PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

mardi 23 octobre 2018

LA GUERRE TOTALE


VÉRITABLE SUICIDE COLLECTIF




Les armements dont disposent la Russie, la Chine, les États-Unis, entre autres, sont tels que leur usage détruira toute forme de vie sur terre. Lorsque Vladimir Poutine déclare qu’il ne sera pas le premier à utiliser ces armes, c’est qu’il sait que la réplique de ses adversaires se fera, à quelques secondes près,  du constat d’une attaque nucléaire. Par la même occasion, il déclare que la Russie n’hésitera pas un instant  à utiliser tout son arsenal nucléaire pour contrer une telle attaque de la part de quelque adversaire que ce soit. Il n’y aura ni vainqueurs ni vaincus,  tous et toutes mourront. La terre sera transformée en un enfer où toute vie sera anéantie. Pour Poutine, « «Nous, en tant que victimes de l'agression, nous irons au Paradis comme les martyrs, alors qu'eux [les agresseurs, ndlr], ils crèveront tout simplement, sans même avoir eu le temps de se repentir

Nous n’en sommes plus aux guerres qui se faisaient sur les champs de bataille avec, de part et d’autre, des centaines de milliers de soldats. Nous n’en sommes même plus à ces guerres qui comptaient sur leurs avions de chasse, leurs sous-marins, leurs porte-avions. Ces guerres conduisaient à des vainqueurs et à des vaincus, ce qui n’est plus le cas.

La guerre qui sera à l’origine de la destruction totale du monde sera celle de l’État profond de l’Empire pour qui dominer le monde est sa propre survie. Or, cet État profond de l’Empire a devant lui d’autres peuples, d’autres puissances qui ne souhaitent ni ne veulent se soumettre à ce dernier. L’alternative est que l’État profond de l’Empire se fasse harakiri pour redevenir un État avec les mêmes droits et devoirs que ceux de tous les États. Le monde d’aujourd’hui n’accepte plus un État-roi qui se situe au-dessus des lois.

On comprendra que les attentes des uns et des autres soient à la limite shakespearienne du « être ou ne pas être ». La confrontation,  entre les tenants d’un monde unipolaire, entièrement sous leur autorité, et ceux d’un monde multipolaire où peuples et nations seraient pleinement souverains et indépendants, laisse peu de place à des compromis. 

Nous en sommes là au niveau des alternatives radicales. Les guerres qui se font sur le terrain avec des armes modernes, sans usage du nucléaire, sont autant d’occasions d’évaluer l’adversaire, de l’amener à faire de faux pas, à créer de la diversion et à placer l’adversaire dans des conditions inconfortables. Plus vite que le tam-tam de la propagande occidentale en arrivera à diaboliser l’adversaire, plus vite la partie dominante de l’Empire pourra s’imposer aux belligérants. À ce jour, cette stratégie a permis de faire certains gains dans l’opinion publique, mais les principaux concernés par ces attaques ont décodé cette stratégie et ont mis au point les moyens nécessaires pour contrer ces mensonges et tricheries. 

L’exemple des soi-disant produits chimiques  qu’avait l’Irak a fait son chemin et la crédibilité des auteurs d’un tel mensonge  a chuté et l’opinion mondiale s’est immunisée contre de pareils mensonges. En Ukraine, en Libye, en Syrie l’avalanche des mensonges  a de moins en moins trouvée  preneurs, les réseaux sociaux, parvenant à démontrer les mensonges de ces fausses vérités. Malgré tous les efforts techniques et médiatiques pour contrer l’information alternative à ces montages de tout genre, la vérité des faits s’impose de plus en plus. Il faut en donner le crédit à tous ces réseaux sociaux et blogues de haute qualité qui dénoncent ces mensonges et viennent en renfort à la vérité des faits.

