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mardi 7 juin 2022

LE VATICAN DANS SES RELATIONS AVEC l'EMPIRE

 

 


Le Pape François ne dissimule pas sa grande amitié au catholique Président des États-Unis. On ne peut pas le lui reprocher pour autant qu'il puisse répondre à la clameur des Peuples qui sont directement victimes des sanctions et prérogatives que maintient ce Présent à leur endroit. C'est, entre autre,  le cas du Peuple cubain, toujours vicitme , après 60 ans, d'un blocus économique qui rend impossible les développements et croissances qu'un tel Peuple serait en mesure de vivre. C'est également le cas du Peuple vénézuélien et de son gouvernement qui sont soumis, par ce même empire, à des sanctions internationales, non autorisées par les Nations Unis, et qui rendent impossibles les développements nécessaires pour leur bien-être. Un rapport récent des Nations Unies met en évidence tous les dommages que ces sanctions font souffrir au Peuple vénézuélien. On pourrait en dire autant du Peuple Ucrénien, pris en otage, par l'OTAN interposé, pour en faire les agresseurs de la Russie.

https://progressive.international/wire/2021-10-18-un-expert-releases-full-report-on-impact-of-us-led-sanctions-against-venezuela/fr


Lorsque l'on regarde de près les divers problèmes que vivent les Peuples de l'Amérique latine, on peut s'attendre à ce que les représentants du Jésus ressussité prennent en compte les problèmes que vivent ces peuples et ceux qui en sont les principaux responsables. 


Dans le cas présent, l'un des principaux responsables demeure l'impérialisme étasunien qui décide, par lui-même, du sort de ces Peuples. Pour ce dernier, l'Amérique latine est partie de lui-même. Elle en est, pour ainsi dire, sa cour arrière.


Qu'un Pape, de source latino américaine, qui s'accommonde du fait que Washington soit le maître d'oeuvre du destin des pays de l'Amérique latine et des Caraibes, ne peut que laisser songeurs ces Peuples et Gouvernements quant au rôle que jouent le Pape François et le Vatican dans la geopolitique de l'Amérique latine et des Caraïbes.


Nous y retrouvons un Pape au service d'un Empire  et, en même temps des Peuples, orphelins d'un Pape qui ne répond pas à leurs attentes. Ce n'est pas d'hier que le Vatican et son principal dirigeant se font, plus ou moins complices, de pouvoirs politiques dominants dont la générosité est abondante à leur endroit. Ce qui ne fut toutefois pas le cas du cardinal Carol Wojtyla, en Pologne, qui s'est tenu près du peuple polonais et des activités syndicales, en vue du renversement du gouvernement communiste pour redonner liberté au Peuple Polonais.


Toutefois, son passage  au Vatican, comme Pape,en modifia les comportements. Pour ce nouveau Pape, du nom de   Jean-Paul II, le soulèvement des Peuples en Amérique latine et en Occident, en général, n'était pour lui que des soulèvements conduisant au communisme. Loin de se porter à leur soutien, il en faisait des terroristes communistes. Quant aux gouvernements néo-néo-libérals, il s'en faisait des alliés. Tout le contraire de son comportement en Pologne.


La présence du Vatican, auprès de Washington, n'est pas d'aujourd'hui et a connu ses heures de gloire sous le règne du Pape Jean-Paul II dont les liens avec la famille Bush, père et fils, ont été étroits jusqu'à la toute fin. Bien avant son arrivée à Rome, il avait ces liens étroits avec Washington qui l'alimentait en ressources financières pour soutenir Lech Valeza, dirigeant du Syndicat Solidarnos, en lutte pour renverser le gouvernement communiste.

L'argent, envoyé par Washington, transitabait par la Banque du Vatican  et  Carol Wojtyla, alors cardinal, en Pologne, s'assurait de soutenir les soulèvements contre le communisme. Ce dernier se faisait très actif pour que soit renversé le gouvernement communiste de l'époque. Son action clandestine rejoignait parfaitement bien les prétentions de Washington de s'emparer de la Pologne.




Pour le nouveau pape, Jean Paul II, le rôle des peuples et des gouvernants étaient renversé: par exemple les prétentions des peuples de l'Amérique latine et des Caraibes à lutter contre le capitalisme sauvage dont ils sont victimes, s'apparentent, selon le nouveau pape, à du communisme. Sans aucune nuance, toutes les résistances des peuples et gouvernements ne pouvaient être que du communisme à rejeter. Ce fut le cas d'Allende au Chili, de Fidel Castro à Cuba, d'Evo Morales en Bolivie et j'en passe. Qu'il y ait des coups d'État militaires, orquestrés par l'Empire et certains alliés de ce dernier, n'impressionnaient pas Jean-Paul II. Il est même devenu un ami du fameux dictateur Augusto Pinochet, considéré, davantage, par J.P. II comme un libérateur du communisme que comme un dictateur cruel, sanguinaire  et torcionnaire à l'endroit du Peuple chilien, à la conquête de son indépendance et souveraineté. Ce fut le cas de tous ces Peuples déterminés à décider par eux-mêmes de leur destin.



