, proclamée initialement par Washington devient vite vérité et voilà que les marionnettes se permettent de la répéter en chœur comme si l’intelligence des peuples n’existait pas. Les démentis officiels de l’Iran ne comptent pas.

Mais voilà qu’un ex agent de la CIA , Michael Scheuer, l’homme jadis responsable-au sein de la CIA- de l’unité chargée de traquer Oussama Ben Laden, se permet de douter d’une pareille supposition et croit plutôt que cette mise en scène serait l’œuvre d’Israël ou de l’Arabie saoudite.

« Les seuls gens qui pourraient bénéficier de cela seraient les Israéliens et les Saoudiens. Si j’étais à la recherche d’une opération de contre-espionnage pour cerner l’origine de cette information, je serais très tenté de vérifier la piste d’un instigateur israélien ou saoudien. Car, sur le long terme, Israël et l’Arabie saoudite sont deux ennemis bien plus dangereux pour les Etats-Unis que l’Iran. Celui-ci est un pays de troisième rang sur le plan militaire que nous pourrions facilement gérer.

Le Congrès est emballé à l’idée de faire la guerre à l’Iran. Écoutez les sénateurs Graham, McCain et Joe Liberman : ils sont dans les mains des Israéliens. Les Saoudiens sont très influents. Quand vous observez ce genre de choses, vous devez vous poser la question : qui profiterait de cette guerre ? Israéliens et Saoudiens adoreraient voir notre argent et nos jeunes gens être tués pour combattre leur ennemi en Iran ».

Qu’en pense nos services secrets canadiens ? Peuvent-ils apporter des réponses qui vont au delà des suppositions ? Ce n’est tout de même pas rien. Il s’agit de la mise en marche d’une autre guerre aux milliers de morts et aux milliards de dollars investis dans les armements. Est-ce vraiment ce que veut le Peuple canadien ? M. Harper, demandez le donc au Peuple canadien si c’est ce qu’il veut vraiment. Un référendum coute moins cher et n’occasionne aucune mort. Trop de guerres en ce début du XXIème siècle ont été déclarées sur la base de mensonges et de demi-vérités. Plus d’un million de personnes, comme vous et moi, ont été tuées. Pour QUI et pour QUOI ?

Imaginons un instant une guerre de grande envergure déclenchée sur la base d’une tentative d’assassinat d’un ambassadeur saoudien en sol américain. Allons donc, il n’y a pas là motif pour déclarer une guerre et encore moins lorsque les auteurs intellectuels de l’opération ne sont pas clairement reconnus. De plus, en quoi la sécurité du Canada est-elle compromise ?

Oscar Fortin
Québec, le 15 octobre 2011
http://humanisme.blogspot.com




jeudi 13 octobre 2011

BOLIVIE : 12 OCTOBRE 2011



« JOUR NATIONAL DE LA DÉCOLONISATION »



Devant plus d’un demi-million de Boliviens et Boliviennes, descendus dans les rues de La Paz et des dizaines de milliers d’autres à Santa Cruz, Sucre, Cochabamba, le président Évo Morales a déclaré que le 12 octobre serait célébré dorénavant en tant que  « Jour nationale de la décolonisation ».  

Dire que la Bolivie était, il n’y a pas encore bien longtemps, un des pays les plus pauvres de l’Amérique latine. L’Ambassadeur des Etats-Unis y jouait le rôle de grand gouverneur, filtrant les candidatures aux principaux postes de direction des pouvoirs législatifs, judiciaires et économiques. Les élections n’étaient qu’une mascarade. Les multinationales pouvaient compter sur les gouvernements en place et obtenir ainsi les meilleures conditions pour soutirer des entrailles de la terre, à vils prix, les richesses qui s’y trouvaient.

De nombreuses luttes, menées avec persévérance et sur de longues périodes par les regroupements de mineurs, de paysans, d’indiens d’origine, ont donné naissance à une nouvelle conscience sociale qui ne cessera de s’affirmer. C’est cette conscience, portée par le peuple, qui a conduit Évo Morales à la Présidence du pays, en 2005, et qui l’a reconduit pour un second mandat, en 2009, avec une majorité jamais égalée par le passé, soit plus de 63%.  

Inutile de dire qu’il a redonné au Peuple la primauté du pouvoir en rappelant aux représentants des États-Unis et aux oligarchies nationales, que leurs rôles n’étaient plus de diriger la politique de la  Bolivie et qu’ils se devaient de s’abstenir de toute initiative visant à contourner le pouvoir du Peuple, fortement réuni autour de lui.