Les guerres en Ukraine, Syrie, Yémen n’ont pas donné les résultats escomptés de la part de l’Occident. Va-t-il franchir le pas d’une guerre en Amérique latine, ayant pour cible le Venezuela et le Nicaragua ? Les menaces d’une telle intervention se font entendre depuis plusieurs années. Les motifs sont nombreux, dont ceux reliés aux richesses de ces pays et au changement de régime de ces gouvernements socialistes. De telles interventions, dans l’état des choses, entraîneraient inévitablement l’intervention de la Russie et de la Chine qui ont des liens étroits avec chacun de ces deux pays et, qui plus est, ont des projets communs de grande importance.  Leur présence en Amérique latine ne ferait que reproduire, en partie,  celle que les États-Unis ont dans plusieurs pays d’Europe de l’Est  et en Asie.

Les bases militaires des États-Unis en Amérique latine sont nombreuses. Seulement en Colombie, pays frontalier du Venezuela, ils y en ont sept. 

La présence militaire de la Russie et de la Chine en Amérique latine est un couteau à deux tranchants. Pour les États-Unis et leurs alliés, ils auront tout l’espace voulu pour dénoncer cette présence non voulue par l’ensemble des pays de l’Amérique latine. Pour la Chine et la Russie, ce rapprochement permettra d’approfondir leurs liens avec certains pays de la région et rendra plus facile et rapide, le cas échéant,   toute intervention nécessaire aux États unis. De quoi permettre des négociations visant  le retrait des bases militaires étasuniennes en Europe et en Asie en échange du retrait de leur propre base militaire au Venezuela et au Nicaragua.

Dans le cadre d’un tel scénario d’invasion militaire au Venezuela et au Nicaragua les épiscopats catholiques des deux pays en auront été les complices directs.  Leur activisme politique, au cours des dernières années, en aura préparé la voie. En cela, ils peuvent compter sur la Conférence épiscopale latino-américaine (CELAM) et tout particulièrement sur l’épiscopat de Colombie qui se prête aux stratégies d’interventions de nature à discréditer dans l’opinion publique les gouvernements cibles. 

Si, en Ukraine, le Patriarche Philarète, chef de l’Église Orthodoxe, s’est fait grand défenseur du changement de régime et critique sévère de Poutine qu’il qualifiait alors de Satan,  quelque chose de semblable se réalise, présentement, au Venezuela et au Nicaragua. Toutefois, je ne  pense pas que cela conduise à un schisme dans l’Église catholique, comme ce fut récemment  le cas entre l’Église orthodoxe russe et l’Église orthodoxe ukrainienne. Le Vatican demeure toujours un allié discret de Washington et soutiendra à sa manière une telle intervention. Comme le dit le dicton : aucun coup d’État, aucune intervention militaire en Amérique latine ne serait possible sans l’appui de l’Église. Elle est partie intégrante du néo-libéralisme dont le grand maître n’est autre que l’Oncle Sam. Les sensibilités politiques et les interventions du pape François ne sauraient faire bouger l’État du Vatican sur ces liens préférentiels avec Washington. L’Exhortation apostolique Evangelii Gaudiumdu pape François, dénonçant le capitalisme sauvage, fut vite retournée à la filière 13, celle de l’oubli.


Oscar Fortin 


23 octobre 2018 

samedi 26 mai 2018

PAUVRE CANADA



DE LEADER QU’IL FUT IL PASSE À DÉLINQUANT INTERNATIONAL


On se souviendra du temps où le Canada était une référence de crédibilité internationale et de grand défenseur des droits inscrits dans la Charte des Nations Unies. Ce fut le cas sous les gouvernements de Lester B. Pearsonet de Pierre Elliot Trudeau. Le premier  a été honoré du Prix Nobel de la paix pour ses initiatives internationales, en tant que ministre des Affaires extérieures, visant à réconcilier les peuples et à faire respecter le Droit international.Le second a su se tenir debout face à un empire qui avait décidé d’en découdre avec Fidel Castro y sa révolution cubaine.  Le Canada, loin de bouder Fidel et sa révolution, a maintenu de solides relations d’amitié et de respect avec Cuba et son leader. La présence de Fidel Castro aux obsèques de P.E. Trudeau en dit long sur leurs liens d’amitié et de respect.

