vendredi 21 octobre 2011

QUI SONT CEUX QUI ONT LES MAINS SOUILLÉS DE SANG?



Nos chefs d’État et nos médias officiels nous ont habitué à pointer du doigt les principaux ennemis des politiques impériales qui dominent nos sociétés. Ce seront, en général, ces chefs d’État qui leur tiennent tête et qui se font les promoteurs d’une souveraineté sans dépendance et d’une politique, sans compromis, de contrôle et d’exploitation de leurs propres richesses. Ces derniers seront d’abord désignés comme des dictateurs, même s’ils ont été élus par leur peuple. Viendra par la suite  l’accusation à l’effet qu’ils soutiennent la contrebande de la drogue et qu’ils font partie de la mafia qui en assure la production et la distribution. S’ils sont dans un environnement où il y a des groupes armés révolutionnaires, ils seront accusés de les soutenir de diverses façons. Ils seront enfin associés aux assassinats et aux règlements de compte. De là à dire qu’ils sont  devenus des tyrans sanguinaires et sans conscience, il n’y a qu’un pas à franchir.

Lors d’une émission, toute récente, de Radio-Canada à « tout le monde en parle » des invités parlèrent de Fidel Castro comme d’un dictateur aux mains souillées de sang. Je savais que l’image, projetée par nos médias officiels, faisait  de cet homme un dictateur sanguinaire. Je m’attendais, toutefois, que quelqu’un pose la question à savoir ce que voulait bien dire cette expression. Ne vivons-nous pas dans un monde où les guerres cruelles et sanguinaires font partie de notre quotidien. Le million de morts en Irak, les centaines de milliers en Afghanistan et les 70 000 en Libye font-ils de Bush, Blair, Sarkozy, Cameron, Harper et les autres des chefs d’État aux mains souillées de sang? Il est évidemment facile de répéter ce à quoi on nous a habitué. Mais de la part de personnes bien informées et professionnelles, je m’attendais à autre chose. 

Je suis allé sur Google et j’ai tapé « accusations contre Fidel Castro ». J’y ai effectivement trouvé plusieurs plaintes présentées à des Cours internationales, mais aucune n’a été retenue par manque de preuves.

Pour en savoir plus sur tous les crimes qu’on lui impute, je me suis rendu à ce lien,  sur Wikipedia, et j’y ai lu, entre autres, ce qui suit :

« Le gouvernement révolutionnaire avait décidé de punir de façon exemplaire les responsables des meurtres et des crimes commis sous la dictature (Ndr de Batista). Dans l'histoire cubaine, les tortures et les meurtres de patriotes et de combattants révolutionnaires avaient toujours été impunis, et le peuple espérait maintenant un changement : le pays entier exigeait la mort pour les assassins. Des tribunaux révolutionnaires furent établis et des jugements publics furent tenus, avec toutes les garanties pour les coupables. Les sentences appropriées furent rendues, y compris la peine capitale2

Dans les premiers mois qui suivent la Révolution, les opposants au régime prétendent que plusieurs centaines d'opposants sont exécutés en 19593, plusieurs milliers dans les années 19604. Plus de 600 partisans de Batista – ou considérés comme tels – auraient été exécutés5 dans les premiers temps de la Révolution cubaine et du régime castriste. D'autres opposants sont emprisonnés et la presse est censurée5.

En fait, les accusés sont pour la plupart des officiels du régime de Batista: policiers, hommes politiques ou personnes influentes accusées d'avoir contribué à la répression à laquelle le régime s'était livré notamment en 1958 juste avant sa chute6, des membres du « bureau de la répression des activités communistes » qui avaient recours à l'enlèvement, la torture et l'assassinat7, ou des militaires accusés de crime de guerre, mais aussi des dissidents politiques[réf. nécessaire]. Seuls les militaires et policiers sont condamnés à mort, les civils étant conduits devant un autre tribunal8. »

De ce texte je tire trois conclusions. La première est qu’après la victoire, des « tribunaux révolutionnaires furent établis et des jugements publics furent tenus, avec toutes les garanties pour les coupables. Sur ce point, Fidel, lors de sa visite au Chili, en 1971, avait reconnu, dans une de ses interventions, qu’il y avait eu des erreurs de commises et que des abus de pouvoir de la part de certains de ces tribunaux révolutionnaires avaient été rapportés. Il y aurait eu des règlements de compte. Dès qu’il en fut avisé il a aussitôt procédé à des changements pour que de telles pratiques ne se répètent pas.

