PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

mardi 31 janvier 2012

RAPPPORT DES OBSERVATEURS ARABES EN SYRIE






Au moment où le Conseil de sécurité des Nations Unies discute de la meilleure façon de mettre un terme à la violence qui secoue la Syrie, un premier Rapport de 166 observateurs en provenance de 13 pays arabes et de six organisations non gouvernementales est porté à la connaissance du public. Il a ceci de particulier qu’il contredit sur de nombreux aspects l’information transmise par nos médias occidentaux. En voici quelques extraits.


« 26 - La Mission a observé dans les deux secteurs de Homs et Hama des actes de violence du fait des groupes armés contre les forces gouvernementales, qui ont fait des tués et des blessés parmi les troupes gouvernementales. Dans certaines situations, les forces gouvernementales ont recours à la violence comme réaction aux attaques perpétrées contre ses membres. Les observateurs de la mission ont noté que les groupes armés ont recours aux bombes thermiques et aux missiles anti-blindage.

27 – La Mission a été témoin dans les secteurs de Homs, Idlib et Hama des actes de violence contre les troupes gouvernementales et contre les citoyens entraînant de nombreux décès et blessures. C’est le cas de l’explosion de l’autobus civil, tuant huit personnes et blessant plusieurs autres, dont des femmes et des enfants ; celui du sabotage à l’explosif d’un train chargé du transport du diesel ainsi que d’autres événements à Homs, dont la destruction de l’autobus de la police tuant deux d’entre eux, l’attaque à l’explosif du pipeline de carburant, et autres attentats de moindre importance.

28 – La mission a noté l’émission de faux rapports émanant de plusieurs parties faisant état de plusieurs attentats à la bombe et de violence dans certaines régions. Lorsque les observateurs se sont dirigés vers ces zones pour enquêter, les données recueillies ont montré que ces rapports n’étaient pas crédibles.

29 – La mission a noté également, se basant sur les documents et les rapports émanant des équipes sur le terrain, qu’il y a des exagérations médiatiques sur la nature et l’ampleur des accidents et des personnes tuées ou blessées à la suite des événements et des manifestations qui ont eu lieu dans certaines villes. »

Je pense que pour une information plus complète et plus objective, il est indispensable de lire ce Rapport. On se souviendra que dans le cas de la Libye les protagonistes de l’intervention militaire n’avaient pas accepté la proposition d’Hugo Chavez, soutenue, à l’époque, par l’Union Africaine et la Ligue arabe, à l’effet d’envoyer une délégation sur le terrain pour vérifier l’information de terreur que nos médias transmettaient. Nous connaissons la suite : une intervention militaire des pays de l’OTAN faisant des dizaines de milliers de morts et de blessés, détruisant les infrastructures de tout un pays, dépensant des centaines de millions de dollars et bafouant en toute impunité les droits humains de centaine de milliers de personnes. Tout cela sur la base d'informations qui se sont révélées par la suite non fondées ou tout simplement inventées de toute pièce. La Libye qui était encore, il y a quelques mois, un pays florissant et prospère, est actuellement,selon le FMIen une situation financière précaire.

Peut-on répéter en Syrie ce qui s’est fait en Libye? Est-ce vraiment la paix et le respect des droits des peuples et des personnes que veulent les pays occidentaux ? Le saccage de la Libye n’en est certes pas une illustration éloquente.

À vous d’en juger. Même l'ONU s'inquiète actuellement du comportement des "brigades révolutionnaires"en Libye. Il ne faudrait pas commettre les mêmes erreurs en Syrie.

Oscar Fortin
Québec, 31 janvier 2012


samedi 28 janvier 2012

LE CANADA ET LE MOYEN ORIENT






Le peuple canadien est considéré comme un peuple responsable en rapport au droit international et à la Charte des Nations Unies. Pendant de nombreuses années, il a été appelé à participer à des missions de paix dans le but non pas de fomenter des guerres ou de renverser des gouvernements, mais pour assurer les conditions permettant de résoudre pacifiquement les problèmes. Il faisait partie des élites qui se déployaient dans diverses régions du monde sous la bannière des casques bleus des Nations Unies.

Depuis quelques années les choses ont changé. L’Organisation des Nations Unies, de plus en plus soumises au rôle prédominant des  cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, a comme perdu l’aura qui en faisait un organisme crédible et respecté. La nature de ses interventions est de plus en plus problématique et va, souvent, à l’encontre de sa propre Charte des droits des peuples et des personnes.

Le cas de la Libye est un exemple type qui met en lumière l’inconsistance de cette Organisation internationale. Aujourd’hui, avec le recul et une information plus objective, nous réalisons que toute cette opération a été inspirée par les puissances  impériales occidentales pour éliminer le Président Kadhafi, prendre le contrôle du gouvernement et s’emparer des richesses. La soi-disant mission humanitaire en a été une de guerre.

