PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

lundi 19 octobre 2009

LA PRIÈRE QUI UNIT ET DIVISE LE MONDE

NOTRE PÈRE

La prière la plus connue et la plus répétée dans le monde est sans nul doute celle que nous a léguée Jésus de Nazareth. Dans cette prière l’ÊTRE SUPRÊME n’est plus un dieu anonyme, mais un PÈRE tout comme ceux et celles qui l’invoquent ne sont plus des créatures, des étrangers, des inconnus, mais des fils et des filles, liés les uns aux autres par des liens universels de fraternité. Le « NOTRE PÈRE » fait de l’humanité une seule et même grande famille. Il n’y a plus d’exclu, ni de maître, ni d’esclave, mais que des frères et des sœurs répondant à un même Père. Du plus grand au plus petit, du plus riche au plus pauvre, tous ont à répondre à cette question qu’Il ne cesse de nous souffler au plus intime de la conscience: que fais-tu de ton frère, de ta sœur?

Cette ouverture à cette universalité de ces liens de fraternité nous interpelle d’autant plus que le monde est devenu un grand village où se révèle à travers les écrans de nos télévisions, les revues, les journaux, les télécommunications et internet une famille humaine mutilée, divisée, brisée. Nous ne pouvons plus cacher aux deux tiers de cette grande famille humaine la place que leurs frères bien nantis se sont taillée sur cette planète, pas plus que nous ne pouvons cacher aux frères biens nantis la pauvreté et la misère dans lesquelles, par les politiques interventionnistes et conquérantes de leurs dirigeants, ils les maintiennent.

Les économistes, les politologues, les sociologues et bien d’autres sont en mesure, aujourd’hui, d’analyser cette situation dans laquelle se trouve l’humanité et d’en dégager les principales composantes qui en expliquent, en grande partie, les maux qui l’assaillent. Il ne fait plus de doute pour personne que la cupidité des uns et l’indifférence de plusieurs autres rendent possible le développement de monopoles, d’oligarchies et d’empires qui en viennent à contrôler les principaux pouvoirs que sont l’argent, les institutions financières, politiques, économiques, juridiques ainsi que les cupules des institutions religieuses. Ces mêmes spécialistes du développement des sociétés et de la société humaine dans son ensemble sont en mesure de dire que ces maîtres du monde n’ont d’autre intérêt que celui de voir grandir toujours plus leur emprise sur les peuples et leurs richesses. Ils imposent leurs lois, placent leurs intérêts et leur sécurité au dessus de ceux de tous les autres. Malheur à qui osent élever la voix pour mettre à nue cette cupidité ou pour dénoncer l’usurpation d’un pouvoir qui se doit de répondre d’abord et avant tout à un impératif de fraternité et de solidarité universelle. Le PÈRE n’est-t-il pas celui à qui le monde doit répondre de ses actions? Ce n’est pourtant pas ainsi que l’entendent les puissances qui dominent et contrôle notre monde. Ils sont les nouveaux dieux de la terre.

QUE TA VOLONTÉ SOIT FAITE SUR TERRE

Le Père, invoqué dans cette prière, est partie prenante du destin de la famille humaine. Sa volonté et son engagement nous sont manifestés par les prophètes d’hier et d’aujourd’hui, par le témoignage de Jésus que nous ont transmis les Évangiles et par celui des martyrs, morts au combat pour une humanité plus juste, plus fraternelle et plus vraie, que nous a laissé l’histoire.

Déjà, il y a plus de 2700 ans, un prophète, du nom d’Isaïe, prenait la parole au nom de ce Père, toujours présent et actif dans l’histoire de cette humanité en marche vers la grande fraternité universelle. Il relevait le fait qu’en dépit des espoirs mis dans un peuple élu (Israël) pour promouvoir le droit et la justice il n’y retrouvait qu’iniquité et cris de douleurs. « Il attendait le droit et voici l’iniquité, la justice et voici les cris. » (Is. 5 :7) Le diagnostique du Père est implacable et sans appel: « Malheur à ceux qui ajoutent maison à maison, qui joignent champ à champ jusqu'à ne plus laisser de place et rester seuls habitants au milieu du pays. »(Is. 5 :8) « Malheur à ceux qui appellent le mal bien et le bien mal, qui font des ténèbres la lumière et de la lumière les ténèbres, qui font de l'amer le doux et du doux l'amer. » (Is.5 :20) Malheur à ceux qui décrètent des décrets d'iniquité, qui écrivent des rescrits d'oppression pour priver les faibles de justice et frustrer de leur droit les humbles de mon peuple, pour faire des veuves leur butin et dépouiller les orphelins. » Is. 10 :1-2)

