PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

samedi 14 mai 2016

POUR UNE ÉGLISE MULTIPOLAIRE ET MULTICENTRIQUE




Le temps des pouvoirs impériaux, tant politique que religieux, semble tirer à sa fin. Déjà, sur le plan politique, nous assistons à cette grande confrontation entre les tenants d’un monde multipolaire et multicentrique ,que sont les pays MEMBRES du BRICS, et les tenants d’un monde unipolaire et uni centrique, que sont les États-Unis et ses alliés de l’OTAN.

Sur le plan religieux, l’Église catholique, dont le pouvoir impérial trouve sa source d’inspiration dans le pouvoir impérial politique, se voit confrontée également à ce questionnement d’une gouvernance impériale versus une gouvernance décentralisée et multipolaire. Il faut reconnaître que la présence et l’action du pape François ouvrent les portes à ce questionnement. En réponse à une lettre toute récente du grand théologien Hans Kung qui lui demandait d’ouvrir un débat sur l’infaillibilité papale, le pape François lui aurait répondu qu’il partageait cette même préoccupation. De toute évidence, l’image de ce dernier ne nous renvoie pas à celle d’un pape tout-puissant et infaillible, mais plutôt à celle d’un pape, serviteur et faillible. Ne proclame-t-il pas à qui veut l’entendre qu’il est surtout un pécheur ? « Qui suis-je pour juger ? » répondait-il aux journalistes qui l’interrogeaient dans l’avion, à son retour du  Brésil,  sur la question de l’homosexualité.

L’Église, comme institution et communauté de foi, entre dans une phase qui va au-delà des réformes cosmétiques qui visent à la faire apparaître plus transparente, plus attentive aux préoccupations des temps que nous vivons. Les changements qui l’attendent portent sur les structures mêmes du pouvoir que le Vatican, la Curie romaine, les Évêques s’approprient, en exclusivité, pour diriger la vie des chrétiens à travers le monde.

Pour peu qu’on s’y attarde, le message de Jésus, relaté dans les Évangiles, et celui de Paul de Tarse, exprimé dans ses lettres aux diverses communautés chrétiennes, nous révèlent que l’exclusivité réclamée de certains pouvoirs  par les autorités ecclésiales, ne leur sont pas exclusifs. Il en est ainsi, entre autres, pour le pouvoir de lier et de délier.

L’Évangéliste Mathieu met en relief  les deux autorités, dans l’Église, qui disposent de ce pouvoir de lier et de délier. Si on nous a surtout parlé de l’autorité de Pierre (Mt.16, 18-19), il n’en fut pas de même pour l’autorité des communautés chrétiennes qui disposent également de ce pouvoir (Mt.18, 15-18).

Le contexte de la transmission par Jésus aux communautés chrétiennes (Église) de ce pouvoir de lier et de délier est celui des relations d’entraide et de corrections mutuelles qui doivent exister entre les membres de ces communautés.

« Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S`il t`écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s`il ne t`écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l`affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S`il refuse de les écouter, dis-le à l`Église; et s`il refuse aussi d`écouter l`Église, qu`il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel. »

Ce pouvoir de l’Église, communauté de foi et de vie, est tout aussi réel que celui de Pierre, fondement de cette communauté de foi et de vie. Même si ce pouvoir n’a pas été mis en relief par les institutions ecclésiales, il est bien là et rappelle aux hiérarchies ecclésiales qu’ils n’ont pas l’exclusivité du pouvoir de Dieu, pas plus d’ailleurs de celui de l’Esprit saint. Sur ce dernier point, il importe de lire et de relire l’apôtre Paul dans sa lettre aux Éphésiens.

«A l'un, c'est un discours de sagesse qui est donné par l'Esprit ; à tel autre un discours de science, selon le même Esprit ; à chacun la manifestation de l'Esprit est donnée en vue du bien commun; à un autre la foi, dans le même Esprit ; à tel autre les dons de guérisons, dans l'unique Esprit; à tel autre la puissance d'opérer des miracles ; à tel autre la prophétie ; à tel autre le discernement des esprits ; à un autre les diversités de langues, à tel autre le don de les interpréter. Mais tout cela, c'est l'unique et même Esprit qui l'opère, distribuant ses dons à chacun en particulier comme il l'entend. » (1Cor.12, 7-11) Vivant selon la vérité et dans la charité, nous grandirons de toute manière vers Celui qui est la Tête, le Christ, » Éphésien 4, 11-15

L’image du corps utilisée par Paul illustre bien la réalité fondamentale de l’Église dont le Ressuscité est toujours la Tête et l’Esprit saint, l’âme qui transforme chaque membre les rendant complémentaires les uns avec les autres dans cette grande mission de l’avènement du Règne du Père sur la terre comme dans les cieux. Un Corps, multicentrique et multipolaire par ses membres, le tout ordonné et animé par le Christ qui en est toujours la Tête bien vivante et l’Esprit saint qui en est le mouvement. L’un et l’autre sont irremplaçables et agissent sans devoir demander la permission à qui que ce soit.