Un autre exemple frappant est celui de l'intervention de J.P. II au Nicaragua, autre pays ayant renversé le dictateur Somoza. Ce fut une guerre menée par le peuple soutenu par les sandinistes, groupe révolutionnaire, déterminé à récupérer les pouvoirs d'indépendance et de souveraineté des mains du dictateur Somoza, soutenu par l'empire. Lors de la prise du pouvoir par les sandinistes, quatre prêtres furent invités à faire partie du nouveau gouvernement. Au nombre de ces derniers, il y eut le moine Ernesto Cardenal, responsable des ministères de la culture et communication. Son frère, Fernado Cardenal, prêtres jésuites, fut nommé ministre de l'Éducation. Le ministère des Affaires extérieures fut confié au prêtre Miguel Descoto qui deviendra, plus tard, Président de l'Assemblée générale des N.U.. Le quatrième, Edgard Parrales, militant de la théologie de libération, fut nommé représentant du Nicaragua devant LA OEA (ORGANISATION DES ÉTATS AMÉRICAINS). 



Il faut voir ce qui s'est produit lors de la visite du Pape J.P.II au Nicaragua. Le peuple qu'il avait devant lui n'était pas ignorant et savait très bien que ce Pape venait avec l'idée de ramener le Peuple aux normes de l'Empire. Le père Ernesto Cardenal s'était préparé pour recevoir le Pape à son arrivée à l'aéroport. À sa descente de l'avion, le Pape s'est dirigé à lui pour lui reprocher sa présence et sont son rôle dans le gouvernement. Rien de mieux que de lire la narration qu'en a fait Ernesto Cardenal.


https://www.voltairenet.org/article16841.html




Je ne saurais terminer cette partie sans faire référence à Mgr Oscar Romero, évêque du Salvador. Il faut savoir qu'à ce moment le Salvador était dominé par une armée bien protégée par Washington. Les révolutionnaires du Salvador étaient en pleine action pour récupérer le pouvoir de leur indépendance et de leur souveraineté.  l'équilibre des armes, de part et d'autres , favorisaient le gouvernement et son armée. Beaucoup furent assassinées, torturés et fait prisionnier. À quelques reprises, Mgr Romero s'est rendu à Rome pour informer le Pape J.P. II de  ce qui se passait au Salvador. En aucun moment,  le Pape J.P. II prit le temps pour l'écouter et prendre note des documents qu'il lui apportait. Malheuresement, peu de temps après, cet évêque fut tuer par balles au moment où il célébrait la messe. Sa mort affecta profondément le Peuple du Salvador ainsi que tous les Peuples de l'Amérique latine et des Caraibes. Ce ne fut pas sous le règne de J"P" II qu'il fut canonisé, mais sous celui du Pape François.


"Dimanche 14 octobre à Rome, le pape François procéda à la canonisation de Mgr Oscar Romero, archevêque de San Salvador assassiné en pleine messe, le 24 mars 1980, pour s'être placé du côté des plus faibles."


Deux pactes très importants ont été signés par le Vatican avec Washington


Le premier a été scellé le 7 juin 1982 dans la bibliothèque du Vatican entre l’ex président étasunien Ronald Reagan et le pape de l’époque Jean Paul II. Le second a été négocié fin mars 2014, également au Vatican, entre le président des Etats-Unis, Barack Obama et le pape François. Le premier pactee, connu sous le nom de « Sainte Alliance » doit son existence à l’un des personnages les plus sombres de la diplomatie du Vatican : 

Pio Laghi, ex Nonce Apostolique en Argentine (1974-1980) et artisan, dans les années 80, de la reprise des relations diplomatiques entre le Saint Siège et Washington. Laghi était un homme de robe, ambigu et à la main de fer, ami et protecteur de la Junte Militaire argentine, réactionnaire et aveuglé par le spectre du communisme. Le pacte Reagan/ Jean Paul II avait un seul objectif : fomenter une cabale pour renverser le communisme, à n’importe quel prix. Richard Allen, premier conseiller de Reagan à la Sécurité Nationale, dira qu’il s’agissait de « l’une des alliances les plus secrètes de tous les temps ».




