PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mercredi 16 août 2017

LA DÉMOCRATIE VÉNÉZUÉLIENNE VS LA DÉMOCRATIE ÉTASUNIENNE

Assemblée nationale constituante vs Collège des grands électeurs



Le vice-président des États-Unis, Mike Pence, en tournée dans certains pays de l’Amérique latine, dont l’Argentine, la Colombie, le Pérou, le Chili, a convoqué tous ces pays et leurs alliés du monde à faire pression par tous les moyens économiques et politiques en vue de ramener le  Venezuela sur la voie de la DÉMOCRATIE. Une alternative à l’intervention militaire directe des États-Unis au Venezuela à laquelle le président Trump a fait référence ces jours derniers.

«Il faut accentuer la pression diplomatique et économique sur le régime de Nicolas Maduro au niveau continental, mais aussi mondial… Le Venezuela connaît une tragédie de dictature. Le peuple vénézuélien souffre et meurt. Il y a beaucoup de pauvreté et aucun accès à la nourriture et aux médicaments."

Ce portrait sur le Venezuela que proclame Mike Pence est fait sur mesure pour justifier aux yeux du monde le grand mérite des États-Unis à se soucier du bien-être des peuples ainsi que de leurs droits à une démocratie qui les représente vraiment. Il n’a aucun intérêt à déclarer que depuis des années, les É.U. investissent des millions de dollars, non pas pour alimenter le peuple, mais pour mettre hors-jeu cette révolution socialiste et anti-impérialiste, amorcée par Hugo Chavez, en 1998. Washington n’a d’yeux pour le Venezuela que pour y voir les immenses réserves de pétrole et les riches mines, dont celle de l’or. Son discours sur la démocratie et la misère du peuple en fait un grand humaniste, alors que celui sur ses ambitions politiques et économiques en ferait un grand prédateur. Ses conseillers en communication lui suggèrent de parler plutôt du premier et de taire le second.

Les guerres économiques et les sanctions sont devenues, avec l’art de la désinformation, les principales armes pour renverser un régime qui n’est pas à la hauteur des attentes de l’oncle Sam. Je recommande cet excellent article sur ce que sont ces guerres économiques contre le Venezuela que vous trouverez sur le site Le grand soir. Les premières victimes de ces guerres économiques sont les populations qui vivent au quotidien leur dépendance aux biens essentiels de la vie : alimentation, médicaments, etc. Ce dont le vice-président déclare être de la responsabilité d’un régime en faillite demeure en grande partie le produit de ces guerres économiques. C’est ce qu’on a fait et continue de faire avec Cuba en maintenant l’embargo économique qui dure depuis plus de 50 ans et c’est également ce qu’on a fait avec le Chili d’Allende dans les années 1970.

QU’EN EST-IL DE LA DÉMOCRATIE DE CES DEUX PEUPLES : ÉTATS-UNIS ET VENEZUELA ?

Ces deux pays se réclament de la démocratie, de celle qui comporte, entre autres, des élections générales et la participation de plusieurs partis politiques. 


Aux États-Unis, ces élections au suffrage universel à la présidence se réalisent tous les quatre ans. Deux partis politiques s’imposent, année après année, comme alternance de choix à l’électorat étasunien. Toutefois, ce que le grand public ne sait pas toujours c’est que le dernier mot pour l’élection d’un Président appartient au Collège des grands électeurs, au nombre de 538, choisis par les deux grands partis politiques, Démocrate et Républicain, et par le Président.  Ce choix se fait sur la base de divers facteurs, dont celui du taux de population de chaque État, de celui des sénateurs et députés élus dans chacun d’eux. Le candidat élu à la présidence par le vote universel doit l’être également par le vote d’au moins 270 de ces grands électeurs. Il s’agit, pratiquement d’un filtre protecteur contre les candidats qui ne répondraient pas aux attentes des grandes élites de la Nation. Ce fut le cas, entre autres, en 2000 du candidat Al Gore,  qui avait obtenu la majorité de votes des électeurs et électrices. Il a dû laisser la place à GW. Bush pour qui le Collège des grands électeurs a accordé les 270 voix nécessaires, plus une.