Le Canada, sous la gouverne de Justin Trudeau, fils de P.E. TRUDEAU, estdevenu un délinquant qui se retrouve sans crédibilité internationale. À la manière d’un vassal,  il suit les directives de Washington ainsi que la manipulation médiatique qu’il exige dans sa lutte de conquête contre le Venezuelapays démocratique et souverain. Il en oublie le droit international, lequel interdit toute ingérence étrangère non désirée dans les pays souverains et indépendants. Ce qui est le cas, entre autres, du Venezuela

Lors des élections présidentielles vénézuéliennes, du 20 mai dernier, le gouvernement canadien a refusé aux Vénézuéliens et Vénézuéliennes, résidants au Canada, d’exercer leur droit de vote.Pour un pays qui se dit promoteur de démocratie dans le monde, il est curieux, qu’il empêche ainsi les résidants vénézuéliens et vénézuéliennes d’exercer leur droit de vote à l’ambassade et aux divers consulats de leur pays. D’abord, le vote est un droit fondamental de la personne et en rendre son exercice impossible  va à l’encontre du droit international.À ceci, s’ajoute le fait que le gouvernement canadien a interdit au gouvernement du Venezuela d’installer ses équipements automatisés pour recevoir les votes de ses commettants vénézuéliens.L’inviolabilité des ambassades et consulats s’étend également aux biens et équipements dont la représentation diplomatique a besoin, pour mener à terme ses mandats. Nous connaissons tous l’inviolabilité des valises diplomatiques.Le Canada a tout simplement interdit l’entrée au pays des équipements nécessaires à l’installation des urnes dans l’ambassade et les consulats vénézuéliens. Il faut rappeler que cette coutume pour les représentations diplomatiques de faire voter leurs ressortissants est ce qu’il y a de plus normal. 

Comme si ce n’était pas suffisant, s’ajoute cette autre décision canadienne, cette fois pour empêcher la participation du Venezuela au Championnat militaire mondial de volleyball.  Un comportement qui n’a rien pour améliorer les relations des peuples les uns avec les autres. 

Le 20 mai dernier, le Venezuela a tenu des élections générales pour élire son président et ses conseils législatifs. Plus de 1000 observateurs internationaux y ont été présents. Dans leur rapport final, ils n’ont eu que des éloges à l’endroit du peuple vénézuélien  pour son civisme et sa grande liberté d’expression. Le taux de participation se compare favorablement à celui de l’ensemble des pays qui se disent démocratiques, bien qu’inférieur aux taux des élections antérieures.  À cet effet,  il faut signaler que la campagne nationale et internationale pour l’abstention a été féroce, mais, en dépit de toute cette manipulation, le peuple est sorti à voter à près de 49%. Le candidat Nicolas Maduro a obtenu 67.84% des voix contre  20.34% pour son plus proche adversaire.   

Il n’est pas inutile de  rappeler que le Venezuela est doté d’un système électoral totalement automatisé, considéré, par la Fondation Carter, comme l’un des meilleurs systèmes au monde.  Il n’y a pas de place pour y faire voter les morts et encore moins permettre à une même personne de voter plusieurs fois. Le décompte des votes est complètement automatisé, ne permettant aucune manipulation de ces derniers, comme ce fut le cas récemment, entre autres, au Honduras.

POURQUOI TOUTE CETTE TRICHERIE ?

D’abord, il faut rappeler que le Venezuela est un pays qui dispose de très grandes richesses en pétrole, en or et en diamant. De quoi, évidemment, susciter l’envie d’en être dépositaire. Avant la révolution bolivarienne de 1999,  dirigée par ce grand leader que fut Hugo Chavez, les États-Unis et ses alliés avaient la voie libre pour puiser dans ces richesses. Avec ladite révolution, les choses ont changé. Le peuple a considéré que ces richesses lui appartenaient et qu’il pouvait en disposer selon ses intérêts et ses besoins.  Plus de 2 millions de logements ont été construits. Les services de santé et l’éducation sont pris en charge par le gouvernement. Le peuple peut en tout temps révoquer par référendum un dirigeant ou des dirigeants qui ne sont pas à la hauteur de leurs fonctions.  Il y a eu, comme on dit, un changement de garde. Washington et ses alliés ne l’ont pas trouvé drôle et ne la trouve toujours pas drôle,  d’autant moins que le droit international reconnaît ce pouvoir du peuple à disposer lui-même de ses biens comme bon lui semble. 

