mardi 16 mars 2021

La hiérarchie catholique refuse de bénir le mariage homosexuel avec un argument peu crédible


 


 

Dans une décision récente, relative à l'homosexualité, cardinaux et évêques du Saint-Siège ont avancé comme argument que l'homosexualité était un péché et, par conséquent, qu'ils ne pouvaient pas bénir l'union des couples homosexuels « parce que Dieu ne peut pas bénir le péché ».

 

Vous conviendrez avec moi qu’il s’agit là de deux arguments fort contestables.

 

Depuis que le monde est monde, le péché, comme un virus, est présent de différentes manières dans la vie de chaque être humain. La lutte entre le bien et mal fait partie  de notre condition humaine et personne n’y échappe. Il suffit de nous référer à ce passage de l’Évangile où Jésus s’adresse à ceux qui voulaient lapider la pécheresse Marie Madeleine : « que ceux qui sont sans péché lui tire la première pierre ». Selon le texte qui a suivi : ils se retirèrent tous à commencer par les plus âgés. Nous n’avons pas à juger les autres sans se regarder préalablement soi-même et, encore moins, leur tirer la première pierre. 

 

L’argument utilisé par ces « saints hommes » est plus scolastique qu'évangélique. Permettez-moi de m’expliquer. Dans les Évangiles, le message fondamental de Jésus est l'amour des uns et des autres, rendant chaque personne toujours plus "humaine", plus "solidaire", plus "indulgente", plus juste et compréhensive de ce qui se passe dans la vie de chacune des personnes qui croisent leur chemin.

 

Jésus, dans le jugement final qu'il nous fait connaître (Mt. 25,31),  peu de temps avant d’être arrêté et condamné à mort, va à l’essentiel de son message dirigé à toute personne de bonne volonté.  Ce message vise directement nos divers comportements humains des uns avec les autres. Ce sont ces comportements qui nous ouvrent les yeux sur ceux et celles qui nous entourent et sur ce que réclament les besoins des uns et des autres. La morale de ce jugement dernier porte sur ces comportements qui font de chacun de nous des humains solidaires et sensibles aux conditions de vie des autres. Je vous invite à lire et relire le contenu de ce jugement. En lui vous y trouverez l’essentiel de ce qui peut vraiment inspirer nos vies. Pas nécessaire d'être croyant pour en saisir tout l'humanisme qu'il inspire.

 

https://www.biblegateway.com/passage/?search=Matthieu%2025%3A31-46&version=BDS

 

Dans ce  jugement dernier, évoqué par Jésus lui-même, ne figure pas le catalogue des péchés identifiés, tout au long des siècles, par l’Institution ecclésiale. Il semblerait que la morale du sexe, entre autres, ait pris le dessus sur la morale de la solidarité humaine, de la justice sociale, de la vérité, de la compréhension, de la miséricorde etc.… Pourtant, en cela réside l’essentiel du projet humain de Jésus et de son Père. En cela doit également résider le projet d’une Église qui se proclame représentante de ce Jésus. Cette morale de l'Église ne peut remplacer la morale de Jésus, qui se reflète dans sa vie et dans son Évangile.


Les mutations qui ont accompagné le développement de l'être humain peuvent expliquer que les hommes ou les femmes ont des émotions et des sentiments correspondant à l'opposé de ce qu'ils sont physiquement. Qui sommes-nous pour déclarer de péché, l'amour que deux personnes, du même sexe extérieur, mais de grande complémentarité intérieure dans la façon d’être, de vivre et d’aimer. 

 

Les disciples de Jésus et les pasteurs de l'humanisme auquel il nous invite, n'ont pas de motifs de foi pour se refuser d'accompagner par la bénédiction de Jésus l'amour qui les unit et l'humanité que chacun porte en lui. Il ne s'agit pas de bénir un péché, mais deux personnes unies par l'amour et par leur humanité.

