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mardi 1 avril 2014

ALBINO LUCIANI LE PAPE VRAISEMBLABLEMENT ASSASSINÉ


POUR QUE VÉRITÉ SOIT FAITE



Jean-Paul 1er

Il m’apparaît nécessaire de rappeler l’importance de ce pape qui n’aura duré que 33 jours sur le siège de Pierre, mais dont le passage aura été l’occasion de lever le voile sur une Église prise d’assaut par des prédateurs sans morale et sans conscience. Ce n’est pas pour rien qu’on l’ignore le plus possible et qu’on évite d’y faire référence. Si l’un ou l’autre de ses successeurs se rend prier sur son tombeau, personne n’en parlera, alors que leur déplacement au tombeau de Jean XXIII et de Jean-Paul II fera les manchettes. Aucun ne s’y réfère, ne serait-ce que pour en rappeler la grande simplicité et l’image d’une bonté rayonnante. Ce n’est pas qu’ils l’ont oublié.  Ils ont plutôt choisi de l’ignorer comme pour ne pas réveiller de mauvais souvenirs. 

De fait, il y a beaucoup de mauvais souvenirs qu’on souhaite garder bien loin de la place publique et des communautés chrétiennes. Des souvenirs qui ne sont pas sans rappeler certains passages du livre de l’Apocalypse qui nous parle de la grande prostituée que plusieurs auteurs identifient à l’Église. Je me garderai bien d’entrer dans ce débat de savoir qui est cette prostituée dont nous parle l’Apocalypse (Ap.17), mais je me permettrai d’ajouter que toute prostitution fait référence à une trahison de sa conscience et de sa mission en échange de bienfaits recherchés pour soi-même. Elle s’applique tout autant aux institutions qu’aux personnes. 

Lorsque l’on regarde cette Église, incarnée par ces hiérarchies vaticanes et épiscopales, tout enveloppées de ces grandes robes aux allures royales, imposant d’autorité une doctrine qui leur donne bonne conscience, il est difficile d’y reconnaître ce noyau central des disciples qui ont tout abandonné, à l’appel de Jésus, pour le suivre et prêcher la bonne nouvelle du royaume du Père. Il y a là quelque chose comme d’un travestissement de l’Église devenue tout au long de sa longue marche à travers les siècles un pouvoir temporel en tout semblable à celui des grands et des puissants.

Ce qui s’est passé en août et septembre 1978 couvre un grand mystère qu’on se garde bien de clarifier une fois pour toutes. Un pape en santé au moment de prendre le siège de Pierre, est retrouvé mort dans son lit 33 jours plus tard.  Tout cela serait sans histoire si ce n’étaient les décisions qu’il s’apprêtait à prendre concernant la Banque du Vatican, la Curie romaine, l’encyclique Humanae vitae relative au mariage et à la régulation des naissances qu’il souhaitait adoucir, la théologie de libération qu’il voyait d’un œil plutôt positif.

Sa mort demeure suspecte pour plusieurs qui ont voulu en savoir davantage sur les avenants et aboutissants de celle-ci. Dans Histoire d’Italie on retrouve sous le titre « Le Pape a-t-il été assassiné » des considérations qui orientent l’observateur attentif à la thèse de l’assassinat du pape. J’invite le lecteur et la lectrice à aller au lien plus haut mentionné pour en savoir un peu plus sur ce pape connu davantage pour son sourire que pour sa détermination à passer à l’action.

L’enquête la plus sérieuse sur les circonstances de cette mort est celle de David Yallop publiée sous le titre « Au nom de Dieu ».

"Une ou plusieurs personnes menacées par les fermes résolutions du nouveau pape prennent une décision : il n'existe qu'une solution pour résoudre le problème: se débarrasser du pape, en douceur si possible. Avec l'appui de Gelli, le grand-maître de la P2, ils mettent leur plan à exécution : l'accès, pour ces gens-là, au Vatican est aisé et l'argent ne manque pas. Une petite main introduit une importante dose de Digitaline dans le médicament que le pape prend tous les soirs pour augmenter sa tension un peu faible. Après dîner, le pape se couche avec, en mains, les documents sur les nouveaux changements qu'il voulait opérer (certaines nominations à la Curie romaine et dans l'épiscopat italien) et la fameuse liste P2. Vers 23 heures, le poison fait effet, le pape ne se sent pas bien, pris de nausée, il se lève et vomit dans les toilettes en maculant ses pantoufles. Il sonne, sans résultat. Il se recouche, reprend les documents, tombe inconscient puis finit par mourir vers 2 heures du matin. À 4 h 30, la sœur Vicenza le découvre. Le secrétaire d'État Villot est prévenu. Villot rentre dans la chambre, constate le décès, récupère la fiole de médicament, les documents que le pape avait dans les mains, ses pantoufles et ses lunettes maculées ainsi que le testament. On ne reverra jamais ces objets. Les employés des pompes funèbres sont prévenus pour un embaumement urgent. À 7 heures, dans la cour du Vatican, un garde croise Marcinkus qui habite hors du Vatican et a la réputation de se lever tard. À 7 h 30 Villot annonce officiellement la nouvelle. À partir de là, le Vatican déverse des tombereaux de mensonges pour masquer la vérité : le pape avait une santé précaire, on ne peut pas faire d'autopsie... Les appartements pontificaux sont méticuleusement nettoyés et tous les objets personnels du pape disparaissent. On se dépêche d'embaumer le défunt avec interdiction de prélever quoi que ce soit : la moindre goutte de sang ou autre chose sur le cadavre. Tous les partisans du pape réalisent que tous les projets qui allaient se concrétiser tombent à l'eau. Pour faire taire les questions et les rumeurs d'assassinat qui comment à courir, le Vatican organise en toute urgence un conclave pour élire un nouveau pape et faire une diversion pour les médias qui répètent en boucle les mensonges du Vatican." 