Le deuxième point repose essentiellement sur ce que les « opposants au régime » prétendent. Il est possible qu’il en ait été ainsi, mais il est également possible qu’il en ait été autrement. Ils parlent d’une centaine d’opposants exécutés dès 1959 et de plusieurs milliers durant les années 1960. Dans ce dernier cas une visite au lien suggéré ne m’a  pas permis de voir le nombre plus précis des morts et des circonstances dans lesquelles ils auraient été exécutés. S’agit-il de 1000, 2000, 3000 ou plus, nous ne le savons pas. Il en va de même pour les 600 participants de Batista qui « auraient été exécutées ».

Ma troisième remarque est que nous savons, aujourd’hui, plus que jamais, toute la facilité avec laquelle des nouvelles peuvent être inventées de toute pièce de manière à influencer l’opinion des gens sur telle ou telle personne ou encore sur telle ou telle guerre. Par exemple, pour certains, l’intervention de l’OTAN en Libye est une véritable intervention humanitaire alors que pour plusieurs autres, il s’agit d’un véritable désastre humanitaire. Dans un cas comme dans l’autre, il y a eu plus de 70 mille morts dans une période de 8 mois. Le sang de ces morts coule quelque part dans les mains de certains responsables. 

Ce que nous savons, toutefois, avec certitude au sujet de Fidel et de Cuba c’est que les valeurs de base que sont la subsistance, la santé, l’éducation et le sens de la solidarité ont atteint un niveau qui fait l’envie de nombreux pays. Nous savons également qu’il ne s’est pas enrichi à même son peuple et la corruption internationale pour se payer des châteaux et des voitures de grand luxe. Il est resté lui-même, près des conditions de vie de son peuple. Ses enfants qu’il n’a pas voulu différents des autres mènent une vie sans luxe et sans privilège. Nous sommes bien loin des Moubarak en Égypte, ou de Ben Ali en Tunisie, deux grands alliés de Washington.

Aujourd’hui, Fidel Castro, à 85 ans, poursuit ses réflexions sur les grands problèmes du monde. Il parle, entre autres, de l’importance de protéger l’environnement, de la nécessité de la solidarité, devenue indispensable à la survivance des peuples. Il rappelle avec encore plus d’actualité les dangers que représentent toujours le capitalisme et l’impérialisme pour la justice et la paix dans le monde.

Ceux et celles qui s’en approchent découvrent le sage, l’humaniste, le révolutionnaire dont le regard porte toujours sur la liberté des peuples et le bien-être de tous et de toutes. Ce n’est pas pour rien que de nombreux chefs d’État du monde, soucieux du bien-être de leur peuple,  vont à sa rencontre pour s’en inspirer.  Celui que les adversaires prennent plaisir à présenter comme un tyran aux mains souillées de sang, se révèle être le révolutionnaire ayant toujours à cœur la libération des peuples pour qu’ils s’assument dans la solidarité et le respect mutuel. Sa vie est en continuité avec ses principes et ses idéaux.


Oscar Fortin
Québec, le 21 octobre 2011



jeudi 20 octobre 2011

DES HÉROS PASSÉS SOUS SILENCE




Je me suis réjoui, comme des milliers d’autres à travers le monde, de l’échange de prisonniers entre  Israël et la Palestine. Le seul prisonnier aux mains des palestiniens, Gilad Shali, a pu rejoindre les siens après 5 ans de captivité.  Il en fut de même pour les centaines de palestiniens qui ont pu rejoindre, au même moment, leurs familles, certains après plus de 10 à 15 ans. À la fin, il y en aura 1000, selon les termes de l’entente. Cet échange aura été le résultat d’une longue et ardue négociation.

Nos journaux et télévisions n’ont pas manqué de mettre en relief la libération du jeune israélien Gilad Shali, chaleureusement accueilli par sa famille et les autorités du pays. Il en fut de même pour la libération de centaines de palestiniens qui ne pouvaient passer inaperçue.

