PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

samedi 15 août 2015

VOL MH17 ET LES DESSOUS D’UNE ENQUÊTE TRONQUÉE









En juin dernier, l’ébauche des résultats de l’enquête sur les causes de l’écrasement du  vol MH-17 malaisien a été remise, selon leurs auteurs, à l’OACI et aux pays concernés par cette enquête. Chacun est invité à en prendre connaissance et à formuler, le cas échéant, ses commentaires. L’objectif étant de rendre public ce Rapport en octobre prochain, après avoir pris connaissance des commentaires et d’en avoir intégré les éléments jugés les plus pertinents.


Il importe de noter que les pays qui intègrent le groupe chargé d'enquêter sur l’écrasement du Boeing sont la Malaisie, les États-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, l'Australie et les Pays-Bas. Ce dernier est celui qui dirige cette enquête. Il est curieux que ces pays qui intègrent, par leurs spécialistes et techniciens ce groupe d’enquêtes, n’aient pas encore en main toutes les données de cette enquête ayant servi à la rédaction de ce Rapport.

La Résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations Unies

Pour bien comprendre le déroulement de cette enquête, il faut replacer à sa base cette Résolution 2166 du Conseil de sécurité des Nations Unies, votée à l’unanimité le 21 juillet 2014. Elle constitue la référence principale qui détermine l’encadrement et les objectifs d’une enquête internationale qui soit exhaustive, minutieuse et indépendante, conformément aux directives de l’aviation civile internationale (OACI).

Au point 4 de cette résolution, les membres du Conseil de sécurité apprécient le fait que l’Ukraine travaille déjà en concertation avec l’OACI (…) et engage tous les États à fournir, sur demande, une assistance pour les enquêtes civiles et judiciaires relatives à cet incident.

Au point 13, les membres se réjouissent que le Secrétaire général ait offert la coopération pleine et entière de l’Organisation des Nations Unies dans le cadre de l’enquête susmentionnée, et les prie de déterminer les options possibles pour l’appui de l’Organisation à cette enquête et de lui faire rapport sur les faits nouveaux pertinents.

Voilà donc le mandat et le cadre dans lequel le Conseil de sécurité des Nations Unies souhaite que se réalise cette enquête importante sur les causes de l’écrasement et les responsables qui en sont à l’origine.

Le jour même de l’adoption de la Résolution 2166, Kiev se préparait déjà à confier le mandat de l’enquête, non pas à l’OACI, comme le suggère la Résolution 2166 et la Convention de Chicago, mais aux Pays-Bas.

Faut-il voir dans la déclaration du Président de l’OACI, en date du 23 juillet, un rappel à Kiev du rôle de coordination que son organisme se doit d’assumer dans cette enquête?

À  la lumière de la Résolution 2166 : les dérives que nous pouvons noter.

À peine votée cette résolution 2166 du C.S. , Kiev s’est délestée de l’OACI pour confier la coordination de l’enquête au gouvernement des Pays-Bas. Cette décision se comprend mal à partir de cette volonté des membres du C.S. pour que cette enquête se réalise sous la coordination et en concertation avec l’OACI.

POURQUOI cette mise à l’ombre de l’OACI, renvoyée à un rôle secondaire et sporadique?

Début août, quatre pays du groupe d’enquêtes signent un pacte de confidentialité. Il s’agit de l’Ukraine, des Pays-Bas, de l’Australie et de la Belgique. Faudrait-il y voir une certaine présence de l'OTAN dont le siège est justement à Bruxelles? On se souviendra que les témoignages  de la présence d'avions militaires dans les parages du vol MH-17 pouvait répondre à certains ordres de l'OTAN

POURQUOI ce pacte de confidentialité dont l’élément essentiel est qu’aucune information ne saurait être transmise sans l’accord des quatre et que vient faire la Belgique qui ne fait même pas partie du groupe de pays qui intègrent le groupe chargé de l’enquête?

Certains pays dont les États-Unis et l’Ukraine se refusent de transmettre au groupe de pays impliqués dans l’enquête tous les documents sollicités par l’un ou l’autre de ces pays. Par exemple, l’intégralité des boîtes noires tout comme celle des bandes contenant les échanges entre la Tour de Contrôle et les pilotes n’ont pas été remises à la Russie. Il en va de même pour les photos satellites dont disposent les États-Unis lesquelles ne sont pas remises aux enquêteurs et aux pays membres. Les Pays-Bas refusent de déclassifier des documents.

POURQUOI cette mise à l’écart de la Russie, membre de plein droit du groupe d’enquêtes et pourquoi ces restrictions à l’information alors que le C.S. souhaite une enquête exhaustive, minutieuse et indépendante ?

