PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

vendredi 17 avril 2015

Poutine se refuse à être un vassal des Etats-Unis










Aucune lecture des guerres qui sévissent actuellement à travers le monde ne peut se comprendre sans cette référence fondamentale à la gouvernance des Etats-Unis sur l’ensemble des États du monde. On ne peut plus y échapper, la grande confrontation est à nos portes non pas pour savoir qui va gouverner le monde, mais pour savoir si les peuples vont se gouverner eux-mêmes.


Je n’ai rien trouvé de mieux que de vous présenter deux interventions majeures qui donnent le ton et les bases de cette grande confrontation.

La première est celle de Georges Friedman,  directeur de la société de renseignement et d’analyse de Stratford, dite la « CIA de l’ombre », et la seconde est de Vladimir Poutine  lui-même qui répond aux questions de journalistes occidentaux. Dans les deux cas, les interventions sont verbalisées en français. Merci aux auteurs des sites qui nous rendent disponibles ces interventions majeures.

Je vous transmets ici l’essentiel de ce que vous retrouverez en totalité sur ce lien


1 – L’Europe n’existe pas
2 – Seule une union Allemagne-Russie pourrait nous menacer, ça n’arrivera jamais
3 – L’armée ukrainienne est une armée US, nous donnons nos médailles à leurs soldats méritants
4 – Nous livrons des armes dans tous les pays de l’est européen, même en Ukraine
5 – Notre but est d’installer un cordon sanitaire autour de la Russie
6 – Nous intervenons militairement dans le monde entier, nous dominons les océans et toute la terre
7 – Nous faisons battre nos ennemis entre eux, c’est cynique mais ça marche
8 – Les attaques préventives déstabilisent les ennemis, nous faisons ça dans toutes les guerres
9 – Nous installons des régimes favorables à nos intérêts
10 – Nous sommes un empire, nous ne pouvons pas nous relâcher
11 – L’Otan doit occuper tout l’espace terrestre entre la mer Baltique et la mer Noire
12 – Nous ne savons pas ce que va faire l’Allemagne, elle est dans une situation très difficile
13 – Nous ne voulons pas d’une coopération entre le capital financier et technologique allemand et les ressources de matières premières russes, les USA essaient d’empêcher ça depuis un siècle. Le destin de l’Europe dépendra de la décision des Allemands, où vont-ils diriger leurs exportations?


Je pense que ces deux interventions permettent de lever le voile sur les véritables enjeux de cette guerre de moins en moins inévitable. La gouvernance mondiale étant incompatible avec la gouvernance des peuples, ses promoteurs ne cèderont devant aucun obstacle pour conserver leur hégémonie.  Par contre, les peuples, forts des droits souveraineté et d’indépendance qui leur sont reconnus par les Nations Unies, se montrent toujours plus déterminés à occuper pleinement leur place dans le chœur des nations.

Poutine est devenu une référence crédible pour les peuples qui aspirent au respect de leurs droits à l’indépendance et à la souveraineté.

Il y a dans ces deux interventions une source incontournable d’information qui permet de mieux comprendre les véritables enjeux de ce passage à une ère nouvelle de la convivialité des peuples dans le respect mutuel.

Oscar Fortin
Le 17 avril 2015


Quelques autres références avec ces mêmes interventions







mercredi 15 avril 2015

Le Canada en Ukraine au service de Washington et de l'OTAN





En tant que canadien, je suis scandalisé de l’engagement du Canada dans toutes les guerres que Washington et l’OTAN sèment un peu partout au M.O, en Afrique, en Europe et en Asie pour y défendre des intérêts pour lesquels les Canadiens et Canadiennes n’ont que faire.

Ces décisions se prennent par un gouvernement qui se tare d’être démocratique, alors que son premier ministre gouverne avec moins de 25 % de l’électorat canadien et son gouvernement avec moins de 40 % des votes émis aux urnes. C’était une vraie farce d’entendre, au 7e Sommet des Amériques, ce premier ministre canadien parler de démocratie. De fait, à quoi peut rimer une démocratie sans que le peuple y soit?