Le 24 mars dernier, nous avons célébré la Journée internationale au droit à la vérité. Ce droit s’applique également à tous les chrétiens de monde qui doivent savoir ce qui s’est réellement passé en cette nuit de septembre 1978 où le pape est mort. La seule façon de répondre à toutes les interrogations soulevées est de procéder à une autopsie comme on l’a fait pour Yasser Arafat de la Palestine. D'Eduardo Frei et de Pablo Neruda du Chili.

Dans les semaines qui viennent, l’Église parlera beaucoup de Jean-Paul II qui sera élevé aux honneurs des autels et donné en exemple de sainteté. Il y a toutefois une question qui revient constamment à l’esprit. Pourquoi,  peu de temps avant sa mort, a-t-il demandé de détruire toutes ses archives? Qu’y avait-il donc de si secret pour que le monde ne puisse le savoir? Il faut se rappeler qu’il a gardé sous sa protection le cardinal Marcinkus réclamé par la justice italienne et mis en cause dans la mort du pape Jean-Paul 1er. Le pape Jean-Paul II aurait-il couvert par ses silences l’assassinat de son prédécesseur, Jean-Paul 1er, comme il a couvert les écarts de vie de son ami Marcial Maciel Degollado, fondateur des Légionnaires du Christ ? La question se pose et celui qui, aujourd’hui pourrait le mieux répondre à cette question, est nul autre que son bras droit de l’époque, le cardinal Ratzinger devenu le pape émérite Benoît XVI.  

Le pape François est comme une continuité du pape Jean-Paul 1er, reprenant à son compte les grandes réformes que s’apprêtait à entreprendre ce dernier. Il faut espérer qu’il n’hésitera pas à faire la lumière sur les véritables causes de sa mort. D’ailleurs, comment se fait-il que l’Église ne nous le présente-t-il pas comme exemple de vie et modèle des pasteurs au service de l’Évangile et des humbles de la terre ? Là encore, il est bien ignoré.

Les croyants et le monde doivent savoir ce qui s’est réellement passé au Vatican tout au long de ces 33 jours.

Oscar Fortin
Le 1er avril 2014
http://humanisme.blogspot.com 


Vidéo en 4 parties






samedi 26 avril 2014

JEAN XXIII PRÉCURSEUR DU SOCIALISME DU XXIe s.






Peu nombreux sont ceux et celles qui ont lu les deux Encycliques sociales du pape Jean XXIII, MÈRE ET ÉDUCATRICE, PAIX SUR TERRE. Dans ces deux encycliques, il rappelle certains constats faits par ses prédécesseurs, dont Léon XIII, Pie XI et Pie XII. C’est surtout dans la première de celles-ci qu’il fait ce rappel qui garde encore pour notre temps toute son actualité. En voici les plus importants extraits.

Au moment où les pressions des milieux économiques d’aujourd’hui demandent la réduction des interventions de l’État, particulièrement dans les secteurs sociaux, les propos tenus par le pape Léon XIII, en 1891, gardent toute leur pertinence.

« L'État, dont la raison d'être est la réalisation du bien commun dans l'ordre temporel, ne peut rester absent du monde économique; il doit être présent pour y promouvoir, avec opportunité, la production d'une quantité suffisante de biens matériels, “dont l'usage est nécessaire à l'exercice de la vertu” et pour protéger les droits de tous les citoyens, surtout des plus faibles, comme les ouvriers, les femmes et les enfants. C'est également son devoir inflexible de contribuer activement à l'amélioration des conditions de vie des ouvriers. » (MM.20)

Il en va de même avec la déification de la libre concurrence et de la loi du marché que nous vantent les économistes et hommes d’affaires comme source première des libertés individuelles et collectives. Le pape Pie XI, en 1931, contredit cet énoncé dans son encyclique publiée à l’occasion du quarantième anniversaire de l’Encyclique de Léon III.

