PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

dimanche 26 juin 2016

POUTINE N'EST PAS SEUL




La rencontre toute récente de Vladimir Poutine avec le numéro un chinois, Xi Jinping, que certains analystes considèrent déjà  comme la réunion la plus importante des 20 dernières années en politique internationale, doit se comprendre dans le contexte d’une confrontation mondiale devenue de plus en plus inévitable.

« La Chine et la Russie doivent sauvegarder de manière ferme les objectifs et les principes de la Charte de l'ONU, les normes fondamentales des relations internationales, la stabilité et l'équilibre stratégique mondiaux, ainsi que la justice internationale, selon M. Xi. »

Déjà nous savons que ces deux grands leaders partagent une même vision du monde et des relations entre les peuples, partagée également avec l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud, pays, tous membres du regroupement BRICS. Cette vision va à l’encontre de celle d’un monde unipolaire, dominé par les États-Unis et ses alliés de l’OTAN. Ces derniers ajustent le droit international à leurs propres besoins et non l’inverse. Ils se permettent d’intervenir dans des pays sans se soucier du droit des peuples à disposer de leurs propres intérêts et du régime politique qui leur convient le mieux. C’est actuellement le cas en Syrie, en Ukraine et dans plusieurs pays de l’Amérique latine, dont le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Brésil et l’Argentine.

Les médias occidentaux parlent particulièrement des ententes de coopération dans le secteur économique et se gardent bien d’aborder la question des ententes dans le cadre de la sécurité mondiale. Il y a à peine quelques semaines, Poutine a lancé un cri du cœur aux journalistes et médias internationaux pour qu’ils disent la vérité aux peuples occidentaux. Il faut qu’ils sachent l’acharnement déployé par leurs gouvernements, devenus des dépendances de Washington, pour pousser à l’extrême la Russie à provoquer l’étincelle d’une guerre nucléaire généralisée. Ils ont ceinturé la frontière de la Russie de missiles nucléaires mettant la sécurité du peuple russe en péril.  Il faut lire ici cet excellent article qui décrit très bien cette situation. La crise des missiles de 1962 n’était rien au côté de ce qui se passe présentement aux frontières de la Russie. Pourtant, on se souviendra que le monde avait passé à un cheveu d’un conflit nucléaire de grande envergure.

Il ne fait pas de doute que Vladimir Poutine a de graves décisions à prendre et qu’il ne peut les prendre à la légère. Son souhait serait que l’Occident respecte les ententes passées à l’effet de ne pas profiter de l’ouverture des pays de l’Est à l’Occident pour renforcer militairement sa présence militaire aux frontières de la Russie. Dans le cas présent, il se doit d’assurer la sécurité de son peuple.

Je ne doute pas que ce sujet des menaces de l’Occident contre la Russie ait fait l’objet d’échanges allant au-delà des généralités.  La Chine n’y échappe d’ailleurs pas elle-même. C’est dans ce contexte qu’il faut relire cette déclaration au terme de leur rencontre :

« La Chine et la Russie doivent sauvegarder de manière ferme les objectifs et les principes de la Charte de l'ONU, les normes fondamentales des relations internationales, la stabilité et l'équilibre stratégique mondiaux, ainsi que la justice internationale, selon M. Xi. »

La référence au droit international est fondamentale et incontournable et mieux vaudrait que l’Occident en prenne bonne note. La Russie et la Chine ont accordé leur stratégie pour consolider ce droit international et la justice qui en est une composante essentielle.

Espérons que nos dirigeants sauront saisir tout le sérieux d’une confrontation nucléaire. La manipulation, le mensonge et la peur par nos gouvernements et nos médias, font de la Russie le grand méchant qui veut envahir le monde et le dominer. Ils savent que ce n’est pas le cas, mais pour justifier leurs dépenses militaires et sauvegarder leur pouvoir interventionniste dans le monde, ils ont besoin de l’opinion publique pour placer la Russie au pied du mur de la confrontation.


Oscar Fortin
Le 26 juin, 2016
  



vendredi 17 juin 2016

Washington va-t-il se déclarer en guerre ouverte contre Assad ?






Telesurtv.net, site vénézuélien d’information, nous apprend que John Kerry prend au sérieux la pétition de 50 hauts fonctionnaires étasuniens qui demandent d’attaquer directement le gouvernement syrien. Ces derniers considèrent que la prise de contrôle de l’État syrien faciliterait la lutte contre le terrorisme.

« Les fonctionnaires diplomatiques, lesquels, selon RT, sont responsables de la politique extérieure de Washington, argumentent dans leur mémorandum interne qu’un changement de gouvernement par la voie de l’action militaire serait l’unique manière de vaincre le groupe islamique autoproclamé État islamique o Daesh. » (Traduction de l’auteur)