Quelques jours plus tôt, un autre prisonnier, celui-là, moins connu de nos milieux journalistiques a été libéré après avoir purgé, aux Etats-Unis, une peine de 13 ans de prison. Son nom est René Gonzalez, un des cinq cubains condamnés pour avoir infiltré des groupes cubains terroristes  de Miami dans les années 1990. Leur objectif était d’empêcher que de tels actes, pouvant causer des dizaines et des milliers de morts, ne puissent être menés à terme sur le sol cubain.

Leur crime fut d’avoir mis à jour des actions terroristes en préparation visant Cuba et certains organismes aux Etats-Unis. Cette information, portée à la connaissance du Président Fidel Castro, avait été transmise, à son initiative, à Bill Clinton, alors Président des Etats-Unis. Fidel Castro, avait fait appel, pour cette mission délicate, à son ami et prix Nobel de littérature, Gabriel Garcia Marquez. De bonne foi, il pensait que le président Clinton allait vérifier les faits rapportés et agir en conséquence en poursuivant les coupables.

La suite est pure tragédie. Contre toute attente ce furent les cubains antiterroristes qui ont été arrêtés et condamnés. Ceux qui avaient été dénoncés pour activités terroristes ne furent d’aucune façon interpellés.

L’histoire des procès de ces cinq cubains est marquée par de nombreuses irrégularités qui ont été chaque fois ignorées par les Cours de justice.


Depuis plusieurs années, des mobilisations à travers le monde réclament justice pour ces cinq antiterroristes cubains, mais en vain.

René Gonzalez, qui vient tout juste de terminer sa peine, s’est vu imposé, sans aucun motif, une nouvelle restriction à sa libération. Il doit demeurer aux Etats-Unis, plus précisément en Floride, en résidence surveillée pour les trois prochaines années. Il ne lui est pas permis de retourner à Cuba pour retrouver les siens.

Vous comprendrez que cette introduction n’a pour objectif que celui de porter à votre attention trois articles fort émouvants tout autant sinon plus émouvant que la libération du jeune israélien. De cela nos médias ne parlent guère.

Le premier est la lettre que René Gonzalez, après sa mise en semi-liberté, a fait parvenir au Peuple cubain, une fois arrivé en lieu sur.


La seconde est une réflexion de Fidel Castro qui n’a cessé et ne cesse de réclamer justice pour ces cinq cubains condamnés injustement. Pour ceux et celles qui n’ont pas l’habitude de lire en direct ce que pense et écrit cet homme de 85 ans, le détour vaut la peine.


La troisième est le témoignage de Gilbert Brownstone, président de la fondation du même nom, qui s’est intéressé de façon particulière aux cinq cubains et qui nous livre quelques informations.


Je souhaite que les sentiments et émotions que nous ressentons ne soient pas conditionnels  à la couleur de la peau, aux idéologies dominantes, mais à cette proximité qui fait de nous tous et toutes des humains.

Oscar Fortin
Québec, le 20 octobre 2011

mardi 18 octobre 2011

OBAMA ET BUSH: UN MÊME COMBAT EN DÉPIT DES DISCOURS PLEINS D'ESPÉRANCE



On ne peut nier qu’Obama a l’art de la parole et qu’il sait servir ses divers plats avec des mots  et des principes qu’il  ajuste aux diverses situations sans se préoccuper de leurs contradictions avec les politiques et pratiques de son administration.

Cette situation est d’autant plus frappante qu’il a été élu avec la promesse d’un avenir différent pour l’Amérique et pour le monde, fondé non plus sur les guerres de conquête et de domination, mais sur le respect des droits fondamentaux des personnes et des peuples.