La libre concurrence, en vertu d'une logique interne, avait fini par se détruire elle-même ou presque; elle avait conduit à une grande concentration de la richesse et à l'accumulation d'un pouvoir économique énorme entre les mains de quelques hommes, « qui d'ordinaire ne sont pas les propriétaires, mais les simples dépositaires et gérants d'un capital qu'ils administrent à leur gré. «(MM.35)
« À la liberté du marché a succédé une dictature économique. L’appétit du gain a fait place à une ambition effrénée de dominer. Toute la vie économique est devenue horriblement dure, implacable, cruelle »; d’où résultent l’asservissement des pouvoirs publics aux intérêts des puissants et la dictature internationale de l’argent. (MM.36)

Ce constat conduit au rejet absolu, comme règle suprême des activités et des institutions du monde économique, soit l’intérêt individuel ou d’un groupe, soit la libre concurrence,  soit l’hégémonie économique, soit le prestige ou la puissance de la nation, soit d’autres normes du même genre. (MM.40)

Il y a dans ce dernier paragraphe le rejet absolu de toute force politique et économique qui prétendrait s’imposer comme l’autorité suprême des activités et des institutions du monde économique. Ce n’est pas peu dire, surtout en ces temps où les forces de l’empire étasunien persistent dans leur volonté de dominer le monde. Ses intérêts et sa sécurité nationale sont placés aux dessus de tous les droits des personnes et des peuples. Or, dans cet extrait tiré de l’Encyclique du pape Pie XI, il y a rejet absolu de tout empire.

Le pape Pie XII, pour sa part, y va en relativisant le droit sacré à la propriété des biens. Lors d’une intervention radiophonique, en 1941, il déclare ce qui suit au sujet de ce droit de propriété :

Ce droit ne saurait s’imposer comme un absolu. Il est délimité de manière à ne pas mettre obstacle à « l'imprescriptible exigence que les biens, créés par Dieu pour tous les hommes, soient équitablement à la disposition de tous, selon les principes de la justice et de la charité ». (MM 42)

C’est en référence à ces principes que le pape Jean XXIII, au début des années 1960, publie sa première Encyclique sociale, Mater et Magistra, pour rappeler ces références de base, mais aussi pour actualiser la doctrine sociale de l’Église pour les temps nouveaux.

Lui comme ses prédécesseurs n’est pas sans détecter des distorsions inadmissibles dans les systèmes politiques et économiques qui caractérisent les sociétés des années 1950 et 1960.

Mais c’est aussi un fait qu’en plusieurs de ces pays, face à la misère extrême de la multitude, s’étalent au grand jour, insultant au sort des pauvres, le luxe et les dépenses somptuaires d’une poignée de privilégiés; également, en plus d’un endroit, les hommes sont astreints à des tâches humaines pour permettre à l’économie nationale d’atteindre de hauts niveaux dans des délais très brefs, incompatibles avec le respect des règles de la justice et de l’équité; ailleurs enfin une part importante du revenu est consacrée à une politique démesurée de prestige national et des sommes énormes sont dépensées en armements. (69)

La prospérité d’un peuple doit donc se mesurer moins à la somme totale des biens et richesses qu’à leur juste répartition, celle qui permet la promotion et l’épanouissement de tous les citoyens; car l’économie tout entière n’a pas d’autre fin ni d’autre raison d’être. Le progrès social doit accompagner et rejoindre le développement économique, de telle sorte que toutes les catégories sociales aient leur part des produits accrus, Il faut donc veiller avec attention, et s'employer efficacement, à ce que les déséquilibres économiques et sociaux n'augmentent pas, mais s'atténuent dans la mesure du possible. (74)

Une situation qui exige de la part de l’Église de donner un coup de barre important pour combattre ces tares inadmissibles et redonner confiance aux personnes et aux peuples. Il voit positivement les avancées de la socialisation à laquelle il rattache de nombreux bienfaits.

La socialisation comporte bien des avantages et rend beaucoup de services. Elle permet de satisfaire, surtout dans le domaine économique et social, un grand nombre de droits de la personne humaine, entre autres ceux qui concernent les moyens d’existence, les soins médicaux, la diffusion et le progrès d’une culture de base, la formation professionnelle, le logement, le travail, un repos convenable et de sains loisirs. En outre, grâce à la meilleure organisation des moyens modernes de diffusion de la pensée, – presse, cinéma, radio, télévision, – il est possible, en tout lieu du monde, d’assister, pour ainsi dire en personne, aux évènements mondiaux, si éloignés soient-ils. (61).