Je comprends que ce soit ce type de démocratie que l’Occident aime et dont il se fait le promoteur un peu partout à travers le monde. Elle est celle qui lui permet, sans aucune majorité de l’électorat (50 % +1) de prendre le plein contrôle des pouvoirs de l’État et des budgets qui vont avec pour en faire les ressources indispensables au service des grands intérêts de conquête et de domination du monde. Pendant ce temps, on assaisonne l’esprit des peuples d’une information, préparée sur mesure, pour que leurs interventions militaires dans le monde soient perçues comme de véritables actes héroïques au service de la libération des peuples. On se souviendra de ces bombardements humanitaires sur le peuple libyen. Plus de cent mille morts…

Que va faire le Canada en Ukraine ?  N’y va-t-il pas pour soutenir un gouvernement, issu d’un coup d’État militaire, puis transformé en démocratie occidentale avec tous les attributs d’une véritable démocratie ?  Que diraient les Canadiens et les Canadiennes si la véritable histoire de ce qui se passe en Ukraine leur était racontée? Qu’on leur dise comment le gouvernement actuel est le produit d’actions subversives encouragées et soutenues par Washington et l’OTAN. Qu’on leur raconte les crimes commis par ce nouveau gouvernement contre les populations civiles du Donbass et de tout le sud-est de l’Ukraine. Qu’on leur montre les corps ensanglantés de femmes, d’enfants gisant au milieu des débris causés par des tirs aveugles de roquettes et de bombardements.



C’est en soutien à ce gouvernement qui ne sait respecter les ententes, pourtant signées à MINSK 1 et à MINSK 2 entre les parties en conflit. Le Canada, loin d’encourager au respect  de ces ententes, poursuit son appui en armements et apporte sa pleine collaboration à la préparation de nouvelles offensives. Nous sommes loin du temps où le Canada avait une personnalité internationale, respectée à travers le monde. On se souviendra de ce premier ministre canadien, Lester B. Pearson, prix Nobel de la paix, à une époque où ce prix inspirait encore respect.

Le Canada a cessé depuis longtemps d’être un État indépendant et souverain. Il est devenu une marionnette entre les mains de Washington et de Londres qui en font leur petit caniche pour payer et faire des guerres. Les budgets visant le mieux-être social des citoyens et citoyennes sont subtilement grugés au profit de budgets militaires qui ne cessent de croître.

Bientôt, des élections auront lieu. On parlera de tout et de rien à la fois pour démontrer qu’il y a débat, mais on se gardera bien de discuter des budgets militaires et des engagements du Canada dans ces guerres. S’ils en parlent, ce sera dans le cadre d’émissions de radio ou de télévision bien contrôlées. Ce serait rêver en couleur que de voir de véritables débats entre les promoteurs des politiques guerrières actuelles et ceux et celles qui s’y opposent. En général, ces derniers ne font pas partie des spécialistes invités pour commenter les politiques internationales du Canada pas plus que pour discuter de la pertinence des interventions militaires du Canada.

Je termine cette intervention en rappelant une anecdote toute récente qui met en évidence le caractère incohérent des politiques du Canada à l’étranger. Le 12 mars dernier, un coup d’État a été démonté au Venezuela au moment même où tout était prêt pour une attaque aérienne en règle contre le gouvernement et la population. Nous savons tous que le Venezuela est un pays de droit, doté d’une constitution et que le gouvernement actuel a été élu avec plus de 50 % des voix. Or, le Canada qui se tare de défendre la démocratie dans le monde, a été pris les mains dans le sac de ce montage de coup d’État. Par son ambassade au Venezuela, il a collaboré avec les promoteurs de ce coup d’État, véritable acte terroriste contre un État souverain. Dire qu’il se présente sous la bannière de la lutte contre le terrorisme. Du cynisme plein les yeux.