 

Oscar Fortin

 

16 mars 2021

 

https://www.france24.com/fr/europe/20210316-le-vatican-refuse-la-bénédiction-des-unions-homosexuelles-qualifiées-de-péché


vendredi 5 mars 2021

Joe Biden s’attaque au Venezuela


 

Pas surprenant que l’ex vice-président d’Obama poursuive la même politique de ce dernier à l’endroit du Venezuela alors qu’il est devenu Président des Etats-Unis.

 

 Il vient de renouveler le décret proclamé par Obama, faisant du Venezuela une menace à la sécurité nationale des Etats-Unis. Il faut dire que Donald Trump a maintenu, avec ses sanctions, la même offensive contre le peuple et le gouvernement du Venezuela. En cela, les trois Présidents se ressemblent.

 

La principale personnalité du Venezuela, invitée à son assermentation comme président, fut rien de moins que l’autoproclamé Juan Guaido, utilisé par la Maison Blanche pour créer le chaos et  orquestrer un changement de régime au Venezuela.

 

 Joe Biden ne démarre pas des objectifs poursuivis depuis le début de cette révolution, pourtant qualifiée par Chavez de socialisme, démocratique, humaniste, chrétien et anti-impérialiste. Ce n’est évidemment pas la définition qu’utilisent les adversaires de cette révolution, bien qu’elle ait maintenu jusqu’à ce jour ses principes fondamentaux de démocratie, de socialisme humaniste et chrétien, et d’anti-impérialiste. 

 

Ces derniers préfèrent utiliser le langage qui caractérisait la révolution en Russie des années 1940 et 1950. Les écrits de Karl Marx faisaient alors fureur et inspirèrent Lénine et Staline dans la révolution, qualifiée de « communisme et marxisme». Un communisme et un marxisme sans dieu et tout centré sur la lutte des classes et la justice sociale.  Les dirigeants s’autoproclamaient eux-mêmes et prenaient le contrôle de l’État qu’ils dirigeaient avec l’autorité de dictateurs. La démocratie ne faisait pas partie des dictatures en place.

 


Ceux et celles qui s’acharnent à qualifier la révolution, générée par Hugo Chavez, en 1998,  oublient de mentionner que le pouvoir de Chef d’État d’Hugo Chavez résulte d’une élection permettant au peuple vénézuélien de décider de ses dirigeants. La démocratie occupe une place très importante dans cette révolution qui repose sur la volonté du peuple. Jusqu’à ce jour près d’une trentaine d’élections ont eu allant des élections présidentielles  à celles des députés, des maires, des gouverneurs. Seule la mauvaise foi de ces adversaires de cette révolution peut expliquer la déformation de faits. Parmi ces derniers, il faut, malheureusement, signaler le rôle joué par l’Épiscopat vénézuélien qui abonde pour disqualifier  ce socialisme humaniste et chrétien. Pour ces derniers, Maduro est un dictateur,  mais lorsqu’il y  a des élections, ils invitent, plus souvent que moins, le peuple à ne pas aller voter.

 

Il va de soi que cette opposition, interne au Venezuela, a été rapidement récupérée par Washington qui s’en soit fait des alliés de premier plan. Pour Washington, l’objectif est de reprendre le contrôle de l’État et des richesses du Venezuela et faire en sorte que le Venezuela ne soit pas un exemple pour les autres peuples du pouvoir qu’ils peuvent avoir en prenant en main leur propre destin.  

 

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, l’Empire étasunien qui se présente comme le grand promoteur de la démocratie dans le monde est le premier à ne pas y croire et à tout faire pour que les peuples ne puissent décider autrement qu’en votant pour les intérêts de ce dernier. Pour l’Empire, la seule vraie démocratie est celle qui répond à ses intérêts. S’il faut qu’il y ait des fraudes électorales, de la corruption, de la manipulation, des votes et des équipements informatiques frauduleux, tout cela se transformera en véritable démocratie. La véritable démocratie, pouvoir du peuple pour le peuple, ne peut exister à moins qu’il en soit le premier bénéficiaire.

 

Je vous laisse avec ce peuple qui a accompagné son président à son dernier repos.  Une mort qui demeure toujours mystérieuse. Ce fut un 5 mars 2013, jour où Chavez s'est transformé en un peuple.