À cette fin, les responsables politiques doivent avoir une claire notion du bien commun, c’est-à-dire de l’ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement. Nous estimons, en outre, nécessaire que les corps intermédiaires et les diverses organisations par où se réalise surtout la socialisation jouissent d’une réelle autonomie et poursuivent leurs objectifs dans la concorde et au bénéfice du bien commun. Il n’est pas moins indispensable que ces sociétés aient la forme et la nature d’authentiques communautés; elles n’y réussiront que si elles traitent toujours leurs membres en personnes humaines et les font participer à leurs activités. (65)

En ce qui a trait aux systèmes économiques, il a ce jugement qui ne prête à aucune équivoque :

C’est pourquoi, si les structures et le fonctionnement d’un système économique sont de nature à compromettre la dignité humaine de ceux qui s’y emploient, à émousser en eux le sens des responsabilités, à leur enlever toute initiative personnelle, nous jugeons ce système injuste, même si les richesses produites atteignent un niveau élevé et sont réparties selon les lois de la justice et de l’équité. (83)

C’est dire toute la place qu’occupent la personne humaine et l’importance qui doit être accordée au sens de la responsabilité et à l’initiative personnelle.

Dans son Encyclique Pacem in Terris (Paix sur terre), le pape Jean XIII avance d’un pas de plus en précisant en quoi une autorité civile devient moralement contraignante et quand elle donne lieu à l’objection de conscience.

 51 - L'autorité exigée par l'ordre moral émane de Dieu. Si donc il arrive aux dirigeants d'édicter des lois ou de prendre des mesures contraires à cet ordre moral et par conséquent, à la volonté divine, ces dispositions ne peuvent obliger les consciences, car « il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes).

Bien plus, en pareil cas, l'autorité cesse d'être elle-même et dégénère en oppression. “La législation humaine ne revêt le caractère de loi qu'autant qu'elle se conforme à la juste raison; d'où il appert qu'elle tient sa vigueur de la loi éternelle. Mais dans la mesure où elle s'écarte de la raison, on la déclare injuste, elle ne vérifie pas la notion de loi, elle est plutôt une forme de la violence.

Bien des dictateurs et des gouvernements serviles aux intérêts de l’empire et des oligarchies nationales se retrouvent dans cette catégorie. Les constitutions qui leur servent de loi ont été élaborées par elles-mêmes pour répondre avant tout à leurs intérêts individuels et de groupes dominants.

78 - On ne peut, certes, admettre la théorie selon laquelle la seule volonté des hommes - individus ou groupes sociaux - serait la source unique et première d'où naîtraient droits et devoirs des citoyens, et d'où dériverait la force obligatoire des constitutions et l'autorité des pouvoirs publics (Pt.52)

La conscience des peuples, de plus en plus développée, exige que la loi fondamentale qui doit encadrer les activités politiques, économiques, sociales du pays soit le reflet de ce qu’ils sont comme peuple et réponde aux valeurs qui les portent. Ce n’est pas pour rien que de nombreux peuples exigent de plus en plus la mise en place de constituantes pour procéder à la rédaction de ces constitutions, reflets de ce qu’ils sont et veulent.

79 – (…) les hommes de notre temps ont acquis une conscience plus vive de leur dignité; ce qui les amène à prendre une part active aux affaires publiques et à exiger que les stipulations du droit positif des États garantissent l'inviolabilité de leurs droits personnels. Ils exigent en outre que les gouvernants n'accèdent au pouvoir que suivant une procédure définie par les lois et n'exercent leur autorité que dans les limites de celles-ci.

Un dernier point mérite d’être relevé. Dans son encyclique Mater et Magistra, le pape Jean XXIII justifie le fait des nationalisations en affirmant, qu’au-delà de la coopération nécessaire entre les pouvoirs publics et les secteurs privés, que l’État et les établissements de droit public puissent, eux aussi, posséder des biens de production. C’est en ces termes qu’est énoncé ce principe :

Ce qui vient d’être exposé (la collaboration entre le public et le privé) n’exclut évidemment pas que l’État et les établissements de droit public puissent, eux aussi, posséder des biens de production spécialement lorsqu’il s’agit de biens qui ‘en viennent à conférer une puissance économique telle qu’elle ne peut, sans danger pour le bien public, être laissée entre les mains de personnes privées’ (MM.116)

LE SOCIALISME DU XXIe siècle

Nous y voilà arrivés à ce fameux socialisme qui fait grincer des dents les épiscopats et les oligarchies catholiques.

Ce socialisme n’est pas le produit d’une idéologie, mais de la mouvance d’une société qui fonde son développement sur des valeurs de justice, de vérité, de solidarité et qui fait de l’État l’outil du peuple pour assurer le Bien commun de l’ensemble de la société. La démocratie participative dont il se fait le promoteur prend forme et se développe avec la conscientisation et l’organisation des divers intervenants sociaux pour qu’ils soient impliqués dans les décisions et les orientations politiques et économiques. Il est foncièrement anti-impérialiste  et anticapitaliste, sans être toutefois contre l’entreprise privée qui accepte de subordonner ses intérêts individuels et mercantiles à ceux du bien commun de la collectivité.