Le second en mars 2014:  ce sont les secrétaires d’Etat, respectivement John Kerry et Pietro Parolin, avec le sénateur démocrate Patrick Leahy, qui ont jeté les bases de l’accord entre Obama et Bergoglio. « Le monde doit écouter la voix du Pape », dit Obama au sortir de son entretien avec François. Le rapprochement était en marche depuis 2009, mais tout récemment en juin 2013, il est devenu plus effectif, en partie grâce aux positions adoptées par Bergoglio et Obama. Les personnages de cette saga diplomatique des temps modernes n’ont pas grand-chose à voir avec les membres du sinistre dispositif mis en place par Reagan et Jean-Paul II dans les années 80. 


Les diplomates expérimentés de Rome conjuguent dorénavant leurs efforts de négociations secrètes avec les envoyés spéciaux de Cuba et divers conseillers de la nouvelle génération venus tout droit de Washington. Le spectre du communisme ne poursuit plus personne. La jeunesse a été également un allié de poids. Voici l’exemple de l’un des hommes clés de ce cercle restreint, Ricardo Zúñiga, nommé par Obama en 2012 conseiller aux Affaires Latino américaines à la place de Dan Restrepo. Né au Honduras, en 1970, Zúñiga émigre aux Etats-Unis à l’âge de quatre ans. L’autre pilier central est Ben Rhodes, viceconseiller à la Sécurité Nationale pour les Communications Stratégiques et l’Ecriture de Discours, lui aussi jeune (il est né en 1977). Leurs interlocuteurs ont été des hommes expérimentés et plus âgés, comme par exemple le secrétaire d’Etat du Vatican, Pietro Parolin, qui avait été nonce au Vénézuela de 2009 à 2013


http://www.elcorreo.eu.org/Nouveau-pacte-entre-le-Vatican-et-Washington



CONCLUSION


Tout ce cheminement nous conduit à une seule conclusion: une certaine forme de complicité entre le Vatican et l'Empire étasunien. Cette complicité s'exprime plus souvent que moins par ses silences, convertis en omissions. Le blocus économique contre le Peuple de Cuba et son Gouvernement ne fait pas l'objet d'une réclamation ferme et soutenu pour que l'Empire mette fin à ce blocus criminel et qu'il respecte  le droit international tel qu'exprimé dans la Charte des Nations Unies.  Il en va de même pour ses silences sur les sanctions imposées aux pays qui ne répondent pas aux intérêts de l'Empire. Cuba est toujours soumis au blocus économique en dépit du fait du Pacte du Pape François avec Obama.


Pour le moment, le Vatican fait marche avant avec l'Empire et se garde bien de soutenir les peuples et gouvernements qui luttent pour leur indépendance et souveraineté. Ce fut le cas du Chili avec Allende, du Venezuela avec Hugo Chavez, de la Bolivie avec Evo Morales et de Cuba depuis plus de 60 ans.


En tant que croyant et membre de l'Église, je me pose la question de savoir si le Vatican est plus au service des intérêts de l'Empire que de ceux des Peuples.


Oscar Fortin


dimanche 22 février 2015

LA PROSTITUÉE DE L’APOCALYPSE





Le livre de l’Apocalypse est porteur de révélations présentées à travers des symboles et des images pas toujours faciles à comprendre. Il faut croire qu’elles sont là, comme des phares, pour nous guider sur cette longue route conduisant l’Humanité vers la fin des temps. Il est important de noter que cette fin des temps ne marque d’aucune manière la fin de l’Humanité. Tout au contraire, elle lui ouvre toute grande les portes d’un ciel nouveau et d’une terre nouvelle

« Et j`entendis du trône une forte voix qui disait : « Voici la maison de Dieu avec les hommes! Il habitera avec eux, et ils seront son peuple, et Dieu lui-même sera avec eux. Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n`y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu. » Ap.21, 3-4

Nous n’en sommes évidemment pas encore là et les temps que nous vivons en ce début du 21e siècle nous plongent dans la tourmente des guerres, des famines, des ambitions de pouvoirs et de domination, du mensonge édifié sur le socle de la vérité. Tous ces évènements jettent un éclairage particulier sur ces révélations qui touchent particulièrement les derniers temps de cette longue histoire. Je voudrais m’arrêter, dans le présent texte, à cette prostituée et à cette Babylone dont nous parle l’Apocalypse au chapitre 17.

« Cette femme était vêtue de pourpre et d`écarlate, et parée d`or, de pierres précieuses et de perles. Elle tenait dans sa main une coupe d`or, remplie d`abominations et des impuretés de sa prostitution. Sur son front était écrit un nom, un mystère : Babylone la grande, la mère des impudiques et des abominations de la terre. » Ap.17, 4-5

Les historiens et exégètes ne s’entendent pas sur l’identification de cette prostituée pas plus que sur celle de cette Babylone. Il y a toutefois une tendance forte qui reconnaît, dans cette prostituée, l’Église de Rome. Sur cette question, je vous réfère à cette analyse.