« Ces idéaux éclairent toujours le monde et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme. Donc, à tous les autres peuples et les gouvernements qui nous regardent, aujourd’hui, du plus petit village où mon père est né, sachez que l’Amérique (les États-Unis) est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme, enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger, une fois de plus. »

Par ces mots, le nouveau Président indique sa volonté de tourner cette page sombre de l’histoire des États-Unis où la « politique de la sécurité nationale » a servi, trop souvent, à justifier un interventionnisme opportuniste et, plus que tout, à défier, dans nombre de cas, les droits les plus fondamentaux des peuples et des personnes. Il s’agit là d’un changement radical dans l’approche des relations des États-Unis avec le monde : ce ne sera plus par les armes, le chantage, la manipulation et le mensonge que les États-Unis s’imposeront au monde, mais par la flamme vivante des idéaux, inscrits dans sa Constitution et dans le droit international, qu’il en deviendra un leader et un guide.

«… notre sécurité émane de la justesse de notre cause, notre force de notre exemple, des qualités tempérantes de l’humilité et de la retenue. »

Cet esprit a dominé dans ses premières rencontres avec la communauté internationale et les communautés régionales. On se souviendra de l’accueil fait par les Présidents des pays de l’Amérique latine et des Caraïbes, enchantés qu’ils étaient d’une approche et d’un discours qui tranchaient avec ceux de ses prédécesseurs, particulièrement ceux de G.W. Bush.

« Nous ne pouvons pas rester prisonniers des désaccords du passé... Je prends devant vous l'engagement d'un partenariat d'égal à égal".

Dans son discours au Caire, il n’en va pas autrement. Une approche fondée sur une compréhension mutuelle de l’histoire et de la volonté de surmonter les différents pour construire ensemble un monde plus juste et plus prospère.

« Je suis venu chercher un nouveau commencement entre les Etats-Unis et les musulmans du monde entier, qui se fonde sur un intérêt et un respect mutuels ; qui se fonde sur le fait que l’Amérique et l’islam ne sont pas exclusifs l’un de l’autre et ne sont pas voués à se faire concurrence. Au lieu de cela, ils se chevauchent et partagent des principes communs : justice et progrès ; tolérance et dignité de tous les êtres humains. »
Des propos de nature à redonner confiance et espoir aux peuples. Une aire nouvelle s’ouvre pour les pays du monde dans leurs les relations avec le pays le plus puissant. Toutefois la fraicheur de tels propos sera vite dissipée par la dure réalité de politiques qui ne feront que renforcer les orientations déjà prises par G.W. Bush.
En Amérique Latine la politique impériale de domination et de conquête continue à s’imposer.
Le blocus économique imposé à Cuba depuis plus de 50 ans et dénoncé par une très grande majorité des membres de l’Assemblée générale des Nations Unies est maintenu et, dans certains cas, les mécanismes de contrôle de son application ont été renforcis. Il en va de même pour les 5 prisonniers antiterroristes cubains, condamnés injustement et détenus depuis plus de 13 ans. En dépit du fait que leur libération est réclamée par la communauté internationale, le président Obama ne bouge pas.
Le terroriste Luis Posada Cariles, auteur, en 1976, du sabotage en plein vol d’un avion de Cubana aviation entrainant la mort de 73 personnes, est toujours protégé par l’administration étasunienne qui se refuse de l’extrader au Venezuela qui le réclame pour le juger.
En juin 2009 se réalise le coup d’État militaire au Honduras, chassant du pouvoir le président légitimement élus, Manuel Zelaya. Cette intervention militaire n’a été possible qu’avec l’appui officieux de l’Administration Obama qui a soutenu les auteurs de ce renversement de gouvernement.
Peu de temps après ce sera l’annonce de l’implantation de 9 bases militaires étasuniennes en territoire colombien, menaçant ainsi la sécurité du Venezuela et de l’ensemble de l’Amérique latine. Pour un prix Nobel de la paix c’est là une initiative qui répond à une logique qu’il est seul à connaître et qui n’est pas sans inquiéter les voisins.
À tout cela s’ajoute les actions menées par diverses agences étasuniennes visant à déstabiliser les gouvernements des pays émergents de l’Amérique latine tels  l’Équateur, victime d’une tentative de coup d’État, en 2010, le Venezuela dont le Président est sans cesse menacé d’assassinat, la Bolivie où les actions de division sont nombreuse. Vraiment rien pour rassurer les partenaires latinos américains sur les intentions de Washington.
Au Moyen Orient la situation n’est guère mieux. Les guerres se poursuivent en Afghanistan, en Irak, en Libye. Des interventions de sabotages sont en opération en Syrie, en Iran et la Palestine doit faire son deuil du vote d’Obama au Conseil de sécurité pour être reconnu comme État souverain avec siège aux Nations Unies.
En dépit de toutes ces contradictions le président Obama s’est présenté avec assurance devant l’Assemblée générale des Nations Unies, en ce 21 septembre 2011, avec un discours tissés de principes et de contradictions. Je me permets quelques illustrations qui démontrent sa logique à l’intérieur de chacun des thèmes traités, mais pas toujours la cohérence entre ces derniers.