Cette déclaration prend un sens tout particulier dans le contexte de la présence militaire et légitime de la Russie, de l’Iran et d’autres alliés en appui au gouvernement syrien dans sa lutte contre le terrorisme et ceux qui le rendent possible. S’agit-il d’une reconnaissance par Washington d’un échec de sa politique de lutte contre l’État islamique ou une façon d’obliger les alliés de la Syrie dans la lutte contre le terrorisme à se positionner par rapport à une guerre contre les États-Unis ? Jusqu’à maintenant, la Russie a justifié sa présence en Syrie par la lutte contre le terrorisme  en appui aux efforts du gouvernement de Bachar El Assad d’en finir avec cette plaie. La Russie a toujours maintenu cette version sans jamais affirmer que c’était également pour défendre le président Bachar El Assad et  son régime. Elle a  toutefois reconnu et affirmé à plusieurs reprises  que la Syrie était un État de droit  et qu’il appartenait au peuple de décider de ses représentants et de son régime politique,

Si l’hypothèse se confirme d’une déclaration de guerre ouverte contre le gouvernement syrien, la Russie devra, cette fois, se positionner clairement  par rapport à son appui à l’État syrien et par rapport à l’acte de guerres des États-Unis contre le gouvernement syrien. De toute évidence, l’initiative de Washington, si elle se réalisait, serait perçue par le droit international comme un acte terroriste d’un État contre un gouvernement légitime et reconnu par les Nations Unies.  Sous cet angle, la Russie pourrait tout simplement maintenir sa position actuelle de lutte contre le terrorisme dont, cette fois, feraient ouvertement partie les États-Unis en se comportant comme un État terroriste à l’endroit de la Syrie.

Comme on peut s’en rendre compte, les évènements se succèdent rapidement et les principaux acteurs n’auront d’autres choix que de se positionner clairement et sans ambiguïté. Il appartient toujours au peuple syrien de décider de son avenir par les voies démocratiques et constitutionnelles. Ceux qui s’en prennent par la force et la violence contre des États légitimes et démocratiques ne peuvent être que des terroristes,  qu'ils soient d’État ou autres.

Il est tout de même curieux que Washington évoque la lutte contre le terrorisme en se transformant lui-même en État terroriste pour s'emparer de la Syrie.

Une histoire à suivre


Oscar Fortin
Le 17 juin 2016



mercredi 15 juin 2016

SYRIE: CHAMPS DE BATAILLE DE LA GRANDE GUERRE ?





Pendant que l’OTAN s’évertue à barricader la frontière russe avec la panoplie de ses armes les plus sophistiquées, sous prétexte de parer à toute offensive russe contre l’Europe, la Russie se joint à la Syrie et à l’Iran pour combattre, cette fois-ci, tous les terroristes, sur le territoire syrien, ainsi que ceux qui les soutiennent d’une façon ou d’une autre. Le 9 juin dernier, les ministres de la Défense de la Russie, de l’Iran et de la Syrie se sont rencontrés pour mettre au point leur stratégie et la concertation indispensable entre leurs forces armées.

Cette détermination à livrer ce combat à finir contre les terroristes et leurs alliés n’était pas sans exiger du gouvernement syrien une mise en garde des forces étrangères, illégalement présentes en territoire syrien, comme c’est le cas des États-Unis, de la France, de l’Allemagne, de la Turquie. Selon le correspondant en Syrie de Telesurtv.net, cette mise en garde a été faite le 14 juin. Elle fut également confirmée par Sputnik. La réaction de Washington ne s’est pas fait attendre. John Kerry, le Secrétaire d’État, a fait savoir à la Russie que la patience des É.U. avait ses limites et que le départ de Bachar al Assad faisait partie de la solution.

« La Russie doit comprendre que notre patience n’est pas infinie. En fait, elle est même très limitée quant au fait de savoir si Assad va ou non être mis devant ses responsabilités » et faire taire les armes sous la pression de son allié russe," a déclaré le secrétaire d’État à Oslo. "

Le ton monte au moment où la Russie a déjà pris ses décisions et que ces larmoiements du Secrétaire d’État des États-Unis ne sont plus de nature à influencer Vladimir Poutine. La patience de ce dernier a connu ses limites lorsque ce même Secrétaire d’État lui demandait de ne pas bombarder les terroristes d’Al-Quaïda. en Syrie, et qu’il a constaté que la trêve de cessez de feu n’était là que pour permettre aux forces terroristes de se réarmer et de reprendre du terrain.

Il faut donc s’attendre à ce que le gouvernement de Syrie, soutenu par la Russie et l’Iran, décide d’attaquer les forces étrangères présentes illégalement sur son territoire. Ces attaques ouvriront toute grande la porte à un affrontement en bonne et du forme, entre les forces de l’OTAN et celles de la Russie, de la Syrie, de l’Iran et de tous leurs alliés, dont la Chine.

Il s’agit évidemment d’une analyse hypothétique dont les possibilités vont, toutefois, en augmentant de jour en jour. Je ne pense pas que le Président de Russie va revenir sur sa décision d’en finir avec le terrorisme et ceux qui le rendent possible. De plus, cette confrontation, devenue inévitable, ne menace pas directement la Russie et son peuple. John Kerry, tout comme c’est le cas pour l’OTAN, n’a plus la confiance de la Russie. Leur fourberie et hypocrisie ont mis à découvert leurs véritables intentions qui en sont de domination lesquelles n’ont rien à voir avec la paix.

Quels sont les plans de Poutine pour reprendre le contrôle de cette guerre en Syrie contre les terroristes et ceux qui les supportent ? Les jours et les semaines qui viennent devraient nous apporter la réponse.

Oscar Fortin
Le 15 juin 2016