Aux fins du présent article, j’aborderai ce sujet par le biais des deux pactes secrets  entre le Vatican et Washington, conclus, le premier, en juin 1982, et le second, en mars 2014. Dans une première partie, j’aborderai le Pacte signé en juin 1982 par le pape Jean-Paul II et le président Reagan. Dans une seconde partie, je traiterai du pacte signé entre le pape François et le président Obama.

Le Pacte du 7 juin 1982

Si nous pouvons en parler aujourd’hui, c’est qu’avec les années beaucoup d’éléments de son contenu en ont été révélés. Je me permets, pour en traiter, de citer de larges extraits d’un excellent article d’Eduardo Febbro qui en fait un bon résumé.

« Le premier pacte a été scellé le 7 juin 1982 dans la bibliothèque du Vatican entre l’ex-président étasunien Ronald Reagan et le pape de l’époque Jean Paul II. Ce pacte, connu sous le nom de “Sainte Alliance” doit son existence à l’un des personnages les plus sombres de la diplomatie du Vatican : Pio Laghi, ex-Nonce apostolique en Argentine (1974-1980) et artisan, dans les années 80, de la reprise des relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Washington. Laghi était un homme de robe, ambiguë et à la main de fer, ami et protecteur de la Junte militaire argentine, réactionnaire et aveuglé par le spectre du communisme.

Le pacte Reagan/Jean Paul II avait un seul objectif : fomenter une cabale pour renverser le communisme, à n’importe quel prix. Richard Allen, premier conseiller de Reagan à la Sécurité nationale, dira qu’il s’agissait de “l’une des alliances les plus secrètes de tous les temps”

La Sainte Alliance conduisit à un montage financier frauduleux organisé par le Vatican pour épauler clandestinement le syndicat polonais Solidarnosc, dont le leader de l’époque, Lech Walesa, deviendra président de la Pologne après la chute du Mur de Berlin.
 Ronald Reagan et Jean-Paul II étaient habités par la même obsession. Le juge William P. Clark, autre conseiller de Reagan à la sécurité nationale (et aussi le plus influent), dira également que tous deux “partageaient les mêmes choix spirituels et la même vision de l’empire soviétique : le bien et le droit triompheraient selon les plans divins” (The Judge : William P. Clark, Ronald Reagan’s Top Hand, de Paul Kengor et Patricia Clarck Doerne, Ignatius Press 2007).
Quant à l’utilité du Vatican dans cette croisade anticommuniste, le secrétaire d’État de Reagan, Alexandre Haig, l’a très bien résumée : “Le réseau d’information du Vatican était meilleur et plus rapide que le nôtre”. Pour l’Amérique latine, cette Sainte Alliance fut synonyme d’un véritable bain de sang, de guerres et de répression. Le Saint-Siège poursuivit de façon inhumaine tout ce que le continent comptait de progressiste en soutane. S’appuyant, pour ce faire, sur les secteurs les plus réactionnaires de l’Église et du pouvoir politique local et avec la participation de la Maison Blanche, c’est sans aucune hésitation, non plus, qu’il s’est acoquiné avec des congrégations et des personnages impliqués dans des agressions sur mineurs ou des vols en tout genre, comme ce fut le cas avec « Les légionnaires du Christ », de Marcial Maciel, que Jean-Paul II éleva à des hauteurs incroyables alors même que ses escroqueries et abus sexuels étaient de notoriété publique. De nombreux adeptes de la « Théologie de la Libération » payèrent de leur vie une telle persécution.
La complicité entre le Vatican et Washington est parfaitement documentée, et reflétée jusque dans les discours officiels de Ronald Reagan :
“L’Amérique latine est une zone pour laquelle nous éprouvons une préoccupation commune. Nous voulons y travailler en étroite collaboration pour promouvoir la paix, la justice sociale, les réformes et empêcher la propagation de la répression et des régimes tyranniques athées.” (Ronald Reagan, Jack Nelson, “Reagan, Pope Join in Urgent Plea for Peace”, Los Angeles Times, June 8, 1982).

Monter ce dispositif anticommuniste éleva Jean-Paul II au rang d’interlocuteur privilégié des membres de la CIA et d’autres personnages de la sécurité nationale américaine qui allaient à Rome grâce à Pio Laghi. À partir du milieu 1981, une sorte de “navette de renseignements” (intelligence shuttle) s’instaura entre Washington et le Saint-Siège.