Oscar Fortin

5 mars 2021

 

samedi 20 février 2021

QUESTIONNEMENTS du rôle de l’Église catholique dans le monde




 

Que l’on soit croyant ou pas, l’existence de l’État du Vatican et de l’Église catholique dans le monde interpelle tout autant ceux et celles qui en sont des membres croyants que ceux et celles qui n’en sont pas membres tout en se posant de sérieuses questions sur le rôle réel qu’elles jouent dans le monde.

 

DE LA PART DES croyants et croyantes


Bon nombre de croyants, dont je suis, se posent de sérieuses questions sur ce qu’est devenue cette « communauté de foi des premiers disciples qui ont cru en Jésus de Nazareth, en son enseignement et en ses engagements ».

 


Ces premières communautés chrétiennes qui assumaient, à travers leur quotidien, les consignes laissées par Jésus : s’aimer mutuellement, s’entraider, se pardonner, se faire artisan de la justice et de la vérité,   partager son pain quotidien avec les plus délaissés, ont vite été transformées en une Église, institution, devenue, avec les siècles qui ont suivi, l’Église et le Vaticanque nous connaissons aujourd’hui.

 

Les disciples du premier siècle se sont métamorphosés en prêtres, évêques, cardinaux et pape et sont vite devenus des personnages, occupant des fonctions de pouvoir et d’autorité. Quant au message  des Évangiles, il a été métamorphosé en doctrines, dogmes, droits canoniques, accompagnés par la morale qui définit la nature et le niveau de gravité des péchés commis. À ceci s’est ajoutée la définition des « sacrements » qui deviendront, jusqu’à nos jours, la pratique cultuelle de l’Église.(baptême-confirmation-eucharistie-réconciliation-mariage-Ordre- extrême onction)


Or, cette Église est profondément questionnée en ces temps que nous vivons. Le Jésus de Nazareth et des Évangiles ne saurait s’y reconnaître. Ce dont l’Église d’aujourd’hui a besoin, ce n’est pas d’un ajustement, pas plus qu’un ménage de printemps, mais d’une véritable conversion à l’esprit de ses origines. Elle doit se dépouiller de tout et retrouver la simplicité du message de Jésus que l’on retrouve dans « LesBéatitudes », dans le récit qu’il nous a laissé sur le jugement dernier(Mt.25.31-46),  ainsi que ses remontrances aux scribes et grands-prêtres(23.1-39) sans oublier sa colère contre les vendeurs du temple.(Mt.21,12-13)

 

Un message relativement simple, mais qui va à l’essentiel. Le culte qui plaît à ce Jésus de Nazareth est celui de l’amour, de la justice, de la vérité, de la fraternité humaine, de la miséricorde. Son message se résume en ce que nous soyions tous et toutes profondément humains les uns avec les autres.Ne faites pas aux autres ce que vous ne voudriez pas qu’on vous fasse.

 

DE LA PART de non croyants et croyants

 


L’Église catholique est devenue, plus que jamais, un pouvoir politique que certaines grandes puissances préfèrent avoir comme alliée. Effectivement, les faits ne manquent pas pour reconnaître la proximité du pouvoir politique du Vatican avec Washington. Pour les sympathisants de ce dernier, cette proximité est un grand bien. Il faut savoir que le Vatican a ses antennes partout à travers le monde et que ses épiscopats sont souvent nommés en fonction de leur sensibilité aux intérêts de l’empire et au néolibéralisme sous contrôle de ce dernier. Il n'est donc pas surprenant que représentants de la CIA et d’importants acteurs des politiques de Washington aient leur entrée au Vatican comme bon leur semble. Entre amis, le protocole se fait moins imposant.


 


Par contre, pour ceux et celles qui ne partagent pas les actions interventionnistes illégales des États-Unis, dans les affaires intérieures des autres pays et qui y voient une certaine complicité du Vatican, par ses silences, ce n’est pas du tout ce qu’on attend d’une Église qui se qualifie de catholique et porteuse d’un message qui s’adresse à l’humanité entière.  