Dans les Évangiles, Marie, encore enceinte de Jésus, est la première à faire écho au renversement de cet ordre où les puissances, usurpatrices des droits des autres, se verront détrônées alors que les pauvres se verront élevés. «Il a déployé la force de son bras, il a dispersé les hommes au cœur superbe. Il a renversé les potentats de leurs trônes et élevé les humbles. Il a comblé de biens les affamés et renvoyé les riches les mains vides. (Lc. 1 :51-53) Dans son Sermon sur la montagne, dit des Béatitudes, Jésus a ces paroles: « Heureux les persécutés pour la justice, car le Royaume des Cieux est à eux ». (Mt. 5 : 10) Peu de temps avant d’être condamné à mort par ces puissances, complices entre elles, il s’en prend avec autorité à cette hypocrisie dont elles s’enveloppent : « Malheur à vous, scribes et Pharisiens hypocrites, qui ressemblez à des sépulcres blanchis : au-dehors ils ont belle apparence, mais au-dedans ils sont pleins d'ossements de morts et de toute pourriture; ». (Mt. 23 :27) Enfin, dans le livre de l’Apocalypse nous est révélé l’aboutissement de ce projet du Père en faveur de sa grande famille humaine.

« Voici la demeure de Dieu avec les hommes. Il aura sa demeure avec eux ; ils seront son peuple, et lui, Dieu-avec-eux, sera leur Dieu. Il essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n'y en aura plus ; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé. (Ap. 23 :3-4) « C'en est fait, me dit-il encore, je suis l'Alpha et l'Oméga, le Principe et la Fin ; celui qui a soif, moi, je lui donnerai de la source de vie, gratuitement. Telle sera la part du vainqueur ; et je serai son Dieu, et lui sera mon fils. Mais les lâches, les renégats, les dépravés, les assassins, les impurs, les sorciers, les idolâtres, bref, tous les hommes de mensonge, leur lot se trouve dans l'étang brûlant de feu et de soufre : c'est la seconde mort. » (Ap. 21 :6-9)

Croyants ou pas, cette volonté du Père va indéniablement dans le sens des solidarités qui se tissent entre les peuples et les nations. Elle va également dans le sens de cette soif de justice, de vérité et de paix qui monte de la conscience de cette humanité. À Cochabamba, en Bolivie, un des pays les plus pauvres de l’Amérique latine, une voix collective s’est fait entendre en cette fin de semaine du 17 et 18 octobre 2009. C’était une voix nouvelle, une voix portée par une nouvelle humanité, une humanité à l’AUBE d’un jour nouveau. Il est évident que nos médias et les puissances de ce monde n’ont pas fait écho à cette VIIème rencontre de l’ALBA (ALLIANCE BOLIVARIENNE POUR LES PEUPLES DE NOTRE AMÉRIQUE, mais aussi, dans sa traduction française, AUBE). Les neuf pays, participant à cette alliance, ont parlé des droits de la « mère terre », de solidarité, de partage, de mise en commun des ressources pour répondre en priorité aux besoins fondamentaux des personnes et des collectivités. Ils ont condamné les approches impérialistes et dominatrices de ceux qui veulent imposer au monde leurs lois et, en tout, satisfaire leurs ambitions égoïstes et partisanes. Ils se sont donné une nouvelle monnaie pour leurs échanges commerciaux le « SUCRE », abandonnant ainsi le dollar.

ÉVO MORALES, président de la Bolivie, présidait cette rencontre de l’ALBA. Issu d’une civilisation (aymara) plusieurs fois millénaires, il en a exprimé la sagesse et la grandeur. Bien des poètes et des prophètes qui ont sillonné cette longue histoire avaient anticipé ce jour de la « NAISSANCE D’UN HOMME NOUVEAU ». Fidel Castro, pour sa part, a consacré son dernier article à ce jeune Président dont les réalisations lui auraient amplement mérité le PRIX NOBEL DE LA PAIX 2009. Un magnifique témoignage à lire dans sa traduction française.

Oscar Fortín
http://humanisme.blogspot.com/
Québec, le 19 octobre 2009

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