mardi 7 avril 2015

Le temps d'un parcours sur les 7 du Québec


Le temps d’un parcours sur les 7duquebec



NOTE : Cette intervention ne touche d’aucune manière les personnes qui participent par leurs écrits, sur le site des 7duquébec, à l’effort d’information visant à remettre les pendules à l’heure des temps que nous vivons. Comme beaucoup d’autres sites, le site des 7duquebec s’est inscrit, dès son origine, dans la mouvance d’une information alternative à celle de nos réseaux officiels d’information souvent conditionnés par ceux qui en sont les propriétaires ou les maitres. Mon intervention se veut une interpellation forte sur une dérive qui est de nature à discréditer tous ceux et celles qui oeuvrent dans le sens de cette information alternative. Le risque est grand pour que le site des   7duquebec  se transforme en un site au service de l'information officielle et du fait même de la désinformation. 


Il y a quelques années, Pierre  JC Allard m’invitait à me joindre aux auteurs qui alimentaient, à l’époque, les sites Centpapiers et les 7duquebec. J’écrivais des articles que j'éditais sur mon propre site et que je présentais à d'autres sites comme celui de vigile,  d'Alter info, du Grand soir

Écrire pour moi répond avant tout à une nécessité d’exprimer le point de vue qui s’impose tant à ma conscience qu’à ma raison. Je le fais librement, sans aucune obligation à l’endroit de qui que ce soit. Je dis à travers l’écriture ce que les évènements m’inspirent sur les personnes, les peuples, les institutions politiques et religieuses. Je ne m’impose à aucun site en particulier, mais je suis toujours heureux lorsque mes articles sont repris et suscitent de l’intérêt pour leurs lecteurs et lectrices. C’est donc dans ce contexte que j’ai accepté l’invitation de Pierre JC Allard et que je suis devenu un collaborateur du site des 7duquebec. Il m’avait même offert à quelques reprises d’en devenir un gestionnaire avec son équipe. Ce que j’ai toujours refusé, mon intérêt étant d’écrire librement et au rythme de mon inspiration.

Dernièrement, j’avais pris un certain recul et je n’acheminais plus mes articles sur les 7dq. J’avais toutefois avisé l’éditrice en chef qu’elle pouvait prendre sur mon propre site les articles pouvant intéresser les lecteurs et lectrices des 7dq. Après plusieurs semaines d’absence sur le site mais, en même temps, de production intensive de ma part, Robert Bibeau, le patron du site, a voulu savoir pourquoi je n’envoyais plus mes textes. Je me suis expliqué tout en lui signalant que l’autorisation de puiser dans mes textes était toujours valable. C’est que durant toute cette période, aucun de mes articles n’a été sélectionné pour publication. Des articles qui allaient chercher des milliers de lecteurs et lectrices, entre autres, sur le site Agoravox.

Toujours est-il que j’ai repris du service et j’en ai profité pour mettre en ligne les articles qui avaient connu un grand succès sur Agoravox. Ces derniers temps, j’ai remis en ligne un article qui datait de 2010, mais qui gardait toute sa pertinence dans un contexte pascal où les croyants célèbrent leur Pâques et que les non-croyants se voient  comme s’ils étaient perçus par ces derniers comme les méchants et les pas bons. Par cet article, je reconnaissais la tradition religieuse du Québec sans pour autant en faire le modèle à suivre. J’en faisais tout simplement le constat. J’en faisais de même pour les non-croyants et les promoteurs de la laïcité. Je concluais que l’élément le plus important auquel les deux réalités doivent se mesurer c’est l’engagement concret au service de la justice, de la vérité, de la solidarité, de la compassion. Là se reconnaissent les véritables forces qui ont des racines de vie.

En même temps que ce texte était en ligne, je terminais un autre texte dont le sujet revêtait une grande importance pour moi : une présentation du message évangélique comme totalement intégré à la dynamique conduisant à un monde nouveau. Une approche où le religieux se moule parfaitement au profane et le profane au religieux. J’ai coiffé cet article du titre « L’homme qui a cru qu’un monde nouveau était possible ». Il a été aussitôt repris par de nombreux sites internet au cours des derniers jours de la semaine sainte. Je l’avais fait parvenir à l’éditrice des 7 du Québec, le mardi soir ou le mercredi matin, dans l’espoir qu’il soit publié la fin de semaine de Pâques, mais ce ne fut pas possible.  Sa publication se réalisera le lundi de Pâques, le 6 avril.