Certains chercheurs indépendants qui poursuivent leur enquête sur le terrain trouvent certains objets de nature à avoir une incidence sur l’enquête. C’est, entre autres, le cas d’un chercheur qui a trouvé une pièce très importante pouvant permettre de découvrir des informations déterminantes sur les causes de l’écrasement. Il raconte son histoire ici.

On relève également le fait que les responsables de l’enquête n’ont fait à ce jour aucune démarche auprès des fabricants des missiles et lances missiles dont on soupçonne être l’arme utilisée pour attaquer l’avion civil.  Je vous invite à lire cet article d’un avocat canadien portant sur cette enquête.

POURQUOI ce refus de preuves potentielles et pourquoi cette omission de consultation auprès du principal fabricant de ces armes?

Cette liste d’irrégularités pourrait sans doute s’allonger encore plus, de nombreux autres faits y sont relevés ici et là, mais déjà, ceux signalés plus haut suffisent pour nous convaincre que cette enquête est loin de ce qu’en dit la Résolution 2166 à l’effet d’être exhaustive, minutieuse et indépendante. Quant à la transparence, inutile d’en parler, elle n’y est tout simplement pas.

Dans le cas de cette enquête , on ne peut qu’être d’accord avec la position de la Russie qui veut une enquête exhaustive et transparente, ne laissant rien au hasard et agissant en toute indépendance d’influences politiques.

À ce sujet, nous avons tous intérêt à prendre connaissance des propos du ministre des relations extérieures de Russie, portant spécifiquement, dans sa première partie, sur cette enquête.

La saga de cette enquête n’a pas fini de nous surprendre et risque de se perdre dans la nuit des temps. Trop d’éléments demeurent en suspens et tout laisse croire que ceux qui en ont le contrôle s’assureront à ce la seule vérité qui en résulte soit celle qu’ils auront initialement programmée. 


Oscar Fortin
Le 15 août 2015

mercredi 12 août 2015

FIDEL: LA FRAICHEUR D’UN HOMME AUTHENTIQUE




Né un 13 août 1926, Fidel Castro célèbre ses 88 ans avec la même simplicité et authenticité qui l’ont accompagné toute sa vie. Celui que la revue Fortune avait présenté à plusieurs reprises, mais en vain, comme un des hommes les plus riches du monde vit tout simplement dans une petite résidence à la Havane. C’est là qu’il reçoit, à l’occasion, des chefs d’État, des personnalités politiques, des écrivains et des artistes. Tous et toutes sont honorés d’être reçus par celui qui a renversé le dictateur Batista et donné naissance à une révolution que l’Empire n’a pu vaincre avec ses interventions armées, ses centaines de millions de dollars pour corrompre, créer des épidémies, susciter des actes criminels et un blocus économique défiant toutes les règles du droit international. Il aura été également la  Cible de plus de 638 tentatives d’assassinat,  il est toujours là pour partager ses réflexions sur le monde et les conflits qui en menacent l’existence. Vous trouverez à travers les divers sujets traités la fraicheur d’une sagesse qui repose tout à la fois sur un vécu intense, une intelligence exceptionnelle et un humanisme qui ne se dément pas.


Peu d’hommes d’État, des 50 dernières années, peuvent se présenter avec autant de consistance et de fidélité à certaines valeurs fondamentales relatives aux personnes et auxsociétés.

L’insistance mise par la Révolution sur l’éducation et la santé est un premier indicateur de la valeur accordée à la personne humaine. De fait, sans éducation et sans la santé, les personnes demeurent vulnérables à la manipulation et à l’isolement. Elles ne peuvent assumer les responsabilités dont elles ignorent les avenants et les aboutissants. Depuis longtemps, Cuba est libre d’analphabétisme et son système d’éducation fait l’envie de nombreux pays de la région. Quant à son École de médecine, sa réputation n’est plus à faire.  Cuba est le pays qui dispose du plus grand nombre de médecins par mille habitants. Il fallait le faire en dépit et à l’encontre de toutes les contraintes mises sur sa route tout au long de ces 50 années.