Sur le plan économique, le tout nouveau président déclare en février 1999 : notre projet ne veut pas une étatisation de l'économie, mais il n'est pas non plus néolibéral. Nous cherchons une voie moyenne, où la main invisible du marché collabore avec la main visible de l'État : autant d'État que nécessaire, autant de marchés que possible. (19 Richard Gott, Hugo Chávez and the Bolivarien Revolution, Verso, Londres, 2005, p. 175)

Lorsque nous relevons les 15 années de pouvoir du gouvernement bolivarien porté par ce socialisme du XXIe siècle nous reconnaissons l’application des grands principes que nous retrouvons dans la doctrine sociale de l’Église telle qu’exprimée par le pape Jean XXIII. Je me permets de vous référer à un article faisant ce rapprochement entre ce socialisme et la pensée sociale du pape Jean XXIII. À vous d’en juger.

Je mets au défi tous les adversaires de ce socialisme qui se réclament de l’Église catholique de dire en quoi ce socialisme va à l’encontre de la pensée sociale de l’Église telle qu’exprimée dans les encycliques sociales de Jean XXIII.

En ce qui me concerne, il en est plutôt une expression vivante.

35 - Voilà pourquoi une société n'est dûment ordonnée, bienfaisante, respectueuse de la personne humaine, que si elle se fonde sur la vérité, selon l'avertissement de Saint Paul : ‘Rejetez donc le mensonge; que chacun de vous dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres (25).’ Cela suppose que soient sincèrement reconnus les droits et les devoirs mutuels. Cette société doit, en outre, reposer sur la justice, c'est-à-dire sur le respect effectif de ces droits et sur l'accomplissement loyal de ces devoirs; elle doit être vivifiée par l'amour, attitude d'âme qui fait éprouver à chacun comme siens les besoins d'autrui, lui fait partager ses propres biens et incite à un échange toujours plus intense dans le domaine des valeurs spirituelles. Cette société, enfin, doit se réaliser dans la liberté, c’est-à-dire de la façon qui convient à des êtres raisonnables, faits pour assurer la responsabilité de leurs actes. (Pacem in terris)

11 - Tout être humain a droit à la vie, à l'intégrité physique et aux moyens nécessaires et suffisants pour une existence décente, notamment en ce qui concerne l'alimentation, le vêtement, l'habitation, le repos, les soins médicaux, les services sociaux. Par conséquent, l'homme a droit à la sécurité en cas de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse, de chômage et chaque fois qu'il est privé de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
C’est ce à quoi la révolution bolivarienne s’adonne en faveur de tout le peuple en commençant par les plus pauvres et les plus démunis et cela depuis les quinze dernières années. Il va également dans le sens de l'Exhortation apostolique Evangelii Gaudium  du pape François.
Je place cet article sous le patronage du pape Saint Jean XXIII.

Oscar Fortin
Le 26 avril 2014

mercredi 23 avril 2014

LA PENSÉE SOCIALE DU BON PAPE JEAN XXIII (1/2)



NOTE: À l'occasion de la canonisation du pape Jean XXIII j'ai pensé partager avec vous la pensée sociale  de ce pape dont nous avons peu entendu parler. Lors de son bref pontificat il trouva le temps de publier deux encycliques portant sur les grands problèmes sociaux, politiques et économiques  du débat des années 1960. Je vous livre de larges extraits de ces deux documents  qui trouvent encore toute leur actualité pour les temps que nous vivons. Je le ferai en deux parties, d'abord avec Mater et Magistra, puis avec Pacem in Terris.





MATER ET MAGISTRA (15 mai 1961)


Nous  connaissons le pape Jean XXIII surtout pour sa bonté, sa jovialité et de façon toute spéciale pour sa grande initiative d’ouvrir l’Église au monde en convoquant le Concile Vatican II. Parler de Jean XXIII, c’est parler inévitablement de ce grand événement que fut ce Concile dans l’histoire contemporaine de l’Église.

Ce que nous connaissons moins ce sont les deux magnifiques encycliques au sujet desquelles ses successeurs se sont fait plutôt discrets. Elles sont pourtant l’expression de la pensée profonde de l’Église sur l’importance de l’organisation sociale des peuples et des communautés humaines pour assurer tout autant les libertés fondamentales des personnes que les exigences du bien commun. Tous les acteurs de la vie sociale, économique et politique doivent être mis à contribution dans cette socialisation inévitable de la communauté humaine.

L’intervention de l’Église répond tout autant aux impératifs évangéliques qu’aux grands problèmes politiques, économiques et sociaux que vivent les peuples et les nations. MATER ET MAGISTRA et PACEM IN TERRIS, se veulent une contribution qui permette aux hommes et aux femmes de bonne volonté d’être les artisans d’une humanité toujours plus juste, plus créative, plus libre et plus humaine.

La réflexion de Jean XXIII part de la pensée déjà exprimée par ses prédécesseurs, particulièrement celles de Léon XIII, de Pie XI et de Pie XII. Il en relève les points les plus importants, pour mieux les réactualiser pour les années 1960.