L’un des visiteurs réguliers de cette époque est aussi de triste mémoire pour l’Amérique latine, le général Vernon Walters, ambassadeur itinérant de l’administration Reagan, ex-directeur adjoint de la CIA à l’époque du Coup d’État contre Salvador Allende. Dans son livre « The Mighty and the Meek » (St Ermin’s Press, 2001), le général Walters révèle les dessous de ses entretiens papaux. “L’administration avait conscience de la collusion d’intérêts entre l’Église Catholique et les États-Unis dans leurs efforts pour contenir l’expansion communiste. Je devais, en accord avec les ordres reçus, exposer les faits en m’appuyant sur les meilleures sources d’information disponibles. C’est ainsi qu’ont débuté les allers-retours réguliers au Vatican, deux ou trois fois par an. (…) Je faisais au Pape le compte-rendu des menaces engendrées par les missiles, les forces terrestres conventionnelles, l’aviation et la marine soviétiques”. Mais les sujets de discussion allaient bien au-delà. Aux dires des journalistes Carl Bernstein et Marco Politi  (« His Holiness : John Paul II and the Hidden History of Our Time », Doubleday, 1996), les entretiens avec le Souverain Pontife portaient aussi sur l’Amérique Centrale, région, à cette époque, durement touchée par la guerre au Salvador, au Guatemala et au Nicaragua sandinistes, où Washington apportait son aide militaire aux “contras”. Pio Laghi, lors de sa mission en tant que délégué Apostolique aux États-Unis (1980), assistait régulièrement aux réunions de sécurité et rencontrait fréquemment le directeur de la CIA, William Casey, qui était catholique. (…) En juin 1982, alors que Reagan et Jean-Paul II célébraient leur Sainte Alliance, dans les sphères pontificales proches du secrétaire d’État du Saint-Siège, Agostino Casaroli, et l’archevêque Achille Silvestrini, négociait avec le secrétaire d’État US Alexandre Haig et avec le juge William Clark. »

Ce rôle, joué par l’Église à travers l’État du Vatican et tout particulièrement sous la direction du pape Jean-Paul II, en fait une candidate de premier plan pour occuper le poste de la prostituée de l’Apocalypse. On a évidemment célébré en grande pompe l’écroulement de l’ex-Union soviétique (URSS) ainsi que la démolition du mur de Berlin. Ce qu’on a moins célébré c’est cette porte toute grande ouverte aux États-Unis et à l’Empire pour occuper toute la place de la gouvernance du monde. D’un monde bipolaire, l’humanité passa à un monde unipolaire. La Babylone contemporaine, en bonne compagnie de l’Église, se retrouva le maître absolu du monde. Quoi de mieux, pour les puissants de ce monde qu’un monde unipolaire où règne un seul maître qui peut en tout temps décider de ce qui est bien et de ce qui est mal, ce dont G.W. Bush ne s’est pas privé de faire.

LE PACTE DU 21 MARS 2014

Toujours selon Eduardo Febbro, ce second pacte, entre le papa François et  le président Obama n’aurait rien à voir avec l’esprit et les orientations prises dans le cadre du pacte entre le pape J.P.II et Reagan. Il s’agirait d’un pacte de toute autre nature et d’une approche totalement différente du premier pacte.


« Les personnages de cette saga diplomatique des temps modernes n’ont pas grand-chose à voir avec les membres du sinistre dispositif mis en place par Reagan et Jean-Paul II dans les années 80. Les diplomates expérimentés de Rome conjuguent dorénavant leurs efforts de négociations secrètes avec les envoyés spéciaux de Cuba et divers conseillers de la nouvelle génération venus tout droit de Washington. Le spectre du communisme ne poursuit plus personne. La jeunesse a été également un allié de poids. Voici l’exemple de l’un des hommes clés de ce cercle restreint, Ricardo Zúñiga, nommé par Obama en 2012 conseiller aux Affaires latino-américaines à la place de Dan Restrepo. Né au Honduras, en 1970, Zúñiga émigre aux États-Unis à l’âge de quatre ans. L’autre pilier central est Ben Rhodes, vice conseiller à la Sécurité nationale pour les communications stratégiques et l’écriture de Discours, lui aussi jeune (il est né en 1977). Leurs interlocuteurs ont été des hommes expérimentés et plus âgés, par exemple le secrétaire d’État du Vatican, Pietro Parolin, qui avait été nonce au Vénézuéla de 2009 à 2013. »

Il ne fait pas de doute que l’approche soit différente et que les acteurs soient également de profils différents. Toutefois, de là à dire que le « spectre du communisme ne poursuit plus personne » m’apparaît plutôt discutable. Pour illustrer mon point de vue, je prendrai quelques exemples récents venant de la haute hiérarchie catholique.

Mon premier exemple, je le puise chez un personnage qui occupe de très hautes fonctions dans la hiérarchie et au Vatican. Il s’agit du cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga du Honduras, membre du G-9, groupe spécial pour conseiller le pape sur les réformes de la Curie, et président de Caritas international.