Il s’agit d’une démocratie représentative que je qualifierais de néo-libérale et entièrement sous contrôle des ÉLITES qui dirigent l’État profond. Le peuple a son mot à dire, mais il n’a pas le dernier mot.

Au Venezuela, les élections présidentielles se réalisent tous les six ans. De nombreux partis politiques s’y présentent, souvent dans le cadre d’une coalition des partis d’opposition. Le candidat qui obtient la majorité de voix est celui qui assume de fait la présidence pour les six prochaines années. Seul le Conseil national électoral a autorité pour donner les résultats officiels dont les données reposent sur un système électronique et informatisé que le président Carter a déjà qualifié de meilleur au monde. Une fois, les contrôles faits, le président officiellement reconnu comme ayant reçu le plus de votes devient Président du Venezuela pour les 6 prochaines années. Ce même système est utilisé pour les élections des gouverneurs, des maires, des députés. Il n’y a pas de filtre pour éviter l’élection de candidats non désirés. En 2007, Chavez a perdu son référendum sur le changement de certains articles de la constitution et il a perdu par une mince différence d’avec les opposants à cette réforme. Il a accepté ces résultats sans mettre en doute le CNE. En 2015, l’opposition a gagné les élections législatives et le gouvernement en a respecté les résultats.

QU’EN EST-IL DONC DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUANTE ?


La constitution, rédigée à l’arrivée de Chavez au pouvoir, en 1999, comporte plusieurs nouveautés. D’abord, elle fut rédigée en étroite collaboration avec le peuple par une assemblée constituante la plus représentative possible de la mosaïque du peuple. Cette constitution intégra cette nouvelle appellation de démocratie participative. Le peuple devient, pour ainsi dire, la référence première pour l’ensemble des activités de l’État et il est inscrit à travers divers mécanismes pour avoir en tout temps son mot à dire. Y figure également, comme nouveauté, l’inscription des dispositions pour un référendum révocatoire de tout élu qui ne répondrait pas aux attentes du peuple. En 2004, Chavez a été soumis à un tel référendum qu’il a gagné avec 58.9% en sa faveur. En 2015, l’opposition au président Nicolas Maduro a voulu utiliser cette disposition constitutionnelle, mais elle n’est  pas parvenue à compléter les prérequis nécessaires pour y donner suite. Dans cette même constitution est prévue qu’une Assemblée nationale constituante pourra être convoquée, en tout temps,  selon les dispositions prévues aux articles 347,348 et 349 de la Constitution. C’est ce qu’a fait le président Maduro, le 1er mai 2017, dans un contexte de violence dans le pays et de non-respect des divers pouvoirs entre eux. La particularité de cette convocation se situe dans la sélection de ceux et celles qui feront partie de cette ANC.

« Une Constituante citoyenne, et non pas une Constituante des partis ni des élites, une Constituante ouvrière, communale, paysanne, une Constituante féministe, de la jeunesse, des étudiants, une Constituante indigène, mais surtout, mes frères, une Constituante profondément ouvrière, profondément communale. »


Tous les intéressés, peu importe leurs appartenances politiques, économiques et sociales, pourront soumettre leur candidature. Ils devront toutefois dans un délai de 3 à 4 semaines compléter une liste de personnes les soutenant dans leur projet de représentants (tes). Ils furent plus de 50 000 à exprimer leurs intentions de faire partie de cette ANC. Après les délais pour les signatures d’appuis, ils se retrouvèrent réduits à environ 6 000 pour occuper 545 postes. Ce choix sera fait lors d’une élection universelle, secrète et directe, à laquelle tout citoyen et citoyenne dont le statut d’électeur et d’électrice est conforme aux normes du CNE, sera en droit de voter. Seul le vote du peuple donnera consistance à cette ANC qui disposera d’un pouvoir plénipotentiaire  sur tous les autres pouvoirs. Chaque élu ne répond avant tout que pour le secteur pour lequel il a été élu. Elle sera d’une durée de 2 ans et la constitution renouvelée sera soumise par Référendum au Peuple vénézuélien.