Peu habitués à se faire rappeler à l’ordre du droit international et du respect des peuples à disposer d’eux-mêmes, ils n’ont pas obtempéré à cette volonté des dirigeants. Ce fut, alors, le début d’une nouvelle guérilla, réunissant, cette fois, les forces de l’Empire, les oligarchies nationales et les partis d’oppositions. Tout a été essayé : tentatives d’assassinat du Président, attentats à la bombe, attaques de paysans et d’indigènes, projets de cessation visant le démantèlement du pays, et tout récemment le soulèvement de nations indigènes les unes contre les autres.  

« Ils essaient de nous diviser, frères et sœurs, comme toujours ils l’ont fait antérieurement. Pourquoi? Ils veulent nous diviser pour revenir à l’État colonial, le modèle néolibéral que le gouvernement socialiste a écarté au cours des 5 dernières années. » (Évo Morales, 12 octobre 2011)

Toutes ces actions ont pu être contrées, grâce à la vigilance du Peuple et à sa mobilisation.  Une nouvelle constitution a été votée, les multinationales ont été invitées à être des partenaires du Gouvernement et non l’inverse. L’État a pris le contrôle de ses richesses et c’est lui qui détermine les conditions de leur exploitation et exportation.

Avec les revenus générés par ces ajustements structurels dans la gestion des richesses naturelles, l’État a investi dans l’éducation, la santé, les conditions de travail des mineurs ainsi que dans l’exploration et le développement. Dans le cadre d’une entente avec la Chine, un nouveau satellite sera mis en orbite pour répondre aux besoins de la Bolivie.

Cette révolution pacifique,  réalisée démocratiquement et dans le plus grand respect des droits fondamentaux des personnes et des diverses communautés ethniques et culturelles, ne fait pas la joie des oligarchies et de leur tuteur à Washington. On voudrait bien en finir avec ce processus de changement et ceux qui en sont les principaux dirigeants.

Le Président reconnaît qu’il y a eu des erreurs et que pour y remédier, les représentants des diverses organisations sociales, ethniques et culturelles ont déjà été convoqués pour établir, en concertation avec ces derniers, un nouveau pacte national ainsi que la configuration d’un nouvel agenda gouvernemental. Les intérêts du peuple doivent passer avant tout.

Le 12 octobre 2011, le Peuple a de nouveau fait entendre sa voix. Le processus des changements est là pour rester et ce ne sont pas les oligarchies nationales ni l’Empire qui vont en décider. Le Peuple va décider lui-même de ses priorités.  

Dimanche, 16 octobre, sera jour d’élection des juges qui auront à diriger la Magistrature de la Bolivie. De nouvelles figures, dont des indiens et indiennes, feront, à n’en pas douter, leur apparition à la tête de cette Instance du pouvoir constitutionnel.

Un pas de plus vers une plus grande démocratie et plus de justice. De quoi faire rougir de honte les croisés impériales de la démocratie dans le monde. Le rameau d’olivier, porté par les peuples, apporte plus à l’humanité que les boulets de canons et les missiles destructeurs de vie et de civilisations.

Ceux et celles qui voudraient faire croire que le Peuple bolivien n’est plus derrière son Président devront s’ouvrir les yeux. Ce ne sont pas mille personnes, mais plus 500 000  qui sont venus dire à Évo Morales : TU N’ES PAS SEUL, NOUS SOMMES LÀ AVEC TOI. Pas surprenant que nos médias fassent si peu écho à pareilles manifestations de solidarité.

Oscar Fortin
Québec, le 12 octobre 2011

Pour ceux que le sujet intéresse particulièrement







samedi 8 octobre 2011

"DIEU CRÉA LES ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE POUR DOMINER LE MONDE" !

COMMENT  LE DIEU DES PAUVRES DEVIENT LE DIEU DES PUISSANTS



Le candidat favori du Parti républicain aux élections présidentielles étasuniennes 2012, MITT ROMNEY, a eu, tout récemment,  cette déclaration bien particulière à l’effet que « Dieu avait créé les Etats-Unis d’Amérique pour dominer le monde.».  Rien de moins. Que les adversaires se le tiennent pour dit. Le bras divin est bien là pour les accompagner dans cette grande mission de la militarisation et de la domination du monde. L’empire devient le véritable Emmanuel des temps modernes. Dieu avec nous.