Déjà, nous savons qu’il a joué un rôle important dans le coup d’État militaire au Honduras qui renversa le président démocratiquement élu, Manuel Zelaya. Le Cardinal n’était pas d’accord avec ce dernier qui s’était trop rapproché de Chavez, de son socialisme et de l’ALBA. Sur l’ensemble de cette question, je vous réfère à cet article que j’avais alors écrit sur cette grande alliance.

Il est bon de noter que les interventions du cardinal MARADIAGA apparaissent comme un signal de départ à quelque chose qui va se produire. Sa conférence de presse à Berlin a devancé d’un mois le lancement des activités de déstabilisation du gouvernement de Nicolas Maduro. En janvier de cette année, il a de nouveau discrédité, dans une conférence sur les réformes au Vatican, Hugo Chavez et son socialisme du XXIe siècle perçu comme un véritable fiasco. Religion Digital

« Le président de Caritas International a rappelé que le défunt président du Venezuela, Hugo Chavez, s’était présenté avec la promesse de lutter contre la corruption ce qui lui valut de nombreux votes. Toutefois, ce projet a fracassé. Ce socialisme du XXIe siècle n’était rien de plus que du capitalisme déguisé au service de quelques grands voleurs. Cela a fait bien des dommages » (R.D).

Au sujet de la participation populaire à la gouvernance de l’État, comme c’est le cas dans les pays émergents de l’Amérique latine, il a ces paroles :

« Les populismes dont ils s’alimentent ne sont que des feux de paille. »

Quelques semaines plus tard, c’était au tour de l’Épiscopat du Venezuela de prendre la parole pour dénoncer le communisme, le marxisme, le socialisme, l’autoritarisme. Une condamnation en règle du gouvernement qu’il accuse d’être le responsable de la rareté des biens essentiels dans les centres de distribution. Sur ce point précis, je vous réfère à un article demandant aux évêques de se rétracter, la rareté des biens étant causée par les principaux distributeurs du pays qui retenaient ces biens dans des entrepôts pour créer le mécontentement de la population contre le gouvernement en vue de la préparation d’un coup d’État.

Comme par pur hasard, les actions de déstabilisation du gouvernement et de préparation à un coup d’État suivirent les déclarations de ces hommes d’Église. Le 12 février 2015, le gouvernement du Venezuela démonta un coup d’État qui devait se réaliser ce jour même. Encore ici, je vous réfère à cet article portant sur ce démantèlement.

Fait à noter : à aucun moment de toute cette guerre économique et de ce coup d’État démonté, le Vatican et l’épiscopat vénézuélien ne sont intervenus pour dénoncer les responsables oligarchiques pour leurs actions criminelles. Pas une fois, ils se sont excusés pour avoir mal interprété les évènements. Pas une fois, ils ont élevé la voix pour rappeler le respect de l’ordre constitutionnel et dénoncer les actions de violence.

Et que dire de leur silence devant ces politiques agressives et interventionnistes de Washington dans les affaires internes du Venezuela. Ils ignorent le support que le Venezuela reçoit de la part des divers organismes d’intégration de l’Amérique latine comme UNASUR, CELAC, ALBA, et de l’ensemble des pays non-alignés.

Pourquoi le Vatican se tait-il devant ces actions unilatérales des États-Unis dans les affaires internes du Venezuela? Dans pareille circonstance, ne devrait-il pas rappeler à cet État interventionniste le respect du droit international des peuples et des nations à disposer d’eux-mêmes. Également, une occasion pour rappeler que seules les Nations Unies ont autorité pour procéder à pareilles interventions et cela dans le cadre du droit international. Sur toutes ces questions, le Vatican se tait.

D’ailleurs, ce silence du Vatican, chaque fois que Washington est impliqué, peu importe l’endroit dans le monde, est devenu une règle d’or. Nous ne l’avons pas entendu sur l’usage arbitraire des  sanctions contre la Russie, pas plus d’ailleurs sur le non-respect des frontières syriennes où les avions militaires étasuniennes  entrent et sortent sans se soucier du gouvernement syrien.

CONCLUSION

Je pense qu’il faut, au nom de la transparence, que le pape François rende public le contenu de ces accords secrets. Il en va de la crédibilité de l’Église et du pape François. La catholicité de l’Église l’oblige à prendre en compte la totalité de l’humanité. Ce serait bien mal vu s’il fallait qu’elle soit, par des pactes secrets, de mèche avec l’empire du mensonge, de la guerre, des conquêtes. Une enquête récente établit que 90% des victimes de la guerre sont des civils, que sur 248 conflits, les États-Unis en ont provoqué 201. Il est plus qu’urgent que la lumière soit faite sur ces pactes secrets et que la transparence promise par le pape François franchisse ces dernières résistances.