Un second volet qui caractérise la Révolution cubaine est celui de la solidarité nationale et internationale. Nous connaissons de plus en plus les interventions de Cuba dans diverses régions du monde. Il n’y va pas avec des fusils pour y faire la guerre, mais avec des ressources humaines pour y apporter éducation et santé. Cette coopération n’est d’aucune manière conditionnée aux idéologies des pays où professeurs et médecins se rendent. Il en est de même pour l’ouverture de l’École de médecine à de nombreux étudiants étrangers, y compris des États-Unis. Dans la grande majorité des cas, Cuba assume les frais de formation de ces jeunes trop démunis pour payer cette formation, mais suffisamment intelligents et habiles pour en maitriser les connaissances et leurs applications. Ils sont des milliers, aujourd’hui, oeuvrant dans leurs pays respectifs auprès des populations les plus défavorisées. Ce qui a fait dire à l’ex Président de l’Assemblée générale des Nations unies, Miguel D’Escoto, que Fidel Castro était sans nul doute le personnage le plus solidaire des causes humaines. Chez lui, la solidarité s’écrit par des actions et des engagements.

« Nous vivons le meilleur moment de l’histoire d’Amérique latine, un moment durant lequel le rêve de Bolivar, de Morazán et de Martí ne sont plus un simple rêve, mais s’est transformé en un projet réalisable dans lequel nous pouvons nous engager. Pourquoi ce moment-ci? Je crois que nous sommes en train de voir les fruits de l’exemple et de la lutte de Fidel, diabolisé par l’Occident pour avoir prêché la solidarité. Fidel ne l’a pas seulement prêchée, il a prêché par l’exemple. Pour moi, et cela je le dis aux Nations unies, il est le héros mondial de la solidarité. »

Dommage que nos politiciens et médias continuent à le diaboliser et à taire ses réflexions et commentaires sur ce que vit le monde d’aujourd’hui. N’importe, les peuples savent le reconnaître et  de plus en plus de dirigeants s’en approchent pour y puiser conseils et sagesse. Son influence déborde les frontières de Cuba et rejoint les peuples de l’Amérique latine, d’Afrique et plusieurs du Moyen Orient et d’Asie.

Quelque part, les forces porteuses de vérité, d’authenticité et de consistance en arrivent toujours à percer les nuages du mensonge, de la manipulation et de l’incohérence. Peu d’hommes d’État peuvent rivaliser avec la stature de cet homme toujours porteur d’un message de solidarité, d’humanité et de fraicheur.

Fidel, bon 89ième anniversaire. Tu demeures pour bien des peuples et de nombreux dirigeants un phare qui éclaire sans éblouir et qui guide sans dévier de la voie à suivre.


Oscar Fortin
Québec, le 13 août 2015

Quelques liens en français :






FIDEL: L'HOMME QU'ON VOUDRAIT VOIR MORT


JEUDI 13 août 2015






Incroyable destin que celui de ce fils de propriétaire terrien, devenu avocat, puis révolutionnaire en la Sierra Maestra, au début des années 1950. Cible de plus de 635 tentatives d’assassinat, il est toujours là, simplement là, au sommet de ses 88 ans, avec une plume qui lève les ombrages, dissipe les malentendus, pourfend l’hypocrisie, le mensonge et interpelle la conscience de toute personne de bonne volonté. Il est également là, simplement là, accueillant chefs d’État, intellectuels, croyants et non croyants. Il écoute, questionne, réfléchit et discute. Qui est-il donc cet homme que nos médias présentent toujours comme l’homme à abattre, l’ennemi numéro un des droits humains? Ici, en compagnie de Ban Ky-Moon, Secrétaire général des Nations Unies.

Il est et continue toujours d’être ce jeune cubain brillant, de famille aisée, converti, dès sa jeunesse, au drame des injustices qui accablaient alors des millions de cubains et de cubaines, toujours enchaînés à un système d’exploitation et de domination qui en faisait plus des bêtes de somme que des êtres humains. La nouvelle dictature de Batista, dominant la vie politique, économique et sociale, ne faisait que raffermir cette situation en y ajoutant son lot de corruption et de répression. Dans sa défense, en octobre 1953, lors du fameux procès faisant suite à l’attaque de la Moncada, il a ces paroles qu’il adresse à ses accusateurs et au jury: « Si en vos âmes il y reste un brin d’amour pour la patrie, d’amour pour l’humanité, d’amour pour la justice, alors écoutez-moi avec attention. Je sais que l’on me forcera au silence pendant de nombreuses années; je sais que l’on cherchera par tous les moyens possibles à taire la vérité; je sais que l’on fera tout pour qu’on m’oublie. Mais ma voix ne s’éteindra pas pour autant : elle recouvre d’autant plus de force dans ma poitrine que quand je me sens seul et elle trouve dans mon cœur toute la chaleur que les âmes orgueilleuses ne peuvent ressentir. » (Traduction libre : La Historia me absolvera, p.33) Cette prédiction, qu’il faisait en pensant aux années de prison qui l’attendaient et aux efforts déployés par ses adversaires pour que « son message » tombe dans l’oubli, deviendra la prédiction de ce que sera toute sa vie : prisonnier d’une désinformation des plus persistantes faisant de lui, faute de pouvoir en effacer le souvenir, un monstre d’humanité.

