PENSÉE

LA DÉMOCRATIE QUI NE FAIT PAS DU PEUPLE LE RESPONSABLE DE SES DÉCISIONS EST UNE TROMPERIE.

LA RELIGION QUI NE RECONNAÎT PAS LA FOI COMME UN DON PERSONNEL DE DIEU EST UNE MANIPULATION.

LE BIEN COMMUN QUI NE SE FONDE PAS SUR LA JUSTICE ET LA VÉRITÉ EST UNE ESCROQUERIE.

Oscar Fortin

Blog espagnol

dimanche 21 février 2016

QUE PENSE V. POUTINE DES LARMOIEMENTS DE KERRY ?





Qui aurait pu penser que le Secrétaire d’État aux affaires extérieures des États unis, John Kerry, le maître d’œuvre de l’interventionnisme de l’Occident en Syrie puisse craindre la disparition pure et simple de l’État syrien ? Comment peut-il exprimer cette crainte alors que depuis 2011 tout est fait pour détruire cet État ? À moins qu’il y ait eu un lapsus dans sa déclaration et que sa crainte porterait plutôt sur la disparition de l’État islamique (EI et DAECK) .

Vladimir Poutine, devant l’Assemblée fédérale de Russie, en décembre dernier, avait eu ces paroles « nous les connaissons et savons ce qu’il faut faire ». Il ne se faisait, à ce moment-là, aucune illusion sur les soi-disant partenaires occidentaux.

 «  Nous savons qui a décidé de renverser les régimes indésirables et d’imposer brutalement leurs propres lois. Où est-ce que cela les a menés? Ils ont semé le trouble, détruit les institutions étatiques des pays, monté les composantes du peuple les unes contre les autres puis s’en sont “lavées les mains”, comme on dit en Russie, ouvrant ainsi la voie à des militants armés radicaux, extrémistes et terroristes»

Je pense que M. Kerry devrait relire ce passage de l’intervention de M. Poutine et prendre le temps de se regarder dans le miroir. S’il pense impressionner le Président de Russie par ce genre de déclaration, il se trompe éperdument. Les stratagèmes visant à gagner du temps pour refaire les forces des troupes en déroutes ne collent pas avec la Russie de Poutine et de Lavrov. Pour que des négociations de paix portent, il faut que les objectifs demeurent les mêmes et que les moyens utilisés, pour les atteindre, soient clairement définis et sans ambiguïté. Poutine a vu en Ukraine que les négociations de Minsk étaient réclamées chaque fois que les troupes du gouvernement de Kiev tiraient de l’arrière face aux combattants du Donbass, question de gagner du temps pour refaire le plein. Ce même scénario ne peut pas se répéter avec la Syrie.

Tous ceux qui veulent la paix en Syrie doivent reconnaître le gouvernement légitime de Bachar El Assad et s’unir avec ce dernier pour combattre tous les terroristes qui veulent éliminer par les armes ce gouvernement et prendre le contrôle de l’État. Toute négociation de Genève qui ne partirait pas de cette base sera vouée à l’échec.

Le temps des doubles standards est révolu. La bonne foi doit s’imposer dans la reconnaissance des droits fondamentaux des personnes et des peuples. Il ne peut pas y avoir des peuples, des États, des personnes qui s’élèvent au-dessus de ces droits fondamentaux tout en l’exigeant des autres.

Depuis cinq mois, à la demande du gouvernement syrien, la Russie combat les terroristes qui s’en prennent aux populations et aux institutions de l’État par les armes. Elle a pu constater qui sont ceux derrière ces terroristes, ceux qui en deviennent des complices en leur fournissant des armes, en leur donnant de l’argent, en leur procurant des informations de nature à orienter leurs attaques. Voici ce que disait Vladimir Poutine, en octobre 2015, au Club de discussion internationale de Valdaï :

 « Les États-Unis possèdent un grand potentiel militaire, mais il est toujours difficile de mener un double jeu : lutter contre les terroristes et en même temps en utiliser certains pour poser des pions sur le damier du Moyen-Orient dans leur propre intérêt. Il est impossible de vaincre le terrorisme si l’on utilise une partie des terroristes comme un bélier pour renverser des régimes que l’on n’aime pas. On ne peut pas ensuite se débarrasser de ces terroristes. C’est une illusion de croire qu’on pourra les chasser du pouvoir. »

Force est de constater que cette attitude des États-Unis et de leurs principaux alliés n’a pas changé, même lorsque présentée sous des dehors tout différents. Leurs objectifs géopolitiques demeurent les mêmes et leur soutien au terrorisme qui les sert si bien se poursuit. La Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar, particulièrement proches des terroristes, peuvent compter sur la couverture de Washington quant à leurs interventions directes et indirectes en Syrie. Ils savent agiter la menace et multiplier les provocations.

Poutine a déjà dit que les responsables d’État devaient être patients et responsables, qu’un rien pouvait enflammer la planète. Il a également dit qu’il n’agirait sous le coup de la colère en réponse à de la provocation. Son agenda est à l’abri de tous ces pièges qui lui sont tendus pour l'entrainer dans une guerre dont ses adversaires auraient le contrôle. Inutile, ce ne sera que lorsqu’il sera lui-même convaincu que la paix ne peut être possible par la négociation, qu’il décidera du moment de passer à l’attaque.




Oscar Fortin
Le 21 février 2016



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