En tant que prix Nobel de la paix 2009, il se devait de parler de cette paix comme objectif fondamental des Nations Unies. Une paix, dit-il, qui n’est pas pure absence de guerre, mais qui permet de rejoindre les grandes aspirations du monde d’aujourd’hui.

Si la guerre est parfois nécessaire, ce ne peut être que pour permettre à des peuples, privés de liberté et de démocratie, de chasser les tyrans et de prendre en main leur propre destin de nations libres et indépendantes.

Lorsqu’il passe aux exemples concrets permettant d’illustrer cette approche, les thèmes choisis et les analyses proposées ont chacune leur logique interne fondée sur des postulats et des lectures de la réalité qui sont loin de faire l’unanimité.

Il y a, entre autres, le cas de la Tunisie où le peuple, sans arme,  s’est levé pour réclamer le départ du Président qui occupait son poste depuis plus de 30 ans. Dans ce cas, la foule représentait bien la volonté populaire et le Président se devait de partir. En aucun moment, dans son discours, il n’a été question de dictateur corrompu et sanguinaire, mais bel et bien d’un Président qui avait fait son temps et dont le départ était demandé par le peuple. Il s’est bien gardé, toutefois, de relever le changement de régime réclamé par le peuple et la mise en place d’une nouvelle constitution.

Il y a également le cas de l’Égypte où là encore un peuple s’est mobilisé pacifiquement pour réclamer le départ d’un Président qui avait fait son temps. Pas de commentaires spécifiques sur l’attaque violente et sanguinaire dont cette foule, réunie sur la place principale, a été victime lors de ces manifestations. Pas un mot sur la corruption et le régime répressif.

Dans le cas de la Libye, le ton change et les mots et les arguments deviennent différents. Il n’est plus question d’un Président, mais d’un dictateur sanguinaire qui opprime son peuple depuis plus de 40 ans. Il ne s’agit plus d’un peuple manifestant sur la place verte de Tripoli ou ailleurs à travers le pays comme ce fut le cas en Tunisie et en Égypte, mais d’opposants armés au régime Kadhafi, victimes de l’atrocité sanguinaire du tyran. Dans ce dernier cas, Il n’est pas question de démontrer les faits des crimes commis pas plus que de connaître la volonté du peuple libyen en appui aux opposants. Pour Obama, les opposants sont le peuple.

La nouvelle, non confirmée, de l’assassinat de 6000 personnes par les forces de Kadhafi donne le signal de l’offensive de l’OTAN. Il n’est pas question de suivre les conseils de divers pays de l’Amérique latine et de l’Afrique qui demandent qu’une commission spéciale soit envoyée sur les lieux pour vérifier l’authenticité des faits rapportés et chercher par des voies politiques une solution au problème interne à la Libye.

Aujourd’hui nous savons que cette accusation des six mille exécutions étaient sans fondement et que tout ce qui a suivi n’a été tissé que de demi-vérités ou de mensonges.


Les trois derniers cas, donnés en exemple, se rapportent au Yémen, à Bahreïn et à la Syrie. Dans les deux premiers cas, l’approche est différente.  Tout en reconnaissant un certain soulèvement de la population, Obama ne mentionne pas comme telle la répression dont il a été victimes. Le cas de Bahreïn retient d’autant plus l’attention que le gouvernement a fait appel à l’armée de l’Arabie Saoudite pour faire taire le peuple. Ce fait n’a soulevé aucune urgence d’une intervention des Nations Unies pour défendre le peuple, comme ce fut le cas pour la Libye et que ce le sera probablement pour la Syrie. Dans ce dernier cas, il s’agit de groupes armés qui se proclament représentants du peuple et qui réclament le changement de régime. Rien à voir avec ces foules comme celles  en Égypte, en Tunisie ou encore au Yémen et à Bahreïn. Le cas de la Syrie se rapproche beaucoup de celui de la Libye.