Les multinationales étasuniennes, particulièrement impliquées dans l’exploitation du pétrole,  durent réviser leur façon de faire et s’ajuster aux exigences de l’État vénézuélien. Il en fut de même pour les multinationales canadiennes, particulièrement impliquées dans l’exploitation des mines d’or. 

De fait, les prédateurs qui se considéraient les maîtres du jeu n’ont eu d’autres choix que de se plier aux décisions d’un peuple qui reprenait le contrôle de ses propres richesses.  Un comportement tout à fait normal de la part du gouvernement vénézuélien, identifié à son peuple, de reprendre tout simplement ce qui lui appartient.  C’est ce que chaque peuple et chaque gouvernement du monde devraient pouvoir faire.

Le Canada, les États-Unis et leurs alliés qui se font les grands promoteurs et défenseurs de la démocratie dans le monde, ne l’entendent pas ainsi. Ils ont choisi de dire non à cette volonté du peuple vénézuélien et à lui faire comprendre que la démocratie, sans leur accord, n’en est pas une. La ligne rouge à ne pas franchir pour ces peuples est celle de les placer au second rang. Il faut que l’Empire soit respecté et que ses droits acquis de la Doctrine Monroe le soient également. Même le droit international doit s’y subordonner. D’ailleurs, ils n’ont guère de scrupule à l’ignorer.

Une journaliste argentine a récemment mis la main sur un document secret de la quatrième flotte des États-Unis qui baigne dans les eaux de l’Amérique latine.  Dans ce document on y trouve le PLAN  mis en opération pour récupérer tous les espaces perdus au cours des dernières décennies au profit des peuples, décidés à récupérer leur plein pouvoir. Le Venezuela est la cible toute désignée pour cette attaque que je me permets de qualifier de diabolique pour l’usage qu’elle fait du mensonge, de la manipulation, du crime ciblé et froidement exécuté.

Voici l’article de cette journaliste qui nous révèle l’essentiel de ce Plan diabolique.


Ne vous demandez pas pourquoi nos médias d’information n’en ont pas parlé et n’en parleront  pas. C’est qu’ils sont partis de ce Plan et leur rôle demeure celui de la manipulation des faits de manière à ce qu’ils ne soient ni vus ni connus. Pour ces derniers, il ne saurait être question que les Canadiens sachent que l’élection du Venezuela est ce qu’il y a de plus légitime et démocratique. 

Dans deux semaines, le Canada accueillera le Sommet du G.7 qui regroupe les  sept pays  d’alliance économique et politique les plus importants en Occident. Ils discuteront, sans nul doute, de leur nécessaire solidarité pour mettre un frein aux peuples un peu trop ambitieux quant à leur désir d’indépendance et de souveraineté et, également, pour récupérer les espaces perdus, comme c’est le cas, entre autres, au Venezuela.  

Je trouve triste que le Canada ait perdu toute personnalité internationale. De quoi nous faire regretter un Lester B. Pearson et un P.E. Trudeau.

Oscar Fortin
Le 26 mai 2018

dimanche 13 mai 2018

LES ENGAGEMENTS POLITIQUES DU VATICAN

UNE CONTAMINATION D'ÉVANGILE




Si l’Église universelle est porteuse de l’Évangile, le Vatican,  en tant qu’État, est porteur d’une politique internationale qui l’identifie surtout aux politiques de l’Empire des États-Unis d’Amérique. Il est, de toute évidence, un allié important de ce dernier. Son influence auprès des populations chrétiennes, mais aussi son pouvoir de nommer ceux qui en seront les principaux dirigeants et pasteurs y est pour beaucoup. 

L’Amérique latine est sans nul doute le berceau où cette alliance se révèle la plus forte et la plus constante. Cette « cour arrière » des États-Unis est considérée comme son territoire  de droit et malheur à ceux qui voudraient s’en affranchir.  Les luttes d’indépendance, du 19iè siècle, marquèrent les territoires sans pour autant assurer aux peuples leur souveraineté sur leurs richesses et le choix de leurs gouvernants.