Je viens de mettre en ligne un article faisant l’éloge du pape François et défendant le positif de ses engagements et de ses paroles. Je crois ce pape sincère, mais peut-être aussi un peu naïf, comme il le reconnaissait lui-même dans son entrevue à la Revue jésuite. Il ne peut toutefois pas ignorer que son entourage a des atomes crochus avec Washington et que le lobby de ce dernier est très actif au sein de l’État du Vatican.

Si le deuxième pacte nous est présenté à travers les bons offices du pape François qui a rendu possible la reprise des relations entre Cuba et les États-Unis ainsi que l’échange de prisonniers, cela ne peut suffire pour nous convaincre qu’il n’y a pas anguille sous roche dans la partie secrète du pacte.

Je termine ce trop long article par une dernière observation évoquée dans ce second pacte. Il s’agit de la lutte contre le terrorisme. Le Vatican ne peut pas s’engager dans une lutte contre le terrorisme sur la base de ce que l’empire décide lui-même ce qui est terrorisme et ce qui ne l’est pas. Il est important que l’Église se fasse une idée sur ce qu’est le terrorisme et ceux qui en sont la principale source.

Pour le moment, tout indique que la prostituée de l’Apocalypse est quelque part dans cet État du Vatican qui a main mise sur l’Église tout en ayant le cœur sur l’Empire, cette Babylone contemporaine.

Oscar Fortin
Le 21 février 2015

mercredi 28 février 2018

L’ÉGLISE CATHOLIQUE ? OTAGE ? DE L’ÉTAT DU VATICAN




Note : Pour les chrétiens et les catholiques, le carême rappelle cette longue marche dans le désert du peuple juif , libéré de l’esclavage auquel il était soumis en Égypte, pour aller vers cette nouvelle terre, promise par Moise au nom de Yahvé.  Aujourd’hui, cette marche se poursuit, mais le Moise des temps modernes (le Vatican) s’est transformé en un allié de l’ennemi des peuples, qu’est l’empire, assoiffé de pouvoir et de domination.


Pour la très grande majorité, des catholiques, « Église » et « Vatican » se confondent.  Pourtant, ils sont ce qu’il y a de plus opposé.

L’Église n’est-elle pas la communauté des croyants en Jésus de Nazareth, en sa vie et en son message  que nous révèlent les Évangiles et l’Esprit saint qui distribue ses dons comme bon il l’entend? Elle est  au service de celui qui en est l’inspiration et dont l’objectif est de redonner à l’Humanité l’image et la ressemblance de son Créateur. N’a-t-il pas dit à ses disciples : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie et ce que vous ferez aux plus petits des miens c’est à moi que vous le ferez » ? Pour lui,  l’hypocrisie, le mensonge, l’injustice et tout pouvoir de domination sont des contaminants qui empoisonnent l’Humanité et toute vie en société. Par contre, la compassion, la miséricorde, la bonne foi, la solidarité, la vérité et la justice sont des ingrédients qui renforcent le respect et l’amour, donnant vie à la communauté humaine. À ses disciples et apôtres, il leur rappelle que pour le suivre il faut tout laisser. Il n’y a pas de place pour servir deux maîtres, Dieu et Mammon ou encore les peuples et l’Empire.

L’État du Vatican, par contre, est, d’abord et avant tout, un pouvoir politique. Comme tous les États, il a son gouvernement dont le Pape fait figure de président et le Secrétaire d’État, de premier ministre. La Curie romaine est composée de divers ministères, appelés dicastères et d’une fonction publique qui opère à l’intérieur de chacun de ces dicastères. L’État du Vatican a des représentants dans la majorité des  pays du monde et occupe un siège à l’Assemblée générale des Nations Unies.  Il représente, pour certains États, un pouvoir d’influence important qu’ils ont intérêt à cultiver. En tant qu’État, le Vatican couvre tout autant les activités religieuses de ses membres, prêtres, évêques et cardinaux, à travers le monde, que les activités politiques,  à travers les nonciatures apostoliques. Il est tout à la fois une source d’information de premier plan et une source d’intervention auprès des fidèles et des pasteurs. La distinction entre le service à Dieu et le service à Mammon devient de moins en moins subtile. Il faut noter que la Doctrine s’est substituée aux Évangiles et que les pasteurs et disciples ont été transformés en fonctionnaires du culte.