Les mensonges utilisés pour préparer l’opinion publique n’ont jamais fait l’objet de vérification sur le terrain de la part des gouvernements belligérants. À cette époque un groupe de pays de l’Amérique latine et d’Afrique avaient demandé qu’une mission spéciale soit envoyée sur le terrain pour vérifier la véracité de ce que notre presse occidentale véhiculait comme information. Ils invitaient les membres des Nations Unies à favoriser, non pas une approche guerrière mais politique au conflit existant. N’était-ce pas là une démarche minimale avant de décider toute action belligérante qui allait entrainer la mort de milliers de personnes, la destruction des infrastructures de tout un pays et couter aux contribuables des centaines de millions de dollars? Le Canada, habituellement prudent et sage, était tout aussi pressé que ses alliés de l’Otan et des Etats-Unis pour lancer ses avions F-16 contre la Libye, son Président et son peuple.

Aujourd’hui nous réalisons que ce ne fut en rien la révolution d’un peuple, mais bien plutôt la conquête et la domination d’un pays. Le gouvernement fantoche mis en place par les conquérants n’a aucune crédibilité populaire. Le peuple n’est pas là pour célébrer cette victoire que l’on dit de lui, mais dans laquelle il ne se reconnait pas. Ce sont des mercenaires qui servent de couverture aux nouveaux dirigeants qui siègent à Washington et en Europe. Il est curieux que notre presse ne parle plus de ce qui se passe en Libye. Qu’en est-il du respect des droits des prisonniers politiques, de ceux des civils? Où est le peuple Libyen célébrant sa libération?

Voilà que maintenant le même scénario se répète, les mêmes mensonges sont véhiculés comme des vérités sans que nos responsables se donnent la peine d’aller en vérifier la véracité. Une délégation arable d’observateurs de plus de 160 personnes, venant de cinq pays de la région, est sur le terrain depuis plus d’un mois. Un premier rapport a été rédigé en vue de la rencontre des Présidents des pays regroupés dans la Ligue arabe. Or le document qui a été remis, ne circule pas auprès de la Presse et de la Communauté internationale. La raison, dit-on, c’est que les conclusions qui se dégagent font état de mercenaires et d’opposants armés soutenus de l’extérieur qui essaient de semer un climat de terreur et de guerre civile. Le Gouvernement, pour assurer la sécurité de la population, se doit de contrer ces groupes armés, types terroristes.

Aucun gouvernement, à commencer par le Canada, les Etats-Unis et les pays de l’Otan, n’accepterait des groupes armés semant la terreur au sein de la population. Nous avons vu ce qu’ils ont fait des indignés qui n’avaient pourtant aucune arme et qui manifestait pacifiquement.

Dans ce contexte, comment comprendre cet empressement de nos dirigeants de forcer la main du Conseil de sécurité des Nations Unies pour faire en Syrie ce qu’ils ont fait en Libye? Le minimum ne serait-il pas d’exiger que le chef de la délégation des observateurs vienne présenter lui-même son Rapport aux membres du Conseil de Sécurité? Le gouvernement canadien ne devrait-il pas exiger que ce Rapport intermédiaire soit connu et d’attendre que la mission de ces observateurs qui se poursuit pour un autre mois ait terminé son travail? D’où vient cet empressement pour envahir la Syrie et y renverser le gouvernement? Comme dirait ma grand-mère, ça ne sent pas bon. Il y a anguille sous roche. Serait-ce que nos représentants politiques et nos médias nous mentent tout en le sachant ou nous informent tout en ne sachant pas? Dans ce dernier cas il est urgent  qu’ils sachent.

De grâce prenez le temps de vérifier vos informations, de mesurer la crédibilité et la variété de vos interlocuteurs et interlocutrices. À y regarder de près ce n’est certainement pas des considérations humanitaires qui inspirent nos gouvernements. Si tel était le cas, la population d’Haïti  aurait depuis longtemps retrouvé sa dignité et des conditions de vie décentes, victime qu’il a été d’un des plus dévastateur tremblement de terre des dernières décennies. Non, la préoccupation première de nos gouvernements aura été, dans le cas d’Haïti, de s’assurer que les nouveaux gouvernants leur soient soumis, bloquant ainsi la voie à un gouvernement de gauche. Une fois cette tâche accomplie ils sont partis, laissant le peuple à lui-même. Haïti est comme s’il n’existait plus. Les milliards de dollars devant répondre prioritairement aux besoins de ce peuple se font toujours attendre. Il faut croire que les mercenaires et l’opposition armée de la Syrie sont plus importants et doivent pouvoir compter sur le support militaire de l’Occident.  Le régime du président Al Assad ne leur convient pas. Ce dernier doit partir et permettre ainsi aux terroristes mercenaires de prendre toute la place. Voilà le genre de paix que recherchent nos gouvernements occidentaux avec la complicité de l’Arabie Saoudite et celle du Qatar.

Oscar Fortin
Québec, le 29 janvier 2011