L’histoire des 60 dernières années de l’Amérique latine est marquée par ces luttes de conquêtes pour leur pleine et entière souveraineté.  Une Amérique latine  qui s’éveille à de nouveaux temps et qui dit non aux prétentions des États-Unis d’être « sa cour arrière » d’où ils s’approprient les  terres, les mines et le travail à vil prix des travailleurs et travailleuses. Cette lutte a pris ses racines dans cette prise de conscience sociale des grandes injustices dont elle était victime.  

Des leaders ont émergé et des mouvements révolutionnaires se sont organisés pour sortir leurs peuples du marasme qui les retenait prisonniers  du pouvoir dominant d’un Empire aux ambitions illimitées et peu soucieux des droits des personnes et des peuples.

Si nous connaissons ces luttes, menées  avec courage, nous connaissons moins la répression à laquelle ces peuples ont été soumis. Il y a eu ces dictateurs qui ont servi fidèlement cet Empire en réprimant avec force et cruauté tous les récalcitrants. Il y a eu ces gouvernements militaires, mis en place par ce même Empire pour réprimer et mettre un terme à ces prétentions des peuples à leur indépendance et souveraineté.   

Aujourd’hui, ces interventions se veulent plus subtiles et, les moyens utilisés, mieux dissimulés. La manipulation, les mensonges, la corruption, la désinformation et la mise en scène de « faux positifs » sont autant de manières de poursuivre le renversement de gouvernements qui s’affirment indépendants et souverains. C’est évidemment le cas des pays émergents de l’Amérique latine. 

Nous sommes témoins comment, au Brésil, ils en sont venus à destituer Dilma Rousseff qui venait d’être élue par la majorité du peuple. Nous voyons tous les efforts déployés pour éviter que l’ancien président, Lula da Silva, candidat du peuple pour les prochaines élections, ne puisse y participer. Il est  actuellement en prison et toujours candidat du peuple brésilien. 

En Argentine, ils sont parvenus à y glisser un de leurs candidats, en la personne de Mauricio Macri,  candidat lors des dernières élections. Ce dernier se charge de remettre le pays au service de l’Empire.  En Équateur, l’allié de Rafael Correa pour le remplacer à la présidence, une fois élu, a révélé ses liens avec l’Empire. Pour Correa et le peuple, ce fut comme une trahison.

Au Venezuela, on se questionne toujours sur les origines du cancer qui emporta Hugo Chavez à la mort. Sa disparition ouvrait une porte pour une reprise du pouvoir lors des élections qui allaient suivre.  Ce ne fut heureusement pas le cas. Nicolas Maduro a gagné de justesse cette élection, mais l’a gagnée. Présentement, pour l’Empire, c’est la lutte à finir avec ce gouvernement qui célébrera les élections présidentielles et législatives le 20 mai prochain.

Je vous réfère à cet article d’une journaliste argentine qui nous révèle le contenu d’un document relié à la stratégie des É.U. pour reprendre le pouvoir au Venezuela. Il s’agit du plan stratégique de la quatrième flotte des États-Unis qui baigne dans les eaux du Sud. On y retrouve cette même stratégie développée pour mettre un terme à la révolution cubaine, au début des années 1960, cette fois -ci avec encore plus de raffinement et de collaborateurs.   

« Le 6 avril 1960, Lester D. Mallory, sous-secrétaire d’État adjoint aux Affaires interaméricaines affirma que « la majorité des Cubains soutenait Castro » et qu’il « n’existait pas une opposition politique effective », en ajoutant que « le seul moyen prévisible de réduire le soutien interne passait par le désenchantement et le découragement basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques (…) Tout moyen pour affaiblir la vie économique de Cuba doit être utilisé rapidement (…) : refuser de faire crédit et d’approvisionner Cuba pour diminuer les salaires réels et monétaires dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. »

Le 13 mai 2018, nous retrouvons cette approche qui utilise, le mensonge, la manipulation, la corruption, le crime et plus encore. En voici quelques extraits.