Cette déclaration, venant d’un pasteur chrétien (Mormon),  transforme le Dieu des Évangiles en un Dieu de domination, de conquête et de militarisation. Tout ce qu’il y a de plus opposé à Jésus de Nazareth. De quoi soulever le tollé général de toutes les confessions chrétiennes qui font de ce Jésus et de son message évangélique la pierre angulaire de leur foi.

En effet, comment associer une telle déclaration au message Évangélique? Comment transformer, sans sourciller, le Prince de ce monde, qu’est l’Empire, en un messager du Dieu des évangiles? Comment ne pas faire le rapprochement avec cette scène où Jésus, confronté au Prince de ce monde lui offrant tous les royaumes de la terre en échange d’une soumission, lui répond de façon cinglante et sans appel : « Retire-toi, Satan ! Car il est écrit : C'est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, et à Lui seul tu rendras un culte » ? En des termes plus contemporains, « ces royaumes, fondés sur les ambitions de conquête et de domination, sur la cupidité et la puissance militaire, ne sont pas du genre de celui voulu par son Père et pour lequel il est venu sur la terre. » Son royaume n’est pas de ce monde-là.

S’il y a dans les Évangiles des points qui reviennent constamment sont ceux où l’autorité de domination devient autorité de service, où  la force physique est substituée par celle de l’amour, où le courage devient justice et partage, où la vérité devient transparence. Et que dire du sermon sur la montagne qui est rempli pour certains de promesses et pour d’autres de malédictions:

« Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous. Heureux êtes-vous, quand les hommes vous haïront, quand ils vous frapperont d'exclusion et qu'ils insulteront et proscriront votre nom comme infâme, à cause de la justice (…) Mais malheur à vous, qui êtes repus maintenant ! Car vous aurez faim. Malheur, vous qui riez maintenant! Car vous connaîtrez le deuil et les larmes. Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! C'est de cette manière, en effet, que leurs pères traitaient les faux prophètes. (…)

Mais je vous le dis, à vous qui m'écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent…Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement. » Lc. 6…

N’est-ce pas là une approche diamétralement opposée à la déclaration du candidat républicain et de la pensée religieuse de la droite chrétienne qui domine la vie politique. Pour ces derniers, les intérêts des Etats-Unis sont la mesure avec laquelle le monde doit s’ajuster.

« Nous nous réservons le droit d'agir seuls pour protéger nos intérêts nationaux" » « Les Etats-Unis doivent toujours conserver leur suprématie militaire pour dissuader leurs agresseurs potentiels et défendre leurs alliés" »

Il est donc impératif que les Conférences des Évêques catholiques, aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde, dénoncent, avec vigueur, pareilles prétentions. En tant que représentants de la catholicité de la foi,  il faut que le monde sache qu’ils se dissocient complètement d’une telle récupération  de Dieu et qu’ils ne sauraient se prêter de quelque manière que ce soit à une telle mission dominée par la force des armes et l’ambition de domination.  Leur silence ne ferait que confirmer leur complicité avec les forces de l’Empire et trahirait le caractère universel de la foi et de l’Église.

Ce mouvement de protestation et de dénonciation, en raison de ses implications évangéliques et théologiques, devrait être mené par Benoît XVI lui-même qui ne s’était pas gêné de lamenter, à l’occasion de sa visite à Grounds zéro, en 2007,  l’Usage que les terroristes faisait du nom de Dieu pour commettre leurs crimes.

« La tragédie du 11 septembre est d’autant plus grave que ses auteurs ont dit agir au nom de Dieu".

Dans le cas présent, il s’agit de quelque chose d’encore plus grave du fait que le terrorisme est étendu, au nom de Dieu, au monde entier.

Il y a dans la foi comme dans tout engagement de vie une radicalité qui vient chercher la totalité de l’être. Sur les questions de fond Il ne peut y avoir de demi-mesure. Les réponses de Jésus aux trois tentations auxquelles il a été soumis au désert nous en disent long à ce sujet. On ne peut servir à la fois, d’une part la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, la paix, la liberté et d’autre part l’injustice, le mensonge, l’individualisme, l’intransigeance, la guerre, la domination. On ne peut servir « Dieu » et « Mammon » à la fois.


Une mise à jour de la foi des diverses églises doit être faite à la lumière des impératifs de justice, de vérité, de solidarité, de compassion et de bonne foi qui interpellent le monde d’aujourd’hui. Nous n’en sommes plus aux problématiques de culte et de sacramentalité, mais de vie et d’humanité. La bonne nouvelle annoncée aux pauvres doit retrouver toute son actualité.