La logique de M. Obama est que dans tous les cas, y incluant la Libye et la Syrie,  il s’agit du soulèvement de peuples. Par contre, qu’il y ait eu un million et demie de libyens et libyennes, soit 25% de la population totale de Libye, réunis sur la Place verte de Tripoli, pour s’opposer à l’intervention de l’Otan et soutenir Kadhafi, cela ne compte pas. Le groupe de mercenaires dont nous connaissons la composition est, pour M. Obama, le peuple Libyen alors que ceux qui résistent sont des Kadhafistes.

Dans son discours, il parle de l’importance des Nations Unies et de son rôle pour   assurer la paix dans le monde. Il demande que tous les pays s’unissent dans un effort commun pour construire cette paix. Tout en disant cela, il nie à la communauté internationale  son pouvoir d’assumer cette responsabilité, en maintenant  le système du droit de véto de cinq pays. Les Etats-Unis, par ce droit de véto peut renverser toutes les décisions prises par l’Assemblée générale.  Ce sera le cas pour bloquer la reconnaissance de la Palestine comme pays souverain ayant son siège aux Nations Unies.

« Ces idéaux (le respect des droits des personnes et des peuples) éclairent toujours le monde et nous ne les abandonnerons pas par opportunisme. Donc, à tous les autres peuples et les gouvernements qui nous regardent, aujourd’hui, du plus petit village où mon père est né, sachez que l’Amérique (les États-Unis) est l’amie de chaque nation, de chaque homme, femme, enfant qui cherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à diriger, une fois de plus.

Je laisse à d’autres de poursuivre dans l’identification des incohérences souvent noyées dans l’usage de mots dont les contenus varient selon les territoires, les populations, mais surtout selon les intérêts en cause.

Oscar Fortin
Québec, le 16 octobre 2011




lundi 17 octobre 2011

"UNE ANNÉE DE LA FOI"


DÉCRÉTÉE PAR BENOÎT XVI
  

Benoît XVI vient de décréter une « année de la foi », à partir du 11 octobre 2012, qui marquera le cinquantième anniversaire de l’inauguration du Concile Vatican II (1962/65) et qui se conclura, le 24 novembre 2013, lors de la solennité du Christ, roi de l'univers. « Ce sera, dit-il, pour donner une impulsion renouvelée à la mission de toute l'Eglise de conduire l'homme hors du désert, où souvent il se trouve, vers le lieu de la vie, vers l'amitié avec le Christ, qui nous donne cette vie en plénitude. "Ce sera un moment de grâce et d'engagement, pour une conversion toujours plus entière à Dieu, pour renforcer notre foi en lui et l'annoncer, avec joie, aux hommes de notre temps. »

Que l’on réfléchisse sur la foi, que l’on en découvre ses véritables fondements, que l’on en exprime les engagements auxquels elle conduit dans ce devenir de l’humanité, appelée à vivre la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, tout cela ne peut qu’être bénéfique pour l’Église et le Monde. Pour ce faire, il faut se présenter à cet exercice avec un esprit ouvert, libre de schémas idéologiques et théologiques davantage inspirés  par des doctrines de siècles passés que par les Évangiles elles-mêmes.

La présentation de cette « année de foi » qu’en fait Benoît XVI me laisse songeur sur 4 points qui ressortent dans son intervention. 
  1. 1. Il y a en tout premier lieu cette conception d’une Église qui a pour mission de conduire l’homme… Tout en parlant de toute l’Église le lecteur que je suis se demande si sa pensée ne porte pas prioritairement sur l’autorité des pasteurs et de lui-même qui disposent de lumières spéciales et de l’autorité nécessaire pour guider les chrétiens et l’humanité entière vers Dieu. Il sera important que soit discuté le rôle des croyants et croyantes dans cette Église et dans cette conduite de l’homme hors du désert. Pour le moment, on ne peut que regretter le sort réservé à de nombreux prophètes engagés dans cette sortie du désert. Que l’on pense aux théologiens de la libération et à tous ces prophètes qui proclament l’avènement d’un monde nouveau, fondé sur autre chose que la cupidité, la recherche du pouvoir et les goûts de grandeur.