 

Les exemples ne manquent pas. Il nous suffit de regarder ce qui se passe et se dit sur Cuba et le Venezuela, deux pays victimes de l’interventionnisme illégal et criminel des États-Unis. Il appartient aux Nations Unies d’analyser et d’assurer le respect du droit international des personnes et des peuples. Les États-Unis n’ont aucun mandat à ce titre. Dans ce contexte, une Église indépendante et libre aurait, depuis longtemps, dénoncé ces actions criminelles et exigé, avec les membres des Nations Unies, que soit mis un terme à ces actions interventionnistes qui touchent directement le droit des peuples  et des personnes. En relation avec le Venezuela, le Vatican s’est fait bien discret. Le plus loin qu’est allé le Pape dans ses propos sur le sujet, fut de demander à Washington de rendre les sanctions contre le peuple vénézuélien moins dures à son endroit. Au même moment, le Secrétaire général des N.U. demandait que les É.U. mettent un terme à ces actions criminelles qui vont à l’encontre du droit international.

 

On peut écrire des Encycliques et des Exhortations apostoliques  au contenu fort courageux comme ce fut d’ailleurs le cas avec Fratelli Tutti,sur la fraternité universelle, tout comme ce fut le cas avec Evangelii Gaudium, sur le capitalisme sauvage. Malheureusement, dans les faits, le Vatican maintient son alliance avec celui qui est à l’origine de bien des tors, pourtant dénoncés dans ces documents avec courage. Entre ce qui se dit et ce qui se fait il y a deux mondes.

 

Seule une mutation profonde de l’Église lui permettra de retrouver la crédibilité que le Nazaréen Jésus a donné à son enseignement en allant jusqu’au bout de ses engagements : condamné et crucifié sur une croix. Ce fut la voie qui l’a conduit à vaincre la mort.

 

Oscar Fortin






 


 


jeudi 28 janvier 2021

UN MONDE DE PAIX SANS EMPIRE


 

 

La seule institution à caractère politique mondiale que les 175 États existants se sont donnée porte le nom d’« Organisation des Nations Unies. (ONU) ». En elle, les peuples et les nations ont mis leur confiance pour assurer la paix dans le monde.

 

Coiffée de la Charte des droits des personnes et des peuples, elle a tout le pouvoir moral et politique de veiller à ce que les États du monde, petits et grands, faibles et puissants, respectent ces droits.  À ce jour, à ce que je sache, elle n’a pas abdiqué à cette responsabilité.

 

 Ceci dit, il est devenu plus qu’évident, que les EEUU d’Amérique, l’une des plus grandes puissances du monde, se considère « autorisées »à passer outre à la Charte des Nations Unies. Si les élus de ce gouvernement, l’ont été par le vote des électeurs et des électrices des EEUU, ils ne l’ont pas été par les citoyens du monde.

 

 Les faits sont suffisamment nombreux pour confirmer, sans se tromper, que les interférences de cette puissance dans les affaires internes, d’autres États, souverains et indépendants, sont la cause la plus sérieuse des conflits dans le monde.

 

Parler de paix sans parler de cet interventionnisme impérial dans les affaires internes d’autres pays, c’est se payer la tête du monde et couvrir, par ce silence, cet interventionnisme. C’est souvent le cas d’Églises et d’organismes humanitaires, largement financés par cet Empire. Le Venezuela et Cuba sont devenus des cas classiques de cet interventionnisme. Ils ne sont pas les seuls, évidemment. Il n’est du ressort d’aucun gouvernement, étasunien ou autre, de décider, hors du droit international, du sort des autres peuples. Cette responsabilité relève directement des Nations Unies.