« Intensifier l’insatisfaction populaire, en favorisant plus d’instabilité et de pénurie, afin de rendre irréversible le désaveu du dictateur actuel ».

«  Harceler le président Maduro, le ridiculiser et le présenter comme un exemple de maladresse et d’incompétence, un fantoche aux ordres de Cuba ».

« Augmenter l’instabilité interne jusqu’à des niveaux critiques, en intensifiant la décapitalisation du pays, la fuite des capitaux étrangers et la dégringolade de la monnaie nationale, par l’application de nouvelles mesures inflationnistes ».

« Faire obstruction à toutes les importations et en même temps démotiver les éventuels investisseurs étrangers », le tout afin de « contribuer à rendre plus critique la situation pour la population ».

« L’appel à des alliés internes et à d’autres personnes bien insérées dans le panorama national afin qu’ils génèrent des manifestations, des troubles et de l’insécurité, des pillages, des vols et des attentats ainsi que des saisies de bateaux et autres moyens de transport, pour perturber la sécurité nationale dans les pays limitrophes »

« Faire des victimes » et d’en accuser les gouvernants « en augmentant les dimensions de la crise humanitaire, aux yeux du monde entier »

QUEL RÔLE Y JOUENT LE VATICAN ET LES ÉPISCOPATS LATINO AMÉRICAINS ?

Il y a un dicton qui dit que sans la participation de l’Église catholique, aucun coup d’État, de quelque nature qu’il soit, ne serait possible en Amérique latine.

Après avoir lu le document, plus haut mentionné, on comprend mieux la nature des interventions de l’Épiscopat vénézuélien dans sa campagne de dénigrement du gouvernement de Nicolas Maduro. Il est sans nul doute un des épiscopats les plus actifs en Amérique latine, suivi de près de l’épiscopat du Nicaragua et de Cuba. Là où l’Empire règne, les épiscopats sont d’une conformité qui en dit long sur leur proximité avec les gouvernements fidèles à l’Empire. Nous pouvons penser, entre autres, à Colombie, Argentine, Brésil, Mexique, Panama et bien d’autres.

Il va de soi que ces luttes de l’Église se réalisent sous la bannière de la lutte contre le communisme, le totalitarisme, l’athéisme, le marxisme, etc.  Ces termes couvrent tous les mouvements sociaux qui luttent pour plus de justice sociale et d’indépendance des peuples. Il convient de rappeler ici les deux pactes signés par le Vatican avec Washington.  Deux pactes qui mettent en évidence leur alliance. L’Église, par sa lutte contre le soi-disant communisme et marxisme,  aide Washington à reprendre sa place et à servir au mieux le dieu Mammon. En cela se trouve la complicité de l’Église contre la lutte des peuples.

Il faut rappeler ici ces crimes, commis dans le cadre du Plan Condor, dont les deux principaux acteurs ne furent nul autres que ces deux bons catholiques,  Pinochet, au Chili, et Videla, en Argentine. Ce sont eux qui ont donné vie à ce plan, planifié depuis Washington, et qui a fait des dizaines de milliers de victimes.  Qu’ont-ils fait nos épiscopats pour dénoncer ces massacres et pointer du doigt leurs auteurs ?

Je n’écris pas contre la foi de ceux et celles qui croient aux valeurs des Évangiles, mais contre un pouvoir d’Église qui en contamine tout le contenu. Le mensonge et l’hypocrisie doivent cesser dans ce jeu de pouvoir. Il est inconcevable que l’on utilise le nom de Dieu et qu’on exploite la misère des pauvres pour justifier un combat que l’on sait alimenté et dirigé par les forces de l’Empire.


Oscar Fortin
Le 13 mai, jour de la fête des apparitions de la Vierge à Fatima.

samedi 12 mai 2018

LES DESSOUS DE CE QUI SE TRAME AU VENEZUELA



Une écrivaine et journaliste argentine, Stella Calloni, a mis la main sur un dossier hautement confidentiel qui met à nu la grande stratégie d’intervention des Etats-Unis en Amérique latine et tout particulièrement contre le  Venezuela. Ce document donne froid aux yeux. Au diable le droit international des personnes et des peuples à disposer d’eux-mêmes.  L'oncle SAM a décidé qu'il se devait être le maitre du jeu et du monde. Manipulation, mensonges, corruption, tout lui est permis et béni des dieux qui lui en rendent hommage.