Ephésiens 2:20-21 ^

Vous avez été édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes, Jésus Christ lui-même étant la pierre angulaire.

En lui tout l`édifice, bien coordonné, s`élève pour être un temple saint dans le Seigneur.

Il est intéressant de relever dans ce texte la place des prophètes, tout aussi importante que celles des apôtres. Si ces derniers ont occupé dans la hiérarchie ecclésiale tout l’espace consenti aux successeurs des apôtres, il n’en fut pas de même pour les successeurs des prophètes mis à l’écart de ce pouvoir ecclésial. Ils en sont plus souvent que moins les victimes de ce pouvoir.


QUE CONCLURE ?

Le temps où les autorités ecclésiales se réservaient l’exclusivité de certains pouvoirs est périmé. L’Église comporte deux composantes irremplaçables que sont le Christ ressuscité, Tête de l’Église, et l’Esprit saint qui en est le moteur de vie. Ils sont au cœur de l’Église depuis ses origines jusqu’à nos jours.  Le pape, comme chef de l’Église n’est pas là pour se substituer ou pour remplacer le Christ, Tête de l’Église, pas plus d’ailleurs pour remplacer l’Esprit saint. L’Église demeure cette communauté de croyants qui témoigne de Jésus de Nazareth et qui agit dans le monde par l’action de l’Esprit saint lequel distribue ses dons comme bon il l’entend pour qu’advienne le règne du Père sur terre comme au ciel.

Les reproches que Jésus s’est permis de relever contre le Sanhédrin et les grands prêtres (Mt.23) sont les mêmes que nous pouvons formuler contre le Vatican et ceux qui y règnent en roi et maître. Ces derniers font partie d’un pouvoir maintes fois complice des pouvoirs impériaux de conquêtes et de domination. Le livre de l’Apocalypse en parle comme d’une grande prostituée (Ap.17).

Déjà, au temps des prophètes de l’A.T., cette tricherie était perçue et dénoncée, mais la conscience des peuples ne s’en était pas encore approprié pour l’éliminer complètement.

« Ainsi parle l'Éternel : pratiquez la justice et l'équité ; délivrez l'opprimé des mains de l'oppresseur ; ne maltraitez pas l'étranger, l'orphelin et la veuve ; n'usez pas de violence, et ne répandez point de sang innocent dans ce lieu. » (Jér.22 :3)

Un retour au langage des prophètes de l’Ancien Testament ne peut que redonner vigueur aux véritables artisans de la justice et de la paix dans le monde.

Pour conclure, il est évident que tous les sacrements de l’Église doivent être repensés et articulés dans la perspective d’une Église multipolaire et multicentrique sous la gouverne du Ressuscité et de son Esprit.

« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là au milieu d’eux. » Mt.18,20

Oscar Fortin

Le 14 mai 2016

mercredi 11 mai 2016

LA RUSSIE DÉCLARE UNE GUERRE SAINTE CONTRE LE TERRORISME

EST-CE UNE BONNE NOUVELLE POUR L’OCCIDENT ? 



Les États-Unis et ses alliés dans leur lutte contre le terrorisme

Depuis la tragédie du 11 septembre 2001, les États-Unis et tous ses alliés ont fait de la lutte contre le terrorisme le motif principal de leurs interventions, particulièrement en Asie et au Moyen-Orient. Déjà, dans son discours au Congrès, le 21 septembre 2001, le président GW. Bush avait établi de nouvelles règles de conduite dans les relations internationales : «Qui n’est pas avec nous est contre nous ». En d’autres termes, nous sommes l’axe du bien, et tous les autres qui s’opposent à nous  sont l’axe du mal. Ce fut le cas, entre autres des guerres en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. C’est dire toute l’importance accordée par l’Occident chrétien à cette lutte contre tous ces États et Peuples qui s’opposent à l’axe du bien. Ces derniers ne peuvent être que des délinquants et des terroristes qui contaminent la sécurité des peuples et des nations solidaires des États-Unis.