Aujourd’hui, plus que jamais, nous constatons ce glissement d’une Église au service des Évangiles à une Église au service de Mammon.  Ce glissement n’a d’autres sources  que la domination complète de hauts dirigeants du Vatican sur l’Église et la Doctrine. Pour illustrer cette affirmation, à résonnance radicale, je vous propose l’analyse qu’en fait l’Historienne Annie  Lacroix-Riz, bien connue dans le monde pour ses travaux sur le Vatican et ses engagements avec certains pouvoirs dominants tout au long des deux grandes guerres mondiales  (1914-1939). Je vous laisse en compagnie de cette conférencière pour découvrir le visage caché du Vatican tout au long de cette période.


Également, rôle du Vatican dans les relations internationales.





LA GRANDE ALLIANCE DU VATICAN ET DE WASHINGTON (1978-2018)

Avec l’arrivée  au Vatican du cardinal polonais, Karol Józef  Wojtyła, qui régnera sur l’Église et le Vatican sous le nom de Jean-Paul II, de 1978 à 2005, la puissance impériale des É.U. trouvait l’homme qu’il lui fallait pour combattre les révolutions sociales en Amérique latine. Ils se sont vite mis d’accord pour combattre, en Amérique latine et dans les Caraïbes, entre autres, ces révolutions, considérées, par ces derniers, de communistes, de socialistes, de marxistes.  De nombreux prêtres et de plus en plus d’évêques, à l’époque, s’identifiaient à la « théologie de libération » qui accompagnait la lutte des pauvres pour plus de justice sociale et de respect du droit des personnes et des peuples. Leur sympathie pour cette théologie de libération en faisait des ennemis de l’Empire et du Vatican.

 On raconte que le bref pontificat du pape Jean-Paul Ier, ami de Mgr Helder Camara, évêque du Brésil, et sympathisant de la théologie de libération, avait l’intention  d’en reconnaître officiellement les fondements et les objectifs. De quoi inquiéter Washington et ses alliés sur le Continent latino-américain. Sa mort, à peine 33 jours après son élection, a été ressentie avec beaucoup de tristesse, par la grande majorité des peuples, alors que d’autres y trouvèrent un grand soulagement. Ces derniers furent, d’ailleurs, les premiers à se réjouir de l’élection au Pontificat de ce collaborateur acharné du syndicat Solidarnosc sous la gouverne de Lech Walesa. En ce nouveau pape, tous les ingrédients y étaient pour mener une lutte sans répit contre les révolutions sociales en Amérique latine, étant toutes  considérées comme communiste et marxiste.

Je vous réfère à quelques articles qui couvrent cette période où s’activèrent les papes,  J.P. II, Benoit XVI et, d’une certaine mesure, le pape François. La lutte de Washington, appuyée par le Vatican et les épiscopats latino-américains, contre toute révolution sociale visant la reconquête du contrôle de l’État et de ses richesses par le peuple entre dans la catégorie de la lutte contre le communisme.



Le cas du pape François se présente différemment. Par son Exhortation apostolique Evangelii Gaudium et celle de Amoris laetitia, il s’est rapproché des peuples, des gouvernements et organisme sociaux qui sont profondément engagés pour la justice sociale, l’indépendance et la souveraineté de leurs peuples et pour la reprise en main de leurs richesses naturelles. C’est particulièrement le cas de la Bolivie et du Venezuela. Sauf que dans ces deux cas, les épiscopats nationaux, avec l’appui discret du Vatican, s’opposent à ces peuples et gouvernements. Dans le cas du Venezuela, l’épiscopat vénézuélien se présente et agit ouvertement comme une véritable opposition politique.

Pour comprendre cette coopération, pourrait-on dire naturelle, entre le Vatican et les épiscopats , il faut se rappeler que la nomination des évêques se fait en fonction des intérêts qui unissent le Vatican et Washington. Il faut également savoir que deux pactes ont été signés entre Washington et le Vatican pour mener conjointement la lutte contre la révolution de ces peuples. Dans un article portant sur la prostituée de l’Apocalypse y figure le contenu de ces deux pactes.


EN CONCLUSION

Mon acte de foi:

Je crois en l’Église, la communauté de ceux et celles qui témoignent au quotidien de leur foi en Jésus en se faisant humbles, amants de la vérité et de la justice, solidaires des blessés de la vie, miséricordieux et accueillants à l’endroit de toutes les personnes de « bonne foi ».  Cette bonne foi qui est tout le contraire de l’hypocrisie, de la manipulation et du mensonge. Le récit du jugement dernier nous en donne les grandes lignes. (Mt.25,31-46)

Par contre, je ne crois pas au Vatican, ni en ses œuvres ni en ses pompes.  En lui, je ne vois pas  celui qui est à la source de ma foi, Jésus de Nazareth,  pas plus d’ailleurs que l’Esprit qui illumine les Évangiles. Le discours de Jésus aux grands prêtres et aux docteurs de la loi de son temps s’applique merveilleusement bien à ceux qui règnent sur le Vatican. (Mt.23)



Oscar Fortin