Le 30 juillet dernier, il y a eu élection et plus de 8 089 023 millions de personnes, dans des conditions de violence et de menace de la part d’une opposition en furie, sont parvenues aux urnes pour y déposer leur vote. Dans les circonstances, le taux de participation de plus de 41% est considéré comme un grand succès. Certains analystes calculent que plus de trois autres millions n’ont pu se rendre aux urnes en raison des menaces que l’opposition violente faisait planer sur leur famille, leurs enfants, leur maison qu’elle mettrait à feu. Il importe de signaler que l’opposition avait indiqué à ses membres de ne pas aller voter.

Vue sous cet angle, la démocratie participative rejoint davantage les intérêts du peuple que ceux des élites politiques et économiques. En ce sens, elle répond également mieux à la notion de démocratie, pouvoir du peuple pour le peuple, que ce n’est le cas de la démocratie représentative dont l’intérêt prédominant est celui des élites.

Pour conclure, je dirais que lorsque les élites perdent le contrôle du processus électoral dans son ensemble et qu’ils se retrouvent sans « filtre » pour se défaire des indésirables, elles parlent alors de dictature et de totalitarisme. Ces élites n’ont pas l’habitude d’être soumises à la volonté des peuples. Elles ont plutôt l’habitude de s’imposer aux peuples.

En somme, un peuple qui s’impose à travers ses institutions dont c’est actuellement le cas avec l’Assemblée nationale constituante et la démocratie participative répond davantage à la définition de la démocratie, pouvoir du peuple pour le peuple. Dans le cas des démocraties représentatives, les peuples sont là pour voter et les élites pour contrôler la sélection des candidats ainsi que le résultat des scrutins sur lequel ils peuvent intervenir sans scrupule pour les ajuster à leurs attentes. Dans le cas des États-Unis, le Collège des grands électeurs assure ce contrôle final.

Le Vice-président des États-Unis ainsi que l’opposition oligarchique du Venezuela voudraient bien transformer la démocratie participative du peuple pour le peuple par cette démocratie représentative qui les sert si bien en tant que maître de cette dernière.


Oscar Fortin
Le 16 août 2017





samedi 12 août 2017

RÔLE DE L’ÉPISCOPAT VÉNÉZUÉLIEN DANS LA CRISE QUE VIT LE PAYS






Si nous nous en tenions à ce que notre presse officielle nous raconte sur le Venezuela, nous en serions à n’y voir qu’un dictateur sanguinaire, qui prend plaisir à faire souffrir son peuple en le privant de nourriture et de médicaments. Un peuple, finalement, au plus bas de la misère humaine, avec des ressources en pétrole et en minerais comme pas un au monde. Qui, devant un tel tableau, ne crierait pas au scandale et à une intervention de la communauté internationale pour mettre fin à un tel génocide. Déjà les États-Unis, ces gardiens fiables du respect des droits des personnes et des peuples dans le monde se disent prêts à une intervention militaire si nécessaire. Nous savons ce dont ils sont capables de faire: l’Irak, la Libye, la Syrie, l’Ukraine en sont de bons exemples. Avec des bombardements humanitaires, ils ont fait plus d’un million de morts en Irak, des centaines de milliers en Libye et tout autant ou sinon plus en Syrie.

MAIS QU’EN EST-IL VRAIMENT ?

Le Venezuela vit sous un régime de droit démocratique à laquelle sont invités à participer toutes les composantes de la société. Il est un des rares pays de s’être donné une constitution en y faisant participer des représentants de tous les milieux. En 1999, cette Constitution était validée par un vote référendaire majoritaire. Sa particularité est qu’elle définit  sa révolution dans le cadre d’un projet où la démocratie représentative, propre au néolibéralisme, est caractérisée par une démocratie participative à l’intérieur de laquelle le pouvoir du peuple a toujours un espace pour faire valoir son point de vue. Par exemple, le peuple, moyennant certaines conditions prévues à la Constitution, peut décider d’un référendum révocatoire pour déloger un président  ou n’importe quelle personne en autorité, s’il le juge nécessaire. Cette révolution se définit également dans le cadre d’un socialisme du XXI, inspiré des valeurs de Bolivar, le père de l’indépendance, et d’un humanisme qui rejoint sous bien des aspects la doctrine sociale de l’Église. Il s’agit également d’une révolution anti-impérialiste au sens ou le peuple et l’État sont souverains et n’ont de compte à rendre à aucun autre État qui se réclamerait de sa supériorité pour en faire un vassal.