L’histoire des 15 dernières années nous apprend toutefois que l’usage fait de la lutte contre le terrorisme a été plus souvent que moins un prétexte pour mener des opérations militaires aux objectifs tout à fait différents. Ce n’est plus le droit international, formulé dans la Charte des Nations Unies, qui prédomine, mais l’axe du bien, incarné par les États-Unis.  Sur le même sujet, il faut lire également la réflexion de Noam Chomsky qui décode, dès décembre 2001, les pièges de cette suprématie des États-Unis sur le bien et le mal. Le cas actuel de la guerre en Syrie en est une bonne illustration : le président Bachar al Assad doit partir pour laisser la place à un élu de l’axe du bien. C’est d’ailleurs dans ce contexte que les terroristes qui combattent également le régime du Président syrien deviennent des alliés et non des ennemis à combattre. Cette situation illustre bien l’ambiguïté des politiques de l’Occident dans sa lutte contre le terrorisme. Cette utilisation du terrorisme à des fins politiques n’est pas nouvelle. Sur ce dernier point, un article tout récent qui en dit long.

La Russie déclare une guerre sainte conte le terrorisme

Le président Vladimir Poutine a décodé depuis longtemps ce double jeu des États-Unis et de ses alliés dans leur soi-disant lutte contre le terrorisme. La Syrie aura été le théâtre tout indiqué pour suivre de près les multiples interventions de ceux qu’il appelle toujours ses  partenaires. Ce que l’aviation russe, en relation étroite avec l’armée syrienne, a pu réaliser en quelques semaines de combat, les États-Unis et leurs alliés n’ont pu le réaliser en une année. Non pas qu‘ils aient été démunis en armements et logistiques, mais du fait que leurs cibles ont toujours été celles de renverser le gouvernement légitime de Bachar el Assad. Il a pu ainsi décoder les supports logistiques apportés aux terroristes de même que leur soutien sous diverses formes. En somme, ils se révèlent des partenaires peu fiables dans cette lutte contre le terrorisme.

C’est à l’occasion du jour de la commémoration de la grande victoire contre l’Allemagne nazie, en 1945, que le Patriarche orthodoxe Kyrill promulgue une  guerre sainte contre le terrorisme. Voici un extrait de cette déclaration qui donne le ton et le sens à cette guerre.

« C’est un combat contre un Mal redoutable qui ne menace pas seulement le Moyen-Orient, mais l’ensemble de l’Humanité […] C’est pourquoi la guerre contre le terrorisme est une Guerre Sainte. Je prie Dieu pour que l’ensemble du monde comprenne ceci et cesse de différencier les terroristes entre ‘bons’ et ‘mauvais’, et cesse par ailleurs d’utiliser cette guerre avec leurs propres objectifs cachés ».

Voilà ce qui résume bien l’irritation que doit ressentir l’Occident devant cette déclaration de guerre sainte contre le terrorisme. En quelque sorte, c’est qu’il en fait partie. Sa grande tricherie est de nouveau mise à jour et ses acteurs deviennent la cible de cette guerre sainte. Nous n’en sommes plus à une guerre idéologique, mais à une guerre qui vise à apporter la paix à chaque peuple, à chaque nation dans le respect du droit international. Les acteurs invisibles qui financent et soutiennent de diverses manières ces terroristes devront prendre bonne note qu’ils sont sur la liste des terroristes à éliminer.

Une anecdote qui m’est venue à l’esprit en rédigeant ce texte

Cette anecdote se réfère au croyant que je suis. Au début du siècle dernier, trois jeunes bergers ont vécu l’expérience de visions de personnages se présentant comme venant du ciel. Un de ces personnages s’est présenté, le 13 mai 1916, comme étant l’ange de la paix.

Cet événement m’a aussitôt ramené à cette visite au Vatican du président Poutine, en juin dernier, qui fut alors reçu par le pape François. À cette occasion, il y eut échanges de cadeaux. Celui remis par le pape François consista en un médaillon représentant  l’ange de la paix. En le lui remettant, il aurait alors dit : "L'Ange de la paix" peut "vaincre toutes les guerres.»

Espérons qu’il en soit ainsi quant à l’action de la Russie pour la paix dans le monde.