Les deux pays, sur les 35 présents au Sommet des Amériques, qui se sont objectés à signer la déclaration finale convenue entre tous les ministres des relations extérieures des pays présents au Sommet, furent les Etats-Unis et le Canada. Ils se refusèrent à reconnaître la santé comme un droit fondamental.

L’actuel premier ministre canadien, Stephen Harper, est l’emblème même de l’hypocrisie consommée. Avec l’actuel système électoral dont est doté le Canada, il est possible qu’il soit reporté au pouvoir pour un troisième mandat avec moins d’un quart de l’électorat canadien.  De toute manière, le peuple canadien se désintéresse de plus en plus de la question politique, tout occupé qu’il est au divertissement, au travail et à la consommation. Le tsunami social ne l’a pas encore atteint. Toutefois, il ne saurait tarder encore longtemps.


Oscar Fortin
Le 15 avril 2015



jeudi 9 avril 2015

OBAMA SERAIT-IL SOURD?







Imaginons un instant que vous êtes dans une discothèque où les gens dansent au rythme de musique entraînante qui vous percute les oreilles et que vous entendez quelqu’un crier « il est temps que vous mettiez de la musique pour que nous dansions ». Vous vous poseriez certainement des questions sur son niveau de surdité.

Eh bien, c’est à peu près ce qui vient de se passer avec M. Obama qui n’a rien entendu des voix qui se sont élevées pour dénoncer son Décret contre le Venezuela. Inquiet de ne rien entendre, il prend donc l’initiative de lancer un cri d’alarme à l’intention des peuples et des États de l’Amérique latine pour qu’ils élèvent la voix et qu’ils dénoncent haut et fort les crimes commis par le Venezuela.

Il dit cela alors que les principaux organismes d’intégration de l’Amérique latine et des Caraïbes élèvent haut et fort la voix pour qu’Obama annule le Décret qu’il a signé contre le Gouvernement du Venezuela, le déclarant comme une grande menace à la sécurité nationale des États-Unis. Tous les pays membres de la CELAC, tous ceux d’UNASUR, de l’ALBA et du MERCOSUR ont demandé au président Obama de retirer ce Décret de la circulation, conformément au respect du droit international. Comme si cela n’était pas suffisant, le peuple vénézuélien s’est mobilisé et a recueilli près de 10 000 000 (10 millions) de signatures pour dire à Obama d’annuler ce décret. À ces derniers se sont joints les peuples du continent pour en faire tout autant.

Le président Obama ne les entend pas, il n’écoute aucune voix venant de l’Amérique latine et des Caraïbes. Comment pourrait-il entendre toutes ces voix qui viennent de nombreux pays et peuples du monde s’il n’entend pas celles qui sont à la portée de son oreille?

OBAMA fait la sourde oreille et il ignore ces voix qui s’élèvent de tous les coins du monde comme si elles n’existaient pas. Lorsqu’il déclare, de façon officielle, qu’il est temps que la voix des peuples et des États de l’Amérique latine s’élève pour dénoncer les crimes commis par le Venezuela, c’est soit qu’il est vraiment sourd ou qu’il prend pour des imbéciles tous ces peuples et ces États qui élèvent effectivement la voix pour dénoncer son Décret criminel et exiger qu’il l’annule.

N’est-ce pas là une manière très impériale de concevoir les relations de peuple à peuple, d’État à État? La charte des Nations Unies définit clairement que les relations entre ces diverses instances doivent se réaliser dans le respect de l’indépendance et de la souveraineté de chaque État, de chaque peuple. Il en va de même avec la charte de l’OEA  qui a pour premier objectif des pays membres «d’assurer un ordre de paix et de justice, de maintenir leur solidarité, de renforcer leur collaboration et de défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance.»