Mon texte sur la laïcité a été mis en ligne sur les 7dq, le samedi, 4 avril.  Le modérateur des commentaires, Paul Laurendeau y est allé avec le premier commentaire qui donnait le ton:

« Propagande onctueuse de cureton inane. 

J’ai tout simplement répondu qu’un tel commentaire n’était pas sans révéler de son auteur. Ce à quoi il a répondu 

« Ceux qui se demandent si les Poutineux sont des intégristes chrétiens n’ont qu’à te lire… »

Cet article donna lieu à des commentaires particuliers. J’ignore si la censure a agi sur nombre d’entre eux. Sur ce point il faut se fier au modérateur qui a main mise sur l’édition des commentaires. Pour ceux que le sujet intéresse ils peuvent prendre connaissance des échanges qui ont marqué le débat sur cet article.

Ce ne sera que le lendemain du jour de Pâques, que l’on verra tomber le voile et que le véritable visage du modérateur se révèlera au grand jour dans toute son ignominie. De fait, le 6 avril, mon article sur l’homme qui a cru qu’un autre monde était possible a été mis en ligne. Le premier commentaire à y apparaitre est venu du modérateur, Paul Laurendeau.

« Et surtout Jésus et ses suppôts vous fourniront une méthode infaillible pour faire taire les objecteurs athées: le faux respect, le tripotage permanent avec les élites, le mensonge feutré, la pagaille sociale organisée, le contrôle sur la racaille aveugle, la fausse sagesse humaniste, et un version opium du peuple et furtivement néo-colonialiste du vieil ethnocentrisme occidental. »

Encore là, le ton est donné et je n’ai rien à y redire, si ce n’est qu’il ne porte pas ssur l’article proposé.  Il fait diversion. C’est ainsi que l’essentiel de mes répliques à ses nombreux commentaires consistait à lui demander s’il avait lu l’article en question et, si oui, d’apporter les références appuyant ses dires. Sur ce point, il n’a jamais trouvé une réponde confirmant qu’il avait lu l’article. Ses commentaires portaient sur tout sauf sur l’article lui-même.

Mais là où l’erreur la plus grave a été commise, c’est quand il a utilisé le nom d’un auteur pour s’en faire un allié de ses dires. Voici le texte et le nom de l’auteur usurpé.

Le 6 avril 2015 à 7 h 13 minDemian West a dit :

Je dois dire ici que je suis totalement en accord avec les arguments de Paul Laurendeau Description : -D Sa synthèse du christianisme est profonde et parfaitement valide.

Cet auteur en prenant connaissance de cette usurpation a communiqué avec moi à travers la section commentaire de mon site internet pour me dire que ce texte n’était pas de lui.

Bonjour Oscar Fortin, le commentaire dessous votre article sur les 7 du Québec que je cite : "
Le 6 avril 2015 à 7 h 13 min, Demian West a dit : 

 
 Je dois dire ici que je suis totalement en accord avec les arguments de Paul Laurendeau :-D Sa synthèse du christianisme est profonde et parfaitement valide."



Ce commentaire n'est pas de moi, et il fait suite à deux commentaires de ma part qui ont été censurés.

C'est donc le censeur qui a usurpé mon identité pour publier un commentaire. Ces gens ne reculent devant rien.

Demian West
06 avril, 2015 07:55

À une interrogation de l'éditrice qui s'interrogeait sur le fait que ce commentaire était rattaché à son identité internet, M. West a eu la réponse suivante:


Damian West
Commentaire publié sur les 7 : Bonjour Fortin, Oui, j'avais d'abord posté un commentaire pour exprimer à Laurendeau qu'il était en train de vider les 7 du Québec, car il est un fanatique qui refuse toute opinion autre que la sienne. Et qu'il était si prévisible, que je m'amusais beaucoup à le voir scier la branche sur laquelle il repose. Puis, il a censuré. Et pour me punir sans doute, il a publié un commentaire sous mon nom, sans doute pour manifester sa toute puissance. Ces méthodes de voyous ne sont pas adultes, et elles signent la fin de ce journal de fanatiques. Et j'ai envoyé une email à Dessureault qui s'en fiche complètement, et ce qui démontre ses absences morales coupables. Ces gens sont la lie du web et personne ne s'y intéresse, ils sont déjà oubliés dans le fleuve Oblivion. Bien sûr, je vais publier ce commentaire aussi sur le site de Fortin, pour que d'aucuns puissent savoir ce qu'on leur cache ici. :-D Réjouissons-nous les menteurs sont démasqués. sur L’HOMME QUI A CRU QU’UN AUTRE MONDE ÉTAIT POSSIBLE