Oscar Fortin
Le 13 mai 2016

http://humanisme.blogspot.com


PS. À ce jour je n’ai vu nul part dans nos medias meanstream cette information d’une guerre sainte de la Russie contre le terrorisme.



lundi 2 mai 2016

LA PATIENCE CONTRÔLÉE DE POUTINE




Les plus âgés se souviendront de la crise d’octobre 1962 qui porta l’humanité à un cheveu d’une guerre nucléaire.  L’enjeu était la présence sur l’île de Cuba d’un missile à tête nucléaire que la Russie avait offert à Cuba, suite à l’attaque étasunienne a la baie des Cochons,  en 1961, comme force dissuasive à toute autre intervention des États-Unis contre Cuba. C’était alors inacceptable pour les États-Unis que l’ex-URSS affirme sa présence nucléaire à 90 milles des côtes de la Floride. Il fallait à tout prix qu’elle mette fin à ce projet et qu’elle démantèle les bases de lancement de ces armes nucléaires sinon la première guerre nucléaire serait déclenchée.

Depuis lors, l’ex-URSS a été démantelée, de nombreux pays qui lui étaient rattachés ont été charmés par l’Occident et en sont devenus des alliés militaires. Leurs frontières furent grandes ouvertes pour recevoir des bases militaires avec les armes les plus sophistiquées pour, soi-disant, les protéger contre une invasion de la Russie. C’est avec empressement que les Etats-Unis et ses alliés de l’OTAN s’empressèrent à occuper ces espaces nouveaux. Ce qui était inacceptable pour Cuba, en 1962, l’est devenu pour la grande majorité des pays de l’ex-URSS.

Il est évident que Poutine voit clairement le jeu des États-Unis et de l’OTAN qui encerclent ainsi militairement la Russie. Ces mêmes pays qui se prêtent à la  militarisation de leur territoire deviennent, sans trop s’en rendre compte, le bouclier humain de toute attaque possible de la Russie contre les forces de l’OTAN. Ces armes dont disposent ces pays seront les premières cibles de toute intervention russe. Les populations en seront les premières vicitmes.

Aujourd’hui, du 2 au 19 mai 2016, sont initiés, en Estonie, tout près des frontières russes, des exercices militaires d’envergure de l’OTAN. Ces exercices sont souvent l’occasion d’introduire des armes de haute technologie dans ces pays frontaliers avec la Russie. Poutine voit et sait ce que les États-Unis et l’OTAN ont à l’esprit avec ces manœuvres militaires. Il sait que les provocations sont là pour l’amener à poser un geste militaire offensif afin de les justifier à attaquer la Russie en défense des pays frontaliers.

Ce sont ces mêmes personnages qui font un jeu semblable en Syrie en s’attribuant le rôle des défenseurs des veuves, des orphelins et des persécutés en déployant tous les efforts pour combattre les soi-disant le terroristes et soutenir, à travers ces mêmes terroristes, l’opposition armée qui lutte contre le régime de Bachar Al Assad. Il ne fait pas de doute que Poutine voit ce double jeu et qu’il décode les stratégies de ceux qu’il continue d’appeler ses partenaires. Sa patience résiste à ces manœuvres, mais il a, à certains moments, des interventions à ne pas prendre à la légère.  Il y a des lignes rouges à ne pas dépasser.  La sécurité du peuple russe ne doit être, en aucun cas menacée. Pour la Syrie, la ligne rouge à ne pas dépasser est celle du non-respect du droit international et la déstabilisation du gouvernement légitime de Bachar al Assad. L’envoi tout récent de 250 militaires étasuniens en territoire syrien, sans l’accord du gouvernement syrien constitue une invasion et est inacceptable en droit international. À ce sujet,  Moscou a fait savoir qu’elle appuierait toute intervention légitime du gouvernement dans sa lutte contre le terrorisme et ceux qui le soutiennent de diverses manières.

L’art martial du karaté a sans doute appris à Poutine que les coups qui portent le plus sont ceux qui sont placés au moment le plus opportun. Lorsque les coups de l’attaquant n’arrivent pas à atteindre les points forts de l’adversaire, il se retrouve en situation de faiblesse et de vulnérabilité. Dans tout combat, il n’y a pas que les muscles qui comptent, mais aussi, et sans doute davantage, l’intelligence. C’est sans doute ce qui peut expliquer la patience de Poutine, un des hommes les plus informés de la planète. Il mesure les forces dont il dispose, connaît celles de ses adversaires,  et attend le moment venu pour frapper là où il n’y aura pas de retour.

Il ne faut pas oublier ce que les rues de St-Petersburg lui ont appris : « lorsqu’on réalise que la bagarre est inévitable, il faut frapper le premier. » Il faut croire qu’il continue d’espérer qu’une entente puisse être possible. Pour le moment, ses partenaires occidentaux continuent leur double jeu. Poutine le sait, mais il sait  également que ce double jeu finira par avoir raison d’eux.  Poutine est de moins en moins seul et ses adversaires de moins en moins crédibles.

Oscar Fortin


Le 2 mai 2016