Est-il nécessaire de rappeler que le président Obama est membre, au même titre que tous les autres membres, de cette organisation? Il semble en avoir oublié depuis longtemps ce premier objectif. Il suffit de penser à Guantanamo, territoire cubain occupé par son pays, aux Malouines, territoire argentin, occupé par la Grande-Bretagne, les dizaines de coups d’État militaire réalisés au cours des dernières décennies.

Nous n’en sommes pas, avec cet homme, à ses premières contradictions. Il n'est mandaté ni par les Nations Unies, ni par les peuples pour s'imposer comme arbitre du monde. S'il pense l'être de Dieu, qu'il écoute la voix des peuples qui en sont les porte-paroles. 


Oscar Fortin
Le 9 avril 2015



mercredi 8 avril 2015

OEA: LORSQUE L'EMPIRE SE FAIT RAPPELER À L'ORDRE






« Un empire n’existe que par ses subordonnés. Le jour où ces derniers décident de ne plus en être, il perd toute sa raison d’être. »

L’Organisation des États américains (OEA) se réunira à Panama les 10 et 11 avril pour son VIIè Sommet. Une rencontre qui fera histoire. Pour la première fois, depuis ces Sommets, inaugurés, en 1994, Cuba en fera partie comme membre de plein droit. On se rappellera que sous la pression des États-Unis, Cuba avait été exclue et ne pouvait participer à ces Sommets.

Il importe de rappeler que la création de l’OEA a pour premier objectif des pays membres « un ordre de paix et de justice, de maintenir leur solidarité, de renforcer leur collaboration et de défendre leur souveraineté, leur intégrité territoriale et leur indépendance »

Si tel était le cas, il faudrait se réjouir de la déclaration des pays membres de la CELAC faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes un territoire de paix. Il faudrait également se réjouir de l’affirmation toujours plus forte de l’indépendance et de la souveraineté des peuples et des États de la région. IL faudrait en même temps condamné cette présence massive des bases militaires étasuniennes dans différents pays du Continent de même que l’usurpation de territoire comme c’est le cas en Argentine avec les Malouines occupées par la Grande-Bretagne, et comme c’est également le cas à Cuba où toute une partie de son territoire, Guantanamo, est occupée par les États-Unis, signataire de la Charte de l’OEA.

Cet objectif honorable doit se comprendre comme devant être soumis à la régence des États-Unis qui s’assureront que l’indépendance et la souveraineté recherchée tout comme la protection des territoires nationaux cadrent bien avec les objectifs et les intérêts des États-Unis d’Amérique. Ceci explique le fait que son influence lui ait permis, tout au long de ces années, d’imposer sa vision et ses volontés sur le Continent. Il s’assurera que les dirigeants des soient des alliés fidèles à ses politiques. Il se fera le promoteur de la création d’une Commission interaméricaine des droits de l’homme qu’il s’abstiendra de signer lui-même. Un outil fait sur mesure pour décider les pays où ces droits sont bafoués, lesquels sont par hasard les pays qui résistent à toute puissance impériale. C’est actuellement le cas pour le Venezuela qui est devenu tout d’un coup une grande menace pour la sécurité nationale des États unis et auteur du non-respect des droits de l’homme.

Cette lune de miel de l’OEA comme outil de contrôle et de manipulation des pays du Continent a connu ses premiers affrontements au Sommet de Québec, en 2000, avec la participation de ce nouveau président du Venezuela, Hugo Chavez. Ce dernier s’est permis d’aborder certains sujets, dont celui de la démocratie participative, nouveau concept mettant en relief les limites des démocraties représentatives. Il demanda alors aux pays membres de se prononcer pour faire de la démocratie participative l’outil privilégié des peuples pour exercer le pouvoir de façon de répondre en priorité au bien commun de tous et de toutes. Sa proposition, comme il fallait s’y attendre, ne fut pas acceptée.