 

Ceux et celles qui pouvaient penser que quelque chose allait changer, avec Joe Biden, quant au respect du droit international, il n’en est rien. Le nouveau président des Etats-Unis poursuit la tradition de ses prédécesseurs. Sur le Venezuela, il a fait savoir que son administration allait agir dans le but de favoriser une transition pacifique du pouvoir à travers des élections libres.  Il en parle comme si le Venezuela ne disposait pas d’une constitution et de pouvoirs d’État qui en assurent le respect. Les élections sont dictées par la Constitution et sanctionnées par le pouvoir du Conseil électoral et le pouvoir judiciaire. Pour le moment, l’actuel président du Venezuela est officiellement reconnu par les Nations Unies et plus des 2/3 des États du monde..

 

Joe Biden doit savoir qu’il appartient au peuple de décider des transitions ou pas de ses dirigeants. La Constitution est là pour leur en donner l’opportunité. Il suffit de penser au « référendum révocatoire » tel que prévu dans la Constitution. En janvier prochain, le peuple aura toute la légitimité de procéder à un tel référendum, pour autant que les requérants aient le nombre suffisant de signatures prévues dans la Constitution. Il s’agit d’une activité interne au Venezuela et, je ne vois pas ce que Joe. Biden  viendrait y faire. Quant à la démocratie dont il parle, je ne pense pas qu’il soit le mieux placé pour parler d’élections justes. S’il n’y a pas de fumée sans feu, on peut dire que la fumée s’est faite intensive suite à son élection comme président.

 

Si nous voulons la paix, il faut que les peuples, les États, les Églises du monde rappellent avec force l’existence du « droit international » et l’obligation pour tous les États,  puissants ou pas » de respecter ce droit et de mettre fin à cet interventionnisme qui se présente comme un sauveur d’humanité, alors qu’il n’ait qu’ambitions de conquête et de domination.

 

Il est bien connu que le nouveau Président des EEUU est de confession catholique, étant le second, après John F. Kennedy, à occuper cette fonction. Le Pape François s’en réjouis et se dit tout disposé à collaborer avec ce dernier pour la paix dans le monde. 

 

Nous avons pu constater, lors des dernières élections présidentielles, que le candidat Joe Biden ne voulait surtout pas que des pays comme la Russie et la Chine interviennent de quelques manières que ce soit dans les affaires internes des EEUU.

 

En tant que catholique, je me permets de lui demander ce qu’il pense de ce que nous dit l’Évangile  « de ne pas faire aux autres ce qu’on aime pas que l’on nous fasse.

« « Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous- mêmes pour eux : c’est la Loi et les Prophètes » 

« Et comme vous voulez que les hommes agissent envers vous, agissez de mémé envers eux » Lc, 6,31

Le respect de la Loi international s’impose à tous les États. Aucune nation ne souhaite qu’on intervienne illégalement  dans ses affaires internes.

 

Oscar Fortin

28 janvier 2001

mercredi 20 janvier 2021

Venezuela: victime de gouvernements délinquants



 Nous parlons beaucoup des Nations Unies , mais très peu du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Une des causes reconnues des conflits entre « États » est l’interventionnisme. La Charte des droits, sanctionnées par les 175 pays, membres des Nations unies, condamne toutes ces formes d’interventionnisme et de ce qui en découle avec les sanctions et blocus économique. 

 « La Charte des Nations Unies proclame de façon expresse le principe de la non-intervention aux paragraphe 4 et 7 de son article 2. Ces dispositions postulent respectivement la prohibition du recours à la force et la non-intervention dans les affaires intérieures des États.. » 

 Cependant, la pratique internationale des dernières décennies se caractérise par un nombre croissant d’interventions armées, justifiées par des motifs d’humanité. Il s’agit le plus souvent d’interventions de type étatique. 

 Ces interventions sont-elles licites au regard de la Charte? 

 « Seules les réactions armées, menées dans un cadre collectif, sous le contrôle du Conseil de sécurité des N.U., principal responsable du maintien de la paix et de la sécurité international et selon les termes du Chapitre VII sont permises par la Charte des N.U.. » 

 Dans le préambule à la Charte on y retrouve également ces déclarations :

 6.Convaincus que la soumission des peuples à l'assujettissement, à la domination et à l'exploitation étrangers constitue l'un des plus grands obstacles à la promotion de la paix et de la sécurité internationales. 