Dans pareil contexte, pas surprenant que ceux qui ont toujours considéré l’Amérique latine et les Caraïbes comme leur Cour arrière l’aient mal pris, d’autant plus que le Venezuela regorge de pétrole, comme pas un pays au monde, et de riches minerais, dont l’or, en grande quantité. Cette révolution s’est amorcée par des élections libres, réalisées en 1998, lesquelles ont porté au pouvoir le charismatique Hugo Chavez. Dès le départ de ce nouveau règne, les forces de l’empire, jointes à celles des oligarchies nationales et de l’épiscopat vénézuélien, font front commun pour faire de cette révolution un échec, de quoi faire réfléchir les autres peuples à ne pas aller dans cette direction.

En avril 2002, il y eut un coup d’État militaire qui n’aura duré que quelques heures, le temps que le peuple et une partie de l’armée, restée fidèle au Président, se mobilisent spontanément pour venir à la rescousse de leur Président et pour y chasser les envahisseurs complotistes au milieu desquels se trouvait le cardinal de l’époque. Il y a eu, en 2004, un référendum révocatoire contre Chavez que ce dernier a gagné haut la main. L’offensive des adversaires a maintenu la pression avec des sabotages orchestrés pour affecter sérieusement l’industrie pétrolière et l’économie dans son ensemble. 

Le 5 mars 2013, Chavez meurt d’un cancer dont l’origine criminelle nous sera révélée un jour. On pensait qu’avec la mort de Chavez tout allait s’écrouler et que la vie normale de l’Empire allait reprendre ses fonctions de grand patron, mais tel ne fut pas le cas. C’était ignorer le peuple vénézuélien et son niveau de conscience sociale, politique, économique et militaire.

En novembre 2013, des élections à la présidence ont lieu et tout fut mis par les forces de l’opposition pour que le candidat de la révolution ne puisse gagner. Malheureusement pour eux,  Nicolas Maduro, candidat suggéré par Chavez, avant sa mort, a gagné cette élection avec 200 000 voix de plus que son adversaire, un certain Henrique Capriles, bien connu pour ses interventions criminelles à l’ambassade de Cuba, lors du coup d’État militaire de 2002. Il est également reconnu pour être un homme clef de Washington.


Celui que les médias officiels de l’Empire appellent le dictateur, n’est autre que ce Nicolas Maduro Moros, né un 23 novembre 1962 à Caracas, ancien chauffeur de bus puis leader syndical, il fut secrétaire d’État pour les relations extérieures sous la gouvernance de Chavez.  Il fut élu président, conformément aux dispositions de la constitution, par le peuple pour présider les destinées du Venezuela jusqu’en 2019. Inutile de dire que lui, pas plus que Chavez, n’a connu de répit. Il est vite devenu l’homme à abattre. Ce fut la mise en place d’une guerre économique, comme seul l’empire sait les préparer, en vue d’affecter directement les secteurs les plus démunis et une partie importante de la classe moyenne. L’objectif est de créer le plus de mécontentement dans la population par ces mesures de rationnement, en nourriture et en médicaments, voulues et planifiées par les forces de l’opposition dans le but d’en rendre responsable le gouvernement et de créer ainsi le rejet de cette révolution qui se révèle être un grand échec. Les médias s’acharnent à relever ces  files d’attente insupportables et à en accuser le gouvernement de crimes contre le droit des personnes à une alimentation saine. Il faut dire qu’au Venezuela, les médias privés de communication sont nombreux et bien encadrés par les oligarchies locales. À ce climat de désespérassions,  les forces de l’opposition ont ajouté des actes de violence que l’on présentait au national et à l’international comme étant des soulèvements du peuple qui n’en pouvait plus de cette révolution.