  2. 2. Le second point est celui du « désert ». De quel désert s’agit-il ? Dans l’histoire de l’Église et de l’Ancien Testament de nombreux mystiques ont choisi le désert pour se rapprocher de Dieu. Certains peuvent aussi comprendre le « désert » comme l’absence de communication, l’isolement, l’exclusion sociale, la pauvreté etc. Il y a là également un désert où se retrouvent les 2/3 de l’humanité. Sortir cette partie de l’humanité du désert dans lequel elle est retenue par des systèmes dominés par la cupidité, la puissance de domination de certaines élites oligarchiques, financières, institutionnelles et même religieuses est un défi qui concerne toutes les personnes de bonne volonté et auquel de nombreux croyants participent sous l’inspiration de Jésus de Nazareth. Je soupçonne toutefois que ce soit là le désert dont parle Benoît XVI. Je crois plutôt qu’il se réfère à un schéma théologique où la foi se réfère à un Dieu de l’au-delà et que ceux et celles qui n’ont pas cette foi dans ce Dieu de l’au-delà, dont l’Église est la représentante officielle, sont dans le désert. Dans cette optique, « l’année de la foi » consistera à faire découvrir ce Dieu dans la figure du Christ, roi de l’univers, source d’amitié et de vie.
  1. 3.    Le troisième point est celui qui porte sur la conversion. De quelle conversion parle-t-on et conversion de qui ? Il est évident que sans une plus grande précision des relations de l’Église institutionnelle, hiérarchique avec l’ensemble des croyants et avec le monde dans tout ce qu’il est, il sera bien difficile de dire qui doit vraiment se convertir et à qui et à quoi se convertir. Pendant que de nombreux croyants demandent aux autorités ecclésiales de se convertir aux Évangiles et à Jésus de Nazareth, ces dernières demandent aux croyants et au monde de se convertir à Dieu, roi de l’Univers.
  1. 4.    Le quatrième point porte inévitablement sur l’idée que l’on se fait de Dieu et celle que l’on se fait de Jésus de Nazareth. Dans ce dernier cas, il y a d’une part le Jésus de l’histoire dont nous parlent les Évangiles, le Dieu avec nous, l'un de nous sur terre, et d’autre part le Christ ressuscité, roi et seigneur de l’univers, plutôt placé dans les hauteurs du Ciel. Il ne fait aucun doute qu’il y aura débat pour savoir qui de ces personnages peut le mieux inspirer le monde d’aujourd’hui. 


Il y a donc de nombreuses questions qui doivent être posées tant sur le Dieu, pris en référence, que sur le destin d’une humanité, prise en otage. Une chose est certaine : Jésus de Nazareth, cet homme au visage humain et aux comportements solidaires, est à la base de l’Église et cette dernière se doit de se l’approprier pleinement pour devenir lumière du monde. Dans le contexte actuel, le chemin à parcourir ne saurait être franchi sans une profonde conversion de ces mêmes autorités et de nombreux autres au Jésus de l’histoire et au témoignage qu’il a laissé.

À n’en pas douter, « l’année de la foi » sera l’année de  remises en question  fondamentales sur ces diverses questions et, espérons-le, de grandes conversions. Si tel est le cas, la décision de Benoît XVI aura été de grande inspiration.

Oscar Fortin
Québec, octobre 2011


samedi 15 octobre 2011

HARPER LA MARIONNETTE DE WASHINGTON




Le Canada n’est-il pas ce beau et grand pays qui témoigne, face au monde, de la paix, de la prospérité, de la démocratie, de l’indépendance  et de l’harmonie avec tous les peuples? Si une telle présentation a pu avoir quelques échos dans le passé avec des Premiers ministres « canadiens » tels Lester B. Pearson et d’une certaine façon ave Pierre E. Trudeau, elle est maintenant dépourvue de tout fondement.