Mais voilà que l’Histoire prend sa revanche et nous livre de plus en plus l’étoffe de l’homme, ses véritables traits de révolutionnaire, sa passion pour une Humanité ouverte et non refermée, sa préoccupation pour l’éducation et la santé, sa conviction profonde que le développement passe par la solidarité et se nourrit de justice, de vérité, de compassion, de fraternité. Nous sommes loin de ces dictateurs qui ont occupé les premières places de la vie politique de ce Continent et qui ont semé la terreur auprès des plus démunis et la corruption auprès des plus opportunistes. Ce n’est pas pour rien que les victimes de ces régimes se reconnaissent de plus en plus dans ceux qui, comme eux, ont connu cette terreur. Rien de surprenant qu’ils trouvent en Fidel ce rocher qui a résisté aux tsunamis médiatiques et terroristes des plus variés pendant autant d’années sans perdre pour autant ce qui le rend si humain : sa simplicité et son humilité.

Il fut un temps où la Revue Forbes classait Fidel Castro parmi les hommes les plus riches de la planète. En 2006, je crois, il a mis tous ses détracteurs au défi de trouver un seul dollar de cette fortune dans quelque banques ou paradis fiscaux d’où qu’ils soient. « Si vous en trouvez un seul, je donnerai sur le champ ma démission comme Président de Cuba. » Une aubaine pour ses détracteurs. Depuis le temps qu’ils voulaient s’en débarrasser, l’occasion était belle et surtout facile, à en croire la revue Forbes, d’y arriver sans avoir à le tuer. Mais, il semble que les recherches n’aient pas donné les résultats attendus, puisqu’il est demeuré à son poste jusqu’à sa maladie en 2008 et que nous n’avons plus jamais réentendu parler de cette soi-disant fortune.

 Ce n’est pas tout. On évalue à plus de 95 milliards de dollars, les pertes encourues par Cuba en raison du Blocus économique qui perdure depuis plus de 50 ans. L’objectif recherché est que la Révolution cubaine soit un fiasco. Là encore, Cuba, tout en étant un pays très pauvre et en dépit des écueils semés sur sa route, a pu sortir, grâce à sa révolution, de la dépendance et se doter d’un système d’éducation et de santé qui fait l’envie de bien des pays développés.

Chez lui, la solidarité fait partie de son destin. Il est actuellement un des plus actifs pour aider son voisin d’Haïti, victime de ce terrible tremblement de terre qui l’a secoué en janvier 2010. Avec ses 350 médecins y de nombreux éducateurs ils apportent assistance, supportent et accompagnent ce peuple courageux à se relever et à se reprendre en main. Pourtant, Cuba et Haïti ont eu longtemps la même histoire, le même destin d’esclaves. Il y a 55 ans et plus, ils étaient tous les deux sous la gouverne de dictateurs. Les populations vivaient en grande majorité sous la dépendance et l’esclavage. Que s’est-il donc passé pour que leur destiné ne les ait pas conduit au même endroit? Pendant que des milliards $ étaient régulièrement dépensés pour que la révolution cubaine échoue, des milliards d’autres étaient investis en Haïti, soit disant, pour assurer son développement. Nous en voyons, aujourd’hui les résultats. Qui, des deux systèmes, a permis les meilleures conquêtes humaines et institutionnelles? Qui compte le plus de morts violentes tout au long de ces 55 ans ?

Ce bref rappel est un devoir de justice et d’humanité à l’endroit de cet homme que déjà l’Histoire reconnaît comme un des plus grands des 60 dernières années et sans doute qu’elle proclamera un jour comme le Père de la seconde indépendance des pays de l’Amérique Latine et des Caraïbes. N’en déplaise à ses détracteurs, sa mémoire survivra à tous ces présidents et dictateurs qu’ils auront soutenus et corrompus, durant toutes ces années, pour mieux régner.

La flamme que porte Fidel en sa poitrine est toujours aussi chaleureuse et forte que celle qu’il évoquait dans ses premières années de lutte. La vérité, comme la lumière avec l’obscurité, finit toujours par faire reculer les frontières des ombres et du mensonge.

À cet homme je souhaite, en ce jour, un joyeux 89 iè anniversaire de naissance et longue vie.

Oscar Fortin

13 août 2015

http://humanisme.blogspot.com