Lorsque le pape Léon XIII publia, le 15 mai 1891, son encyclique Rerum Novarum, la conception la plus répandue du monde économique d’alors reposait sur la loi de la libre concurrence illimitée. L'intérêt du capital, le prix des biens et services, le profit et le salaire étaient exclusivement et automatiquement déterminés par les lois du marché. L’État devait s’abstenir de toute intervention dans le domaine économique. (11)

Cette loi du marché ouvrait toute grande les portes aux plus forts qui arrivaient vite à s’imposer aux plus faibles et à occuper tout l’espace de cette libre concurrence, étant parvenus à en contrôler toutes les ficelles. (12)

C’est dans ce contexte, rappelle Jean XXIII, que Léon XIII a pris l’initiative d’une intervention ecclésiale importante dans les secteurs économiques et sociaux pour dénoncer cette prise de contrôle absolu de cette loi du marché et pour y promouvoir une intervention mesurée de l’État en vue d’assurer le bien commun de la société. (15)

« L'Etat, dont la raison d'être est la réalisation du bien commun dans l'ordre temporel, ne peut rester absent du monde économique ; il doit être présent pour y promouvoir avec opportunité la production d'une quantité suffisante de biens matériels, « dont l'usage est nécessaire à l'exercice de la vertu » et pour protéger les droits de tous les citoyens, surtout des plus faibles, comme les ouvriers, les femmes et les enfants. C'est également son devoir inflexible de contribuer activement à l'amélioration des conditions de vie des ouvriers. » (20)

Pie XI, dans son encyclique Quadragésimo Anno, publié le 15 mais 1931, n’est pas sans réaliser, rappelle Jean XIII, que la libre concurrence, en vertu d'une logique interne, avait fini par se détruire elle-même ou presque ; elle avait conduit à une grande concentration de la richesse et à l'accumulation d'un pouvoir économique énorme entre les mains de quelques hommes, « qui d'ordinaire ne sont pas les propriétaires, mais les simples dépositaires et gérants d'un capital qu'ils administrent à leur gré. «(35)
Aussi, observe justement le Souverain Pontife, « à la liberté du marché a succédé une dictature économique. L’appétit du gain a fait place à une ambition effrénée de dominer. Toute la vie économique est devenue horriblement dure, implacable, cruelle » ; d’où résultent l’asservissement des pouvoirs publics aux intérêts des puissants et la dictature internationale de l’argent. (36)
Ce constat conduit au rejet absolu, comme règle suprême des activités et des institutions du monde économique, soit l’intérêt individuel ou d’un groupe, soit la libre concurrence,  soit l’hégémonie économique, soit le prestige ou la puissance de la nation, soit d’autres normes du même genre. (38)


À ce constat, le pape Pie XI propose la création d’un ordre, juridique, national et international, doté d’institutions stables, publiques et privées, qui s'inspire de la justice sociale et auquel doit se conformer l'économie ; ainsi les facteurs économiques auront moins de difficultés à s'exercer en harmonie avec les exigences de la justice dans le cadre du bien commun. (40

Quant à Pie XII,  le 1er juin 1941, en la fête de la Pentecôte, il transmet un message radiophonique  dans lequel il affirme que le droit qu’a tout homme d’user des biens pour son entretien est prioritaire par rapport à tout autre droit de nature économique y incluant le droit de propriété. Si le droit de propriété des biens est également un droit naturel, il ne saurait s’imposer comme un absolu. Il est délimité de manière à ne pas mettre obstacle à « l'imprescriptible exigence que les biens, créés par Dieu pour tous les hommes, soient équitablement à la disposition de tous, selon les principes de la justice et de la charité ». (42)

C’est sur ces bases que le pape Jean XXIII poursuit le développement de la pensée sociale de l’Église.

Initiative personnelle et intervention des pouvoirs publics en matière économique

Pour les raisons déjà données par Nos Prédécesseurs, l’intervention du pouvoir civil est, elle aussi, nécessaire pour promouvoir un juste accroissement de la production, en vue du progrès social et au bénéfice de tous les citoyens.(52)

L’objet naturel de toute intervention en matière sociale est d’aider les membres du corps social, et non pas de les détruire et de les absorber. » (53)

C’est pourquoi l’on demande avec insistance aux pouvoirs publics, responsables du bien commun, d’exercer dans le domaine économique une action plus variée, plus vaste et mieux ordonnée qu’autrefois, et d’adapter à cette fin leurs institutions, leurs organes, leurs moyens et leurs méthodes. (54)

Du reste, l’histoire même montre toujours plus clairement que la vie sociale ne peut être prospère et bien ordonnée que si les personnes privées et les pouvoirs publics conjuguent leurs efforts. Ils doivent agir de concert ; et leurs tâches respectives doivent répondre le plus exactement possible aux exigences du bien commun, selon les circonstances particulières aux diverses époques et aux diverses coutumes. (56)

La socialisation et amplitude du phénomène.