Le Canada, véritable marionnette de Washington, fait partie directement ou indirectement de toutes les guerres que ce dernier provoque dans le monde. Il est directement impliqué dans la guerre en Afghanistan, en Libye et joue un rôle d’intelligence et de couverture dans plusieurs autres pays susceptibles d’être au nombre des prochaines cibles.

Les dernières déclarations de Monsieur Harper, qui reprend à son compte la version officielle de Washington, à l’effet que l’Iran est à l’origine d’une tentative d’assassinat de l’ambassadeur saoudien aux Etats-Unis, confirment cette dépendance. Voici le communiqué publié sur AterInfo.

« L'Iran représente "la plus grave menace" pour la paix et la sécurité, dans le monde", a déclaré, vendredi, le Premier ministre canadien, Stephen Harper, après la dénonciation, par Washington, d'un complot iranien présumé visant à assassiner l'ambassadeur saoudien, aux Etats-Unis.

"Nous n'avons rien contre le peuple iranien, mais le régime de Téhéran représente, vraisemblablement, la plus grave menace, pour la paix et la sécurité dans le monde", a dit M. Harper, lors d'un point de presse. Jeudi, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a laissé entendre que le Canada pourrait se joindre à d'éventuelles nouvelles sanctions contre Téhéran, affirmant qu'Ottawa collaborerait avec ses partenaires internationaux, au sujet "des conséquences concernant les actes de l’Iran". Harper n'a pas expliqué sur quelles bases il avançait une si grave accusation. »

Cette supposé interprétation, proclamée initialement par Washington devient vite vérité et voilà que les marionnettes se permettent de la répéter en chœur comme si l’intelligence des peuples n’existait pas. Les démentis officiels de l’Iran ne comptent pas.

Mais voilà qu’un ex agent de la CIA , Michael Scheuer, l’homme jadis responsable-au sein de la CIA- de l’unité chargée de traquer Oussama Ben Laden, se permet de douter d’une pareille supposition et croit plutôt que cette mise en scène serait l’œuvre d’Israël ou de l’Arabie saoudite.

« Les seuls gens qui pourraient bénéficier de cela seraient les Israéliens et les Saoudiens. Si j’étais à la recherche d’une opération de contre-espionnage pour cerner l’origine de cette information, je serais très tenté de vérifier la piste d’un instigateur israélien ou saoudien. Car, sur le long terme, Israël et l’Arabie saoudite sont deux ennemis bien plus dangereux pour les Etats-Unis que l’Iran. Celui-ci est un pays de troisième rang sur le plan militaire que nous pourrions facilement gérer.

Le Congrès est emballé à l’idée de faire la guerre à l’Iran. Écoutez les sénateurs Graham, McCain et Joe Liberman : ils sont dans les mains des Israéliens. Les Saoudiens sont très influents. Quand vous observez ce genre de choses, vous devez vous poser la question : qui profiterait de cette guerre ? Israéliens et Saoudiens adoreraient voir notre argent et nos jeunes gens être tués pour combattre leur ennemi en Iran ».

Qu’en pense nos services secrets canadiens ? Peuvent-ils apporter des réponses qui vont au delà des suppositions ? Ce n’est tout de même pas rien. Il s’agit de la mise en marche d’une autre guerre aux milliers de morts et aux milliards de dollars investis dans les armements. Est-ce vraiment ce que veut le Peuple canadien ? M. Harper, demandez le donc au Peuple canadien si c’est ce qu’il veut vraiment. Un référendum coute moins cher et n’occasionne aucune mort. Trop de guerres en ce début du XXIème siècle ont été déclarées sur la base de mensonges et de demi-vérités. Plus d’un million de personnes, comme vous et moi, ont été tuées. Pour QUI et pour QUOI ?

Imaginons un instant une guerre de grande envergure déclenchée sur la base d’une tentative d’assassinat d’un ambassadeur saoudien en sol américain. Allons donc, il n’y a pas là motif pour déclarer une guerre et encore moins lorsque les auteurs intellectuels de l’opération ne sont pas clairement reconnus. De plus, en quoi la sécurité du Canada est-elle compromise ?

Oscar Fortin
Québec, le 15 octobre 2011
http://humanisme.blogspot.com