Oscar Fortin

Québec, le 8 octobre 2011

mardi 4 octobre 2011

GRANDE PREMIÈRE MONDIALE EN BOLIVIE



LES JUGES ÉLUS PAR SCRUTIN UNIVERSEL


Le 16 octobre prochain, 5.2 millions (5.243.375) de Boliviens et Boliviennes sont appelés aux urnes pour élire les magistrats titulaires et suppléants des Tribunaux constitutionnels (18), de la Cour suprême de justice (14), de l’Agroalimentaire (14) et du Conseil de la Magistrature (10). Il n’y a pas un seul pays au monde où un tel pouvoir est reconnu au peuple et pour lequel tous les moyens sont pris pour qu’il puisse l’exercer. Un pas de plus vers une véritable démocratie, véritable pouvoir du peuple pour le peuple.

L’opération est évidemment complexe et aura exigé la mise en place de divers mécanismes pour que les candidats puissent se faire connaître et valoir auprès des électeurs et électrices. Depuis plus d’une année ces procédures sont en marche. La liste finale des candidats et candidates éligibles, au nombre de 115 a été largement diffusée et sera à la base des choix au scrutin du 16 octobre prochain visant à combler les 56 postes prévus à la constitution pour les grands tribunaux de la Magistrature. Des professionnels de familles autochtones sont sur cette liste et pourront éventuellement occupés pour la première fois de ces hautes fonctions dans la magistrature.  

Cette initiative au service de la démocratie, véritable pouvoir du peuple, devrait réjouir tous les démocrates du monde. Toutefois, il ne semble pas que ce soit le cas pour les représentants de la droite politique du pays qui mène actuellement une campagne pour que le plus grand nombre s’abstienne de voter ou encore annule leur vote. Cette campagne se retrouve au cœur de la marche menée par la Confédération des peuples indigènes de l’Orient bolivien. Sous le couvert de la défense de la nature et des valeurs culturelles des nations indigènes, ses dirigeants veulent absolument arriver à la capitale nationale, La Paz, pour y créer des évènements de nature à faire annuler ou rendre inopérante cette convocation aux urnes. Déjà le Gouvernement sait que l’Ambassade des Etats-Unis et certains ONG qui en dépendent financent et appuient ces dirigeants.

UN RAPPEL DE CERTAINS FAITS

Le parc national de TIPNIS couvre un territoire de 1.2 millions d’hectares où vivent 5 500 à 6 000 indiens de diverses nations. Le projet de construction de la route, la partie traversant le parc, correspond à 180 hectares de forêts. Une proportion non négligeable à relever pour bien circonscrire le problème.

Le 15 août dernier une marche a été entreprise par environ 600 indiens (10% de la population du Parc) pour s’opposer à la construction de cette route, constituant une menace pour le milieu ambiant  et susceptible d’affecter les modes de vie autochtones.

Le gouvernement, soucieux de rassurer les populations locales et de négocier avec les représentants de la Confédérations, envoie des délégations de haut niveau. Toutefois, à la mi-septembre divers incidents se produisirent et viennent changer la « donne ».

Le tout a commencé lorsque la délégation gouvernementale, dirigé par le ministre des Relations extérieures, a été prise en otage de force pour servir de bouclier humain aux marcheurs devant franchir une barricade  policière mise en place pour éviter une confrontation entre les indiens s’affirmant contre la construction de la route et d’autres, également regroupés à peu de distance, proclamant leur accord pour la construction de la route. Heureusement, les otages ont pu être libérés et revenir à la Capitale avec le souvenir d’une bonne frousse.

Mais voilà que le 25 septembre,  quelques jours plus tard,  la police s’attaque directement aux marcheurs, les réprimant violemment et  les repoussant dans des autobus jusqu’à leurs villages d’où ils étaient partis. Les journalistes et les caméras de télévision ont pu témoigner de cette violence qui n’a toutefois pas fait de morts ni de blessés graves, contrairement à ce que certains journaux ont affirmé. Ce comportement des policiers rappelait les jours noirs des régimes antérieurs et ne ressemblait en rien au régime tel que perçu et voulu par le gouvernement d’Évo Morales. Ce fut donc une commotion généralisée dans l’opinion publique et au sein  même de l’exécutif gouvernemental qui n’était  d’aucune manière à l’origine de cette décision et de cette violence gratuite.