Le second signal d’un changement dans le comportement des pays de l’Amérique latine s’est manifesté au IVe Sommet de l’OEA, en 2005, à MAR de Plata. À cette époque, l’Argentine était sous la gouvernance d’Hector Kirchner, celui qui avait sauvé le pays du désastre économique des années 2000-2003. Il était donc l’hôte de ce Sommet, particulièrement important dû au fait qu’il traiterait de l’établissement d’une zone de libre-échange à laquelle les États-Unis et ses alliés tenaient à tout prix. Ce fut un échec retentissant. Un bloc important de l’Amérique latine, avec à sa tête Hugo Chavez et Nestor Kirchner s’opposèrent à un tel accord de zone de libre-échange, soutenus, en cela, par les mouvements sociaux. Pour une fois, l’Amérique latine disait non aux volontés de l’Empire.

Le troisième signal, sans doute le plus important de tous, est celui du regroupement de tous les pays de l’Amérique latine derrière le Venezuela pour condamner le Décret qu’a signé le président Obama dans lequel il déclare le Venezuela comme une menace sérieuse à sa sécurité nationale et réclamer sa suppression.

L’Amérique latine, depuis le début des années 2000, s’est dotée de nombreux regroupements d’intégration régionale : UNASUR, ALBA, CELAC, MERCOSUR. Ce sont là des instances qui grugent sur le monopole exercé traditionnellement par les États-Unis sur les activités économiques, politiques et sociales. Tout cela se réalise sous la mouvance des nouvelles démocraties participatives qui renforce le pouvoir des peuples sur leur devenir collectif. Il est bon de rappeler que c’est ce pouvoir du peuple qui fit déraper le coup d’État, réalisé au Venezuela, en avril 2002. C’est également le peuple qui sauva à plusieurs reprises Evo Morales, devenu depuis son élection en 2005, l’ennemi à abattre. Ce fut également le cas, en équateur, lorsque le peuple est venu, en 2010, à la rescousse de Rafael Correa pris au piège par une fraction de l’armée et de la police nationale.

Que va-t-il donc se passer à ce VIIè Sommet à Panama ?

Le président Obama, avec son projet de Décret, a annulé complètement les effets positifs sur lesquels il aurait pu compter pour redorer son image et celle de son pays à l’endroit des représentants de l’Amérique latine et des Caraïbes. En même temps qu’il reconnaissait que la politique des sanctions contre Cuba depuis plus de 50 avait été un fiasco, il entame l’usage de moyens semblables contre le Venezuela, allié indéfectible de Cuba. Peu de temps après, il arrive avec un décret qui devient, techniquement une véritable déclaration de guerre contre le peuple vénézuélien. Ce fut l’élément déclencheur d’une mobilisation continentale et même mondiale en soutien au Venezuela et de condamnation. Près de 10 millions de signatures du peuple vénézuélien et des centaines de milliers d’autres d’un peu partout à travers le monde.

Ce sont les pays de l’Amérique latine et des Caraïbes qui vont se présenter en compagnie du Président de Cuba, Raoul Castro à ce Sommet des Amériques. Ils vont réclamer qu’Obama annule son décret contre le Venezuela, qu’il dégage ses bases militaires du territoire de paix qu’est devenu celui des Caraïbes et de l’Amérique latine, qu’il donne suite à l’article 1 de la constitution de l’OEA qui demande de respecter l’indépendance et la souveraineté des États. Il ne fait pas de doute qu’ils vont également insister pour que le blocus contre Cuba soit levé immédiatement et que soit mis fin à l’approche impériale qui caractérise les politiques des États-Unis avec les pays latino-américains et Caribéens.