En 2015, il y a eu des élections législatives qui, pour une fois, assurèrent la majorité à des députés  de l’opposition. Contre mauvaise fortune, le gouvernement fit bon cœur et accepta sans questionnement les résultats de l’élection. Toutefois, les choses se gâtèrent lorsque le nouveau président de l’Assemblée nationale, Ramon Allup, déclara dès ses premiers mots que le sort de l’actuel président était décidé et qu’il ne serait plus là dans six mois. Une manière offensante de s’arroger un pouvoir qui n’appartient d’aucune manière à l’Assemblée nationale. Entre temps, le Conseil national électoral (CNE) a identifié trois députés, de la banquette de l’opposition, ayant été élus frauduleusement. Le tribunal suprême de justice (TSJ) ordonna la mise en place des dispositions nécessaires pour procéder à de nouvelles élections pour remplacer ces trois députés, élus frauduleusement. Plutôt que de donner suite à cette décision du plus haut tribunal du pays, le président de la l’Assemblée nationale, assermenta ces trois députés n’y ayant pas droit. Ce fut par la suite  la procédure pour un référendum révocatoire qui n’aboutit tout simplement pas pour des motifs d’irrégularités. De cette manière, la majorité de l’AN se plaçait hors la loi et rendait inopérantes les décisions qu’elle pouvait prendre. Il faut dire que cette situation entraîna de nombreux autres problèmes. Le message de l’opposition a toujours été que le gouvernement était responsable de tout, que Maduro contrôlait le TSP, le CNE  et qu’il ne reconnaissait pas le pouvoir de l’A.N.

En avril dernier, plus de trois millions de Vénézuéliens et Vénézuéliennes se sont regroupés dans les rues de Caracas pour apporter tout leur soutien au président Maduro et lui rappeler que le peuple était avec lui.Il faut dire qu’à ce moment le président Maduro faisait l’objet de critiques sévères à l’interne comme à l’externe et que des actions violentes, financées à même l’opposition, dirigée depuis Washington, avaient commencé à faire passablement de dommage.  Pour remédier à cette situation de violence, le Président, invoquant les dispositions de Constitution, décide, le 1er mai,  de convoquer une Assemblée nationale  constituante dans le but de mettre un terme à cette violence. Le 30 juillet, seront jour d’élection de cette ANC qui comprendra 545 personnes, lesquelles disposeront d’un pouvoir plénipotentiaire sur tous les autres pouvoirs.

L’Épiscopat vénézuélien a été un des premiers à dire qu’il ne reconnaîtrait pas cette ANC, suivi de près par l’opposition. Pendant que les forces gouvernementales mobilisaient  les divers secteurs de la société pour donner forme à cette ANC, la violence, fomentée par l’opposition, allait en s’accentuant.

Plus de 50 000 personnes présentèrent leur intérêt à participer, comme représentantes à cette ANC. Sur ce nombre près de 6 000 candidats purent remplir, à temps, les formulaires requis. Le 30 juillet, l’élection s’est réalisée en dépit de tous les efforts déployés par l’opposition et ses alliés nationaux et internationaux pour que cette élection ne puisse se réaliser. Plus de 8 089 023 Vénézuéliens et Vénézuéliennes parvinrent aux urnes pour y déposer leur bulletin de vote. Des milliers ont dû traverser montagnes, rivières, vaincre la pluie et faire la file pendant des heures. Un moment magique d’un peuple qui marche debout, la tête haute, le cœur gonflé pour sa révolution et sa démocratie, clairement exprimée dans cette ANC plénipotentiaire.  Je vous laisse sur la déclaration de l’épiscopat vénézuélien à l’annonce de cette convocation.


 ASSEMBLÉE NATIONALE CONSTITUANTE DU VENEZUELA
30 JUILLET 2017

Il importe de signaler, ici, que ceux qui se proclament démocratiques ont tout fait, en ce jour, pour que le peuple ne puisse aller voter. Des milliers de témoignages ont été recueillis de personnes dont on  a menacé de brûler leur maison, de tuer leurs enfants.  En somme, des choses incroyables. Ce sont ces mêmes personnes qui diffusent mondialement le portrait du Venezuela que je vous ai tracé dans le premier paragraphe de cet article. Mentir, manipuler, menacer, font partie de la morale de ces gens.