Ce dernier n’est toutefois pas le seul à avoir été censuré par le modérateur Paul Laurendeau. L’auteur qui se présente sous le pseudonyme de OmegaDG et qui s’est identifié ave moi, est une personne que je connais bien pour ses écrits et sa participation active à divers sites internet. Voici ce qu’il me communique par l’intermédiaire de l’espace commentaires d’Agoravox :

 OmegaDG (---.---.---.103) 6 avril 21:32
@oscar Fortin
Malheureusement mes commentaires sont censurés sur votre débat avec l’Accusateur sur les 7 dq.
L’argument du Fourbe sayanim porte sur le Messager et non sur le message.

Croire c’est faire confiance sans voir sans entendre et sans comprendre. Sur ce point, au sujet de l’existence réelle de Jésus je suis agnostique. Le Messager ? la juiverie de l’époque l’a déjà crucifié avec le consentement de la loi romaine : une exécution religiopolitique, selon ce qu’on peut en lire historiquement
Le message par contre persiste dans la pratique de la justice et de la miséricorde, c’est en ce message que je fais confiance, que je crois.
@OmegaDG
p.s. ce message a été effacé par l’agent Censeur Laurendeau sur les 7dq

Devant ces faits et la manipulation inacceptable des commentaires, j’ai informé l’éditrice, Mme Carolle Dessureault, et le propriétaire du site, M. Robert Bibeau, de ces anormalités. On m’a laissé entendre qu’il y aurait une réunion, que j’ai interprétée comme urgente, avec l’intéressé pour tirer au clair toutes ces questions.

Toutefois, Mme Dessureault m’a informé que cette rencontre ne se ferait pas avant le mois de mai. J’ai alors compris que ce n’était pas une urgence et que Paul Laurendeau était toujours le véritable maitre du jeu. Il s’impose en sachant que le propriétaire et l’éditrice lui apporteront tout leur support. 

Je termine mon dernier message en disant qu’ils ont tout ce qu’il faut pour prendre les décisions pertinentes pour le site et ses objectifs.

Une fois le débat terminé sur mon dernier article,encore en ligne,   je prendrai  un temps d’arrêt et je verrai, à la lumière des décisions prises si les conditions seront réunies pour que je poursuive en toute confiance ma collaboration avec les 7dq. Pour l'instant, il ne saurait en être question.

J’ai tenu à rendre publique toute cette saga dont je ne suis qu’une des nombreuses victimes qui se sont frottées avec ce modérateur manipulateur et tricheur. L’usurpation d’une identité est quelque chose de très grave tout comme la censure des commentaires. Si nous voulons que les réseaux d’information alternative maintiennent leur niveau de crédibilité ainsi que les auteurs qui s’y associent, il est plus que nécessaire que ceux qui en assurent leur fonctionnement soient à la hauteur de l’information à transmettre.



Oscar Fortin
Le 7 avril 2015




mercredi 1 avril 2015

L’HOMME QUI A CRU QU’UN AUTRE MONDE ÉTAIT POSSIBLE





Jésus de Nazareth

Les temps que nous vivons ne sont pas de nature à nous convaincre que la gouvernance mondiale qui nous est proposée par les grands et puissants de ce monde soit celle qui réponde le mieux aux grandes aspirations de l’Humanité. Les millénaires qui nous précèdent marquent ce cheminement chaotique d’un monde dont l’issue est celle d’une domination toujours plus grande d’une minorité, devenue, de nos jours, le 1 % qui impose ses volontés aux 99 % de ces hommes, femmes et enfants, dont les rêves au bien vivre, à la liberté, à la justice, au respect, à la solidarité sont ramenés au plus bas dénominateur.

Ce constat s’impose d’autant plus facilement que le décloisonnement de nos îlots de vie nous ouvre sur le monde et nous fait découvrir ces grands manipulateurs et usurpateurs de la gouvernance mondiale. Les guerres qu’ils déclarent et alimentent en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Amérique latine, en Asie sont là pour faire taire les récalcitrants et exiger des peuples qu’ils soient soumis à leurs propres règles, à leurs propres lois. La prise de contrôle de leurs richesses va évidemment de soi.