Ce serait rêver en couleur que de penser que le président Obama s’incline devant ces demandes. Par contre, il lui faudra sauver la face d’une façon ou d’une autre. Il pourra compter, je pense bien, sur la présence du représentant du papa François en la personne du Secrétaire général du Vatican, Pietro Parolin. Je ne doute pas un instant que ce message du pape François aura été minutieusement concerté avec Washington de manière à avoir un impact positif sur son image sans trop nuire celle des autres participants. Je ne serais pas surpris que le Vatican demande à Obama de retirer son Décret en échange des prisonniers réclamés par la droite vénézuélienne et une délégation d’ex-présidents de divers pays de l’Amérique latine qui seront à Panama pour présenter cette requête.

Je ne vois pas comment le Venezuela pourrait répondre positivement à ce marché de dupes. Les prisonniers sont en prison pour des crimes commis alors que le Décret d’Obama n’a aucune base juridique internationale. La procédure de justice suit son cours dans le cadre d’une Constitution reconnue par le peuple et respectée par le gouvernement.

On verra bien, si l’essentiel de l’information, couvrant ce Sommet, portera prioritairement sur ce qui va se passer à l’extérieur du cénacle de ce sommet. Il faut en être bien conscient, la guerre qui va se livrer à Panama, lors de ce Sommet, va en être une de communication. À cette fin, deux évènements majeurs vont se produire, impliquant des représentants, bien sélectionnés, de milieux sociaux dont un premier groupe se portera à la défense de l’impérialisme et contre ceux qui s’y opposent et un second groupe qui s’affirmer anti-impérialiste et en faveur des pays émergents.

Le premier groupe se réunira sous le chapeau  du Sommet de la société civile auquel participeront, pour la très grande majorité, des représentants opposés aux gouvernements du Venezuela et de Cuba. Les organisateurs de ce Sommet, dont l’une des principales représentantes est la Panaméenne Magaly Castillo, une personne très proche de l’Ambassade des Etats-Unis à Panama. Elle fait partie d’une organisation qui opère sous de nom d’Alliance citoyenne pour la Justice. Elle fut honorée, en 2012,  par l’Ambassade des États-Unis à Panama du prix international des Femmes courageuses, que lui ont présenté Hilary Clinton et la première dame des États-Unis, Michelle Obama. Des représentants d’organisations sociales de Puerto Rico, du Mexique, de Cuba, se virent refuser leur participation à ce Sommet. Ils ne répondaient pas aux critères de sélection.

Au même moment se déroulera le Sommet des Peuples qui se définira comme anti-impérialiste et qui regroupera les représentants de toutes les organisations sociales, clairement engagées dans cette lutte. À ces rencontres participeront certains présidents des pays émergents comme Evo Morales et d’autres comme Maduro et Ortega.

Il ne fait pas de doute que ce Sommet des Peuples, se déroulant simultanément avec celui des présidents de l’OEA, attirera l’attention des médias et permettra ainsi au président Obama d’échapper aux médias et de respirer un  peu mieux.

Les 9, 10 et 11 avril nous révéleront les stratégies des uns et des autres et nous verrons bien quel avenir peut avoir cette organisation qu’est l’OEA. Par ses principes et objectifs, elle est incompatible avec l’impérialisme de sorte que ses membres ne sauraient s’accompagner d’un représentant impérial en son sein.

Le président de Cuba peut nous réserver des surprises en cette première présence à ces Sommets de l’OEA. Il est également possible que ce soit le chant du cygne du monde unipolaire soumis à un grand patron qui décide de ce qui est bon et pas bon pour lui.

Une chose est certaine, c’est que l’Empire se retrouve face à un Continent qui lui dit non, c’est fini, nous ne sommes plus tes dépendances.et nous n’avons plus besoin d’un empire pour nous dire ce qu’il faut faire ou ne pas faire. On peut se demander jusqu’à quel point l’OEA saura résister à ces contradictions internes impliquant un membre qui se considère toujours comme l’empereur du continent et des peuples qui se considèrent de plus en plus comme souverains et indépendants de tout empire?



Oscar Fortin

Québec, le 8 avril 2015