C’est triste à dire, mais l’épiscopat vénézuélien fait partie de ces mensonges, de cette manipulation, de ces menaces et s’il y a guerre il fera partie de cette guerre.  L’opposition a beau jeu avec cet épiscopat de la bouche duquel ne sortira rien de négatif à son endroit. Il ne relèvera jamais la violence, les mensonges, les tricheries de cette dernière. Dans ses déclarations, il s’applique à rendre responsable le gouvernement de Maduro de tous les maux dont souffre le pays. IIl s’agit d’un épiscopat qui peut compter sur le Secrétaire général de l’État du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, ex-Nonce apostolique du Venezuela.

Cette alliance des intérêts du Vatican avec les intérêts de Washington peut se comprendre dans le cadre de deux Pactes qui les unissent l’un à l’autre.  Pour le Vatican, en la personne de Pietro Parolin, et pour l’épiscopat vénézuélien, il s’agit d’une lutte à finir contre le communisme et le marxisme qu’ils continuent de voir dans toutes les révolutions sociales.  Pour Washington, il s’agit d’une reprise du pouvoir perdu sur l’État vénézuélien et ses richesses. L’épiscopat et le Vatican, en voulant se débarrasser du soi-disant communisme marxiste, deviennent un allié de première main de Washington pour soutenir le capitalisme sauvage dont parle le pape François dans son Exhortation apostolique Evangelii Gaudium. Une autre des grandes contradictions d’une Église demeurée accrochée au siècle dernier pour les uns et déjà engagée dans le  XXIe siècle pour les autres.

Je vous laisse avec un texte portant sur ces deux pactes secrets du Vatican avec Washington.


Mon point de vue est que l’Église, l’authentique Église n’est plus avec ces hiérarchies ecclésiales, transformées en complices de pouvoirs que dénoncent les Évangiles et la Doctrine sociale de l’Église. En Amérique latine, aucun coup d’État ne serait possible si l’Église s’y opposait avec fermeté. Ce n’est évidemment pas le cas, Washington le sait et les peuples comptent de moins en moins sur cette Église contaminée par le pouvoir. Il retrouve en lui une Église vivante et confiante pour mener à bien sa destinée.

Pour ceux et celles qui se débrouillent en espagnol,  je recommande deux liens sur internet qui vous ouvrent les portes au Venezuela à deux centres de nouvelles télévisuelles qui vous diront ce que nos médias ne nous disent pas.



Oscar Fortin
Le 12 juillet 2017



mercredi 9 août 2017

DEMOCRACIA VERSUS POPULISMO




Se define la democracia como el “poder del pueblo por el pueblo” y el populismo, en su forma positiva, como la “Tendencia política que pretende atraerse a las clases populares” y en su forma negativa como manipulación y engaño del pueblo para llegar al poder. Es cierto que el uso de estos dos términos, democracia y populismo, disimula, en muchas ocasiones, realidades que no tienen mucho que ver con ellos. En el uso de estos dos términos podemos hablar de “caballo de Troya” en el cual se disimula las verdaderas intenciones de los que les utilizan.

La democracia que cuestiona  Alexis de Tockeville, hace mas de un siglo y medio,  trae con ella contradicciones profundas que vemos, hoy, con mucha mas claridad.

 “Y para el autor francés el antídoto más efectivo contra el individualismo es, sin duda, la participación en los asuntos colectivos. Si no se quiere que los hombres se retiren por completo a sus propios círculos domésticos, si no se quiere que se desvanezca por completo el espíritu público, habrá que enseñar a los hombres que por un ilustrado interés en sí mismos necesitarán ayudarse constantemente unos a otro, sacrificando una parte de su tiempo y riqueza al bienestar de la comunidad.

En lugar de tomar en consideraciones esas contradicciones, la democracia se ha desarrollado al no ver mas en el pueblo que el valor individual del votante. Lo importante es el voto y todos los medios a corto plazo para conseguirlo: promesas, manipulación, corrupción, engaño, todo esta permitido con tal que se llegue al poder del Estado. Una vez conquistado este poder, el pueblo pasa al secundo o tercero plano. El consumismo esta allí para entretener el individualismo y generar suficiente conflictos internos entre ellos para poder gobernar tranquilamente sin ser molestado por el pueblo.