Le Président, surpris par cette initiative des policiers et scandalisé par un tel évènement,  a aussitôt ordonné la tenue d’une enquête pour découvrir les auteurs et responsables d’une telle intervention. Il a accepté la démission de deux de ses ministres et démit de ses fonctions le chef de police, alors en fonction sur les lieux. Il a demandé à la commission des droits de la personne des Nations Unies de se joindre à cette enquête tout comme à l’UNASUR et au peuple bolivien d’y participer par ses divers représentants. La lumière doit être faite, a dit le Président, et les coupables doivent être jugés.

Il a aussitôt suspendu tous les travaux de construction du tronçon 2 de la route devant traverser le parc TIPNIS et promis de s’en remettre au peuple quant à la suite à donner à ce projet. Il a invité les médias et les diverses instances sociales à s’impliquer pour débattre du sujet sur la base d’une information objective et à partir de données fiables.

Ces gestes posés par le Président n’ont pas ébranlé la détermination des dirigeants de la Confédération des peuples indigènes de l’Orient de reprendre leur marche, se refusant, cette fois,  à tout dialogue avec le Gouvernement, l’objectif étant d’arriver à la Paz le 14 ou 15 septembre, juste avant la tenue du scrutin pour l’élection des juges.

Le président Morales déplore ce comportement et rappelle que sur les 16 points rassemblant les principales revendications des protestataires, certains sont d’ordre technique et peuvent facilement trouver une solution. D’autres, par contre, sont plus complexes et méritent d’être soigneusement analysés et discutés.

Par exemple, ils demandent d’arrêter la construction de l’autoroute  et l’exploitation du potentiel hydrocarbure au nord de la Paz, de même que d’empêcher le développement du pôle agroindustriel du nord « paceno ». Deux demandes qui n’ont rien à voir avec le territoire du Parc TIPNIS, pas plus d’ailleurs qu’avec les communautés indiennes et l’environnement. Ces points doivent relever de d’autres instances.

Tout cela fait dire au Président que les véritables motifs de la marche n’est pas ceux de la protection de l’environnement et de la forêts pas plus que ceux des modes de vie autochtones, mais plutôt d’ordre politique visant la déstabilisation du gouvernement et l’empêchement des élections du 16 octobre prochain visant la nomination des juges. (http://www1.abi.bo/# ) 

Un fait intéressant à relever, celui d'une déclaration du  maire de Palos Blancos, Freddy Nazario Escobar qui la réputation de bien connaitre  les indiens de la région du Parc TIPNIS,  Il  affirme que les indiens légitimes, originaires de la région de TIPNIS, qui participent à la marche ne dépassent pas 50 personnes et que les autres, de plusieurs centaines, ne sont pas des résidents du parc, mais plutôt des personnes engagées par la droite politique. ( http://www1.abi.bo/# )

Le 13 octobre prochain, une grande mobilisation est convoquée à la Paz pour marquer le « jour de la libération et de l’identité nationale », qui était célébré autrefois comme le «jour de la découverte de l’Amérique, jour de la race ». Cette convocation est sous la coordination de la Confédérations des Femmes paysannes Indigènes Originaires de Bolivia-Bartolina Sira (CNMCIOB-BS), de la Confédération Syndicale Unique des travailleurs paysans (CSUTCB) et de la Confédération des Communautés Interculturelles de Bolivie. Cette mobilisation qui réunira des milliers de personnes se fera en appui au président Évo Morales et à son gouvernement dans leur combat pour une Bolivie nouvelle.

Il sera intéressant de voir le traitement que nos médias occidentaux et « démocratiques » vont accorder à ces évènements : celui du 13 octobre avec cette mobilisation pour le Jour de la libération et de l’identité nationale, celui du 14 ou du 15 avec l’arrivée des marcheurs à la Paz et finalement celui du 16 octobre, jour du scrutin pour l’élection des juges.

Oscar Fortin
Québec, le 4 octobre 2011

http://humanisme.blogspot.com






dimanche 2 octobre 2011

COMMENT SAVOIR?



Un des problèmes les plus fondamentaux qui caractérise notre époque est, sans nul doute, celui de l’information. Cette dernière agit directement sur nos sensibilités, nos connaissances et finalement sur nos jugements et nos engagements. Elle est tellement importante que ceux qui en prennent le contrôle peuvent faire de chacun de nous  ce qu’ils veulent. Nous en sommes ses éternels otages.