À n’en pas douter, un tel progrès de la socialisation comporte bien des avantages et rend beaucoup de services. Elle permet de satisfaire, surtout dans le domaine économique et social, un grand nombre de droits de la personne humaine, entre autres ceux qui concernent les moyens d’existence, les soins médicaux, la diffusion et le progrès d’une culture de base, la formation professionnelle, le logement, le travail, un repos convenable et de sains loisirs. En outre, grâce à la meilleure organisation des moyens modernes de diffusion de la pensée, – presse, cinéma, radio, télévision, – il est possible, en tout lieu du monde, d’assister, pour ainsi dire en personne, aux événements mondiaux, si éloignés soient-ils. (61).

À cette fin les responsables politiques doivent avoir une claire notion du bien commun, c’est-à-dire de l’ensemble des conditions sociales permettant à la personne d’atteindre mieux et plus facilement son plein épanouissement. Nous estimons, en outre, nécessaire que les corps intermédiaires et les diverses organisations par où se réalise surtout la socialisation jouissent d’une réelle autonomie et poursuivent leurs objectifs dans la concorde et au bénéfice du bien commun. Il n’est pas moins indispensable que ces sociétés aient la forme et la nature d’authentiques communautés ; elles n’y réussiront que si elles traitent toujours leurs membres en personnes humaines et les font participer à leurs activités. (65)

Si la socialisation se réalise conformément à ces règles et à la loi morale, elle ne comportera aucun risque grave ou charge excessive pour les citoyens. On peut espérer, au contraire, qu’elle permettra l’épanouissement des qualités naturelles de l’homme et contribuera à créer une harmonieuse communauté humaine, indispensable, comme le rappelait Pie XI dans l’encyclique Quadragesimo anno, pour satisfaire pleinement aux droits et devoirs de la vie sociale. (67)
Mais c’est aussi un fait qu’en plusieurs de ces pays, face à la misère extrême de la multitude, s’étalent au grand jour, insultant au sort des pauvres, le luxe et les dépenses somptuaires d’une poignée de privilégiés ; également, en plus d’un endroit, les hommes sont astreints à des tâches humaines pour permettre à l’économie nationale d’atteindre de hauts niveaux dans des délais très brefs, incompatibles avec le respect des règles de la justice et de l’équité ; ailleurs enfin une part importante du revenu est consacrée à une politique démesurée de prestige national et des sommes énormes sont dépensées en armements. (69)

De plus, dans les pays économiquement développés, il n’est pas rare que des rétributions considérables, très élevées même, soient accordées pour des prestations de peu d’intérêt ou de valeur discutable, tandis que pour un travail assidu et productif, des catégories entières de citoyens honnêtes et laborieux ne perçoivent qu’un salaire trop faible, insuffisant pour leurs besoins, et, en tout état de cause, inférieur à la justice, eu égard à leur apport au bien commun, au niveau des bénéfices de l’entreprise où ils travaillent et à celui du revenu national. (70)

Nous estimons de Notre devoir d’affirmer, une fois de plus, que la fixation du taux de salaire ne peut être laissée à la libre concurrence ni à l’arbitraire des puissants, mais doit se faire conformément à la justice et à l’équité. Les travailleurs doivent recevoir un salaire suffisant pour mener une vie digne de l’homme et subvenir à leurs charges de famille. Mais, dans la fixation d’un juste salaire, on doit aussi considérer l’apport effectif de chacun à la production, la situation financière de l’entreprise où il travaille, les exigences qu’impose le bien du pays, en particulier celles du plein emploi ; ce que requiert, enfin, le bien commun de toutes les nations, c’est-à-dire des communautés internationales, rassemblant des États de nature et d’étendue diverses. (71)

« L’économie nationale, elle aussi, observe à bon droit Notre Prédécesseur Pie XII, de même qu’elle est le fruit de l’activité d’hommes qui travaillent unis dans la communauté politique, ne tend pas non plus à autre chose qu’à assurer sans interruption les conditions matérielles dans lesquelles pourra se développer pleinement la vie individuelle des citoyens. Là où ceci sera obtenu, et obtenu de façon durable, un peuple sera, à parler exactement, riche, parce que le bien-être général, et par conséquent le droit personnel de tous à l’usage des biens terrestres, se trouvera ainsi réalisé conformément au plan voulu par le Créateur. » La prospérité d’un peuple doit donc se mesurer moins à la somme totale des biens et richesses qu’à leur juste répartition, celle qui permet la promotion et l’épanouissement de tous les citoyens ; car l’économie tout entière n’a pas d’autre fin ni d’autre raison d’être. Le progrès social doit accompagner et rejoindre le développement économique, de telle sorte que toutes les catégories sociales aient leur part des produits accrus, Il faut donc veiller avec attention, et s'employer efficacement, à ce que les déséquilibres économiques et sociaux n'augmentent pas, mais s'atténuent dans la mesure du possible. (74)
Responsabilité des entreprises