Ya sabemos bastante de esta democracia, vuelta verdadero “caballo de Troya” dentro del cual se disimula todas las intrigas para que el pueblo no sea pueblo, sino puro votante. Lo alimentan con la corrupción, la desinformación, las mentiras. Le dan la ilusión que vive en plena democracia y que es él que tiene el poder.

El DESPERTAR DE LOS PUEBLOS

Con el despertar de los pueblos del Tercer-mundo y, en particular en América latina, el cuento de la democracia neoliberal empezó a perder credibilidad. La toma de consciencia  de esta realidad llevo a pueblos y lideres a reclamar verdadera “democracia” la del poder del pueblo por el pueblo. Denuncian el hecho que son captivos de esos grupúsculos que dirigen todo, se sirven en la caja del Estado y comparten, con otros grupúsculos, en la escalada internacional, las riquezas del pueblo. Realizan que Oligarquías y imperio andan mano en la mano y que los intereses del pueblo quedan lejos por atrás. Podríamos llamar esta democracia la dictadura de las elites.

En este contexto nacieron movimientos y partidos políticos  que denunciaron el engaño de esa democracia y que lograron movilizar suficiente de personas para entrar en el juego de la democracia neoliberal con el propósito de vencer los partidos de las elites.

En once ocasiones la democracia del imperio se vio derrotada por votos de pueblos encabezados por lideres que dijeron “basta”. El primero, fue Salvador Allende de Chile, en 1969. El secundo, fue Hugo Chávez Fría de Venezuela, en 1998, el tercero, fue Lula da Silva de Brasil, en 2002, El cuarto fue Néstor Kirchner de Argentina, en 2003, el quinto, fue Evo Morales de Bolivia en 2005, El sexto, fue Manuel Zelaya de Honduras, en 2005, el séptimo fue Rafael Correa del Ecuador, en 2007, el octavo, fue Fernando Lugo, de Paraguay,  en 2008., el noveno, fue José Mujica de Uruguay, en 2010. A ellos hay que añadir a Cristina Fernández que sucedió a su esposo como presidenta de Argentina, en 2007 y 2011, y Dilma Roussef que sucedió a Lula, en Brasil, en 2011.

Este despertar de estos pueblos no le gusto nada a las elites y al imperio. Allende fue victima de un golpe militar de una gran violencia, en 1973. Hugo Chávez fue también victima de un golpe militar, en 2002, pero en su caso, el pueblo con una parte del ejercito salieron para salvar a su presidente. Manuel Zelaya fue victima de un golpe militar, en 2009. Rafael Correa fue rescatada de un golpe militar, en 2010. Fernando Lugo es victima de un golpe de forma institucional, en 2012. Algo parecido sucedió con Dilma Rousseff, en Brasil, en 2016.  A todo eso podemos añadir lo que esta sucediendo en Venezuela,  victima de ataques de toda naturaleza de parte de las oligarquías y del imperio para lograr vencer la revolución bolivariana y volver a recuperar el control del Estado y  de sus riquezas.

Esos eventos dejan en claro que la democracia que se aparta del neo-liberalismo y del control del poder imperial, no es democracia para ellos sino dictadura alimentada por un populismo,  caracterizado, ante todo,  por  la manipulación y el engaño a través formas de corrupción como pueden serlo las políticas sociales que aventajan al pueblo como la salud, la educación, el alojamiento etc. Todas esas políticas no son mas que coberturas a la dictadura que se asegura así todos los poderes.

Yo termino de la forma siguiente: vivimos bajo dos dictaduras, la de las elites que mandan la democracia neoliberal y la de los pueblos que mandan la democracia socialista. En la primera las elites se juntan con el imperio para decidir de las constituciones y de las leyes, mientras que en la secunda, el pueblo se reúne en Asamblea nacional constituyente para decidir de su propio destino.

A mi juicio, la democracia, poder del pueblo por el pueblo, se encuentra mas en la dictadura del pueblo que en la de las élites.

Oscar Fortin

El 9 de agosto 2017