Loin de reconnaître leur diabolique projet de domination et de conquête, ils veulent plutôt être perçus et reconnus pour des sauveurs d’humanité. À cette fin, la cinquième colonne de leurs forces offensives, constituée d’un pouvoir médiatique sans précédent, déploie toutes les ressources techniques et humaines pour atteindre cet objectif. Font partie de cet arsenal, les actions sous fausses bannières, les multiples formes de manipulation, allant du mensonge jusqu’à la diabolisation de ceux et celles qui osent s’opposer à leur projet de domination et de gouvernance du monde. Ils ont, sous leur contrôle, les grands réseaux de communication à travers le monde au service desquels oeuvrent des professionnels de la désinformation. Ces derniers sont capables de faire d’un dieu un diable et d’un diable un dieu, de convertir la vérité en mensonge et le mensonge en vérité. Dépourvus de toute conscience, ils peuvent se permettre tout.

Les paradigmes de la gouvernance de ce monde reposent essentiellement sur trois grands pouvoirs : celui de l’argent (l’avoir), celui de la domination (la gouvernance), celui du prestige (le paraître). Déjà, au temps de Jésus, ces trois pouvoirs avaient été stigmatisés, dans la symbolique des trois tentations de Jésus au désert. Il s’agit d’une mise en scène où le Diable, ce maître du monde, essaie d’entraîner Jésus dans le sillage des paradigmes de l’avoir, du pouvoir et du paraître. Dans les trois cas, il a rejeté catégoriquement ces paradigmes qui ne sont pas ceux de son Père et que ne saurait répondre aux grandes aspirations de l’humanité.

Quelles sont les alternatives à ces paradigmes?

Déjà, plusieurs siècles avant la naissance de ce Jésus, le prophète Isaïe avait anticipé les paroles qui seraient les siennes comme envoyé du Père :

« L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a consacré par l'onction, pour porter la bonne nouvelle aux pauvres. Il m'a envoyé annoncer aux captifs la délivrance et aux aveugles le retour à la vue, renvoyer en liberté les opprimés, proclamer une année de grâce du Seigneur. » (Luc 4, 18-19 = Is 61, 1-2a)

Sa mère, encore enceinte de l’enfant, eut cette exclamation prophétique au moment de partager sa joie avec sa cousine Elizabeth.

« Il a déployé la force de son bras; il a dispersé ceux qui avaient dans le coeur des pensées orgueilleuses. Il a renversé les puissants de leurs trônes, et il a élevé les humbles. Il a rassasié de biens les affamés, et il a renvoyé les riches les mains vides. » Lc 1,51-53

Le ton est donné. Il se présente avec autorité et puissance intérieure non pas pour se substituer aux grands et aux puissants de ce monde, sinon pour renverser l’ordre de ce monde, caractérisé par l’avoir, le pouvoir et le paraître. Aux paradigmes de ce monde, il oppose ceux d’un monde où prédominent la justice, le partage et la solidarité dans l’avoir, où la domination se transforme en un pouvoir de service assumé par tous et pour tous et , finalement, où le paraître, donnant du prestige aux uns et de l’insignifiance aux autres, se transforme complètement, les plus grands se faisant les plus petits, les maîtres se faisant serviteurs, les premiers laissant leur place aux derniers.   

Sa vie se déroule au milieu des pauvres, des malades, des pécheurs, des exclus. Ses paroles sont autant d’appels au réveil des consciences, à la nécessité de changer radicalement la perception des valeurs de ce monde par celles qui sont porteuses de vie, de paix et de bonheur. Il fait de l’amour de l’autre une loi fondamentale dont la mesure est l’amour que l’on porte à soi-même. « Aime ton prochain comme toi-même. » À ses disciples, il dira d’être dans ce monde sans en être, au sens de ne pas en assumer les valeurs de l’avoir, du pouvoir et du paraître, mais celles de l’ordre nouveau, porteur de justice, de vérité, de solidarité, de compassion, de service et d’humilité.