Je ne vous en dit pas plus, préférant que vous vous fassiez vous-mêmes une opinion sur le sujet. Le document original avec les 11 pages peut être lu dans sa version originale anglaise.  Les versions françaises, espagnoles et portugaises sont une analyse qui se fonde sur ce document. Ces diverses traductions et son original en anglais sont disponibles sur le site Réseau Voltaire. auquel je me réfère pour la lecture de la version française. 

Le « Coup de Maître » des États-Unis contre le Venezuela


ou encore ici le caractère des lettres en rend la lecture plus facile.




Oscar Fortin



vendredi 20 avril 2018

SI LA BAGARRE EST INÉVITABLE, IL FAUT FRAPPER LE PREMIER





En octobre 2015, j’avais partagé une réflexion sur  cette déclaration de Vladimir Poutine.  Depuis, bien des évènements se sont succédés qui, aux yeux de plusieurs, sont amplement suffisants pour démontrer la mauvaise foi des États-Unis et de ses alliés de l’OTAN, dans la recherche d’une paix véritable. Avec de tels interlocuteurs, selon les sceptiques, aucune solution politique n’est possible. La tolérance de V. Poutine devant les sanctions et les attaques contre la Syrie, en laissent plusieurs entièrement déconcertés. Selon eux, lors de la dernière attaque, Poutine aurait dû passer à l’action militaire, détruisant l’arsenal militaire des envahisseurs en position de tir de missiles contre la Syrie. 

Il faut croire que la lecture que fait Poutine de cette situation laisse toujours un espace crédible pour éviter cette guerre « totale ». De fait, les derniers tirs de missiles contre la Syrie ont fait plus de dommages au prestige des États-Unis, de la France et de l’Angleterre, qu’ils en ont faits en Syrie. Leur niveau de crédibilité mondiale a baissé de plusieurs crans, tant au niveau des messages transmis que des cibles atteintes.  En d’autres mots, il s’agit d’un fiasco militaire et communicationnel. Selon les informations qui circulent, la Russie avait un portrait assez précis de cet attaque et pouvait compter sur le niveau élevé des armes à la disposition de la Syrie pour éviter les morts et la destruction d’infrastructures majeures. En somme, il n’y avait pas de quoi justifier la grande attaque du « jugement dernier ». 

 Pour le moment, les consignes partagées entre les États-Unis et la Russie, ont permis d’éviter de franchir les lignes rouges, spécifiées par la Russie à ses adversaires, et à réduire les dommages en vie humaine et en infrastructures militaires, des attaques planifiées par la coalition : États-Unis, France, Angleterre. Cette approche  est de nature à discréditer toujours plus les attaquants qui se révèlent militairement inefficaces et toujours moins convaincants au niveau de l’opinion publique mondiale. 

Peut-on en vouloir à V. Poutine de jouer la carte de la tolérance et d’un certain laisser-aller qui conduit ses adversaires à se faire eux-mêmes Hara-kiri. Plus ils s’enfoncent dans leurs propres mensonges et plus ils s’enlisent dans des aventures guerrières de second degré, plus la Russie et ses alliés en sortent renforcis. Cette patience et tolérance de Poutine n’est pas le fait d’une faiblesse quelconque, mais celui d’un plein contrôle de lui-même et de la situation. Il n’est pas un  va-en guerre, pas plus qu’un conquérant à la recherche, par tous les moyens, de pouvoirs et de richesses. Sa référence est la Charte des Nations Unies et le respect du droit international.

Il n’y a pas urgence pour actionner le bouton rouge de ce qui sera la dernière des grandes guerres. Comme le répète Poutine, il n’y aura plus de vie sur la terre. Son approche en arrivera sans doute à dissuader même certains de ses adversaires à actionner le bouton rouge.

Oscar Fortin