Avant l’émergence des moyens de communication de masse et l’avènement de la mondialisation qui nous a sortis de nos villes et village, l’information circulait sur la base des témoins directs d’évènements ayant eu lieu ici et là. Aujourd’hui, dans nos sociétés occidentales, les sources d’information, contrairement à la multitude des médias, sont peu nombreuses, très centralisées et surtout orientées par des préoccupations de moins en moins reliées à la vérité des faits.. Lorsque le messager, le porteur du message, répond d’abord et avant tout à des politiques éditoriales définies par les intérêts de ceux et celles qui en sont les propriétaires, il est fort possible que l’information transmise soit orientée, biaisée, incomplète et même complètement fausse.

Cette situation est d’autant plus grave qu’elle agit directement sur la bonne foi des gens, les transformant à leur insu en soutien à des projets qui n’ont rien à voir avec les grandes préoccupations de l’humanité. Il s’agit du phénomène de la « désinformation » systématique, véritable lavage de cerveau, qui permet à nos dirigeants de poursuivre des actions guerrières sous la bannière humanitaire avec l’appui du bon peuple. Les exemples ne manquent pas et Centpapiers  en a fait écho à bien des reprises.

L’usage de la désinformation a servi, en 2001, à convaincre le peuple américain et une grande partie du monde qu’Al Qu’aida était le seul responsable des attentats du 11 septembre et que  ses auteurs devaient être poursuivis jusqu’aux tréfonds des cavernes de l’Afghanistan.. À ce jour, après 10 ans de guerre avec le peuple Afghans nous n’avons toujours pas de preuves à l’effet qu’Al Qu’aida  soit l’auteur ou l’unique auteur des attentats du 11 septembre.

En 2003, le peuple américain et une grande partie du monde ont été convaincus par leurs dirigeants que l’IRAK  disposait d’armes de destruction massive. Les faits ont démontré qu’il n’en était rien et que ces dirigeants le savaient fort bien en affirmant juste le contraire. Depuis lors on compte près d’un million de morts et d’autant de blessés.

Plus près de nous, l’intervention en Libye. Depuis les tout débuts elle est tissée de mensonges, de demie-vérités, de manipulations  allant jusqu’à l’extrême d’un montage en en studio de la prise de la place verte à Tripoli et la figuration d’une foule filmée en Inde pour simuler le peuple Libye. L’information des six mille assassinats attribués à Kadhafi s’est avéré fausse et combien d’autres mensonges ont été présentés comme des faits.  Le même scénario se passe actuellement en Syrie et dans d’autres pays du monde.


Dans un article récent, publié sur ce site, j’ai relevé les interventions visant à discréditer en Bolivie, le président Évo Morales et son gouvernement. Là encore la désinformation est allée aussi loin que de dire que la répression policière avait fait des morts, qu’un bébé y avait laissé sa vie etc. Rien de tout cela ne s’est avéré vrai.

La question qui se pose à nous tous et toutes est de savoir si l’information que nous recevons fait de nous des citoyens du monde ou des citoyens d’oligarchies. Ce n’est pas toujours facile de disposer des moyens nécessaires pour, à tout le moins, confronter les informations que nous livrent nos médias avec d’autres qui n’y apparaissent pas. Si, autrefois, il suffisait de dire que « nous l’avons entendu à la radio ou lu dans les journaux » pour dire que c’était vraiment vrai, aujourd’hui ce n’est plus possible. Trop souvent nous avons été induits en erreur ou encore on a tu des choses que nous aurions dû savoir.

Dans les cours de morale on parle de l’ignorance qui repose sur la bonne foi et dont on ne imputer à ceux et celles qui en sont victimes les crimes auxquels elle peut conduire. On nous parle également de l’ignorance de mauvaise foi, ou de façon plus populaire, de l’ignorance crasse. Cette dernière consiste  à ne pas vouloir savoir autre chose de ce que nous voulons bien  entendre. Dans ce dernier cas, nous ne pouvons pas nous laver les mains des crimes commis en son nom.

Heureusement, qu’internet permet à des sources d’information, ignorées des grands médias, d’arriver jusqu’à nous. Encore faut-il se donner la peine de les consulter. Je vous laisse avec quelques uns de ces sites de langue française. En plus de Centpapsiers que vous consultez déjà, je vous recommande pour l’information internationale les sites suivants :


Oscar Fortin
Québec, le 2ier octobre  2011