On ne peut passer sous silence son Sermon sur la Montagne, également appelé les Béatitudes. Voici quelques extraits de la version qu’en donne l’Évangéliste Mathieu (5, 3-12),

« Heureux les pauvres en esprit, 
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés, 
car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice, 
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux, 
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs, 
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix, 
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice, 
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux. »

Lorsqu’il lui arrive de résumer en quelques mots sa pensée, de la ramener à l’essentiel, il y énumère la justice, l’aide et le support aux veuves, aux orphelins, aux étrangers, l’humilité et la bonne foi. Ce dernier point retient particulièrement mon attention du fait que j’ai de nombreuses connaissances qui ne croient ni en Dieu, ni en l’Église et qui sont des personnes de bonne foi, profondément engagées à l’avènement d’un monde opérant sur la base de paradigmes qui recoupent ceux promus par Jésus : la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, etc.

Si dans l’ensemble de sa vie publique, il apparait comme un homme calme, sensible aux souffrances des autres, patient avec les foules qui viennent l’entendre, il en est tout autrement lorsqu’il se retrouve devant des personnes de mauvaise foi qui essaient de le piéger de toutes les manières. Plusieurs auront certainement entendu parler de sa colère au temple d’où il en a chassé les marchants qui y faisaient commerce. Moins connes sont ses diatribes contre les pharisiens, les docteurs de la loi, les scribes. Je me permets d’en relever quelques-unes de ces invectives,

« Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous fermez aux hommes le royaume des cieux; vous n`y entrez pas vous-mêmes, et vous n`y laissez pas entrer ceux qui veulent entrer. Mt. 23,13

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous dévorez les maisons des veuves, et que vous faites pour l`apparence de longues prières; à cause de cela, vous serez jugés plus sévèrement. Mt.23, 14

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous courez la mer et la terre pour faire un prosélyte; et, quand il l`est devenu, vous en faites un fils de la géhenne deux fois plus que vous. Mt.23, 15

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l`aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité: c`est là ce qu`il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses. Mt. 23,23

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au-dehors, et qui, au-dedans, sont pleins d`ossements de morts et de toute espèce d`impuretés. Mt. 23,27

Après de tels propos, pas surprenant qu’il ait été arrêté, puis torturé, ridiculisé et envoyé au Golgotha pour y mourir crucifié sur une croix. Ce destin était une voie obligée pour révéler l’humanité dans sa plénitude. On y voit jusqu’où elle peut aller dans sa cruauté, mais aussi et surtout jusqu’où l’amour peut l’en délivrer.

Son sort ressemble à celui de bien des prophètes et à celui de bien de nos contemporains. Mourir pour servir la justice, la vérité, la solidarité, la compassion, la miséricorde donne à l’humanité l’oxygène dont elle a besoin pour vaincre le  mal qu’elle porte en elle.

Pour les non-croyants cette histoire de Jésus se termine ici. Par contre, pour les chrétiens du monde cette histoire ne se termine pas là. Pour ces derniers, dont je suis, le Père a ressuscité Jésus en le libérant des affres de la mort pour en faire le premier-né d’une Humanité nouvelle.

« Or voici que, fermant les yeux sur les temps de l'ignorance, Dieu fait maintenant savoir aux hommes d'avoir tous et partout à se repentir, parce qu'il a fixé un jour pour juger l'univers avec justice, par un homme qu'il y a destiné, offrant à tous une garantie en le ressuscitant des morts. " act.17.30-31

Ainsi pour l’authentique croyant, Jésus est la Voie à suivre, la Vérité à défendre et la vie à assumer. Ses engagements au service des nouveaux paradigmes  doivent en témoigner. C’est là un combat à mener au quotidien, mais dont la finale ouvre les portes à un monde nouveau, à une humanité nouvelle, libérée elle aussi des affres de la mort.

Pour le croyant, c’est une certitude, mais pour l’athée ou l’agnostique il n’en est rien. Toutefois, comme me le signalait un ami qui se dit athée, si jamais ça s’avère vrai, ce sera un plus qui sera reçu avec joie.

Dans ce contexte, il est bon de lire la narration que nous fait l’évangéliste Mathieu du jugement dernier Mt. 25,32-46. Il est possible que beaucoup de non-croyants s’y retrouvent en bonne position et que beaucoup de croyants y aient des surprises.

Je termine avec cette phrase synthèse du prophète Michée

« On t`a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; et ce que l`Éternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde, et que tu marches humblement avec ton Dieu. » Michée, 6,8

Oscar Fortin
Le 1er avril 2015



mardi 31 mars 2015

LAÏCITÉ, ÉGLISE ET PEUPLE QUÉBÉCOIS





NOTE : Pour les chrétiens, la semaine sainte est le rappel de la dernière semaine, sur terre, de Jésus de Nazareth. Des moments intenses pour cet homme qui marqua, d’une part, par sa vie, son enseignement, sa passion et sa mort sur une croix, le destin des générations à venir et, d’autre part, par sa résurrection l’espérance d’une issue à cette humanité en marche. Pour les non-croyants, Pâque marque plutôt une longue fin de semaine fériée pour les travailleurs et travailleuses.