C’est pourquoi, si les structures et le fonctionnement d’un système économique sont de nature à compromettre la dignité humaine de ceux qui s’y emploient, à émousser en eux le sens des responsabilités, à leur enlever toute initiative personnelle, Nous jugeons ce système injuste, même si les richesses produites atteignent un niveau élevé et sont réparties selon les lois de la justice et de l’équité. (83)

« La petite et moyenne propriété agricole, artisanale et professionnelle, commerciale, industrielle, doit être garantie et favorisée ; les unions coopératives devront lui assurer les avantages de la grande exploitation. Et là où la grande exploitation continue de se montrer plus heureusement productive, elle doit offrir la possibilité de tempérer le contrat de travail par un contrat de société. » (84)

Pour ces raisons, Nous invitons paternellement Nos très chers fils, les artisans et coopérateurs, dans le monde entier, à prendre conscience de leur noble rôle, car ils contribuent à éveiller parmi leurs concitoyens le sens des responsabilités et l’esprit de collaboration, non moins qu’à maintenir vivant le goût du travail original et de qualité. (90)
Mais ce n’est pas à chaque organe de production qu’il appartient de prendre les décisions qui influent sur l’état général de l’économie ; c’est l’affaire des pouvoirs publics et des institutions responsables des divers secteurs de la vie économique au plan national ou international. Il est donc opportun et même nécessaire qu’auprès des pouvoirs publics et de ces institutions, à côté des entrepreneurs ou de leurs représentants, place soit faite aux travailleurs ou à ceux qui représentent leurs droits, leurs besoins et leurs aspirations. (99)
Aujourd’hui, plus que jamais, on doit proclamer que s’impose une plus large diffusion de la propriété, puisque, Nous l’avons dit, les pays se font plus nombreux où l’économie est en croissance continue. Aussi, en recourant avec prudence aux méthodes qui ont prouvé leur efficacité, ne sera-t-il pas difficile de promouvoir une politique économique et sociale qui facilite une accession aussi large que possible à la propriété de biens tels que des biens durables, une maison, une terre, l’équipement nécessaire à un atelier artisanal ou à l’exploitation d’une ferme familiale, des actions d’entreprises grandes ou moyennes, comme l’ont fait avec succès certains pays plus avancés dans le domaine économique et social. (115)
Ce qui vient d’être exposé n’exclut évidemment pas que l’État et les établissements de droit public puissent, eux aussi, posséder des biens de production, spécialement lorsqu’il s’agit de biens qui « en viennent à conférer une puissance économique telle qu’elle ne peut, sans danger pour le bien public, être laissée entre les mains de personnes privées »(116)
Bien que, de nos jours, le rôle de l’État et des institutions publiques devienne sans cesse plus étendu, on ne saurait en conclure, comme le voudraient certains, que la fonction sociale de la propriété privée soit périmée ; car elle s’enracine dans la notion même du droit de propriété. De plus, il existe en tout temps des situations douloureuses, de profondes misères cachées, que l’intervention de l’État ne connaît pas et qu’il ne peut en rien soulager. Un vaste domaine reste donc toujours ouvert à la générosité humaine et à la charité chrétienne. Enfin, pour la satisfaction des besoins spirituels, de toute évidence l’action des particuliers et des groupements privés est préférable à celle des pouvoirs publics. (120)
Conclusion
De cette première partie, il ressort que la pensée sociale de l’Église s’oppose à toute forme de domination politique, économique et sociale sur les impératifs du bien commun. En ce sens elle s’oppose à tout impérialisme qui ramène le droit des personnes à ses propres intérêts. Elle s’oppose à tout monopole qui ne s’inscrit pas dans le cadre des exigences du bien commun des peuples et qui rendent impossible toute concurrence véritable. Elle s’oppose à toute dictature qui s’asservit les peuples et qui rampe devant l’empire.
« Aussi, observe justement le Souverain Pontife, « à la liberté du marché a succédé une dictature économique. L’appétit du gain a fait place à une ambition effrénée de dominer. Toute la vie économique est devenue horriblement dure, implacable, cruelle » ; d’où résultent l’asservissement des pouvoirs publics aux intérêts des puissants et la dictature internationale de l’argent. (36)
De quoi faire penser à certains de nos évêques et cardinaux de l’Amérique latine qui préfèrent la compagnie des grands et des puissants à celle des pauvres et des humbles.
Les droits et libertés de posséder les biens essentiels à toute subsistance honorable s’étendent non seulement à un groupe de privilégiés, mais à toutes les personnes humaines. Le droit des uns a pour frontière le droit des autres.
Le rôle de l’État est d’assurer ce bien commun et de soutenir tous les intervenants pour qu’ils oeuvrent également à ce bien commun. L’État n’est  pas là pour éliminer les initiatives privées, mais pour en marquer les limites à ne pas franchir en fonction du bien commun. L’État autant que nécessaire et le Privé autant que possible.
A suivre avec l’Encyclique Pacem in Terris.
Oscar Fortin