 7 Convaincue que le principe de l'égalité des droits et de l'autodétermination des peuples constitue une contribution importante au droit international contemporain et que son application effective est de la plus haute importance pour promouvoir des relations amicales entre les États fondées sur le respect du principe d'égalité souveraine,

 Tout ceci pour dire que l’interventionnisme dans les affaires internes d’un autre État est tout simplement condamné par la Charte des droits. Il en va de même pour les sanctions qui sont autant de manières d’intervenir dans les affaires internes d’un autre État. 

 Que se passe-t-il dans le cas du Venezuela? 

 Selon les intérêts recherchés, les réponses peuvent être multiples. Il n’y a pas de doute que l’arrivée de la révolution bolivarienne, en 1998, a bouleversée l’ordre des soi-disant ayants droits au pouvoir de l’État. Les oligarchies traditionnelles ne l’ont pas pris et en ces derniers, Washington, qui avait main mise sur l’État du Venezuela, s’en est vite fait des alliés pour mettre fin à une telle révolution, faisant du peuple, le pouvoir dominant, et du gouvernement, l’artisan d’un socialisme à visage humain, chrétien et anti-impérialiste. 

 Avril 2002 sera la première grande intervention ayant pour objectif de reprendre le contrôle de l’État. Soutenu par Washington, ce coup d’État avait réuni une partie de l’armée ainsi que les principaux représentants de l’Oligarchie nationale, accompagnée, accompagnée par le cardinal et un Évêques de l’Époque. 

 Tout au long des années qui suivirent, l’objectif de mettre fin à cette révolution a donné lieu à bien des initiatives tant à l’interne qu’à l’externe. Leur plus grand défi est le peuple lui-même qui soutient majoritairement la révolution bolivarienne qui repose sur ne Constitution, voulue et votée par ces derniers. Les élections se déroulent conformément aux dispositions de la Constitution et elles se déroulent dans le cadre d’une technologie qualifiée par l’ex-Président Carter comme une des meilleures au monde. De toutes ces élections la « révolution » en a perdu deux qu’il a aussitôt reconnues.

 Il importe de rappeler que le Venezuela dispose d’une des plus importante de pétrole au monde, que ses mines d’or font rêver les prospecteurs d’or et les pays qui les accompagnent.

Il faut comprendre que derrière ces approches qui se présentent sous les dehors d’objectifs humanitaires et démocratiques, se cachent ces grands objectifs de reprise de contrôle de l’État vénézuélien et la prise en main de ses principales ressources. 

 C’est dans un tel contexte que les Etats-Unis, maitre d’œuvre de la mise hors service de la révolution bolivarienne, qu’il faut comprendre la base de cet interventionnisme qui vise à épuiser le peuple et à le détourner de la révolution bolivarienne. 

 Toutes ces actions se réalisent à l’encontre de la Charte des droits des personnes et des peuples des Nation Unies. Le Conseil de sécurité n’y peut rien, l’empire dispose d’un pouvoir de force qui lui permet d’agir au-delà du droit international. Les alliés de Washington sont là pour accentuer les frappes et discréditer, autant faire se peu, tout ce qui se fait au Venezuela. Il peut compter sur le groupe de Lima auquel le Canada est associé, il peut également compté sur le Vatican et l’épiscopat vénézuélien. L’Union Européenne et la Grande Bretagne sont également coopérant avec Washington. 

 On peut ajouter à tous ces derniers, les médias sur lesquels, le pouvoir de l’empire et de ses alliés agissent. 

 Selon la Charte des droits des Nations Unies, ils agissent à l’encontre de cette dernière en s’immisçant dans les affaires internes du Venezuela. 

 Il appartient aux N.U. et non à Washington et alliés, d’évaluer le gouvernement du Venezuela, dans l’exercice de la démocratie et du respect des droits de la personne et des peuples. Cette responsabilité incombe au Conseil de sécurité des Nations Unies.


Oscar Fortin
20 janvier 2020