Que l’on soit croyant ou pas, le témoignage de cet homme interpelle l’humanité entière. Il affirme avec autorité l’avènement d’un monde fondé sur des paradigmes tout à l’opposé de ceux qui s’imposent à la gérance du monde tant de son temps que du nôtre. Aux paradigmes, du mensonge, de l’injustice et de la puissance dominatrice des peuples et de leur asservissement, il oppose ceux de la vérité, de la justice et du respect des peuples en leur apportant justice, vérité, solidarité, compassion et miséricorde.

En 2010, lors d’un débat sur la laïcité et les croyances, j’étais intervenu avec un article qui garde, je pense bien, toute son actualité.

Plusieurs interventions ont donné lieu tout récemment à des articles et commentaires portant sur la place qu’occupe l’Église catholique dans le tissu social, national et culturel du Peuple québécois. J’ai lu l’intervention de M. Barberis-Gervais sur « Lucia Ferretti, le catholicisme au Québec et la religion » qui a suscité divers commentaires. D’autres interventions ont suivi dont celle de M. Claude Morin, le père de l’étapisme, et du non moins célèbre écrivain et pamphlétaire, Victor Lévy Beaulieu. Encore là, plusieurs intervenants ont voulu y mettre leur grain de sel en commentant un point ou l’autre de ces interventions. C’est donc en prenant en compte toutes ces interventions y compris la toute dernière de M. Gilles Laterrière que je me suis décidé à intervenir et à partager avec les lecteurs et lectrices de Vigile les quelques considérations qui s’imposent à mon esprit.

En tout premier lieu, certains faits s’imposent, peu importe que l’on soit croyant ou pas. Qui peut nier le fait que l’Église catholique fasse partie d’un pan important de notre histoire qui ne saurait être comprise sans en scruter les avenants et aboutissants? Les centaines de clochers d’églises qui font partie du paysage de nos villes et villages tout comme nos jours fériés de Noël et de Pâque nous en rappellent la réalité. Sainte-Anne de Beaupré, Notre-Dame du Cap et l’Oratoire St-Joseph reçoivent toujours des milliers de pèlerins chaque année. Même si une grande majorité a délaissé la pratique religieuse traditionnelle plusieurs de ces derniers n’en continuent pas moins à croire et à se faire un devoir d’aller une fois ou deux par année à l’un ou l’autre de ces centres de pèlerinage. Que cela nous plaise ou pas, les faits sont là, mais ne sont pas exclusifs au Québec. En France, en Belgique, en Italie, en Espagne les clochers sont nombreux et les jours fériés, fondés sur les croyances chrétiennes, ne manquent pas. Que les institutions religieuses avec leurs valeurs se retrouvent quelque part dans le tissu social et culturel de ces peuples ne devrait surprendre personne.

En second lieu, il est tout aussi important, pour être juste, de considérer l’Église non pas comme une réalité monolithique, mais comme une institution qui n’échappe pas aux divisions sociales et idéologiques des sociétés dans lesquelles elle évolue. Il y a le haut et le bas clergé, le premier porteur d’autorité et de pouvoir, vivant près des oligarchies, le second soumis et vivant avec le peuple. De nombreuses critiques à l’encontre de l’Église catholique s’adressent plus particulièrement à ce haut clergé, plus souvent que moins, allié des oligarchies dirigeantes. Si quelqu’un parvenait à se hisser à ce niveau et qu’il ne répondait pas aux attentes de cette classe, on trouvait vite un moyen pour l’écarter. Les plus anciens se souviendront de ce qu’on a fait avec Mgr Charbonneau, évêque de Montréal, à la fin des années 1940 et début des années 1950. Sa démission-surprise en laissa plusieurs songeurs. 

En troisième lieu, il ne faut pas oublier que tous les religieux et religieuses qui ont donné consistance aux écoles et hôpitaux de l’époque étaient des Québécois et des Québécoises et que les grands mouvements de transformation des structures mêmes de la société québécoise ont été, dans bien des cas, inspirés et soutenus par d’illustres membres du clergé et de chrétiens fortement engagés. Je pense particulièrement au père Georges Henri Lévesque, o.p., qui a formé une grande partie des leaders qui allaient devenir les locomotives de la Révolution tranquille. Je pense également à ceux et celles qui ont suscité la mobilisation des travailleurs et travailleuses à travers la Jeunesse ouvrière catholique (JOC) et le syndicat des travailleurs catholiques, devenu depuis lors la CSN. Dans le secteur de l’éducation, on se souviendra de la Commission Parent, présidée par Mgr Parent, vice-recteur de l’Université Laval. Elle fut à l’origine de la création du Ministère de l’Éducation du Québec, au début des années 1960.

En quatrième lieu, il faut bien se rappeler que ceux et celles qui ont frappé les plus durs coups à l’Institution ecclésiale, tant au Québec qu’ailleurs dans le monde, sont les croyants eux-mêmes, plus préoccupés d’Évangile que de doctrines et plus solidaires d’un monde en phase d’éclatement et de transformation. Le Concile Vatican II a été longuement préparé par les mouvements ouvriers inspirés par Mgr Joseph Cardijn , par les actions des prêtres ouvriers dont le plus célèbre est l’abbé Pierre. Des théologiens exceptionnels ont dépoussiéré des pans importants d’une institution qui n’avait plus grand liens avec ses références premières que sont les Évangiles et le monde contemporain. Le Concile Vatican II a ouvert les portes à la liberté de penser et d’agir au meilleur de sa conscience pour un monde meilleur pour tous. Malheureusement, ceux et celles qui vivaient de l’Institution ont continué à s’y agripper comme si les colonnes de ce temple allaient résister au tremblement de terre provoqué par l’émergence d’un homme nouveau, d’une humanité nouvelle. Dans ce contexte, je comprends VLB qui ne veut plus rien savoir d’une religion et d’une Église qui s’accrochent à elles-mêmes, pensant ainsi détenir les vérités éternelles et voulant ramener tout le monde à ses formes de pensée d’une autre époque.

Ma cinquième et dernière considération est à l’effet que les peuples et les nations ne sont pas à la remorque ni d’une Église, ni d’une religion, mais qu’ils portent en eux-mêmes les ingrédients les plus importants qui permettent d’être toujours plus humains et toujours plus libres. Si les Églises et les religions ne parviennent pas à s’inscrire dans cette mouvance et à y apporter une énergie supplémentaire, ce sera alors qu’elles sont devenues des poids lourds qu’on aurait tort de traîner sous prétexte qu’elles ont marqué notre histoire. Ceci dit, il ne faut toutefois pas jeter le « bébé » avec l’eau du bain. Dans le cas de la foi, bien des choses sont à prendre en considération. Dans un article qui remonte à un certain temps j’avais réfléchi sur la foi qui sauve et la religion qui asphyxie. Je pense que cette réflexion garde toute son actualité. C’est en tant que croyant et citoyen du monde que je remets en question certaines approches, certains comportements d’une Institution qui n’a de sens pour moi que dans la mesure où elle devient entièrement transparente aux grandes valeurs évangéliques, tels la vérité, la justice, la solidarité, la compassion et l’engagement. Sur ce dernier point, je me suis questionné un jour sur ce que seraient les véritables engagements d’un chrétien avec lesquels toute personne de bonne volonté pourrait se reconnaître. J’avais donné comme titre à cette réflexion « les sacrements de la vie ».

Pour conclure, je dirai que la foi n’est la propriété d’aucune institution, y inclus le Vatican, et que les valeurs qui portent les personnes et les peuples vers leur devenir sont celles en qui les consciences se reconnaissent et en qui elles trouvent les élans libérateurs leur permettant de porter encore plus loin l’évolution des sociétés et, à travers elles, celle de l’Humanité. Si les Églises et les religions s’inscrivent dans cette mouvance, tant mieux, mais si elles en deviennent des obstacles, eh bien, qu’elles disparaissent. Ma foi en Jésus de Nazareth et dans les Évangiles va dans le sens d’engagements sans équivoques au service de ces dépassements nécessaires pour rendre réels, à tous et à toutes, la vérité, la justice, la compassion, la solidarité et l’engagement. C’est là, me semble-t-il, un objectif partagé par toute les personnes de bonne volonté.

Joyeuses Pâques à tous et à toutes

Oscar Fortin

Québec, le 1er avril, 2015